Transphotographiques 2010 – Maison de la photographie

A la Maison de la photographie (18 rue Frémy), le rez-ce-chaussée était consacré à Jean-Pierre Gilson (site ici) qui montrait de magnifique tirages noir et blanc consacrés aux portions pavées de Paris-Roubaix. Vides de toute présence humaine, ces images aux ciels lourds et aux points de vue originaux sont magnifiquement composées et on ne peut rater ces paysages où les pavés tournent subitement en coude ou, a contrario, cette rectiligne trouée d’Aremberg qui fait frémir les cyclistes chaque année.

A l’étage, en revanche, c’est un peu morne plaine, non que les travaux soient sans intérêt mais le saupoudrage d’œuvres (1 à 4 par auteur) ne les sert pas et la surface d’exposition a été réduite de moitié. Le thème, comme au rez-de-chaussée, est régional avec une sélection de travaux tirés de la collection du centre régional de la photographie sis à Douchy-les-Mines (près de Valencienne, je n’ai pas trouvé de site web).

Une bonne partie des travaux relève de missions (comme la mission transmanche) commanditées par le Centre. Il s’agit de tirages noir et blancs, souvent de format modeste, qui portent systématiquement sur les paysages du Nord, tant littoraux (blockhaus)que miniers (des terrils) même si parfois l’approche est moins frontale. On retrouve Jean-Pierre Gilson mais aussi Thierry Girard, Jean Marquis, John Davies (billet ici) et Michel Kempf, les deux derniers ayant réalisé Autoroute A 26 – Calais/Reims dans le cadre de la mission transmanche.

Je retiendrai pour ma part une photo de Josef Koudelka (chez Magnum, ici) montrant des dunes enherbées dues aux bombardements, les photos de nuit  de Michel Semeniako (ici) figurant des voies ferres de mines et des berlines ainsi que les photos de Marylin Bridges (ici) montrant, outre des blockhaus, la pointe de la Crèche, un cimetière militaire et des watergangs.

Anniversaire – Josef KOUDELKA (10 janvier 1938)

En ce 10 janvier 2010, Josef KOUDELKA fête ses 72 ans.

Josef KOUDELKA se consacre à la photographie après la fin de ses études d’ingénieur à Prague (1961). Il commence par collaborer à un journal de théâtre (Diradlo) et photographie les gitans. Ce travail est central et se poursuit aujourd’hui encore à travers des thèmes comme l’exil et le nomadisme. Il est récompensé en 68 par le Robert Capa Overseas Press Club pour un reportage sur les événements. Il quitte la Tchécoslovaquie en 1970 pour la Grande-Bretagne puis la France et entre à l’Agence Magnum l’année suivante. Le MoMA lui consacre une exposition personnelle dès 1975.

MEP – Maison européenne de la photographie – Delpire

C’est entendu, Robert Delpire est un grand monsieur de la photographie et de l’édition, nous l’avions compris à Arles cet été (billets ici et ).

L’exposition de la MEP (ici et 5/7 rue de Fourcy), récemment inaugurée, consacrée à cet éditeur et ancien directeur du centre national de la photographie qu’il contribua à fonder est une extension de celle d’Arles. En clair, si vous avez déjà vu Arles, il n’est vraiment pas indispensable d’aller à la MEP: en ce qui concerne, j’ai visité au pas de course. Pour les autres, l’exposition n’est peut-être pas totalement inutile, et je pense notamment au public adulte peu familier de la photographie mais aussi aux ados et aux enfants.

Au sous-sol, vous avez droit essentiellement au volet publicitaire, sponsorisé par Cacharel et Citröen, comme à Arles avec des illustrations vidéos. Pour le reste, l’essentiel de l’accrochage est consacré aux livres, complété de photographies mais sans réel fil conducteur: si les salles sont bien axées sur des thématiques, les photographies forment plutôt un pot-pourri. Néanmoins, parmi les auteurs les mieux représentés, on citera Cartier-Bresson et Koudelka ainsi que Sarah Moon.

Ce sera pour les moins connaisseurs l’occasion d’apprécier quelques tirages hyper connus comme le saut au-dessus de la flaque de Cartier-Bresson (billet ici) ou la fameuse voiture déformée de Lartigue (billet ici).

C’est jusqu’au 24 janvier 2010.