En bref – Galerie Patras – Collectif

La Galerie Patras (ici et 8 rue Sainte Anastase) montre jusqu’au 24 juillet son « african living-room ». Cette galerie change rarement son accrochage et est spécialisée en art contemporain africain dont, naturellement la photographie.

La galerie est de taille très réduite mais vous pouvez tout de même y jeter un œil si vous souhaitez voir des tirages de Malick Sidibé, Samuel Fosso et Seydou Keita et, cerise sur la gâteau, l’exposition se présente comme une pièce à vivre avec aussi des sculptures et même une chaise longue. C’est assez sympathique.

Galerie Nuke – David Birkin

La galerie Nuke présente jusqu’au 22 novembre le travail photographique de David Birkin.

La rue Sainte Anastase qui abrite cette galerie est vraiment merdique (étroite et sale, ornée de vieilles baraques et de commerces minables) mais on y trouve aussi la galerie Sit Down (dont j’ai parlé récemment ici) et la galerie Jean Marc Patras dont je ne parlerais pas car on y voit en ce moment le travail de Samuel Fosso que j’ai déjà vu à l’Atelier des forges à Arles cet été (et dont j’ai fait un billet ici).  David Birkin (dont le site web est ici et dont proviennent les images ci-dessous) est exposé dans la pénombre de la galerie Nuke, avec 6 ou 7 photographies seulement. Dans la pénombre car les photographies sont sombres et rétroéclairées (ce qui ne doit pas être pratique à exposer chez soi).

David Birkin a travaillé, nous dit-on, dans la souffrance, prenant des positions volontairement inconfortables qu’il essayait de tenir. Il s’agit donc d’autoportraits mais on ne reconnait personne : certaines zones des images (le visage et le sexe notamment) sont volontairement floues. Pas moyen de dire s’il s’agit d’un homme ou d’une femme, d’un jeune ou d’un vieux, à moins d’examiner toute la série à la recherche d’indices. Ces images sont fortes et dérangeantes : ces corps tordus photographiés dans un flou qui les anonymisent ou donne l’illusion d’un mouvement (pour se libérer d’une contrainte ?) sont gênants. Pas un visage ou un regard où s’accrocher pour lire le ressenti des personnes. Simplement des corps humains chosifiés, posés sur un socle, toujours, comme une statue sur son piédestal.

La texture particulière des images, avec un gros grain, et l’éclairage par derrière qui accentue les contrastes donnent un aspect brut, primal, à cet exercice. La galerie dans la pénombre met aussi un peu mal à l’aise et n’incite guère non plus à entrer (vu de l’extérieur, on a l’impression qu’il fait tout noir dedans).

Rencontres de la photographie d’Arles – Atelier des Forges

Après la Maintenance, les Forges, toujours aux rencontres d’Arles, dans le parc des ateliers, pour voir des photographies.

Je n’ai pas compris le travail de George Tony Stoll qui présente des photos, euh, incompréhensibles. Zéro réaction. Cela me reste définitivement fermé tant au cœur qu’au cerveau. Si quelqu’un trouve des qualités à ce travail, qu’il le dise, cela m’instruira. A priori je ne suis pas seul mais faire partie de la masse n’est pas une consolation… Peut-être est-ce un visionnaire ? Passons.

J’ai par ailleurs zappé le travail de Patrick Swirc présenté sous formes de montage diapo de ses photos : je n’aime guère les montages diapos et le thème ne me disait rien (celui de la reconquête ratée d’une femme).

Le travail de Samuel Fosso ne m’a pas non plus fasciné mais reste intéressant. Sa série « african spirits » (et d’autres) est visible chez son galériste. L’express a souligné l’intérêt de son travail. L’artiste se met en scène en jouant des personnages multiples, tant des célébrités africaines (ou afro-américaines) que des archétypes (homme d’affaires, chef de village corrompu, etc) ou encore un ami disparu ou son père. Le résultat, souvent en grand format couleur, est esthétiquement réussi et techniquement irréprochable mais, là-aussi, je ne vois pas vraiment quel est le propos. Ce thème de la mise en scène de soi-même dans divers personnages est un classique de la photographie et je ne vois pas bien en quoi le genre est renouvelé. Peut-être faut-il rechercher dans le travestissement en femme un exercice particulièrement difficile (et réussi) et sans doute peut-on aussi saluer la diversité des genres et des styles depuis la photo d’identité (ou presque, en consacrée aux « grands hommes ») au nu en passant par de grands portraits. Si je ne craignais de passer « occidentalo-centré », je ne manquerais pas de souligner aussi qu’il nous est rarement donné à voir de la « photographie africaine » (le terme est impropre mais bon, il y a une entrée dans l’Universalis: disons de la photographie dont l’auteur est de culture africaine) et que c’est là une occasion sinon unique, du moins inespérée. La plupart d’entre nous en est sûrement resté à Seydou Keïta (mais non, pas le footeux, l’autre) ou Malick Sidibé, ignorant les artistes plus jeunes. Sinon, il faut aller à Bamako : la biennale s’y tiendra à nouveau, semble-t-il, à l’automne 2009.

Je finis par Pierre Gonnord dont, accessoirement, le site web est remarquable de sobriété. Je passe sur le massacre des grands formats très sombre par une lumière de charlatan (mais qui est responsables des éclairages ?) conduisant à des reflets lamentables. J’avais vu le travail de Gonnord dans de meilleures conditions en Belgique (j’en ai déjà parlé). Les grands formats et les harmonies de noirs confèrent une majesté indéniable à ces portraits consacrés pour l’essentiel à des clochards (en général, on lit « marginaux » ou « sans domicile fixe », consécration d’un cocktail de novlang et de xyloglossie). Cela m’a fait penser au travail d’Avedon quand il a photographié des américains banaux avec les mêmes égards que lorsqu’il photographiait des célébrités internationales. En noir pour l’un, en blanc pour l’autre. Et comme Gonnord vit en Espagne, on ne peut manquer de rapprocher son travail du portrait de Philippe IV par Velasquez.

Dans cet atelier, Gonnord sort du lot.

Rencontres de la photographie d’Arles – Entrer voir

Convaincu et sur place, vous voulez maintenant aller voir les expositions

Il se trouve que les deux tiers d’entre elles sont payantes, de 5 à 11 euros, 7 euros souvent (par exposition, c’est cher !).

Vu que vous venez de Paris, vous ne vous êtes pas déplacé pour des prunes donc vous voulez en voir le maximum donc la solution c’est le pass qui coûte soit 35 euros soit 40 euros. La différence c’est que dans un cas vous avez droit à une seule entrée dans chaque site alors que dans l’autre, c’est illimité. J’ai donc pris le pass à 35 euros.

Le plus simple pour quérir votre pass c’est, en sortant de la gare, d’aller vers la gauche, vers le centre-ville (de toute façon, à droite c’est un terrain vague et en face c’est le Rhône). En 5 minutes vous serez à l’arène et, à droite dans la petite montée, il y a une maison où sont vendus ces pass. L’accueil y est sympathique et vous aurez en cadeau un joli plan pliable qui vous permet de vous repérer à Arles les doigts dans le nez.

Comme je suis un blaireau, je n’ai pas pris ma carte FNAC qui donne droit à une réduction sur ce forfait (26 euros). Il n’y a pas de réduction sur le pass à 40 euros et il est en vente sur moins de sites donc bof.

Pass Arles 2008

Pass Arles 2008

Le code-barre est lu lors de votre entrée sauf quand ça ne marche pas auquel cas on pose une croix sur le n° du site à droite.

Vous noterez en bas qu' »il est interdit de photographier les œuvres » (mais apparemment tout le monde ou presque s’en moque).

Il y a les horaires aussi : sauf exception rare c’est 10H-19H (un site ferme entre 12H et 14H et un autre ferme à 18H mais c’est tout).

Avec ce pass vous avez droit à deux visites guidées d’exposition.

Pour ma part, la visite des Ateliers (un des principaux sites) ça a été deux heures de perdues, les commentaires étant proches du zéro : autant le guide connaissait pas mal le contexte du travail d’Huguier qu’il avait rencontrée, autant ça a été très léger sur Walker et Fosso et inexistant sur Gonnord et Korganow. Sans doute cela dépend-il aussi du guide.

Il faut préciser aussi que le pass donne droit à des réductions : l’accès au musée de l’Arles antique est gratuit, le Musée Réattu à demi-tarif et la Fondation Van Gogh aussi.

Demain on finira les apects pratico-pratique avec boire, bouffer et dormir à Arles.