En bref – Galerie Zürcher – Gilles Saussier

La Galerie Zürcher est situé au fond d’une cour dans la rue Chapon. La rue Chapon c’est quelque chose, dans le genre glauque (d’ailleurs ce fut un lieu de débauche – ici). La galerie est aussi présente à New-York (!) et ici.

Trois artistes étaient présentés dont Gilles Saussier, ancien reporter chez Gamma, reconverti dans une carrière artistique depuis 15 ans. Il s’agit de portraits rapprochés en grand format, vraisemblablement issus de la série living in the fringe (ou plutôt on the fringe, non ?), il faut deviner car tant le site web que la galerie sont quasi-muets sur le travail présenté. Aucune illustration convenable ne figure sur le site web non plus.

Quant aux photographies elles-mêmes, elles font penser à celles de Pierre Gonnord : le thème (des populations en marge), le cadrage (rapproché au point de discerner le grain de la peau), le fond (uniforme et sombre), le format (géant), la pose (dignité, fierté).

Je ne sais pas pourquoi mais je préfère Pierre Gonnord (billet ici).

Visite au Luxembourg – 2ème partie – Le MNHA

Voilà la suite de ma visite au Luxembourg à l’occasion du mois de la photo qui se terminait début mai.

Le MNHA présente des collections historiques couvrant l’antiquité à nos jours. En mai, il présentait aussi « Entre le Sacré et le Profane : Chefs-d’œuvre de la peinture italienne du XVIIe siècle dans les collections des banques italiennes« , une exposition qui valait le déplacement.

Mais bien entendu c’est surtout « Positions photographiques contemporaines sur le thème du portrait », qui s’est achevée le 21 juin, qui motivait ma visite avec quatre artistes présentés.

On ne présente plus Pierre Gonnord (vu en Belgique à l’espace DEXIA et avant à Arles – billet ici) avec ses photos de clochards d’une grande dignité, sur fond noir. Cette fois il y avait aussi un jeune homme blond avec plein de piercings, un travail plus ancien que je n’avais pas encore vu (Série Regards, Grand Delfin, 1999). Je ne peux pas hélas linker vers son site (ici) en flash (beurk) où on voit cette œuvre.

Mari-jo Lafontaine (déjà vue sur le stand d’André Simoens à ArtBrussels) montrait deux travaux. Elle présentait trois portraits immenses cadrés de très près sur des fonds de couleurs (Série Babylon Babies de 2008).

Elle montrait aussi, dans une petite pièce, 7 jeunes baigneuses en pied, en noir et blanc, plus grandes que natures qui font penser à sa série ‘Les bains de St-Josse’ (2008) mais je n’ai pas retrouvé les photos de l’expo sur son site (ici).

Mari-jo-lafontaine-MNHA

Valérie Belin (qu’on ne présente plus – billet ici) montrait deux mariées mexicaines et trois portraits de femmes noires. Comme d’habitude, les photos sont très contrastées, très noires et les fonds tout blanc. Le site de Valérie Belin (ici) est bien fait et montre bien son œuvre.

Luce Moreau montrait aussi son interprétation du portrait avec des diasec ou des acteur en costumes, dans la pose la plus distinguée, se font asperger brutalement anéantissant la vocation du portrait bourgeois. je n’ai pas trouvé son site web mais on parle d’elle sur le site du festival de photo de Lodz qui s’est récemment terminé (ici) et d’où est tirée l’illustration ci-dessous.

Rencontres de la photographie d’Arles – Atelier des Forges

Après la Maintenance, les Forges, toujours aux rencontres d’Arles, dans le parc des ateliers, pour voir des photographies.

Je n’ai pas compris le travail de George Tony Stoll qui présente des photos, euh, incompréhensibles. Zéro réaction. Cela me reste définitivement fermé tant au cœur qu’au cerveau. Si quelqu’un trouve des qualités à ce travail, qu’il le dise, cela m’instruira. A priori je ne suis pas seul mais faire partie de la masse n’est pas une consolation… Peut-être est-ce un visionnaire ? Passons.

J’ai par ailleurs zappé le travail de Patrick Swirc présenté sous formes de montage diapo de ses photos : je n’aime guère les montages diapos et le thème ne me disait rien (celui de la reconquête ratée d’une femme).

Le travail de Samuel Fosso ne m’a pas non plus fasciné mais reste intéressant. Sa série « african spirits » (et d’autres) est visible chez son galériste. L’express a souligné l’intérêt de son travail. L’artiste se met en scène en jouant des personnages multiples, tant des célébrités africaines (ou afro-américaines) que des archétypes (homme d’affaires, chef de village corrompu, etc) ou encore un ami disparu ou son père. Le résultat, souvent en grand format couleur, est esthétiquement réussi et techniquement irréprochable mais, là-aussi, je ne vois pas vraiment quel est le propos. Ce thème de la mise en scène de soi-même dans divers personnages est un classique de la photographie et je ne vois pas bien en quoi le genre est renouvelé. Peut-être faut-il rechercher dans le travestissement en femme un exercice particulièrement difficile (et réussi) et sans doute peut-on aussi saluer la diversité des genres et des styles depuis la photo d’identité (ou presque, en consacrée aux « grands hommes ») au nu en passant par de grands portraits. Si je ne craignais de passer « occidentalo-centré », je ne manquerais pas de souligner aussi qu’il nous est rarement donné à voir de la « photographie africaine » (le terme est impropre mais bon, il y a une entrée dans l’Universalis: disons de la photographie dont l’auteur est de culture africaine) et que c’est là une occasion sinon unique, du moins inespérée. La plupart d’entre nous en est sûrement resté à Seydou Keïta (mais non, pas le footeux, l’autre) ou Malick Sidibé, ignorant les artistes plus jeunes. Sinon, il faut aller à Bamako : la biennale s’y tiendra à nouveau, semble-t-il, à l’automne 2009.

Je finis par Pierre Gonnord dont, accessoirement, le site web est remarquable de sobriété. Je passe sur le massacre des grands formats très sombre par une lumière de charlatan (mais qui est responsables des éclairages ?) conduisant à des reflets lamentables. J’avais vu le travail de Gonnord dans de meilleures conditions en Belgique (j’en ai déjà parlé). Les grands formats et les harmonies de noirs confèrent une majesté indéniable à ces portraits consacrés pour l’essentiel à des clochards (en général, on lit « marginaux » ou « sans domicile fixe », consécration d’un cocktail de novlang et de xyloglossie). Cela m’a fait penser au travail d’Avedon quand il a photographié des américains banaux avec les mêmes égards que lorsqu’il photographiait des célébrités internationales. En noir pour l’un, en blanc pour l’autre. Et comme Gonnord vit en Espagne, on ne peut manquer de rapprocher son travail du portrait de Philippe IV par Velasquez.

Dans cet atelier, Gonnord sort du lot.

Rencontres de la photographie d’Arles – Entrer voir

Convaincu et sur place, vous voulez maintenant aller voir les expositions

Il se trouve que les deux tiers d’entre elles sont payantes, de 5 à 11 euros, 7 euros souvent (par exposition, c’est cher !).

Vu que vous venez de Paris, vous ne vous êtes pas déplacé pour des prunes donc vous voulez en voir le maximum donc la solution c’est le pass qui coûte soit 35 euros soit 40 euros. La différence c’est que dans un cas vous avez droit à une seule entrée dans chaque site alors que dans l’autre, c’est illimité. J’ai donc pris le pass à 35 euros.

Le plus simple pour quérir votre pass c’est, en sortant de la gare, d’aller vers la gauche, vers le centre-ville (de toute façon, à droite c’est un terrain vague et en face c’est le Rhône). En 5 minutes vous serez à l’arène et, à droite dans la petite montée, il y a une maison où sont vendus ces pass. L’accueil y est sympathique et vous aurez en cadeau un joli plan pliable qui vous permet de vous repérer à Arles les doigts dans le nez.

Comme je suis un blaireau, je n’ai pas pris ma carte FNAC qui donne droit à une réduction sur ce forfait (26 euros). Il n’y a pas de réduction sur le pass à 40 euros et il est en vente sur moins de sites donc bof.

Pass Arles 2008

Pass Arles 2008

Le code-barre est lu lors de votre entrée sauf quand ça ne marche pas auquel cas on pose une croix sur le n° du site à droite.

Vous noterez en bas qu' »il est interdit de photographier les œuvres » (mais apparemment tout le monde ou presque s’en moque).

Il y a les horaires aussi : sauf exception rare c’est 10H-19H (un site ferme entre 12H et 14H et un autre ferme à 18H mais c’est tout).

Avec ce pass vous avez droit à deux visites guidées d’exposition.

Pour ma part, la visite des Ateliers (un des principaux sites) ça a été deux heures de perdues, les commentaires étant proches du zéro : autant le guide connaissait pas mal le contexte du travail d’Huguier qu’il avait rencontrée, autant ça a été très léger sur Walker et Fosso et inexistant sur Gonnord et Korganow. Sans doute cela dépend-il aussi du guide.

Il faut préciser aussi que le pass donne droit à des réductions : l’accès au musée de l’Arles antique est gratuit, le Musée Réattu à demi-tarif et la Fondation Van Gogh aussi.

Demain on finira les apects pratico-pratique avec boire, bouffer et dormir à Arles.