Galerie De Noirmont – McDermott & McGough

De Noirmont, située dans les beaux-quartiers, était la dernière destination de samedi dernier. Avec cette galerie, on côtoie ce qui se fait de mieux (ou de plus fameux) en matière contemporaine et notamment en photographie, bien que la galerie ne se consacre pas exclusivement à ce medium. C’est distingué et net, tant le lieu, que l’accrochage que le site web (ici) dont les descriptions d’expositions constituent de petits moments de pédagogie bienvenue.

McDermott & McGough forment un couple d’artistes comme Gilbert et Georges ou Pierre et Gilles. J’avais découvert leur travail à la MEP et j’avais été passablement déçu (billet ici).

Cette fois encore je n’ai pas été fasciné. Au rez-de-chaussée, les artistes ont réalisé des montages, associations de figures géométriques et de photographies, en noir et blanc, dans une évocation cinématographique des années 30, teintée de Mondrian. A l’étage, point n’est besoin de références picturales car ce qui nous est donné à voir consiste en des scènes ordinaires de la vie des américains des années 50. Cela peut faire penser au récent accrochage d’Achim Lippoth (série 1954, billet ici) ou bien encore Steven Siewert vu chez Polka (billet ici). Bon, certes, les artistes ont utilisé une technique spéciale et vintage  pour leur photographie, le tirage Carbro 3 couleurs (ils sont coutumiers de ce genre d’expérimentation technique) mais il faut réellement être expert pour le déceler à l’œil.

L’exposition ferme le 3 juillet.

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Galerie RX – Sami AL TURKI – Washaeg

On va finir la promenade d’hier par les beaux-quartiers et la Galerie RX sise avenue Delcassé (site web apparemment inopérant ici).

Au programme, les photographies désertiques et guerrières de Sami AL TURKI.  L’idée semblait bonne de cheminer sur une route dans le désert et de la placer au 1er plan tandis que les ravages de la guerre sur les bâtiments s’exposent au 2ème plan, parfois complétés d’ombres de chameliers et de leurs montures, sous un ciel, euh, plombé (?). Cest là que le bât blesse. Le ciel n’est ni hollandais ni londonien, il est improbable et plombe lourdement chaque photographie comme un maquillage outrancier: on ne voit plus que ça. On se croirait dans un jeu vidéo: si c’est le but, je m’incline, c’est réussi, une sorte de réalité guerrière transformée en jeu vidéo (guerrier), pourquoi pas après tout ?

C’est jusqu’au 17 juillet 2010 et c’est très surprenant.

En bref – Galerie Frédéric Moisan – Xavier Damon

La Galerie Frédéric Moisan (ici et 72 rue Mazarine) montre Xavier Damon, déjà vu dans la même galerie (billet ici) en mars 2009. Je ne reviens donc pas sur les agrandissements de polaroids presque abstraits pour évoquer rapidement une autre voie qu’emprunte l’auteur.

En effet, si le fond de la galerie est orné de compositions colorées, l’entrée est consacrée à une photographie plus figurative, fortement structurée aussi, autour de fenêtres notamment et, plus loin, on tombe sur une série d’objets modestes de la cuisine. Hum. Je crois bien que je préfère les polaroids aux égouttoirs et louches (série lignes),  finalement.

Les prix vont de 450 à 2 400 € (grands formats abstraits). Certains tirage de taille intermédiaire sont à 800.

L’exposition s’est achevée hier, il reste le site de l’auteur (ici) mais seuls les polas y sont visibles.

En bref – Magnum – Jean Gaumy

C’est Jean Gaumy qui est mis à l’honneur chez Magnum à Paris (ici et 13 rue de l’Abbaye) et c’est cela que je suis allé voir hier, dans le quartier de Saint-Germain des Prés.

Pour être honnête, avant cette exposition, je n’avais jamais entendu parler de Jean Gaumy, entré chez Magnum en 77 et full member depuis 86. ce qui nous est donné à voir ce sont des paysages et uniquement de paysages, un choix délibéré car le photographe ne s’est pas limité à ce genre.

Les tirages sont grands, en noir et blanc, souvent très structurés, presque géométriques, et certains d’entre eux sont ainsi très séduisants. Un travail qui peut faire penser à celui de Giacomelli (billet ici). Je n’ai pas vu mention des prix.

Si le paysage est un genre qui vous plait, ou que vous êtes fan de Magnum, c’est jusqu’au 3 juillet 2010.

En bref – Galerie Lucie Weill et Seligmann – Jérôme Soret – Eloge du moindre

Avant d’aller chez Magnum hier, petit tour au 6 rue Bonaparte chez Lucie Weill et Seligmann (site ici).

Jérôme Soret (son site ici) y montrait une très très longue série de petits formats en couleur (Eloge du moindre) ainsi que le livre qui va avec. Il y a dans ses petits riens saisis sur le vif, parfois, une trouvaille. Parfois seulement. Si je peste souvent contre les expos un peu courtes, là, au contraire, c’est un peu long: la sélection aurait gagnée à être passablement resserrée quitte à ce que l’ouvrage présente un ensemble plus large.

L’auteur est représenté par Agathe Gaillard. A noter en passant, le prix des tirages, de l’ordre de 800 euros (bien moins que le prix généralement constaté pour des photos vendues en galerie).

L’exposition s’achevait hier: il ne vous reste plus qu’à acheter le livre pour découvrir le travail de l’auteur et pourquoi pas lui acheter un de ses clichés les meilleurs.

Immix – Pouvreau, Argote et Clarke

Immix galerie (ici et 116 quai de Jemmapes) que j’ai découvert il y a peu (billet ici) avec un propos intéressant m’avait déçu la fois suivante et récidive hélas. Cette fois, le manque de moyens est criant voire pesant: l’absence d’accueil, les photos tirées sur de simples papier épinglés au mur, tout cela s’ajoute à un cadre déjà peu flatteur malgré la vue sur le canal Saint-Martin et rejaillit forcément sur la perception des travaux. C’est un peu dommage.

Dans cette solitude abandonnée, Paul Pouvreau, David Michael Clarke et Ivan Argote montrent leur travaux. Petit problème à nouveau, au lieu de faire simple, le choix a été fait de mélanger les oeuvres et le plan gentiment mis à disposition oblige tout de même à se casser la tête pour savoir qui on regarde. De l’art de sa faire des nœuds au cerveau pour pas grand chose. J’espère qu’un jour les galeries, petites ou grandes, nous dispenseront d’acrobaties inutiles et accrocheront les oeuvres avec un cartel (à moins que l’artiste ne refuse, ce qui n’est le cas le plus fréquent a priori – il suffit de fréquenter les musées). Le bilan des courses c’est qu’on ne se rappelle plus grand chose une fois rentré chez soi.

Paul Pouvreau, eh bien, rien ne m’a marqué. Par contre il est cité sur le site de la galerie et ça me laisse « pensif »: si comme le précise Roland Barthes la photographie est lié à son référent il semble que ce référent (le réel) se soit déplacé pour inclure de plus en plus un référent image sous des formes diverses. Hum, oui ?

Ivan Argote (son site qui donne le mal de mer, ici) ne sombre pas dans l’intellectualisme, il nous fait sourire (d’autres aussi mais ils ne le font pas toujours exprès)  avec « une tonne de gens ». C’est un peu potache mais c’est marrant: on voit un tas de photos montrant une balance avec le chiffre affiché entre les pieds des pesés et je suppose que le total fait 1 000. Je l’avais vu au Salon de Montrouge en 2009 (billet ici) et j’avais fait le même constat.

David Michael Clarke, lui aussi je l’ai déjà vu à Montrouge (même billet que Argote)avec la même série (les symboles Playstation).

Donc voila, ce n’était pas transcendant et a priori c’était le dernier jour d’exposition hier.

En très bref – Briobox – Zhenchen Liu

Jusqu’au 3 juillet, Briobox, rue Quincampoix (et ici), que j’avais déjà visitée (billet ici), expose Zhenchen Liu (son site ici).

Au rez de chaussée, une vidéo et euh, comme des toiles cirées aux motifs géométriques. Au sous-sol, des vidéos et des photos de Shangaï qui évoquent, euh, la destruction de la ville ancienne ? Bon, en somme, difficile de décrypter tout cela, si tant est qu’il y a quelque chose à décoder. Intérêt fort limité en tout cas pour qui s’intéresse à la photographie, peut-être davantage pour les amateurs de vidéos, domaine dans lequel l’artiste a été remarqué à plusieurs reprises.