ArtBrussels 2009 – Les galeries étrangères – Partie 6

C’est la suite de notre grande saga du printemps avec le parcours photo de ArtBrussels 2009.

Salon 94 (ici et New-York) montrait le travail de Katy Grannan, quatre photos montrant chacune une pauvre femme coincée dans un angle d’une pièce.

 

Cette galerie montre sur son site web des choses intéressantes comme le travail de Paul Graham, Carlo Mollino, Aïda Ruilova, Shirana Shahbazi (que j’avais découverte au centre culturel suisse à Paris – mon billet ici) et surtout de Marilyn Minter.

D’autres galeries avaient moins de photos intéressantes à montrer.

Rubicon Gallery (Dublin et ici) montrait Liam O’Callaghan avec ses constructions de carton où coule la peinture. La Galerie Patricia Low (ici et Gstaad) montrait les paysages de Dan Holdsworth. Jiri Svestka (ici et Prague) montrait Jitka Hanzlova et Marketa Othova. Galeria Senda (Barcelone et ici) montrait Anna Malagrida et Ola Kolehmainen (déjà vue chez Baudoin Lebon  – mon billet ici).

Voila, et bientôt la suite.

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ArtBrussels 2009 – Les galeries étrangères – Partie 4

Poursuite de la promenade sur ArtBrussels en quête de galeries montrant de la photo.

Crown gallery (Bruxelles et ici) montrait Paul Graham, de grands formats d’une seule couleur de Charif Benhelima et quelques Vitali. Stephane Simoens (Knokke et ici) montrait Laurenz Berges. Alison Jacques (Londres et ici) montrait un petit Mapplethorpe. Nicolai Wallner (Copenhague et ici)  montrait Joachim Koester ainsi que le travail de Elmgreen et Dragset. Nadja Vilenne (Liège et ici) montrait aussi quelques photos. Mitterrand et Sanz (ici et Zürich) montrait Jonah Freeman.

Mais bon, la galerie dont il faut se souvenir dans ce ce billet c’est la galerie berlinoise Thomas Zander.

La Galerie Thomas Zander (Cologne et ici) est spécialisée en photographie et représente de nombreux grands noms internationaux de Arbus à Winogrand en passant par Friedlander.

La galerie avait retenu Trevor Plagen avec ses ciels de nuit monochromes ornés de trainées d’avions à réaction, Jean-Paul Derrider avec sa série d’écrans de cinéma, Larry Sultan, Henry Wessel avec des vues de nuit de maison et un Gursky aussi.

Lyon – Septembre de la photographie – Partie 17 – Musée urbain Tony Garnier – Dominique Gauthey

Le septembre de la photographie à Lyon a investi une cinquantaine de sites dont le Musée urbain Tony Garnier  (site ici). L’exposition est terminée depuis le 26 octobre.

Je l’ai visitée lors de mon passage à Lyon du 9 au 11 octobre 2008.

Le travail de Dominique Gauthey porte sur la ville, les grands ensembles et la construction.

On a donc droit à de petits extraits de périphéries désertes, à des familles modestes dans leur HLM. l’accrochage est resserré. On a droit aussi à de petites typologies de maisons et à des vues agrandies de panneaux immobiliers. Et puis aussi des vues de banlieue moche.

Comme j’avais vu peu de temps auparavant le travail de Jürgen Nefzger chez Esther Woederhoff (voir mon billet ici), je me suis dit que c’était du pareil au même. Ceci dit quand Dan Graham photographie les banlieues US (“Homes for america”, vers 1960) c’était déjà aussi la même chose (voir mon billet ici). C’est là qu’on resent le besoin de disposer d’un appareil critique et, manque de chance, il n’y en avait aucun.

Galerie les filles du calvaire – Urbanités

Samedi dernier, je suis allé chez Les filles du calvaire. C’est toujours aussi pénible de devoir sonner pour qu’on vous ouvre : d’entrée de jeu vous voilà rabaissé en situation de demandeur. Mais au moins la porte cochère est-elle ouverte contrairement à d’autres galeries dont je ne franchis, du coup, même pas le seuil (exemple: Dix9, juste à côté). Cette galerie est remarquable car elle grande mais pas trop et les œuvres sont en nombre approprié : ce n’est pas l’entassement ni le vide cosmique (ce dernier guettant plus sûrement que le trop-plein dans nombre de galeries). En prime, ce qui est présenté vaut, en général, le déplacement. Cette fois le thème c’est « Urbanités ». C’est jusqu’au 25 octobre.  N’attendez pas la fin de ce billet pour aller voir. Courrez. D’ailleurs il y avait plein de monde samedi.

Quoi qu’il en soit, une fois de plus, on voit des choses intéressantes. Je ne vais pas m’appesantir sur Bourouissa et Darzacq dont les travaux sont bien connus. Ceci dit je n’avais jamais vu le travail du second « pour de vrai » : cela rend bien comme on dit. Ces chutes sont vraiment intrigantes.

Quant au premier, voici une illustration de la thématique qu’il aborde. Cette photo était visible chez Anne de Villepoix (billet ici).

Bill Owens nous montre des américains moyens des années 70 vaquant  à leurs occupations domestiques en petit format noir et blanc. Le « truc » c’est le commentaire que se veut amusant (?) ou provoquant (?) mais qu’on se rassure pas de gros mot ni de vacheries.  Juste un commentaire décalé. Bof.  Paul Graham quant à lui recourt au format monumental pour faire passer ses images : en l’espèce une seule photo d’une jeune noire de dos, dans la rue, avec le visage de profil éclairé. Seul le visage est éclairé. Une jolie photo mais rien d’exceptionnel là-dedans et le tirage exagérément grand est de trop.  A l’étage, c’est encore mieux.

Thibaut Cuisset nous montre des espaces urbains très structurés et déserts, aux couleurs pastel. Rien de bien nouveau mais au moins il n’y a pas de format géant, pas de prétention. Un grand format de Couturier est aussi visible mais il est désormais connu et j’ai la chance de pouvoir contempler, au travail, quand je veux, « Fenêtre Eastlake Greens, San Diego » (2,45 m x 1,90 m) une pièce plus impressionnante que celle présentée à la galerie. Franck Van Der Salm nous montre une photo d’une galerie entièrement rouge : on aimerait voir ses autres travaux et c’est possible sur son site web (ici) . Karen Knorr nous montre trois image issues de sa série « fables » (The Passage, The Shelf et The Stairs). Je n’avais d’ailleurs pas fait le rapprochement entre les photos et des fables… Il s’agit en l’espèce de deux oiseaux dans des maison désertes et design qui semblent des humains. Je n’avais pas pensé à une fable mais simplement à un scénario ou à une histoire : le fait que ces animaux soient dans des environnements humains tend à leur prêter immédiatement des comportements humains. Les titres sont neutres et ne disent pas une une histoire  (ils ne figuraient pas à la galerie) mais on en imagine spontanément en voyant les photos.

Ainsi, là, il m’a semblé voir une scène de rupture : les deux amants se tournent le dos, l’un reste là et l’autre a déjà pris son envol et s’en va à tire d’ailes. Ces photographies sont de surcroît magnifiquement composées et très agréables à regarder (ce qui nous change de la provoc à deux balles dont nous sommes souvent gratifiés sous couvert « d’Art »). Son site est .

Georges Rousse présente deux pièces symétriques par la couleur : Madrid 1 et 2 (2006).  J’avais raté son expo à la MEP et j’étais ravi de voir on travail en vrai ne l’ayant vu qu’à la télévision auparavant dans le cadre d’un reportage sur son travail. Cet artiste se livre à un minutieux travail d’intervention dans des espaces de son choix dans lesquels il créé, depuis un certain point de vue, une image. Sous Photoshop un graphiste mettrait moins d’une minute pour faire l’image, pour Brousse c’est un vrai travail sur le matériau avec peinture et pinceaux avant de déclencher. Il a un site web remarquable qui montre les deux pièces présentées ici : 1ère colonne en haut et en bas). Pour finir, dans un coin, on pouvait voir le travail de John Davies (des vues de bidonville en noir et blanc) et de Gilbert Fastenaekens (un coin d’immeuble sous une lumière lunaire, c’est sa spécialité).

Une belle exposition et en plus c’est gratuit.

Musée de Sérignan – 5ème partie – des 60’s à nos jours

Jusqu’au 5 octobre, au Musée de Sérignan, se tenait une exposition de photographie intitulée “Images du corps, vertiges et vestiges – Photographies de la Collection Rhône-Alpes et du Musée d’Art Moderne de Saint-Étienne Métropole”. Avec près de 200 photographies, de toutes époques, on en prenait vraiment plein les yeux et, en plus, sans être troublé par les visiteurs. Parmi les grands noms, on trouvait Robert Adams. Dans un registre documentaire, il nous montre cinq images de « Our lives and our children  near rocky flats nuclear weapons plant » (dans les années 80’s) qui nous montre la vie quotidienne d’américains moyens à proximité, comme l’indique le titre, d’un usine de fabrication d’armes nucléaires. Le site du Getty en dit bien plus ici (en anglais). William  Eggleston était représenté avec un tricycle (années 80’s aussi) qui ne « rendait rien » : trop petit et mal éclairé, il faisait pitié. Je ne suis même plus sûr a posteriori que c’est le très fameux tricycle… Lee Friedlander était à peine mieux représenté avec trois photos (années 80) de femmes travaillant dans des usines.

Dan Graham montrait sa série « Homes for america » (vers 1960) avec la fois des vues de lotissements stéréotypés très graphiques et des scènes de la vie quotidienne, au café notamment, au charme désormais désuet.

Helen Levitt nous montrait du noir et blanc et de la couleur. La série sur les graffiti n’était pas captivante. En revanche, ses photos d’enfants dans les rues valaient la peine. Elle est d’ailleurs connue pour cela essentiellement. Cette photo, et d’autres, étaient montrées à la fondation HCB, à la quelle je ne m’étais pas rendue après avoir hésité. Sur le site de la fondation HCB on voit l’image avec la petite fille et la voiture verte qui était aussi visible à Sérignan (c’est par ).

Thomas Struth présentait son « Campo dei Fiori » (1988) » et un vieil homme lisant un vieil ouvrage. Je me suis demandé ce que venait faire Struth avec sa place italienne dans une exposition consacrée au corps. Passons.

campo dei Fiori

Pour le reste, le moindre que l’on puisse dire c’est que c’est hétérogène. Le tas de linge de Claude Batho ou le travail de Suzanne Lafont (très représentée) ne m’ont vraiment pas séduit, de même que Chris Killip avec ses vues cinématographiques de gitans (1982). John Coplans était omniprésent, dès l’entrée, avec une main crispée en noir et blanc (1988) puis des torses et autres éléments d’anatomie humaine masculine. Dominique Auerbacher nous montre deux photos dont une intéressante, je trouve : celle d’une vieille femme plantée là dans une cour d’immeuble comme l’arbre et la poubelle qui sont à côté d’elle. Je ne sais pas si l’effet produit est voulu. Dans une veine également plasticienne, Craigie Horsfield montre un buste féminin grand format en noir et blanc  sur un appui de fenêtre.

Enfin, toujours dans cette veine, Jan Groover nous montre des jambes gosses, des nuques mais surtout il nous montre le toucher. Pour la première de ma vie j’ai éprouvé le sentiment d’être touché (physiquement) en regardant une photo : encore un coup des neurones miroir.

Yiorgos Depollas nous montre d’inquiétants patients aliénés. Et Daniel Farson fait de même avec des enfants avec couteau et cigarette (1964). Tony Ray-Jones nous montre quant à lui des scènes de déjeuner champêtre et un concours de beauté où la miss putative baille tandis qu’un homme boit un coup (1967). jean-Louis Schoellkopf nous montre huit portraits d’hommes dans les jardins ouvrier, dans toutes les allures imaginables et sommes toutes assez naturelles : une sorte de Sander moderne. Mais pour finir, une photo et un auteur m’ont particulièrement plus. La photo c’est celle de Gabriel Cualladó baptisée « el organillero » (1958).  Ce photographe montre aussi des photos typiques de l’Espagne pauvre de ces années là, jusqu’à la caricature (la famille sur le pas de la porte, un sol en terre battu, les visages burinés, les pauvres habits sombres, la mine triste ou fière). Mais cette photo du joueur d’orgue de barbarie, de dos, nous montre d’un seul coup toute la détresse de l’exil.

Le photographe, c’est Patrick Faigenbaum. De nombreuses photographies de cet artiste sont présentées et il faut bien avouer que c’est saisissant. Il ne recourt pas à l’artifice du format géant et pourtant c’est frappant. Il s’agit de photo de familles bourgeoises italiennes prises dans des palais et riches demeures. Tous ces gens ont l’air écrasés, parfois un peu bizarre (comme la famille Adams parfois). Les photographies sont volontairement très sombres ce qui leur donne un aspect tout à la fois classique, noble et un peu inquiétant. La meilleure à mon goût est celle où figurent deux enfants seuls dans un palais mais hélas les reflets sont trop visibles sur ma prise de vue.

Et pour finir, la collection permanente (dont j’ai parlé ici) comprend de rares photographies. Une série amusante de Jean-Louis Garnell (la veranda, 1987) qui nous montre ce qui se passe dans une véranda à Tregastel  à 9 instants du temps. Surtout, on peut admirer en format géant une photo de danseuse les mains trempés dans la peinture qui lui donne l’air d’une amputée par Per Barclay

Voilà qui conclut la visite et restera le témoignage de cette exposition, faute de catalogue.