Visite au Luxembourg – 1ère partie

J’étais déjà allé au Luxembourg à l’occasion des Photomeetings, à l’automne 2008. Le premier billet que j’ai écrit sur cette manifestation, parmi une série de plusieurs, se trouve ici. Il n’y a guère de compléments à y apporter quant aux aspects pratiques qui y sont décrits, sauf peut-être que pour les courses (une bouteille d’eau par exemple), il faut aller en face de la gare, dans un centre commercial, chez Primavera Kons (ce n’est pas cher). Une autre bonne chose à savoir est que le paysage est vallonné : attention donc si vous suivez aveuglément une carte car vous risquez de monter et descendre beaucoup.

Je suis retourné au Luxembourg le 2 mai dernier, à l’occasion du Mois de la Photo 2009 (ici). Malheureusement, à cette date, la manifestation se terminait de telle sorte que je n’ai pas vu autant de choses que j’aurais pu mais cela m’a permis de visiter la ville et de voir des musées traitant d’autre chose que de photo. C’est afin d’éviter de rater, en partie ou en totalité une telle manifestation, à l’avenir, que j’ai d’ailleurs créé sur ce blog une page « festivals » (ici).

En ce qui concerne les sites visités, je suis allé au MNHA, au Casino, au MUDAM, au Musée d’Histoire de la ville de Luxembourg et chez Nosbaum et Reding.

Je ferai prochainement un article sur le MNHA et le Casino qui, tous deux, le valent bien.

Le MUDAM montrait surtout de la vidéo et à mon goût il vaut plus pour son architecture que pour son contenu (à part la chapelle en fer de Wim Delvoye). Le Musée d’Histoire de la ville de Luxembourg montre surtout l’histoire du Luxembourg et il présentait accessoirement 4 amusantes photos de personnages en plein kitsch luxembourgeois, par Jeanine Unsen dont je vous conseille le site web (ici) : cette photographe a du talent.  Chez Nosbaum et Reding à deux pas du MNHA, il fallait voir les paysage de Una Hunderi mais j’ai retenu un portrait (issu du site de la galerie) pour illustrer son travail (les prix sont de l’ordre de 2 600 euros).

Anniversaire – Edward Weston (24 mars 1886 – 1er janvier 1958)

Edward Henry Weston est né le 24 mars 1886 : il aurait donc aujourd’hui 123 ans.

Henry Weston est un photographe américain qui débute à 14 ans et devient un professionnel à 20 ans en faisant du porte à porte. Il prend des cours pendant 3 ans puis ouvre son studio en Californie en 1911 pour devenir rapidement connu pour ses portraits pictorialistes et est distingué à Londres dès 1917. En 1922, en photographiant des usines dans l’Ohio, son style évolue vers la « straight photography » dont il deviednra un maître. Stieglitz l’encourage dans cette voie.

En 1923 il ouvre un studio à Mexixo et se tourne vers une photographie élémentaire et naturelle. Il rente en Californie en 1927 et montre ses travaux de studio, gros plans de légumes et de coquillages. En 1929, il photographie des vagues et, en 1934, des dunes. Il est le 1er photographe à obtenir la bourse de la Fondation Guggenheim en 1937 et sillone la Californie. Le MOMA organise une rétropective en 1946 où il réalise ses 1ers clichés en couleur. Il est frappé par la maladie de Parkinson e tréalise ses derniers clichés en 1948.

Visite guidée du musée Niepce à Chalon – la suite

Vendredi dernier je suis allé à Chalon sur Saône visiter le musée Niepce, consacré à la photographie. Voici la suite de l’article commencé ici.

Pénétrons donc, à l’étage, dans une belle salle avec, tout autour, des photos de paysans chinois réalisées par Bertrand Meunier (prix Niepce 2007) qui travaille chez Tendance Floue (son travail est ).  En principe, je n’aime pas les photoreportages à prétention « plasticienne » mais là, ce n’était pas mal comme je l’ai écrit déjà ici. Il y avait aussi un film en boucle sur le sort de ces paysans pauvres qui exercent le plus souvent un autre métier pour joindre les deux bouts.

Dans les salles suivantes on revenait  à l’Histoire avec, d’abord, le clou de la visite : le 1er appareil photo du monde. Cette boite en bois trouée, sans objectif, n’impressionne guère derrière sa vitrine.

La vie de Niepce et ses procédés sont mis en lumière, si j’ose dire, avec quelques babioles qui auraient un vague rapport avec sa vie (des lunettes, un bout de bois, etc) et surtout des explications sur l’héliographie (un procédé de reproduction des images avec du bitume de Judée) et le pyréolophore (une sorte de moteur). Hélas pour Niepce, son sens des affaires n’égalait pas son génie des inventions et, avec son frère devenu fou, il ne put rien concrétiser en monnaie sonnante et trébuchante.

Dans cette salle, on peut regarder aussi un excellent film qui à lui seul vaut le déplacement et qui dure 45 minutes, réalisé sous la houlette de Michel Frizot, sommité de la photographie (Directeur de recherche au CNRS et auteur d’ouvrages de référence dont une histoire de la photographie). Ce film est complet, didactique et aussi attrayant : un vrai bon travail de vulgarisation technique et historique. On y voit notamment la « first plate » (en gros, la première photographie), aujourd’hui au musée de l’Université d’Austin au Texas. Comme j’ai fait une modification dans Wikipédia, vous pouvez regarder mon petit ajout ici qui comprend un lien intéressant (en anglais).

A propos de Niepce, un site bien fait se trouve ici.

Ensuite, on voit quelques daguerréotypes et calotypes puis les premiers appareils utilisant des plaques (ou des rouleaux) au gélatino-bromure. La photo en couleur est traitée uniquement avec la revue « réalités ». Bof. La visite de la section historique se clôt avec des appareils de stéréoscopie anciens ce qui est plus original.

Avant de voir la salle consacrée à la photo finlandaise qui nous ramène aurez de chaussée, il y a une salle consacrée au portrait (visages contemporains). On peut ainsi voir une série de portraits de Thomas Ruff, qu’on ne présente plus, mais de petite taille. Je croyais qu’il n’avait fait que de grands formats pour avoir vu un portrait de plus de 2 mètres à Beaubourg (celui-là). On peut voir aussi deux portraits magistraux d’un vieux monsieur par Éric Poitevin (série gens d’Arbois).

Pour le reste, le plateau est moins prestigieux : on trouve Richard Dumas (de l’agence VU dont le travail est visible ),  Dirk Braeckman avec deux surprenants auto-portraits où l’image d’un autre visage est projeté sur le sien, une œuvre de Jean Luc Moulène (visible chez sa galériste : ici) et plusieurs portraits de célébrités par Jerôme Schlomoff (bof). On voit aussi des choses de Dan Peebles (son site est ), de drôles d’indiens par Gilles Saussier (représenté par la Galerie Zürcher à Paris et New York et ici aussi) et, plus intéressant à mon goût, des portraits de galiciens par Virxilio Vieitez. Ces portraits sont montés dans trois panneaux de 9 photos chacun : ce sont des visages sévères de paysans (suppose-t-on) aux habits frustes (il est représenté en France par l’agence VU et certains de ces travaux sont visibles ici).

La dernière partie de l’exposition est consacrée à la photographie finlandaise de l’après-guerre jusqu’aux années 80. J’ai noté les noms comme j’ai pu, n’étant pas très familier des noms finlandais, et j’ai renoncé aux diacritiques aussi (tant qu’à faire).

Visite guidée du musée Niepce à Chalon

Vendredi dernier je suis allé à Chalon sur Saône. En TGV, depuis Paris, il faut compter 2H30 avec parfois un trajet final (Dijon-Chalon) en TER. L’objectif ? Visiter le Musée Niepce. Depuis la gare, à pied, il faut environ 20 minutes, sans se presser, pour accéder au 28 quai des messageries où se trouve le lieu à visiter.

Comme chacun sait, Niepce (Nicéphore de son prénom) est l’inventeur de la photographie. Le musée, gratuit, présente en outre, en ce moment, un panorama de la photographie finlandaise de l’après guerre jusqu’aux années 80, et ce jusqu’au 28 septembre. Enfin, le musée montre aussi le travail de Bertrand Meunier, Prix Niepce 2008 (pour le gagnant 2007, pour pouvez voir ).

Le site du musée est bien fait (il est ) et vous donnera les lieux et horaires (qui varient selon la saison). En gros, le musée ouvre à 9H30, ferme vers 18H00 et reste portes closes entre 12H et 14H00.

J’ai un restaurant à vous conseiller, en passant, La Réale, place du Général de Gaulle, où le foie gras et le magret de canard fumé sont excellents sans compter les Saint-Jacques à la Nantaise et la tarte au ciron (compter 40 EUR). Il est dans le guide Michelin et dans le Petit Fûté aussi et, en outre, ce n’est pas bien loin du Musée, à pied.

Le Musée s’ouvre par quelques photos en couleur, très graphiques et composées, de bords de piscines par Franco Fontana, représenté à Paris par Baudoin Lebon.

Dans la 1ère salle au rez-de-chaussée se succèdent panneaux et vitrines. Je n’ai pas vu plus de deux visiteurs et pour l’essentiel j’avais le musée pour moi tout seul : je ne sais pas s’il s’en féliciter ou le déplorer. Égoïstement, en tout cas, j’ai pu bénéficier d’un calme absolu.

Cela commence donc avec des photos « au pochoir », des origines à nos jours. Vous savez, les pochoirs c’est ce qui permet de « découper » les photos de manière plus ou moins « artistiques » : cela se faisait beaucoup aux débuts de la photographie en France et cela continue dans les pays moins avancés de nos jours, avec un effet kitsch indéniable. Dans une vitrine sont présentés des appareils des années 70 dits « à pictogramme » car le viseur présente des dessins au lieu de grandeurs physiques qui imposaient « de s’y connaître ». Dans une autre, on voit des objectifs anciens dont un téléobjectif de 1910 : déjà des paparazzis, bien que ce soit anachronique ? (sur l’origine du terme: ici). Dans la salle on voit aussi une énorme (50 x 50) chambre d’atelier.

Dans un coin, presque égarées, quelques photos de Guillot, Gallier et surtout Rodtchenko, Doisneau et Weegee.

Toujours au rez-de-chaussée, un bric-à-brac un peu « cheap » : un panneau sur la revue « Mieux vivre » (vers 1940), des objets munis d’une photo comme des presse-papiers, une vitrine sur la photo d’identité, un panneau sur Pierre Boucher (?), des albums de famille, une vitrine sur le thème du mariage et une vingtaine de photos anciennes de Chalon. Bof.

Un peu plus original : la photographie parlante (pourvue de microsillons), un distributeur de pellicules des 50s, un pupitre de retouche et un panneau sur l’agence Sartony qui faisait des tirages photos immenses pour les décors de cinéma et qui a fermé en 2002.

Un panneau sur « la photo dans la photo » montre notamment, dans le lot épars, quelques pièces de Sarah Moon.

Passé l’escalier orné d’un grand format de Gérarld Petit (?) on quitte un univers vaguement poussiéreux pour des photos plus contemporaines et une présentation historique un peu plus relevée.

Dans le prochain billet on poursuit donc la visite.