PhotoIreland – 1er jour – 2 juillet 2010

Le 1er jour, dans une ville qu’on ne connait pas et malgré une préparation à domicile, il est toujours difficile de se repérer mais se perdre (un peu) c’est aussi un moyen de voir des choses. Comme je n’ai pas d’abonnement web 3G international, j’imprime des Google Maps avant mon départ afin de me  guider ensuite. Cette fois, je n’avais pas eu le temps hélas d’ajouter les horaires sur les cartes, qui se trouvaient du coup sur un autre papier.

C’est donc finalement un peu par hasard que je suis tombé sur Sebastian Guinness Gallery. Comme son nom l’indique c’est une galerie (contrairement à la plupart des autres lieux) et le curateur est un photographe, qui du coup n’a pas hésité à se sélectionner.

Perry Ogden puisqu’il s’agit de lui, nous montre une route de campagne en noir et blanc, un portrait géant aussi en noir et blanc (qui m’a évoqué les grands portraits d’Avedon vus au Jeu de Paume), un triptyque de cuisine (en fait, le studio de Bacon) avec photos et dessins accrochés et la même chose dans le studio de Louis le Brocquy.

Enfin, Perry Ogden a choisi deux séries de portraits: 4 hommes découpant la tourbe d’une part et4 photos de gamins rebelles (en couleur cette fois). Deux visions complémentaires de l’Irlande, entre anciens et nouveaux.

Ceci dit, ce n’est pas tout. Avec Inspiration, il a retenu des auteurs fort différents bien que la plupart aient un lien avec l’Irlande. Je passe sur les trois fermiers d’August Sander déjà vue à la fondation HCB (billet ici).

John Hinde montrait un des curieux cottage du Connemara en carte postale colorée qui l’ont rendu fameux, Steve Pyke un portrait en noir et blanc, Mary Ellen Mark un ravissant portrait de jeune fille en tenue d’Halloween (plutôt discrète en fait, ci-dessous) et Alen MacWeeney un portrait noir et blanc d’enfant gitan. Andrew Bush montrait un intérieur georgien et Roger Mayne deux enfants (en 1956) qui font d’ailleurs la page d’accueil de son site web. David Bailey montrait trois gangsters (de 1965) avec comme on dit « des gueules » en noir et blanc sur fond blanc.

 

Une exposition en Irlande se doit de traiter le volet politique. En fait non, ce n’est pas obligatoire mais comme l’exposition est ancrée dans le territoire et qu’elle ne répugne pas à montrer de la photographie un peu « historique », ce n’est  pas inutile. Donovan Wylie (chez Magnum) montre ainsi par une vue d’hélico une tour de guet anglaise (moderne, hérissée d’antennes, pas en bois) en Irlande du nord. Gilles Peress (chez Magnum) clôt l’exposition (en tout cas la restitution que j’en fait ici) avec 4 personnes inquiètes dans cadre urbain dévasté à Belfast en 1981. C’est une exposition honnête.

La Gallery of photography se trouve presque en face, toujours dans Temple Bar. En passant, Temple Bar est à la fois une rue (courte) et un quartier. L’exposition est la même que celle déjà vue à Arles et avant encore à la MEP, mais en version courte: le don de Georgia Fiorio avec 20 photos sur deux niveaux (billet ici). La nouveauté, car il y en une, ce sont des carnets de voyages recouverts d’une fine écriture et de dessins: c’est assez stupéfiant à voir !

Sinon, le lieu propose à la vente pas mal de livres et bien sûr le magazine irlandais dédié à la photo, Source.

Toujours dans le même quartier, les National photographic archives sont une déception. Je m’attendais à un bâtiment monumental et en fait non. Ne me dites pas que c’est un point de vue de français: nos amis irlandais ont par exemple une Poste sur O’Connell Street qui est vraiment monumentale alors pourquoi pas les archives photos nationales ? Je n’en sais rien, sûrement une question d’époque. Enfin, ce n’est pas le sujet, l’important c’est l’exposition dedans. Quoi que le site web vaut le détour aussi notamment pour consulter le catalogue de photos, par exemple des vues de, euh, Dublin, par exemple, alors c’est ici :-)

Au rez-de-chaussée, on voit le travail de photomontage de Sean Hillen et KennardPhilipps. On voit même sous verre le matériel nécessaire aux réalisations (c’est très minutieux et fait à la main) aussi bien les bistouri, colle et scotch que les magazines et cartes postales. Le titre de l’expo c’est Fragments from a broken world et l’exposition montre ce qu’elle dit. Des fragments, c’est du photomontage, un monde brisé, ce sont des explosions et destructions, pour l’essentiel. A noter que c’est un des rares lieux où les photos sont interdites.

Dans Newry Gagarin et Londonewery, l’artiste revisite ses classiques sur fond de science-fiction et de personnages de BD. Dans bank-ad woman as godess of destruction (le titre est clair), une jeune femme souriante est plongée dans les flammes et les explosions. Dans searching for evidence of control destruction (on voit l’humour corrosif allusion à la formule américaine où ce sont des armes de destruction massive qui sont recherchées), il s’agit, là-encore, de petites histoires en une image, avec moult policiers et bâtiments s’écroulant.

A l’étage, ce sont les mêmes séries mais en tirage photographique et non les photomontages originaux. Ils sont complétés de journaux ouverts sur la page « Bourse » où figurent en sur-impression des images de misère.

Habituellement je ne suis pas fan de photomontage mais il faut saluer l’effort et lire aussi le journal réalisé pour l’occasion, du format d’un quotidien et figurant des interventions des artistes et d’invités (je ne l’ai pas encore lu, c’est dense).

Pour conclure la journée à Temple Bar, passons par Exchange.

Le lieu se veut expérimental (petit, en vrac, avec à boire et à manger) et le résultat est surtout confus: on ne sait qui fait quoi et on ne fait pas trop le rapprochement non plus entre ce qui est visible et la description faite sur le site du festival. Paul Kranzler (ici), Gianmaria Gava (ici, illustration ci-dessous – jardin ouvrier), et Harald Hund & Paul Horn sont les invités de Kleinburger, proposition qui, si j’ai bien compris, veut secouer le cocotier du « style » Biedermeier viennois (Karambolage sur Arte avait fait un reportage là-dessus). Il faudra aller sur les sites web pour savoir à qui attribuer les portraits qui ornent la vitrine et les deux murs d’images ainsi que les portraits noir et blanc. Les  amusantes vidéos de mobilier volant sont en revanche de Harald Hund & Paul Horn.

Je passe rapidement pour finir sur Enoteca delle langhe, restaurant italien bondé qui m’a découragé de jeter un œil et le Ormond wine bar, qui montrait deux séries, l’une embrumée (avec le but de football) et une fille la tête sous l’eau dans sa baignoire vous regardant fixement, un classique maintes fois vu.

BIP 2010 – Un rapide retour de visite de Liège

Hier je suis allé à Liège pour voir BIP 2010 (site ici) qui dure jusqu’au 25 avril 2010.

Le cœur du festival est composé de 4 expositions payantes (8 euros chacune mais le pass est à 18 euros ce qui est plus raisonnable) et trois autres gratuites. Un festival Off complète le dispositif mais à ma date de visite toutes ou presque étaient déjà fermées.

Depuis Paris, il faut 2H15 et l’aller-retour m’a couté 55 euros moyennant des horaires fantaisistes (départ 6H25 et retour 20H20) au regard des horaires des expos qui commencent toutes à 13h (sauf exception) et finissent à 18H, hélas. En fait, c’est surtout le Off qui ouvre plus tôt mais comme je l’ai dit, la plupart de ses sites avaient déjà fermés. Du coup, on peut passer seulement l’après-midi mais sera très juste pour voir les expositions même en se limitant aux seules payantes. L’idéal si c’était à refaire c’est de profiter du Off en arrivant plus tôt dans la saison et de passer 1,5 journée sur place.

Sur place, quelques bonnes adresses glanées ici et là. Pour les restaurants: Frédéric Maquin (47 B rue des Guillemins à 200 mètres de la gare et ici) compter 40 euros, Enoteca (5B rue Casquette et ici) compter 25 euros et le fameux Café Lequet (17, Quai sur Meuse) pour sa spécialité liégeoise, les boulets (avec frites), compter 8 euros.  Pour le dessert, la pâtisserie  Stoffels (10 rue Saint Paul) et  Galler chocolat (2, rue du Pot d’Or). Je serai bien allé chez Lequet mais le lieu ne m’a pas inspiré confiance et Galler fermant à 18H00 j’ai juste contemplé le rideau qui descendait sans pouvoir acheter de chocolat :( Il reste heureusement les gaufres que l’on peut acheter partout.

On arrive en Thalys à la gare Guillemins et la plupart des expos sont dans le centre de Liège (et très rapprochées) mais  il faut compter 20-25 minutes à pieds ou prendre le bus pour le rejoindre.

Les expositions sont de très bon niveau ce qui peut surprendre pour une ville « de province » et elles mêlent à la fois des confirmés et des émergents, voire des étudiants, ce que j’ai trouvé excellent comme idée. On reçoit sur place un plan guide dépliant très bien fait et une petite carte à faire cocher quand on visite un lieu. En revanche, même si le site web est limpide, détaillé et précis, c’est dommage ne pas y trouver le plan en PDF. Le catalogue est vendu 15 euros mais pour ma part j’ai choisi de compléter ma collection de View magazine avec les deux derniers numéros (en France les frais de port sont dissuasifs).

Je ne peux au final que conseiller chaudement la visite de ce festival (en plus il faisait beau).

D’autres articles suivront, en retard, comme pour Noorderlicht (Groningen), une série de billets que j’ai bientôt finie et pour Photomonth (Londres), série de billets que je n’ai même pas commencée  :(

Allez, tous en Belgique !

Les grands événements photos Janvier-Avril 2010

Le début de l’année est généralement peu fructueux en événements photos. Janvier 2010 n’a pas dérogé à la règle avec seulement un festival, celui de Los Angeles (PhotoLA) et, plus près de Paris mais aussi plus modeste, Phot50 à Londres. Quant à  Festiv’art qui devait se tenir à Shanghai, le site web reste étonnamment muet. En février 2010, il n’y aura pas grand chose non plus à voir sous nos latitudes puisqu’il faudra aller au Laos pour trouver un festival.

L’éclaircie arrive au printemps avec le mois de mars 2010.

FotoFreo en Australie (qui commence le 28 février et dure 10 jours environ) mais surtout les deux événements américains majeurs, à savoir l’AIPAD photography show (18-21 mars 2010 à New-York, une foire haut de gamme qui se tient chaque année) et FOTOFest (12 mars – 25 avril à Houston, un gigantesque festival qui se tient une année sur deux) qui peuvent donc être vus en même temps. L’événement russe a été annoncé début mars: le 8ème International Photography Month de Moscou se tient du 11 mars au 27 juin 2010. Voilà un magnifique programme entre Est et Ouest pour qui dispose de temps et de moyens.

En avril 2010, la quantité et la proximité priment sur la qualité. Seville, Darmstadt et Thessalonique sont à l’honneur mais ces événements sont soit modestes (Séville), soit courts (Darmstadt), soit pas encore calendarisé avec précision (Thessalonique). Aucun de ces festivals, pour des raisons diverses, ne me tente vraiment: celui de Thessalonique est le plus attractif mais c’est un peu loin au regard de l’enjeu. Il en de même pour le festival qui se tient à Hyères qui est consacré de plus à la photo de mode exclusivement. Il reste finalement un seul événement, pas dédié à la photographie mais qui en présente pas mal et qui se trouve tout près de Paris, c’est ArtBrussels.

Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Photografieschool

Après une longue pause, nous revoilà à Groningen pour Noorderlicht. Cette fois, nous allons à la Photografieschool, sur les bords du canal qui entoure la ville.

Il y a des photos un peu partout, au rez-de-chaussée, dans l’escalier et à l’étage. L’exposition de photos d’étudiants de l’école est honnête. Ce sont surtout des sujets humains et proches des gens qui sont retenus et non des réflexions cérébrales. Ce sont aussi des approches de proximité, soit de la Hollande soit, même, de Groningen. Toutefois, aucun des neufs ne dispose d’un site web et il faut bien avouer que même si certaines photos sont sympathiques, cela ne justifie pas d’aller à Groningen pour cela.

Gertjan Baas montrait un reportage sur les facettes multiples du métier de vétérinaire. Corrie Jorna exposait des portraits d’amateurs (pierres, radio, motos, etc) avec l’objet de leur désir et  Eric van Echten ceux du photographe Frits van Echten.

Thea Ripken nous faisait voir des diptyques colorés avec une vue de façade et une vue des occupants du lieu (du moins le suppose-t-on), des étudiants, une personne âgée. Maurice van Dijk recourait aussi au diptyque avec des de portraits de lecteurs: un ou on lit, et l’autre ou on utilise le livre dans une petite mise en scène (interview du livre, ébauche de découpe au couteau en cuisine du livre, etc). Deux idées intéressantes.

Dimphy Penninkhof avait choisi quelques vues sans effet de manche de la vie rurale en Hollande tandis que Nico Schutte retenait des paysages hollandais classiques (polder, port, éoliennes, usines,etc) toujours à la lisière de l’eau et du ciel.

Marjo Antonissen illustrait la vie quotidienne d’un prêtre, forcement dépouillée alors que Herre van Brug choisissait lui de grands portraits noir et blanc d’un menuisier concentré dans son travail de mesure et de contrôle.

Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Galerie anderwereld, nul50, USVA Fotogalerie

Nous revoilà à Groningen pour Noorderlicht 2009. J’ai évoqué récemment les expositions officielles les plus attractives mais d’autres, plus modestes, coexistent.

La galerie anderwereld (site ici d’où proviennent les illustrations ci-dessous) ne m’a laissé aucun souvenir et ce n’est que grâce à mes notes que j’ai pu retrouver ce que j’y avais vu. Pour commencer, Manuel Geerinck (1 300 à 2 500 euros) exposait de très curieuses photos qui flirtent avec l’abstraction. Réflexion faite, son travail me dit quelque chose car je l’ai déjà vu chez Pascal Polar à Bruxelles (ici).

Le travail de Hein de Graf m’a moins convaincu encore (1 500 euros) avec ses grands formats noir et blanc de visages avec des coulures sur les bords présentés par paires, tête-bêche. Bof.

nul50 (site ici) m’ a laissé un souvenir plus net car il s’agit d’un magasin d’objets design (!)  tout près de la fameuse église Aa. Les textes étant exclusivement en néerlandais, j’avoue que je n’ai pas été très aidé pour comprendre le contexte. Pour autant, bien que modeste et faisait appel à des photographes locaux, l’exposition n’était pas si mal et les photos sympas.  Marieke de Rooij présentait ainsi des vendeurs dans des magasins d’antiquités en Toscane dans sa série In Toscane Te Koop (En Toscane à vendre). On voit un type différent chaque fois dans un intérieur supposé toscan. C’est pas mal du tout en fait. Bien que sonorisé, en flash et en néerlandais :( son site est très bien fait (ici) et vous pourrez voire sa trombine sur son blog (ici). Jana Bathoorn montrait elle aussi des intérieurs ce qui reste cohérent pour un accrochage dans un magasin de design mais cette fois il s’agit de celui  d’europeens expatriés au Mozambique. Jana est hélas absente du web.

Dernier site auquel cet article se consacre, également visité le 2ème jour à Groningen, la USVA Fotogalerie (site de l’USVA essentiellement en néerlandais, ici). Installée dans les anciens locaux de la banque ABN il s’agit du centre culturel de l’Université . Pour mémoire, Groningen est une ville particulièrement jeune, la plus jeune des Pays-Bas en fait, et étudiante  (1 habitant sur 4 va à la fac et 1 habitant sur 2 a moins de 35 ans). L’USVA c’est en gros la Fondation universitaire des activités de formation (Universitaire Stichting Vormings Activiteiten). Les étudiants peuvent y apprendre entre autres choses la danse ou la peinture. Ce n’est pas très facile à trouver car il faut aller au bout du couloir et descendre l’escalier. Teun Voeten y montrait ses photos de guerre en noir et blanc qui pour le coup font pale figure au regard du choc des photos du conflit israélo-palestinien montrées à l’église, c’est dommage car ce photographe n’est pas n’importe qui et passe un peu inaperçu dans ce contexte. Le site du photographe, très bien fait, est ici et mérite d’être vu si le photojournalisme et le grand reportage vous intéressent.

Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Cbk filiaal

L’exposition qui se tenait chez Cbk filiaal à Groningen dans le cadre de Noorderlicht 2009 faisait partie du cœur des expositions et se trouvait là-aussi à proximité immédiate de l’église de Aa.

En revanche, son ampleur était limitée avec seulement trois auteurs présentés.

Wouter Den Bakker (série hipster intifada) montrait sur 3 lcd des images défilantes de gens portant des keffieh (hommes politiques, combattants, etc) puis venaient de jeunes hollandais(es) portant le même vêtement.

Jiang Jian (projet archives of orphans) documente la vie d’orphelins chinois, tous les 5 ans. J’ai déjà vu son travail à Lyon ( billet ici) mais il ne s’agissait pas des mêmes images. On voit le certificat de naissance, la photo en pied sur fond noir et le jeune en photo couleur souvent dans sa famille. Un texte explique le parcours de l’orphelin.

Avec Susan Meiselas (Reframing history, Nicaragua 2004), on franchit encore une étape dans la notoriété tant cette photographe est renommée. On retrouvera ses images sur son site ici. Elle montre de grandes toiles ou figurent ses photo de 78-79 et des vidéos d’interviews récentes ainsi que la réaction des indigènes à la vue des toiles qui ont été exposées dans des lieux publics au Nicaragua. C’est un projet intéressant que de revisiter ainsi son propre travail et de replonger ainsi la jeune génération face à son passé. ce travail a semble-t-il été exposé à Arles en 2006 (ci-dessous), époque à laquelle je n’étais pas encore passionné par le sujet.

Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Noorderlicht Fotogalerie

Nous revoilà à Groningen pour Noorderlicht 2009 et tout près encore de l’église de Aa, à la Noorderlicht Fotogalerie. Cette exposition fait partie du programme officiel et se déroule en un lieu semblable à une galerie des plus classique. Elle s’intitule Multivocal Histories et a pour curateur Bas Vroege, directeur de Paradox.

On peut y acheter aussi des ouvrages de photographie ainsi que le catalogue de Noorderlicht 2009.

Taco Hidde Bakker (son site web ici) montrait un projet (Grozny Memories) concernant la ville de Grozny, détruite par la guerre. Il s’agit d’affiches résultant d’agrandissements pixelisés de photos couleurs des années 50 doublées d’un texte. Andrea Stultiens (son site ici d’où est tirée l’illustration ci-dessous) montrait un travail également assez conceptuel (uganda, the kaddu Wasswa archive) avec des photos du personnage, de ses photos et aussi des facs similés de ses écrits. Pour ma part, la portée de ce travail qui m’a semblé documentaire et de peu d’intérêt, m’a échappée.

Julian Germain avait choisi de montrer le déclin de la ville sidérurgique britannique de Consett (série steelworks visible ici sur son site web). Comme Taco Hidde Bakker et Andrea Stultiens, l’artiste utilise ses photos mais aussi des photos banales tirées de la presse (locale) ou de ses archives familiales. Certains cadres sont en acier en hommage au passé siderurgique de la ville et c’est presque ce que j’ai trouvé de plus intéressant dans ce travail.

Avec Anastasia Khoroshilova (série out of context) on reste dans une approche conceptuelle de la photographie mais il me semble plus facile d’adhérer au projet. On pourra lire l’excellent article d’Olivier Vargin ici qui ne porte pas sur la série exposée (bien que réalisée en 2005, 3 ans avant l’article en question) dont les commentaires restent d’actualité. Le site d’Anastasia est également très bien fait (ici) avec quelques illustrations de la série vue à Groningen. L’exposition était plutôt saisissante puisque se tenant dans un… couloir de la galerie: sur un mur, des enfants survivants  de Beslan en soin en Allemagne en tenue de détente sur fonds de Bavière, sur l’autre mur, lui faisant face, une galerie de portraits issus du mémorial de Beslan. Assez dérangeant. Pour ceux qui auraient oubliés la tragédie, un rappel ici.

Deux autres artistes avaient retenu quant à eux d’autres supports que l’imprimé. Florian Schwarz a ainsi retenu la projection en triptyque de photos de la Russie actuelle en noir et blanc dans le genre granuleux, à la « recherche » de son grand-père dont il a découvert qu’il fut prisonnier en Russie pendant la 2de guerre mondiale. (série WOHINUNDZURÜCK visible ici sur le site de l’artiste). Tim Hetherington (série sleeping soldiers) montrait un travail que j’avais déjà vu je ne sais où mais cette fois en triptyque avec une vidéo montrant un peloton de soldats morts de trouille. C’est pas mal du tout à regarder (et c’est visible en ligne sur son site ici) !

Voilà pour le rez de chaussée.

Au sous-sol, plongé dans la pénombre on pouvait voir les travaux de Vojta Dukat et Ales Vasicek. Le 1er a filmé le départ des russes de  tchequie (91) et l’autre à dénicher des documents et réalisé des photos postérieures à l’événement. L’exposition montre donc des photos et des films mais aussi des objets (fanion des jeunes communistes, etc). Les auteurs étant mécontents du catalogue, il était possible d’apposer des tampons sur les pages litigieuses pour « recadrer leur propos ». Du coup, je me demande bien comment sont traités les ventes de catalogue par correspondance: le festival tamponne les pages ?

Quoi qu’il en soit, cette exposition était fort bien faite et du même niveau (relevé) que celle de l’église de Aa.

Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Bibliotheek

Après l’Eglise de Aa, et toujours à Groningen pour Noorderlicht, on peut aller à la bibliothèque. La bibliothèque ne fait pas partie des expositions officielles même si elle figure dans le programme et il s’avère que la plupart des exposants sont des amateurs: on y parle d’ailleurs du « Daguerre Photo Club »  (le site du club, qui existe depuis 1891,  est ici et c’est en néerlandais).

Dans ce lieu, où l’on entre sans aucune formalité, il y a le café et la bibliothèque à proprement parler, avec ses rayonnages et ses espaces de lecture.

Eli Dijkers est, seulement, un professionnel local (son site ici) même si les trois images présentes étaient saisissantes.

Avec Henk Veenstra on évolue dans le même registre  du « professionnel du coin » avec de grands tirages couleurs diasec de musiciens et de leur instrument (ce sont des musiciens hollandais pas connu en France) aux ciels trop photoshopés. Son site est ici. Avec Kitty boon enfin, on a affaire également à une professionnelle qui a de plus déjà exposé: elle affiche des prix de 250 a 1000 (format carré 1 mètre). On y voit une piscine abandonnée,  un baigneur déformé par l’eau qui bouge, des objets qui flottent pris au ras de l’eau: le point de vue le plus original sans doute. On peut voir son travail ici et .

Pour le reste, on a affaire à des amateurs plus ou moins talentueux sans site web (ou bien une page Facebook ou encore un site très, euh, amateur) ce qui complique un peu les choses.

Alfred de Groot possède aussi un site web dédié à la photographie (ici) et montrait 3 pierres tombales arrachées dans un carton de cadre noir. Assez bizarrement, ce travail très amateur contrastait avec un accrochage impressionnant de qualité attribué au même auteur, en bas, au niveau « jeunesse »:  trois photos de lapins en peluche gisant sur des attractions pour enfants, la tête pendante, de nuit. De nombreuses autres photos en couleurs montre des petits avec leur peluche, c’était assez effrayant au final.

Marco Tenback est inconnu sur le web et pourtant ses photos de statue féminine dans une cimetière en pose très libre fait s’interroger le passant sur son statut, pierre ou chair ? Absence de site web aussi pour Lianne Koster, Jan Knot (3 petites photos couleur de travaux agricoles colles sur un fond de photo noir et blanc du sol d’un champ), Riet Michel (une manif aux pays-bas),  Jen VanWijngaarden (photos « graphiques » sol craquelé, etc.il y a des compositions inspirées dans la répartition des cœurs par exemple) et Jos Grimbergen (trace de tracteurs, bof) ou Johann Felinga (quelques feuilles, beaucoup de feuilles, quelques fleurs et une plage: vues de dessus, une série amusante) ou encore Jan Dodema (petit triptyque noir et blanc d’un paysage rural sous trois angles) ou Gerd Lewis ou Frans Kolbeek ( paysages naturels sous un ciel plombé, dépôts de terre dans des milieux urbains, intriguant) ou Wim Schuitema (traces dans le sable ou la terre).

Certains ont un site inopérant comme Ina Walvis qui montrait  deux pieds sur l’herbe verte dans de petits formats se succédant comme dans un film.

Jan hendrik van der veen montrait des gens couverts de boue (vêtement, visage), seuls ou en famille ce qui laisse penser que son site est ici alors qu’on en trouve un autre également mais plus clean mais dans tous les cas, il s’agit vraisemblablement d’un amateur également. . Hilbrand Groenhof (nb de la terre labourée dont il reste que la géométrie) dispose d’un site d’un kitch inénarrable avec musique d’ascenseur en fond sonore, on ne sait s’il faut en rire ou en pleurer.

Marielou van der Hoef montrait 4 portraits tranquilles devant une fenêtre et ne possède pas de site web à part sa page Facebook (ici). Il en est de même de Hetty Oostergetel (3 photos du dépotage d’une plante, bof) avec sa page Facebook ici.

Bref, de tout cela il faut retenir que c’est une visite qui était aisément évitable.

Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Eglise de Aa (der Aa-Kerk) – Lost

Ce billet est le dernier consacré à l’exposition qui s’est déroulée dans l’église de Aa à Groningen (Pays-Bas) dans le cadre de Noorderlicht. Mais qu’on se rassure, il n’y avait pas que l’église pour voir des photographies à Groningen et il y aura donc d’autres articles dans les prochains jours sur cet événement.

Cette parie de l’exposition avait pour curateur Marc Prüst qui s’est associé pour l’occasion à VU’.

Pieter Ten Hoopen montrait des photos très sombres prises à Stockholm, des gens seuls, des vues panoramiques et des lieux urbains déserts aussi avec quelques points lumineux qui tranchent sur la nuit. Un style ultra-contemporain, froid, abstrait, presque « design ». Son site est ici.

Massimo Berruti nous entraine quant à lui, tout au contraire, au plus près de la vraie vie avec des immigrés à Rome. Le style est encore celui de VU’ (sa page dans cette agence ici) avec de petits noirs et blancs un peu flous dégageant un sentiment d’urgence. On y voit des lieux et des visages, sans misérabilisme malgré la misère de cette population et de son habitat.

Lorenzo Castore (seratonin, Pologne,  2009) nous montre une série impressionante qu’on pourrait illustrer d’un mot: décrépitude. Ewa et son frère sont âgés et vivent dans la misère dans une vieille maison délabrée qui connut son heure de gloire, on les voit, seuls ou tous les  deux, leur photo et les photos de leurs photos. Un naufrage. la page de Lorenzo chez VU’ est ici.

Arya Hyytiainen nous gratifie lui-aussi du style VU’ avec de sombres noir et blanc à gros grain de Marseille avec ses rues et ses « gueules », des portraits que l’on dirait tout droit tirés d’un film noir. Son site est par ici.

Michael Grieve délivre quant à lui un projet plus provocant (no love lost, Grande-Bretagne, 2008) et en couleurs: bordels, prostituées et clients, portraits, petits objets et traces. L’ensemble est parfois un peu flou, les gros plans nous sont épargnés mais on reste sur le fil du rasoir avec une impression plus animale que véritablement humaine: une sorte de bétail. La présentation de telles pièces dans une église ne manque pas de sel. L’accrochage était réalisé par bandes verticales de 4 photographies. Et comme le site (à voir ici) de Michael nous épargne le flash, une illustration est en tirée visible ci-dessous. Michael a aussi réalisé une série, dans la même veine, sur le Killing Kittens, un « club privé » situé dans les beaux-quartiers londoniens. Il est signaler que son site vend ses photos en ligne (de 650 à 1 000 GBP selon la taille et l’édition) ce qui est assez rare pour être mentionné. Bien entendu, entre acheter directement à un photographe et acheter des posters photos tirées à 100 exemplaires dans une boutique prétendument branchouille ou « arty », « il n’y a pas photo » comme dit l’autre.

Kosuke Okahara (Japon, 2007) montre des images encore plus dérangeantes bien que seule une scène soit explicite et que le noir et blanc nous épargne une vision sanguinolente.  Il s’agit d’une jeune japonaise, le plus souvent photographiée à proximité de son pc dont les bras sont tailladés. C’est pour le moins bizarre. L’auteur dispose d’un site (ici) mais cette série n’y est pas visible.

Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Eglise de Aa (der Aa-Kerk) – Point of no return

A l »église de Aa à Groningen (Pays-Bas), il y avait aussi, à l’occasion de Noorderlicht, une exposition qui sentait le souffre, Point of no return. Qui l’eut cru, dans une paisible église de province dans le plat pays ?

Assez bizarrement aussi, le scandale a suscité de nombreuses réactions dans le monde anglo-saxon mais je n’en ai rien vu chez les latins et autres francophones.De quoi s’agit-il ?

Point of no return se présente sous la forme d’un mur tapissé d’images horribles (on croit être blasé mais en voyant cela on se rend compte que non) relatant un épisode du conflit israélo-palestinien, et réalisées par 11 photographes palestiniens. C’est absolument atroce à voir. Ceci dit j’ai été témoin, lors la visite, des réactions d’un groupe de collégiens: réceptivité et sensibilité nulles. Bref.

Jusque là on est tenté de dire que tout va bien: des images terribles, ce n’est pas cela qui manque, l’actualité en est riche. Admettons.

Le scandale est né de la demande de AP (Associated Press) de retirer le texte du curateur, Stuart Franklin, un ancien de Magnum. La demande a été entendue et le texte retiré à la suite de menaces de poursuites (ce que AP dément). Toujours selon le British Journal of photography, AP a été choqué de voir le texte imputer la responsabilité principale  du bain de sang à Israël (comme l’assurent semble-t-il les Nations Unies et Amnesty International).

Quoi qu’il en soit, d’aucuns ont crié à la censure tandis que AP assurait que son rôle n’était pas de relayer des opinions politiques mais de communiquer des informations. Ambiance.