PhotoEspaña – Galeries – Expos collectives – Marta Cervera, Fucares, Rafael Perez Hernando

PhotoEspaña ce sont des expositions officielles et un programme Off très relevé, à tel point que le Off et l’officiel ne sont pas réellement discernables. De nombreuses galeries participent à l’événement, que ce soit pour des expositions individuelles ou collectives.

Dans ce billet, on évoquera des expositions collectives qui se déroulaient dans trois galeries et que j’ai vues, comme certaines individuelles (billet ici), dès le premier jour à Madrid, le 21 juillet.

Marta Cervera (Plaza de las salesas, 2) avait retenu sept artistes utilisant la photographie pour un programme très contemporain. Greta Alfaro présente certainement le programme le plus facilement interprétable. Le dispositif comprend une vidéo et plusieurs photographies de divers formats. Le film retrace le saccage d’une table bourgeoisement dressée en pleine nature par des vautours. Les photos témoignent de l’événement. Pour ma part, cela m’a fait penser à la crise financière, d’autres pourront y voir d’autres choses. Les autres auteurs m’ont moins convaincu, à commencer par deux artistes également représentés par la galerie, Adam Fuss montre un rond dans l’eau et Jay Heikes expose trois photos d’épouvantails dans l’obscurité à tête hideuse, presque des monochromes. Leurs travaux sont visibles sur le site de la galerie.

Les quatre autres artistes sont seulement « en collaboration » avec la galerie, et du coup, le site web de la galerie ne montre pas leurs travaux. Il y a parmi eux des « pointures ». Jenny Holzer (son site ici) montre en format géant un paysage urbain de nuit orné d’une « pensée » écrite en grand dessus comme «i feel you ». Pour mémoire, il obtenu le Lion d’or à Venise en 1990 ce qui n’est pas rien. Miranda Lichtenstein (son site ici) montre une danseuse en négatif noir et blanc. Meredyth Sparks montre un travail sur un poster de Bowie (elle est visible à la galerie Franck Elbaz depuis le 12 septembre 2009). Anthony Pearson montrait un diptyque symétrique quasi monochrome évoquant une éclipse.

Rafael Perez Hernando Arte (Orellana, 18) exposait sur le thème « entropies ». Le titre est un peu fumeux mais le programme est plus accessible, plus photographique que arty, que celui de sa consœur ci-dessus et plus concentré ce qui permet de mieux appréhender le travail de chacun. Les illustrations sur le site web de la galerie sont également de grande qualité (illustrations ci-dessous, par contre il ne marche pas avec Firefox).

Linarejos Moreno montre de grands formats couleur avec des surimpressions fantomatiques dans un lieu où sont stockés des moules industriels étiquetés de jaune. Il y a aussi un amphithéâtre de fac où les sièges sont devenus des tableaux noirs couverts d’équations.

Jose Ronco présente de petits formats noir et blanc de lieux divers vides ou abandonnés, d’un grand classicisme.  Alexandro Garmendia expose des photographies géantes d’architecture avec un léger flou et du grain, un travail étonnant de texture. Xabier Idoate pratique l’impression numérique sur papier à dessin et ses créations sont à la marge de la photographie, tout près de celui d’un graphiste. Ses architectures urbaines repensées et multicolores vont du petit format à la fresque murale.

Fúcares (Conde de Xiquena, 12) montrait une exposition titrée Fotos que ver en Madrid cuando aun no estas muerto… (de calor) (des photos à voir à Madrid tant que tu n’es pas encore mort … (de chaleur). Beaucoup trop de photographes (une douzaine, pas moins) se pressent sur les murs exigus de la galerie et c’est dommage.

Vous pourrez ainsi voir les paysages désertiques d’Elger Esser et Howard Ursuliak. Vincenzo Castella montre des Polaroid et de grands déserts. En contrepoint, vous verrez Javier Ayarza et ses paysages verts voire bucoliques mais le texte en marge indique quels drames s’y sont déroulés et les coordonnées GPS du lieu: ça a quelque chose d’effrayant.

Bleda et Rosa montre un très grand tirage couleur d’un vestige romain et indiquent dessous la définition de chaque élément d’architecture montré. Il y a aussi deux Candida Hofer, dont un petit format (j’ignorais qu’elle avait produit de petites pièces). Roberto Infantes montre une photo ornée de géométrie peintes à l’acrylique et cela produit son effet. Maggie Cardelus a aussi un usage très spécial de la photographie puisque son œuvre consiste en une superposition de photos finement découpées en arabesques: son site, original, montre ses travaux.

Je finis rapidement avec plusieurs auteurs inconnus ne bénéficiant de plus d’aucun accompagnement « pédagogique »: Angel de la Rubia (un LCD et deux photos), Rita Magalhaes (ici), Jaime de la Jara (deux grands formats couleur presque identiques d’un couloir enneigé) et Stefan Thiel (un sous-bois enneigé et un château de sable).