Galerie la Ferronnerie – Le jardin des délices – Sanna Kannisto

La Galerie la Ferronnerie (au 40 rue de la Folie-Méricourt et ici)  qui fête ses 20 ans et dont j’ai déjà parlé (ici), présente pour quelques jours encore, jusqu’au 24 janvier 2009, Le jardin des délices. Dans ce jardin, une jeune photographe finlandaise, Sanna Kannisto, visible aussi sur son site web (ici) que je vous invite à visiter et d’où sont tirées les illustrations ci-dessous.

Cette exposition est l’occasion de prolonger la « saison finlandaise » qui s’est déroulée en 2008 et pendant laquelle la galerie a montré notamment Juha Nenonen et Jari Silomäki. De mon côté je vous avais parlé de l’exposition au Musée Niepce qui dressait une rétrospective de la photographie finlandaise (ici).

L’accueil est toujours aussi agréable, la galériste est présente et n’hésitera pas à vous parler de l’artiste, de son travail et de son environnement, en toute simplicité, à vous faire découvrir des tirages d’essais et des catalogues même si vous lui rendez visite habillé en péquenot, ce qui était mon cas ce jour là.

J’étais sûr d’avoir déjà vu le travail de Sanna Kannisto quelque part, sûrement sur son site web mais, la mémoire jouant des tours j’avais le souvenir vague d’une tente orangée éclairée de l’intérieur  qui a priori n’existe pas. En revanche, je me souvenais de celles ci-dessous.

L’artiste, dans ses séries précédentes, montrait la nature, parfois épaisse et sauvage (la deep forest), parfois gracile et théâtralisée (plantes et insectes). Elle donnait à voir aussi la recherche scientifique pratiquée sur le terrain, dans ce contexte botanique et entomologique : il n’est pas rare ainsi de voire en « off » ce qui se passe comme  les dispositif de prise de vue, les appareils de capture. Enfin l’artiste elle-même se montre.


Dans la nouvelle série présentée à la galerie, on voit des chauves-souris qui tirent la langue pour boire une solution sucrée dans une éprouvette. La photo est prise en laboratoire, grâce à un déclencheur automatique, et dans l’obscurité. Le résultat est assez saisissant bien qu’il s’agisse de petits formats. En plus grand, on voyait des plantes dont l’écho trompe la chauve-souris de telle sorte qu’elle la prend pour un congénère, s’approche et la pollinise ainsi. Même indépendamment de cet apport scientifique, la photo est esthétiquement magnifique. J’ai retenu une autre photo de la même série, pour illustrer.

Juste une précison pour finir, seules quatre photographies sont visibles sur place (en sus des autres artistes), c’est toujours le hic pour cette galerie qui mériterait plus de place mais, en contrepartie, vous aurez droit à de judicieux commentaires de la galériste, ce qui se fait rare à Paris. C’est jusqu’au 24 janvier 2009.

Mois de la photographie à Paris – 8 – Galerie La Ferronnerie – Juha Nenonen et Jari Silomäki

La  Galerie La Ferronnerie, dans le cadre du Mois de la Photo, expose Laurent Fiévet, Juha Nenonen et Jari Silomäki jusqu’au 11 décembre.

Les deux derniers artistes présentent des photographies fort différentes. et sont finlandais (voir mon billet récent ici).

Juha Nenonen montrait un champ de courses (ci-dessous), une photo appelée « Obstacle ». La notice indiquait que Apparemment, il ne se passe rien dans ses photographies. Mais l’ambiguïté est bien présente sous la surface« . Bon. Je n’ai pas du creuser assez car même en regardant attentivement je n’ai rien remarqué. Cette photo, à mes yeux, n’a véritablement aucun intérêt ni esthétique, ni intellectuel ni émotionnel. Si quelqu’un voit quelque chose d’intéressant… Il y en avait d’autres du même genre : un type qui se repose avec un livre ouvert sur le visage pour se protéger et une femme enceinte qui arrose ses plantes. Pas mieux.Peut-être que cela fonctionne mieux en série : « motifs » dont étaient extraites les 3 images montrées compte 21 photos en tout, très diverses.

En revanche, j’aime bien les portraits qu’il réalise (non montrés à la galerie), chacun mimant une attitude comme « l’air absent » (ci-dessous : « Marjo pretending to be absent ») dans sa serie « states of mind », visible, avec le reste de sa création, ici.

Jari Silomäki nous montre quant à lui une vaste série de toutes petites photos (30 cm de côté) qui couvre une bonne partie de mur. Il s’agit de photos moches (sous-exposées, bougées, avec du grain, pas nettes, mal cadrées) dignes d’un reporter de guerre au cœur de l’action (enfin, c’est ce qu’on suppose dans l’imaginaire collectif car maintenant même les photos de guerre sont « proprettes »). Évidemment, c’est fait exprès. Il s’agit de montrer des scènes ordinaires dans des villes et pays ordinaires comme s’il s’agissait de zones de conflits. D’ailleurs, la série s’appelle « Des villes ordinaires, des jours ordinaires ». L’effet de masse produit par le nombre de photos présentées produit un effet un peu oppressant et d’urgence. Le résultat est plutôt convainquant. Maintenant, une seule photo sur un mur cela doit être complètement raté. Jari Silomäki a un site web mais en flash donc pas d’images (ici).

Si vous voulez allez sur place, et que habitez assez loin, sachez tout de même que le nombre de pièces exposées est très réduit. En revanche l’accueil est sympa : vous ne serez accueilli ni par un(e) gentil(le) stagiaire ni pas une gravure de mode branchouillée (ce qui est le pire). C’est jusqu’au 11 décembre.