Galerie Laurent Godin – Rajak Ohanian

Cela faisait un petit moment que Laurent Godin (5 rue du Grenier-Saint-Lazare et ici) n’avait pas accroché de photographies sur ces murs (voir billet ici, de décembre 2008). Et comme pour la galerie Paris-Beijing (ici) c’était le dernier week-end pour en profiter.

L’invité était cette fois Rajak Ohanian pour Métamorphoses II. le travail se présente sous la forme de deux photographies réunis dans un même cadre, côte à côte, même format, même technique, en noir et blanc seulement séparées par un espace noir vertical. ces photographies sont me semble-t-il construites de la même manière (à l’exception des chutes d’eau peut-être): une photographie est réalisée et se trouve complétée, à droite par une symétrie de la moitié droite de la photo et, à gauche par une symétrie de la moitié gauche de la photo puis l’ensemble est coupé en deux en son milieu. De la sorte, l’image originale est coupée en deux donc peu lisible, et chaque nouvelle image formée est composée de deux moitiés symétriques (illustration ci-dessous en provenance du site de la galerie).

Au final, on on observe des ensembles assez troublants, une sorte de mise en abîmes un peu hypnotique, un effet kaléidoscpe, outre le fait que l’on se demande ce que l’on voit (on cherche l’objet réel ayant servi de support à la photo) particulièrement pour les plans rapprochés.

On se laisse surprendre à prendre plaisir et intérêt à la plupart de ces images, malgré le caravanière répétitif de la procédure appliquée.

Galerie Laurent Godin – Gonzalo LEBRIJA

Hier, dans la tournée des galeries, après Baudoin Lebon, ce fut au tour de Laurent Godin. Ce dernier nous montre le travail de Gonzalo Lebrija intitulé « R75/5 TOASTER ».  La R75/5 dite aussi « toaster » est une moto BMW dont les flancs chromés évoquent ceux d’un grille-pain d’où son surnom. Et Gonzalo a l’idée de faire des photos des reflets dans le chrome. Il n’est pas le seul ni, je pense le premier, à avoir eu l’idée. La photo ci-dessous illustre le principe avec une sorte de mise en abime.

Les photos de Gonzalo présentent, en soi, un intérêt limité : des images de paysages désertiques, plus ou moins déformés par la courbure du miroir. Il y a une photo où le photographe est piégé par son reflet. Non, là où Gonzalo fait fort c’est parce qu’il applique une procédure répétitive sans se détourner. Ainsi, au fil de son voyage à moto en Basse-Californie, il fait toujours la photo du reflet puis de photo de la moto, à part, inscrite dans le paysage si bien que l’on voit deux fois la même chose (le paysage) avec deux optiques différentes.  La 1ère est en couleur et la 2ème en noir et blanc, de taille réduite. Ensuite, ces deux photos sont assemblées sur un même cadre, la grande en haut et la petite en bas, séparées par un carré noir où figurent en blanc les coordonnées, température et altitude du lieu. L’exemple ci-dessous est tiré du site paris-art.com et illustre le propos.

L’accrochage resserré, formant une ligne au mur évoque aussi, évidemment, la route.  Ceci dit, une fois passées la compréhension de la procédure et la vision des 1ères œuvres, l’intérêt s’émousse vite et chaque œuvre paraît, individuellement, bien terne, à mon goût. Finalement, Gonzalo est moins un photographe qu’un artiste et son travail me semble plus une installation qu’une suite de photos. Il y aurait du son et une vidéo ou la moto elle-même ou une sculpture en miroirs, cela aurait sûrement été plus convainquant. Peut-être, néanmoins, quelques photos ont de l’intérêt : celles où la déformation de l’image par le miroir du chrome évoque la déformation de l’image par la chaleur, par exemple, mais il n’est pas certain que cela soit fait exprès et, à part une ou deux photos de ce type, décidément, il n’y a pas grand chose à voir. En fait, si l’on voit bien la démarche comme un tout, on ne perçoit pas vraiment ce qui a motivé CETTE photo plutôt que telle autre. Enfin moi je n’ai pas perçu en tout cas.

Si vous voulez vous ennuyer un peu, c’est jusqu’au 4 octobre.