Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Fotogalerie Groningen

Après plusieurs semaines d’interruption, revoici revenu le temps de puiser dans les expositions visitées il y a quelques mois à commencer par Noorderlicht (ici) qui se tenait à Groningen en octobre 2009. Nous allons évoquer ici une exposition qui se tenait à la Fotogalerie Groningen à deux pas de l’Église, centre névralgique du festival. Il s’agit de photos des enseignants des écoles photos (Fotoacademie et Fotoschool), il ne s’agit donc pas d’une exposition phare.

Après avoir actionné la porte sans résultat, une bonne âme ouvre (il suffit de pousser parait-il). A gauche, un bar et des photos un peu éparses sur les murs mais il y a plusieurs étages et au final la visite vaut le coup. Certaines photos sont a vendre mais, pas de chance, pas celles qui me plaisaient (ou du moins il n’y avait pas de prix).

Parmi les 13 auteurs, 8 m’ont semblé un peu trop « amateur » mais les 5 derniers ne manquent pas d’intérêt.

Henny Berno Stern montrait une fille qui pose, les contours la photo sont frottés, bof. Nienke Wind nous gratifiait d’illustrations de « l’Inde eternelle », banal. Les autres auteurs disposent d’un sit web.

Arjan Verschoor (site inutilisable ici) montrait  6 petits portraits noir et blanc cadrés de prés. Gerard Kingma (site commercial extrêmement fourni ici) exposait  3 vues campagnardes en grand noir et blanc brumeux. Du côté de Hellen van Dijk (son site ici, qui fleure bon l’amateur), on voyait deux vues de nature assez banales (450 euros). On reste dans l’amateur avec les trois suivants.

Olaf Otto (site amateur ici) montrait des portrait de jeunes femmes en noir et blanc ornés de textes calligraphiés et d’un cadre ancien rococo mais comme je ne comprends pas le néerlandais, j’en suis resté là. Jenne Hoekstra (site amateur ici) montrait  un homme nu en position fœtale, le visage couvert d’un masque branché sur 2 cuves, bizarre. Je passe sur Corinne Hormann dont le travail est exposé ailleurs à Noorderlicht et que j’ai déjà évoqué (ici).

Je garde pour la fin les cinq auteurs dont le travail m’a le plus séduit.

Ingeborg Lukkien (son site ici) est photographe de mode et montrait de magnifique hybridation de femme et de fleurs, une alliance un brin éculée mais un resultat agréable.

Sabina Theijs (son site ici, bien fait mais en néerlandais) montrait In search of americans, des portraits de voyageurs à  la maison (affalés dans un fauteuil avec un stock de souliers par exemple) et sur le terrain. Une série amusante qui donne aussi un peu à réfléchir. Comptez 950 euros quand même.

Suzanne Blanchard (son site ici réserve une place à son activité de création) montrait sleepers (power naps sur son site), des photos d’indiens surpris dans la rue en train de faire la sieste. La série est à 900 euros et l’unité à 250. C’est un vrai sujet les dormeurs: au Casino Luxembourg il s’agissait de dormeurs en Afrique par Sada Tangara (ici) et à Groningen même ce sont les soldats endormis qui étaient photographiés par Tim Hetherington (ici).

Marijke van Ruiten (site minimaliste un peu intriguant ici) montrait de petites photos intimistes dans un cadre ancien énorme qui donne un effet de hublot: c’est finalement plus ce rapport entre photo et cadre qui m’a plu.

Cissie van der Ven montrait ce qui est resté à mes yeux comme le plus intéressant, de grands tirages mats très verts avec une femme dans une attitude étrange (je suis d’accord, on voit ce genre de photos un peu partout mais ça n’enlève rien au charme de ces photos). Son site web (ici) est fort bien fait, complet, organisé en projets et séries et sans Flash ce qui permet d’avoir l’illustration ci-dessous (vue lors de l’exposition – série Luchtbal).

Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Noorderlicht Fotogalerie

Nous revoilà à Groningen pour Noorderlicht 2009 et tout près encore de l’église de Aa, à la Noorderlicht Fotogalerie. Cette exposition fait partie du programme officiel et se déroule en un lieu semblable à une galerie des plus classique. Elle s’intitule Multivocal Histories et a pour curateur Bas Vroege, directeur de Paradox.

On peut y acheter aussi des ouvrages de photographie ainsi que le catalogue de Noorderlicht 2009.

Taco Hidde Bakker (son site web ici) montrait un projet (Grozny Memories) concernant la ville de Grozny, détruite par la guerre. Il s’agit d’affiches résultant d’agrandissements pixelisés de photos couleurs des années 50 doublées d’un texte. Andrea Stultiens (son site ici d’où est tirée l’illustration ci-dessous) montrait un travail également assez conceptuel (uganda, the kaddu Wasswa archive) avec des photos du personnage, de ses photos et aussi des facs similés de ses écrits. Pour ma part, la portée de ce travail qui m’a semblé documentaire et de peu d’intérêt, m’a échappée.

Julian Germain avait choisi de montrer le déclin de la ville sidérurgique britannique de Consett (série steelworks visible ici sur son site web). Comme Taco Hidde Bakker et Andrea Stultiens, l’artiste utilise ses photos mais aussi des photos banales tirées de la presse (locale) ou de ses archives familiales. Certains cadres sont en acier en hommage au passé siderurgique de la ville et c’est presque ce que j’ai trouvé de plus intéressant dans ce travail.

Avec Anastasia Khoroshilova (série out of context) on reste dans une approche conceptuelle de la photographie mais il me semble plus facile d’adhérer au projet. On pourra lire l’excellent article d’Olivier Vargin ici qui ne porte pas sur la série exposée (bien que réalisée en 2005, 3 ans avant l’article en question) dont les commentaires restent d’actualité. Le site d’Anastasia est également très bien fait (ici) avec quelques illustrations de la série vue à Groningen. L’exposition était plutôt saisissante puisque se tenant dans un… couloir de la galerie: sur un mur, des enfants survivants  de Beslan en soin en Allemagne en tenue de détente sur fonds de Bavière, sur l’autre mur, lui faisant face, une galerie de portraits issus du mémorial de Beslan. Assez dérangeant. Pour ceux qui auraient oubliés la tragédie, un rappel ici.

Deux autres artistes avaient retenu quant à eux d’autres supports que l’imprimé. Florian Schwarz a ainsi retenu la projection en triptyque de photos de la Russie actuelle en noir et blanc dans le genre granuleux, à la « recherche » de son grand-père dont il a découvert qu’il fut prisonnier en Russie pendant la 2de guerre mondiale. (série WOHINUNDZURÜCK visible ici sur le site de l’artiste). Tim Hetherington (série sleeping soldiers) montrait un travail que j’avais déjà vu je ne sais où mais cette fois en triptyque avec une vidéo montrant un peloton de soldats morts de trouille. C’est pas mal du tout à regarder (et c’est visible en ligne sur son site ici) !

Voilà pour le rez de chaussée.

Au sous-sol, plongé dans la pénombre on pouvait voir les travaux de Vojta Dukat et Ales Vasicek. Le 1er a filmé le départ des russes de  tchequie (91) et l’autre à dénicher des documents et réalisé des photos postérieures à l’événement. L’exposition montre donc des photos et des films mais aussi des objets (fanion des jeunes communistes, etc). Les auteurs étant mécontents du catalogue, il était possible d’apposer des tampons sur les pages litigieuses pour « recadrer leur propos ». Du coup, je me demande bien comment sont traités les ventes de catalogue par correspondance: le festival tamponne les pages ?

Quoi qu’il en soit, cette exposition était fort bien faite et du même niveau (relevé) que celle de l’église de Aa.