Rencontres de la photographie d’Arles 2010 – Bistro de la Roquette – Off

Au Bistro de la roquette on ne peut pas picoler (même avec modération m)ais éventuellement on pouvait vous offrir un verre d’eau) car le lieu était dédiée à une exposition impossible (l’Impossible exhibition) due aux efforts de Valérie Hersleven, également présente sur les lieux. Valérie est agent de photographes et représente notamment Julia Fullerton-Batten.

L’Impossible exhibition est un clin d’œil à l’Impossible project, à savoir la renaissance des films à développement instantané anciennement connus sous le nom de Polaroïd. On pouvait même voir des films en pré-production sachant que la mise sur le marché des versions couleurs est prévue pour le 29 juillet 2010 seulement. Du coup, on ne savait pas trop si les curieuses couleurs étaient voulues ou pas ;-) Blurb montre quelques exemples ici.

Étaient convoqués au final Léa Habourdin, Fréderick Guelaff, Hervé Plumet (avec sa poupée amusante qui m’a bien plu), Laurent Humbert (un portrait masculin très réussi en PX 100), Michael Schnabel, Estelle Rancurel (avec un portrait en rouge en mosaïque), Christophe Morlinghaus (des paysages urbains qui valent le détour), Jan van Endert, Peter Granser, Louis Gaillard (feuilles), Julia Fullerton-Batten (en grands tirages avec de mini personnages – sous un verre, face à une photo d’identité), Mathieu Bernard-Reymond (des mains – son site web vaut plus qu’un coup d’œil) et Bjorn Tagemose.

C’est un bel effort car beaucoup de ces photographes ne sont pas, a priori, des utilisateurs habituels du Polaroid et la plupart (pas tous, certes) travaillent habituellement plus dans une optique commerciale qu’artistique. Si vous l’avez raté, c’est trop tard puisque le Off ne dure qu’un clin d’œil.

Samedi 22 mai 2010 – Que de ratés :(

il y a des jours comme ça… Hier samedi, profitant du beau temps et muni de mon bel agenda des expositions photos réalisé par Le Photoculteur je me suis cassé le nez chez Magda Danysz car j’avais noté que l’expo durait jusqu’au 22 alors que ce n’était jusqu’au 15. Arrivé chez Polka j’ai oublié de visiter le sous-sol. Chez Anne Barrault je m’étais aussi trompé d’expo, de même que chez Christophe Gaillard (eh oui, Naar c’est pas chez lui, c’est chez Olivier Robert).

Il est temps de prendre des vacances.

Pour couronner le tout, la galerie VivoEquidem était fermée mais là c’est leur faute car nulle part ne figurent les jours et horaires d’ouverture, ni sur le site web ni sur la porte de la galerie. C’est pas très sérieux.

bref.

Galerie Christophe Gaillard – Bénédicte Hébert: ça me regarde

La Galerie Christophe Gaillard (12 rue de Thorigny et ici) présentait jusqu’au 4 mars le travail de Bénédicte Hébert intitulé « ça me regarde ».

J’avais déjà parlé de cette galerie lors de l’exposition précédente (ici). C’est une galerie entièrement de plain-pied, ouverte sur deux rues, claire. L’espace y est ni trop petit, ni trop grand, sans recoin. En fin de compte, on a l’impression d’être dans une pièce à vivre, ni à l’étroit, ni égaré au milieu de rien. C’est, à mes yeux, la surface et la configuration idéale pour une galerie.

Bénédicte Hébert nous montre des photographies en couleur de format encore raisonnable où figure un personnage de dos regardant une peinture.

Cette exposition ne nous prend pas la tête et c’est déjà un point positif : on en vient presque à esquisser un sourire même si l’amusement n’est pas comparable à celui de l’exposition à la galerie Vallois consacrée à Joachim Mogarra (ici). En effet, l’artiste prend soin de choisir des personnages qui répondent à la toile présentée au second plan : motif ou couleur de l’habillement ou de la chevelure dialoguent avec l’œuvre peinte, parfois de manière amusante. Les photographies ne sont pas toutes aussi réussies mais certaines sont inspirées. J’ai mis ci-dessous non celle qui m’a le plus plu mais celle qui était disponible sur le blog de la galerie (ici) car le site principal utilise, à mon grand regret, le diabolique flash.

Au-delà d’une certaine séduction de surface, l’amateur éclairé pourra aussi méditer sur Duchamp (« Ce sont les regardeurs qui font les tableaux », Ecrits, p.247) ou, plus proche de nous, sur Thomas Struth et sa série « Museum » (illustration ci-dessous). Des visites virtuelles des musées où sont exposés les travaux de Thomas Struth sont aceesibles ici.

Galerie Christophe Gaillard – Mario Giacomelli

La Galerie Christophe Gaillard (12 rue de Thorigny et ici aussi) présente le travail de Mario Giacomelli jusqu’au 24 janvier.

La galerie est de taille raisonnable et le nombre de pièces présentées est significatif ; il faut dire aussi que les formats sont des plus classiques. Les travaux de Mario Giacomelli sont presque abstraits à l’exception de deux ou trois œuvres (dont une présentant des curés jouant au cerceau) dont on se demande au final ce qu’elles font là.

La distance au sujet, ou trop proche ou trop lointain, rend difficile son identification et parfois ne subsiste que des formes ou, mieux, des textures si bien que l’on croit voir du papier « gaufré ». C’est là un travail qui m’a semblé d’autant plus insolite qu’il se présente sous un jour classique : format, choix du noir et blanc, et même le cadre retenu contribuent à cette impression de classicisme.

Après avoir visité le site web de l’artiste (ici), il semble qu’il ait arrêté ce thème il y a plus de 25 ans ce qui confirme la tonalité une fois encore « classique » de ce travail alors que le sujet est contemporain. Il s’agit là aussi d’un choix délibéré du galériste de ce concentrer sur cet aspect de son travail, Mario Giacomelli ayant exploré bien d’autres voies au cours d’une longue carrière. Une illustration de l’esprit de l’exposition avec une photo tirée de son site web (années 1953-1963, à ses débuts).

Le marchand vendait aussi des sérigraphies de Soulagès, de 1974 (compter 2 500 euros). Marier Soulagès et Giacomelli, bonne idée.