Rencontres de la photographie d’Arles 2010 – Bistro de la Roquette – Off

Au Bistro de la roquette on ne peut pas picoler (même avec modération m)ais éventuellement on pouvait vous offrir un verre d’eau) car le lieu était dédiée à une exposition impossible (l’Impossible exhibition) due aux efforts de Valérie Hersleven, également présente sur les lieux. Valérie est agent de photographes et représente notamment Julia Fullerton-Batten.

L’Impossible exhibition est un clin d’œil à l’Impossible project, à savoir la renaissance des films à développement instantané anciennement connus sous le nom de Polaroïd. On pouvait même voir des films en pré-production sachant que la mise sur le marché des versions couleurs est prévue pour le 29 juillet 2010 seulement. Du coup, on ne savait pas trop si les curieuses couleurs étaient voulues ou pas ;-) Blurb montre quelques exemples ici.

Étaient convoqués au final Léa Habourdin, Fréderick Guelaff, Hervé Plumet (avec sa poupée amusante qui m’a bien plu), Laurent Humbert (un portrait masculin très réussi en PX 100), Michael Schnabel, Estelle Rancurel (avec un portrait en rouge en mosaïque), Christophe Morlinghaus (des paysages urbains qui valent le détour), Jan van Endert, Peter Granser, Louis Gaillard (feuilles), Julia Fullerton-Batten (en grands tirages avec de mini personnages – sous un verre, face à une photo d’identité), Mathieu Bernard-Reymond (des mains – son site web vaut plus qu’un coup d’œil) et Bjorn Tagemose.

C’est un bel effort car beaucoup de ces photographes ne sont pas, a priori, des utilisateurs habituels du Polaroid et la plupart (pas tous, certes) travaillent habituellement plus dans une optique commerciale qu’artistique. Si vous l’avez raté, c’est trop tard puisque le Off ne dure qu’un clin d’œil.

Visite au Luxembourg – 6ème partie – Casino (fin)

Nous terminons le récit d’une journée au Luxembourg à l’occasion du mois de la photographie. Le Casino Luxembourg montrait jusqu’au 14 juin 2009 « GREAT EXPECTATIONS – CONTEMPORARY PHOTOGRAPHY LOOKS AT TODAY’S BITTER YEARS »

Kai Wiedenhofer, qui documente le conflit israelo-palestinien depuis des années montrait le mur qui sépare les deux communautés et parvient, assez bizarrement, à le rendre beau, d’un point de vue esthétique. Patrick Galbats (qui est luxembourgois), dans un tout autre registre, fait des photos modestes d’objets modestes dans des tonalités un peu acides : on dirait du Parr.

Dans un veine toujours un peu « parresque », Peter Granser montre des vieux sous diasec dans la série Sun City, une ville en Arizona réservée aux retraités. Une des photos de cette série a fait la couverture de View photography magazine n°7 (illustration ci-dessous). C’est assez effarant, effrayant et amusant en même temps. Ce photographe avait été remarqué aussi pour une série sur Coney Island.

Joachin Koester montre sa série « Occupied Plots, Abandoned Futures », hommage à Ed Ruscha qui avait photographié en 1970 des terrains vagues à vendre à Los Angeles sous le titre « Real Estate Opportunities ». L’auteur a rephotographié ces mêmes lieux 30 ans après, désormais occupés. C’est un travail assez conceptuel où chaque photo en noir et blanc semble objet d’un protocole précis et où chaque tirage est titré de manière méticuleuse avec le lieu de prise de vue.