Instituto de Mexico – Umbrales – Seuils

C’était le dernier jour samedi dernier pour visiter l’exposition Umbrales/seuils à l‘Instituto de Mexico (119 rue vieille-du-temple). Ce n’est pas la première fois que je visite ce lieu et c’est toujours un grand plaisir que de découvrir des auteurs mexicains habituellement peu vus en Europe.

Livia Corona montrait la série déjà vue à Madrid (billet ici) cet été consacrée aux logements construits à la va-vite au Mexique.

Sector reforma présentait Javier Cardenas Tavizon (site ici) pour des portraits collectifs et individuels.

Gerardo Montiel Klint montrait des travaux particulièrement saisissants, outre la fillette photographiée comme un top model mais privée d’une jambe dévorée par un requin (« étude marine avec survivant d’une attaque de requin »). Ses « volutes de fumée » et autres « étude d’un paysage avec vomi » sont intrigants, intelligents et fort bien réalisés, dans toutes sortes de tailles et en tirage Giclée (ce qui n’est pas fréquent). Un travail vraiment remarquable et un accrochage très pertinent. Son site (ici) est consacré à son travail commercial et sa galerie montre peu d’images (ici).

Oswaldo Ruiz recourt lui a de grands diasec pour montrer des maisons désertées par leurs habitants suite à la sécheresse due à l’incurie du gouvernement local. Photographiées de nuit, avec des éclairages clairement visibles, ces maisons font penser à des insectes épinglés dans un cabinet d’entomologiste. Son site web est hélas presque inutilisable (ici).

Jose Luis Cuevas montrait des portraits rapprochés en noir et blanc de gens ordinaires en tirage aux « encres au carbone ». Ces portraits ont quelque chose de saisissants de vérité et de rudesse, sans artifice. Il ne faut pas le confondre avec le peintre muraliste homonyme. Son blog est ici.

Andres Carretero dans sa série « phénotypes » traitait le sujet des mexicains albinos, c’est un sujet assez bateau mais toujours intriguant. Son site ici montre sa série de manière très complète.

Mois de la photographie à Paris – 27 – Instituto de México – Transmigration : quatre photographes mexicains en Europe

Nous arrivons au terme du (très long) mois de la photo à Paris avec ce 27ème article. L’exposition qui se déroule à l’Instituto de México s’achève le 17 janvier 2009, il n’est donc pas trop tard pour y passer.

Ce n’est pas souvent que l’on voit de la photographie mexicaine à Paris, c’est un euphémisme. Ceci dit, ne vous attendez pas à voir des cactus, des sombreros et des ruines Mayas  pour ne citer que quelques clichés car l’objectif c’est plutôt de montrer l’Europe avec des yeux mexicains.

Je ne me souviens plus de ce que montrait Flor Garduño, c’est dire ; par contre elle a un site web (ici) qui confirme pouquoi je n’ai pas retenu ce que j’ai vu. Je me souviens vaguement des photos de Pablo Ortiz Monasterio : il me semble qu’il s’agit de photos en noir et blanc d’architectures et de bas-reliefs. Cristina Kahlo (petite nièce de Frida), nous montre une fête foraine en Suisse, multicolore, comme on imagine les fêtes en Amérique du Sud.

Bref. C’est un peu regrettable mais rien de tout cela ne m’a vraiment marqué alors même que ces photographes sont des talents reconnus du monde hispanophone, primés au Mexique et ou en Espagne.

Je garde le meilleur pour la fin avec Raúl Ortega, dont le travail est visible à l’étage, dont une photo (ci-dessous) illustre d’ailleurs la plupart des articles du web et ce n’est certainement pas pour rien. Raúl Ortega a travaillé sur la diversité, comme on dit en novlang, à savoir sur les populations immigrées, en l’espèce en Espagne. Ces photos empreintes de sensibilité et de fraicheur donnent, pour une fois, une vision plutôt positive de ce phénomène.

Rien que pour ça, allez voir l’exposition, c’est jusqu’au 17 janvier 209.