Haïti, publicité et photographie

A moins de vivre sous un rocher, chacun a appris la catastrophe qui a frappé Haïti récemment causant des dizaines de milliers de morts. Il se trouve que j’observe dans le même temps la multiplication d’initiatives caritatives, notamment sur Twitter: chacun y va de son tweet pour encourager les dons.

Jusque là, tout va bien.

Là où le doute m’assaille c’est quand je vois des photographes professionnels mettre aux enchères leurs travaux en annonçant que le produit de la vente ira à Haïti, le dire et le répéter à l’envie, et insister lourdement afin que les lecteurs misent plus (c’est une bonne cause après tout, comment refuser ?).

Où se situe la limite entre le don désintéressé de son travail en faveur d’une juste cause et l’auto-promotion  à bon compte qui tire parti du buzz médiatique, avant qu’il ne retombe dans moins de 10 jours, laissant les haïtiens, quant à eux, durablement dans la merde ? Ces photographes, s’ils étaent si « bons » ne seraient-ils pas plus inspirés de donner discrètement le produit de la vente passée d’une de leur photo plutôt que d’attirer le chaland et les agents au moyen de la mise aux enchères de leur travail ?

Je ne jette pas la pierre aux photographes qui n’ont pas le monopole de cette pratique mais de nombreux donateurs n’ont rien à vendre (aux enchères ou autrement): ils donnent discrètement de l’argent et n’estiment pas nécessaire de le faire savoir ou de poser comme condition préalable de vendre leur travail au plus offrant.