Lyon – Septembre de la photographie – Partie 24 – Galerie Le bleu du ciel – Paola Salerno et Klavdij Sluban

Le septembre de la photographie à Lyon a investi une cinquantaine de sites dont la Galerie “Le bleu du ciel » qui présentait, rue Burdeau, Mark Curran (mon billet ici) et, au Plateau, Paola Salerno et Klavdij Sluban. Les illustrations sont tirées du site de la galerie (ici).

L’exposition est terminée depuis le 31 octobre.

Je l’ai visitée lors de mon passage à Lyon du 9 au 11 octobre 2008.

Paola Salerno travaille depuis des années sur la Calabre. Elle présentait des détritus dans la rue, un lapin dans un sac en plastique, des façades délabrées. Je n’ai pas été convaincu.

Klavdij Sluban relatait un voyage par la route jusqu’en ex-Yougoslavie. Un travail plutôt convainquant, un peu inquiétant, avec des prises de vues souvent la nuit. Son site web est ici.

Lyon – Septembre de la photographie – Partie 10 – Galerie Le Bleu du ciel – Mark Curran

Le septembre de la photographie à Lyon a investi une cinquantaine de sites dont la Galerie Le Bleu du ciel (site ici). L’exposition consacrée à Mark Curran, et qui se tenait sur le site situé rue Burdeau, s’est achevée le 31octobre. La galerie dispose d’un autre site rue de Cuire.

Je l’ai visitée lors de mon passage à Lyon du 9 au 11 octobre 2008.

De l’extérieur on avait l’impression que c’était fermé mais en fait non : les vitres étaient volontairement occultées mais c’était ouvert. A l’intérieur, des murs blancs, un éclairage cru et une sono déplaisante : la reconstitution d’une usine HP en fait. Sur les murs, des tirages grands formats, très blancs aussi, grandeur nature. Des portraits, des vêtements, des matériels. Les images sont fixées par des pinces. Au fond, une vidéo.

« The Breathing Factory » (2006) est une installation consacrée à une usine Hewlett-Packard en Irlande et a donné lieu à un livre.

Les photos ci-dessous visibles pendant l’exposition viennent de ce site, .

Je n’ai pas été vraiment enthousiasmé.

Lyon – Septembre de la photographie – Partie 1

Je me suis rendu à Lyon du 9 au 11 octobre pour voir ce que c’est que le « Lyon septembre de la photographie » comme suite à ma visite à la galerie « Le Bleu du ciel » (voir mes billets ici et et par ici aussi).

Cette manifestation s’achève le 31 octobre 2008. C’était la 4ème édition selon ce qu’on m’a dit sur place. Le nombre de sites à visiter est considérable : il est proche de la cinquantaine, pas moins si l’on compte à la fois les sites partenaires et ceux qui sont seulement « associés ».

Le site de l’association qui a monté cette manifestation est .

Autant le dire tout de suite, tout cela m’a paru très bien et je regrette la faible couverture médiatique et bloguesque de l’évènement.

La ville de Lyon et ses habitants, à part le samedi, est calme et la ville est propre. Le spectacle d’un métro presque vide et sans tag laisse bouche bée le pauvre parisien.

Les expositions privilégient le « on man » ou « one woman » show et, quand ce n’est pas le cas, la logique retenue est lisible par le premier venu et le nombre d’artistes présenté n’est jamais excessif. Cela fait toute la différence avec Arles, particulièrement aux Ateliers, où la masse de photos et de photographes devenait perturbante.

L’autre point fort, à mes yeux, est que ce qu’il nous est montré sort des sentiers battus. Ici, bien sûr, on trouve Depardon, mais c’est bien l’un des rares « grands noms » présents. Je trouve particulièrement agréable que cette manifestation prenne le risque de montrer autre chose que des photographes stars visibles en galerie.

Enfin, dernier atout, la qualité de l’accueil : là-bas, à Lyon, peu de stagiaires à faire de la figuration et peu de galéristes en Armani à vous snober, pauvre miséreux en jeans. Non. A Lyon, on voyait des galéristes passionné(s) par la photographie et des jeunes gens (étudiants, peut-être) venir vers vous et prêts à vous expliquer le travail des artistes. Un rude coup pour l’arrogance ou la négligence parisienne, trop souvent hélas de mise dans les galeries de la capitale.

Les seules choses qui semblent perfectibles sont une meilleure coordination des jours et horaires d’ouverture et une moindre dispersion des sites, mais bon, à ce qu’on m’a dit sur place, d’autres que moi ont émis le même souhait et on s’orienterait vers un peu plus de centralisation la fois prochaine.

Sinon, je ne reviens pas sur la commodité d’accès à Lyon depuis Paris, seulement deux heures en TGV et, dans mon cas, deux billets à 19 euros seulement. Pour couronner le tout, le temps était printanier.

Je vous invite à aller dare-dare voir sur place.

Galerie Le Bleu du Ciel – la suite

Lors de cette visite de la galerie, 17 artistes étaient représentés, modestement, vu la surface disponible, mais faire modeste et pertinent, éclairer correctement les œuvres et disposer des cartels intelligents vaut bien mieux, à mes yeux, que des étalages sans vie de photos en vrac avec lesquelles il faut se débrouiller.

En vitrine, ce n’est pas une photo de Dorothea Lange (migrant mother) comme je l’ai indiqué dans mon billet précédent, et non, c’est une ruse de Kathy Grove, qui a passé au Botox le visage fatigué de cette mère, exténuée par les épreuves.Au rez de chaussée, on devait voir Noah Kalina mais la télé n’était pas allumée et son travail est plus que connu (du moins une partie) : sa vidéo, montage des photos de son visage prises chaque jour pendant des années a été vue plus de 10 millions de fois sur YouTube.

Étaient en revanche présents : Susan Opton, Thomas Weisskopf et Gary Schneider.

La première,  Suzanne Opton, nous montre plusieurs visages émouvants de jeunes soldats le regard perdu, la tête posée sur le sol. On se demande ce qu’il font là, ce qu’ils pensent. Ils écoutent le sol comme les indiens dans les films pour entendre arriver l’ennemi ? Ils sont plaqués au sol dans l’attente d’un châtiment ? Sont-ils morts ? La série est visible sur son site.

Le second, Thomas Weisskopf, nous montre deux photos de visages de transsexuels, thaïlandais je crois (série « cut »), maquillés mais pas trop. On ne voit que les visages, lisses. Ils sont décents, sans outrance, sans outrage. Ils nous regardent tranquillement, en petit format couleur, à hauteur des yeux. A peine peut-on deviner que ce sont des hommes : pour un peu on pourrait être vraiment attiré. Ces « ladyboys », selon le terme thaï kathoey ou katoey (กะเทย) ou bien encore « shemales », selon l’argot américain, on peut les voir sans peine via Google, en pleine action, sans chercher beaucoup. Ils trouvent ici un peu de sérénité et assurément plus d’humanité. Eux qui sont réduits à des objets sexuels, à personne, à rien, redeviennent ici des personnes regardées comme on regarde tout être humain. Sa série est visible à la galerie Roemerapotheke. L’illustration ci-dessous, tirée de la série « cut », n’est pas exposée à la Galerie Le Bleu du Ciel.

Le troisième, Gary Schneider montre Helen (200). Un immense portrait reproduit ci-dessous, réalisé dans le noir, devant une chambre grand format avec un long temps de pose au cours duquel l’artiste balaie le visage avec son éclairage. Cela donne une impression étrange, quelque chose de plus complexe qu’un bougé, une sorte d’accumulation d’expressions. Schneider n’est pas un inconnu, il a aussi produit un fameux autoportrait génétique . Son exposition forcément plus complète, au musée d’Harvard, en 2004, est décrite ici. Tout cela cadre parfaitement avec le thème de l’exposition (l’identité, le visage).  Pour ma part, je n’avais jamais rien vu de tel auparavant.

A l’étage, des choses surprenantes encore. On retrouve Charles Fréger, décidément incontournable. On l’a beaucoup vu à Arles (j(y reviendrais) mais aussi à Bruxelles, à l’espace ING cet été pour une exposition très réussie sur le paysage et le portrait. Cette fois, il s’agit de deux portraits d’une patineuse victorieuse (winner face – série steps 2001-2002) réalisé à la manière de ces photos de Mussolini, par en dessous, menton relevé, pour montrer toute l’assurance et la domination du modèle. Évidemment, le portrait couleur de cette jeune fille souriante est bien plus gracieux et sans relent de propagande politique, mais c’est la comparaison qui me vient à l’esprit. De toute façon, je suis fan de Fréger mais pour le moment je n’ai que son livre, « Portraits photographiques et uniformes ». Ce sont les photos ci-dessous qui sont présentées à la Galerie et qui sont extraites de son site web, très complet et que je vous recommande (même si la photo, ou à défaut le livre, est infiniment supérieure).

Voilà, très bientôt je vous parle de la fin de cette visite dans cette sympathique galerie.

Galerie le Bleu du Ciel

Je suis allé à Lyon hier pour voir l’exposition « Faire face », prêtée par le Musée de l’Elysée de Lausanne à la galerie Le bleu du ciel. Direction Lyon donc, par le TGV de 12h00 et retour par le TGV de 20h00 pour un trajet de 2h00 environ. Le temps maussade et pluvieux n’était pas aussi catastrophique qu’annoncé et le TGV n’était pas en retard (à ce propos, la SNCF ne m’a pas remboursé mon billet de retour d’Arles : le retard n’était pas assez important, dommage).

Au-delà de l’exposition, je cherchais à prendre la mesure de la ville en vue du prochain « Septembre de la photographie » à Lyon.

Lyon c’est grand et pentu mais heureusement les transports en commun sont modernes, efficaces et extraordinairement propres ce qui ne manque pas d’étonner un parisien. Le ticket peut être acheté au chauffeur du bus, il coûte 1,60 EUR seulement et permet de bouger 2 heures.

Depuis la Part-Dieu (où arrive le TGV mais il peut aussi arriver à Perrache), direction le bus C3 (l’arrêt est à 5 minutes à pieds) jusqu’à l’Hôtel de ville puis le Métro C jusqu’à Croix-Rousse (direction Cuire) puis 5 minutes à pied et hop, nous y voilà. Pour trouver son chemin, il y a le site des TCL qui est bien fait et contrairement à son équivalent parisien, on peut sauver un raccourci (ou un favori) sans avoir se farcir à chaque fois de tout retaper.

Il faut moins d’un demi-heure quand on ne cherche pas l’arrêt de bus…Pour ma part, muni de mon plan GoogleMaps mal imprimé et détrempé par l’averse, j’ai été aidé spontanément par un jeune à casquette et baladeur, encore un comportement qui surprendra le parisien habitué à se dépatouiller seul.

Et hop, vous voilà arrivé au 10bis rue de Cuire. La galerie ouvre de15H (à peu près) à 19H00.

Bon, ce n’est pas grand et vu de dehors c’est vilain (surtout sous la pluie et avec un photographe pas doué). les connaisseurs reconnaitront en vitrine une photo de Dorothea Lange, sûrement la plus connue, vous savez celle qui a été retouchée (version non retouchée ci-dessous, en provenance directe de la Bibliothèque du Congrès).

L’accueil est sympathique. Il y a plein de cartons partout mais c’est pour la bonne cause (« Septembre de la photographie » oblige). J’en ai donc profité pour récupérer un plan de la prochaine manifestation qui n’est pas encore disponible sur le site web.

Dans un prochain billet je vous dirai ce que j’ai vu (en gros, c’est bien).