Rencontres d’Arles – Eglise Saint Julien – Une sélection par Brotherus, Baudelaire et Fréger

L’association des élèves de l’ENSP (Work in progress) avait investi l’Eglise Saint Julien, à l’occasion de la semaine d’ouverture des Rencontres d’Arles et dans le cadre du Off. L’association a un site web visible ici.

Comme il s’agit d’une initiative d’étudiants, on ne peut qu’encourager ceux et celles qui y ont participé activement. Et comme il s’agit de l’ENSP et que le jury est de qualité (Elina Brotherus, Eric Baudelaire et Charles Fréger), on ne peut que visiter.

Pour autant, quelques critiques, que j’espère constructives, doivent être formulées car, si l’initiative est excellente, il n’en demeure pas moins que des pistes de progrès demeurent.

Tout d’abord, le caractère conceptuel et, pour tout dire, incompréhensible par le grand public, de nombre de travaux montrés, nécessiterait un discours critique ou, au moins, un accompagnement didactique: un simple dépliant ou un panneau indiquant les intentions et objectifs de chaque auteur aurait été bienvenu. En effet, la plupart des auteurs ont retenu une approche « cérébrale » de la photographie et/ou ont privilégié la création d’atmosphères et d’ambiances par une collection disparate de clichés. Le procédé n’est pas neuf mais la plupart des projets rassemblait des images si hétérogènes, et finalement si difficiles à relier entre elles d’une manière ou d’une autre, que l’effet immédiat était la surprise, puis l’interrogation dominait et, finalement, le renoncement gagnait face au mystère. Ainsi, on ne peut pas dire que les auteurs présentaient de simples séries de photographies mais bien plutôt, chacun, une sorte d’installation aux visées artistiques évidentes, une démarche qui peut justifier d’un accompagnement du visiteur. Malheureusement pour ce dernier, aucun dispositif d’explication n’était proposé. Je me suis résolu à acheter la revue de l’ENSP espérant y trouver, a posteriori, quelques clés de lecture;  je ne l’ai pas encore lue mais quand ce sera fait ce billet sera peut-être amendé.

Comme il s’agit de l’ENSP, pourquoi des élèves de l’école ne feraient-ils pas partager leur savoir et leur enthousiasme en accompagnant les visiteurs qui le souhaitent (quitte à réserver des créneaux horaires à cette activité) ? Ce serait à mon avis enrichissant aussi bien pour le regardeur que pour les étudiants qui recevraient en retour les avis du public (ce qui ne manqueraient pas de sel).

Ensuite, le lieu posait également difficulté: une Église, vaste de surcroît, pour exposer des travaux contemporains de petite taille et n’évoquant pas spécialement des thèmes religieux ou spirituels, ce n’est pas très adéquat, sauf à reconstruire l’espace intérieur. Il est étonnant que des auteurs qui, manifestement, s’orientent moins vers la simple photographie que vers la création artistique, ne se préoccupent pas (ou si peu) de l’espace destiné à accueillir leurs œuvres. Des œuvres cérébrales ou intimistes se prêtent davantage à une exposition dans un cadre plus resserré. Bien sûr, il n’est certainement pas facile de trouver à Arles un lieu adapté (ou de le modifier) et s’il faut se questionner chaque année sur le lieu pour qu’il soit en adéquation avec les œuvres c’est une difficulté de plus à gérer pour l’quipe d’organisation. Pourquoi alors ne pas recourir à d’autres étudiants en provenance d’autres écoles: futurs architectes, designers, plasticiens ou scénographes pourraient à la fois réfléchir au lieu et mettre en œuvre des aménagements; je serai surpris qu’aucune marque ne puisse sponsoriser les éventuelles actions concrètes d’une école d’Art ou de design renommée.

Enfin, l’accumulation de photographies (et de photographes), au détriment de la profondeur de chaque œuvre, conduit à un parcours superficiel, à un effleurement du travail de chacun et vraisemblablement à une perception limitée de la qualité des travaux. Le corollaire de ce choix (« de tout, un peu ») c’est que voir successivement 14 auteurs si rapprochés dans un même lieu c’est l’assurance de s’y perdre, d’être peu réceptif. Et puis, avec 41 dossiers reçus, il était envisageable d’être plus sélectif, même s’il y a du progrès (en 2008, je vois qu’il y a avait 20 dossiers retenus, 21 en 2007, 19 en 2006). Pourquoi ne pas donner un titre explicite à l’exposition indiquant une ligne artistique directrice et l’assumer ensuite pleinement par un choix réellement sélectif de seulement cinq ou six jeunes auteurs ?

Voilà donc pour les critiques et suggestions et je vais continuer dans cette tonalité avec les projets qui ne m’ont guère convaincu avant de passer à d’autres, qui m’ont semblé plus valables car il n’en manquait pas, fort heureusement.

Thomas Rousset fait partie du collectif MoodWrestling (a priori défunt en 2014). Charles Nègre est également membre de ce collectif. Thomas montrait sa série kerygme. Koydonkèsse kerygme ? Selon l’Encyclopaedia Universalis, il s’agit de l’activité des disciples de Jésus qui consistait dans l’annonce de la présence vivante du Christ ressuscité, autrement dit dans la proclamation de l’Évangile (le mot classique équivalent serait « évangélisation »). Quand on voit les photos, il y a de la marge et la lumière divine n’inonde pas le regardeur, en dépit du lieu d’exposition. Elise Guillod fait partie aussi du collectif (du coup, il aurait été intéressant de parler du collectif sur le site de l’exposition). Elle exposait rituals mais la configuration des lieux faisait qu’on a un peu de mal à attribuer telle photo à tel auteur(se): je n’ai repéré qu’une seule photo, un arbre de nuit, mais peut-être (sans doute ?) y en avait-il d’autres.

Anaïs Boudot nous montrait la série telles que (d’après Hans Peter Feldmann, disait le sous titre). On rejoint là notre ami Thomas Rousset. Voici une recette : photographie un peu au hasard (picore sur Flickr si tu ne sais pas faire de photo : un mur de nuit, un tas de linge sur une chaise, un lotissement de nuit, etc) et trouve un titre intriguant, si possible intellectuel. Par exemple : Parce que (d’après Jacob Holman) ou Et si ? (d’après Frederich Helter). Un titre en un mot c’est bien aussi : Parasympathique, Aberhavre,Obreptice, etc. Je sais bien que ce n’est pas parce qu’on peut le refaire soi-même (en apparence) qu’un travail artistique est sans valeur : c’est la raison pour laquelle je serais curieux d’entendre l’auteur et le jury s’exprimer, et défendre l’œuvre.  Xavier Antoinet : des rubans en sous-bois, trois verres, un type et sa valise ouverte, un sous-bois enneigé, etc. Cette série (sans titre) figure sur le site de l’ENSP (ici). Je reste dubitatif.

Il est de même pour d’autres auteurs qui parviennent certes à dégager une ambiance mais où l’on reste sur sa faim. Maya Rochat (série sous les pavés) montre ainsi un cheval en bronze, deux traces de freinage, des jambes d’une vielle dame et en jeans, etc. Son site (ici) est bien fait et montre d’autres travaux, plus accessibles. Lola Hakimian (série quelque chose et rien) montre une piscine à la lumière jaune, une plage désertée, trois cochons pendus, une fille à l’air bizarre, etc. Ses images sur le site de l’ENSP sont plus « simples » (ici). Marie Quéau montre un extrait de sa série paillasse (qui compte 30 images) : un soulier couché par terre, un chien allongé, deux poissons, etc. Son site est ici.

Je termine avec les six auteurs et travaux qui me semblent les plus originaux ou les plus facilement appréhendables a priori.

David Favrod fait partie du même collectif que Thomas Rousset, avec qui il a déjà travaillé. Sa série s’appelle gaijin:l’étranger et porte sur sonvoyage au japon rural. Pour le coup, sa série fait exception: amusante, elle compose un récit par petites touches, d’un Japon méconnu, ni high-tech ni traditionnel.

Le travail de Sébastien Roustan (série le lieu) est aussi accessible : une chambre, un tas de bois, un mur, un séjour, une entrée, une salle d’eau, une façon personnelle de cerner un lieu. Anne-Claire Broc’h (série hors saison) montre un ensemble en apparence décousu mais qui, quand on le regarde attentivement, évoque parfaitement le titre. Une impression vague de creux, de manque voire d’absence doublée de mélancolie voire de tristesse et un curieux sentiment de décalage: un blockhaus, un âne, un type se cachant le visage, une fille de dos sur la grève, une maison enfouie dans la verdure. On pouvait voir son travail ailleurs (billet ici) et sa série figure sur son site (ici).

Léa Habourdin (son site ici) propose cours toujours, un panoramique de collage chasseurs, meute, chamois et une vitrine avec des dessins également. Un travail très surprenant et original, aux frontières de la photographie, pour cette jeune femme qui s’est d’abord initiée à l’estampe.

Le travail de Lukas Hoffmann est aussi déroutant: il photographie ses interventions colorées et souvent modestes dans le paysage (pose de papier coloré, dépôt de boites de MacDo) dans des endroits urbains plus ou moins a l’abandon.

Nelli Palomaki montre des autoportraits de jeunes femmes dont une petite fille dans un miroir. Son site web est d’excellent niveau et tranche avec ce qu’on habituellement chez de jeunes auteurs (il se trouve ici).

Toutes les illustrations proviennent des sites web mentionnés dans le corps de l’article, sites que je vous invite à parcourir, tout comme moi, quelle que soit la perception que vous avez de tel ou tel auteur.

Rencontres de la photographie d’Arles – Atelier de maintenance

Dernière ligne droite pour cette série d’articles sur les rencontres d’Arles. Il faut se dépêcher car tout, ou presque, s’arrête aujourd’hui, 14 septembre.

Nous allons quitter le centre d’Arles, provisoirement, pour rejoindre une friche industrielle  : les anciens ateliers de la SNCF ( » le parc des ateliers« ). On peut facilement y aller à pied depuis le centre d’Arles, en plus c’est bien indiqué. Le site est vaste et occupé par plusieurs hangars (certains disant « halles » pour faire classieux), posés au milieu d’herbes (forcément folles) sur un gravier ornés de vestiges divers de l’activité ancienne du site.

Le premier hangar à visiter est l’Atelier de maintenance. Ce qu’on y voit est de qualité et il y a de la masse, c’est du lourd.

Tim Walker est un photographe de mode et les œuvres présentées sont en nombre considérable. Les qualités plastiques des photographies égalent celles des modèles. Adepte de photographies sans trucages numériques, vous pourrez repérer dans son travail des fils qui traînent, remarquer que le grand poisson dans une photo est lui même une photo ou vous extasiez devant les voitures habillées de tricot (a priori, on aurait dit les fameux pull d’Aran).

Vous pourrez voir « Iekeliene » pour Vogue Italie (il s’agit de Iekeliene Stange, chez Marilyn Agency),  « Lily Cole and giant pearls », Lily Cole « wadhwan gujar – India », Karen Elson « english sunbathing », Coco Rocha « surreal story », Kirsty Hume and Trish Goff « someraults ». A priori ce sont des travaux de commande, souvent pour Vogue, mais ce n’est pas toujours indiqué. Les tirages couleur sont souvent de grand format sans être monumentaux, d’un style toujours si « anglais », un peu « Alice au pays des merveilles », aux couleurs pastels.

Son agent présente une part significative de son travail. Je reproduis la photo la plus parue dans la presse à l’occasion des Rencontres, « LiLy Cole and giant pearls ».

Dans la salle suivante, on trouve Charles Fréger. Ce n’est pas le même genre, c’est sensiblement moins glamour.

Fréger poursuit avec méthode un travail d’importantes séries sur les « groupes » (majorettes, soldats, sportifs, travailleurs, etc) repérables par leur habillement. Son site web est remarquable par la couverture de son travail : on a l’impression que rien ne manque dans cet ordonnancement méthodique.

Les séries présentées sont des soldats, hélas les légendes sont absentes, ce qui est lamentable à l’heure des audio-guides, mp3 et autres (un pauvre cahier est néanmoins disponible à l’entrée).

Les formats sont géants contrairement à ce que j’avais vu en Belgique à l’espace ING et, plus récemment, à la Galerie Le bleu du Ciel à Lyon.

L’accrochage est intelligent et combine divers de séries : même tenue avec le soldat qui change, même corps et même fonds avec le grade qui change , série équestre, visages casqués de profil, etc.

Je vais juste vous faire saliver avec la couverture d’un de ses ouvrages (« Portraits photographiques et uniformes »), pour le reste, aller voir. Si vous ratez l’exposition, vous pouvez le voir en galerie.

Avec Vanessa Winship, on reste dans l’uniforme mais porté cette fois par des écolières. La dignité de ces enfants pauvres et leurs regards sont éloquents. J’avais déjà vu ce travail sur le site web de la galerie qui la représente et je n’avais pas réagi. Peut-être aussi n’avais-je pas vu la série présentée (Sweet Nothings: Rural Schoolgirls from the Borderlands of Eastern Anatolia) que l’on trouve sur son site. Il faut bien avouer que, « en vrai » le résultat produit est spectaculaire et ce d’autant que les tirages sont présentés sans la protection d’un verre et ne sont donc pas défigurés par les reflets.

Françoise Huguier présente Komunalka. Selon le guide, qui avait rencontré Huguier, 10% de la population de Saint-Pétersbourg vivrait à l’étroit dans ces appartements communautaires, puisqu’il s’agit de cela dans son reportage (elle travaille pour Rapho). Il s’agit surtout de femmes seules avec enfants et depuis peu les logements peuvent être achetés (ils avaient été collectivisés en 1918). Disons le tout de suite, ce travail m’a déplu. Le misérabilisme m’agace et montrer des filles russes pauvres et à poil me semble plus que facile : le guide prétend que c’était le souhait de Natacha, principale protagoniste que de se dénuder. Combien a-t-elle gagnée dans l’affaire ? D’après notre guide, toujours, Huguier a des visées « plastiques » au-delà du photoreportage. Bien. C’est peut-être pour cela qu’il y a des filles à poil, peut-être que ça fait vendre en galerie. Ce travail aurait gagné à rester dans un magazine accompagné de commentaires et d’un texte abondant car présenté ainsi, sur les murs, on ne voit pas vraiment le propos. C’est un bon photoreportage qui aurait en rester là.

On pourra toutefois souligner que la scénographie a été soignée puisque l’expo se déroule dans des « pièces » qui reconstituent un appartement, un bel effort que je n’ai pas vu ailleurs, me semble-t-il, aux Rencontres.

Jean-Christian Bourcart nous montre des photos de mariages. La présentation ne dit pas s’il en est l’auteur. Quoi qu’il en soit, voilà une exposition qui n’aura pas coûté cher : le recyclage de photos de mariés ridicules ne m’a pas du tout séduit comme vous l’aurez compris. Décidément le mariage est bien mal traité à Arles (on se souvient des photos de mariage d’arlésiens exposées au Palais de l’Archevêché). Je ne nie pas avoir esquissé un sourire en lisant « c’est toute des putes » (sic) gravé sur un banc où se trouvent deux mariés, mais bon, c’est un peu les blagues à toto cette exposition.

En contrepoint, c’est le moindre qu’on puisse dire, on passe de la farce à la tragédie avec Achinto Badhra. Elle nous montre à voir la projection de photos de jeunes filles (pour ne pas dire d’enfants) qui se sont déguisées pour « exorciser leurs peurs » (c’est un peu éculé, désolé). Ces gamines ont été victimes de la drogue, de viols, d’abandon, etc. le sujet est terrible et j’ai toujours un mouvement de recul sur des thèmes pareils. D’une manière générale, la photo de reportage ne m’intéresse guère, surtout quand on cherche à faire sensation, et même pour une bonne cause. Comme pour Huguier, la représentation du travail aurait du rester dans la presse mais, au-delà de Huguier, le travail de Badhra repose sur une véritable action menée avec la Fondation Terre des Hommes, c’est ce qui fait toute la différence entre un engagement et un simple témoignage.

Au final, ce que je retiens, c’est Fréger, Winship et Walker.

Galerie Le Bleu du Ciel – la suite

Lors de cette visite de la galerie, 17 artistes étaient représentés, modestement, vu la surface disponible, mais faire modeste et pertinent, éclairer correctement les œuvres et disposer des cartels intelligents vaut bien mieux, à mes yeux, que des étalages sans vie de photos en vrac avec lesquelles il faut se débrouiller.

En vitrine, ce n’est pas une photo de Dorothea Lange (migrant mother) comme je l’ai indiqué dans mon billet précédent, et non, c’est une ruse de Kathy Grove, qui a passé au Botox le visage fatigué de cette mère, exténuée par les épreuves.Au rez de chaussée, on devait voir Noah Kalina mais la télé n’était pas allumée et son travail est plus que connu (du moins une partie) : sa vidéo, montage des photos de son visage prises chaque jour pendant des années a été vue plus de 10 millions de fois sur YouTube.

Étaient en revanche présents : Susan Opton, Thomas Weisskopf et Gary Schneider.

La première,  Suzanne Opton, nous montre plusieurs visages émouvants de jeunes soldats le regard perdu, la tête posée sur le sol. On se demande ce qu’il font là, ce qu’ils pensent. Ils écoutent le sol comme les indiens dans les films pour entendre arriver l’ennemi ? Ils sont plaqués au sol dans l’attente d’un châtiment ? Sont-ils morts ? La série est visible sur son site.

Le second, Thomas Weisskopf, nous montre deux photos de visages de transsexuels, thaïlandais je crois (série « cut »), maquillés mais pas trop. On ne voit que les visages, lisses. Ils sont décents, sans outrance, sans outrage. Ils nous regardent tranquillement, en petit format couleur, à hauteur des yeux. A peine peut-on deviner que ce sont des hommes : pour un peu on pourrait être vraiment attiré. Ces « ladyboys », selon le terme thaï kathoey ou katoey (กะเทย) ou bien encore « shemales », selon l’argot américain, on peut les voir sans peine via Google, en pleine action, sans chercher beaucoup. Ils trouvent ici un peu de sérénité et assurément plus d’humanité. Eux qui sont réduits à des objets sexuels, à personne, à rien, redeviennent ici des personnes regardées comme on regarde tout être humain. Sa série est visible à la galerie Roemerapotheke. L’illustration ci-dessous, tirée de la série « cut », n’est pas exposée à la Galerie Le Bleu du Ciel.

Le troisième, Gary Schneider montre Helen (200). Un immense portrait reproduit ci-dessous, réalisé dans le noir, devant une chambre grand format avec un long temps de pose au cours duquel l’artiste balaie le visage avec son éclairage. Cela donne une impression étrange, quelque chose de plus complexe qu’un bougé, une sorte d’accumulation d’expressions. Schneider n’est pas un inconnu, il a aussi produit un fameux autoportrait génétique . Son exposition forcément plus complète, au musée d’Harvard, en 2004, est décrite ici. Tout cela cadre parfaitement avec le thème de l’exposition (l’identité, le visage).  Pour ma part, je n’avais jamais rien vu de tel auparavant.

A l’étage, des choses surprenantes encore. On retrouve Charles Fréger, décidément incontournable. On l’a beaucoup vu à Arles (j(y reviendrais) mais aussi à Bruxelles, à l’espace ING cet été pour une exposition très réussie sur le paysage et le portrait. Cette fois, il s’agit de deux portraits d’une patineuse victorieuse (winner face – série steps 2001-2002) réalisé à la manière de ces photos de Mussolini, par en dessous, menton relevé, pour montrer toute l’assurance et la domination du modèle. Évidemment, le portrait couleur de cette jeune fille souriante est bien plus gracieux et sans relent de propagande politique, mais c’est la comparaison qui me vient à l’esprit. De toute façon, je suis fan de Fréger mais pour le moment je n’ai que son livre, « Portraits photographiques et uniformes ». Ce sont les photos ci-dessous qui sont présentées à la Galerie et qui sont extraites de son site web, très complet et que je vous recommande (même si la photo, ou à défaut le livre, est infiniment supérieure).

Voilà, très bientôt je vous parle de la fin de cette visite dans cette sympathique galerie.