Polka – Naundorff, Pellegrin, Poveda, Abbas, etc

La galerie Polka (associée à la revue du même nom), dont j’ai déjà parlé ici à plusieurs reprises, fait partie des destinations à ne pas rater à Paris quand on s’intéresse à la photographie. Les illustrations proviennent du site Lesphotographes.com qui a fait un reportage remarquable sur Polka (ici).

La galerie a récemment emménagé dans de nouveaux locaux (Cour de Venise, 12 rue Saint Gilles) fraichement rénovés et un peu plus accessibles et visibles. L’accueil y est toujours décontracté, ce qui est bien agréable.

On trouvait mis à l’honneur, pour cette exposition baptisée Droit dans les yeux, actualité tragique oblige, le travail de Christian Poveda sur les clans, au Salvador, largement commenté, sur lequel je ne m’attarderais pas. A voir aussi, le travail de Pellegrin et de Abbas (sur l’Iran, forcément, et actualité oblige – tant politique qu’artistique puisque l’Iran est l’invité de ParisPhoto). Mickaël Bougouin explorait également la veine iranienne par un reportage sur les plages iraniennes où hommes et femmes se côtoient « plus ou moins ». Prashant Panjiar montrait de petits noir et blancs de la vie indienne. On se demandait bien ce que venait faire là-dedans les photographies de chevaux en couleur de Hans Silvester.

A côté de ce programme essentiellement documentaire, classique et noir et blanc, centré sur l’actualité et le monde non-occidental, on voyait le travail plus coloré et plus joyeux de Cathleen Naundorf (site ici) dans le domaine de la photographie de mode (des agrandissements de Polaroïds) et Steven Siewert qui montre un reportage sur la 50′ fair qui regroupe des fans des années 50 à Sidney.

Quelques auteurs du fond Polka étaient également visibles en nombre plus réduit comme Shahidul Alam, William Klein, Elliott Erwitt (le fameux train), Marc Riboud et Ethan Levitas.

Et alors combien coûtent ces travaux me direz-vous ? Hélas, la galerie ne fait pas figurer les prix sur son site web mais on les trouve sur place. Les prix commencent à 200-250 euros pour de petits noirs et blancs de Alam ou Bougouin (tirages resp. 20 et 25) jusqu’à près de 10 000 euros pour un grand format de Pellegrin (ed° 3). Siewert est à 800 ou 2 000 selon le format et le tirage (resp. 40×60 ed°10 ou 80×120 ed° 5) et Naundorf commence à 1 500 mais s’envole jusqu’à 4 500 euros au fur et à mesure de l’épuisement de la série (ed° 10).

C’est jusqu’au 7 novembre 2009 et vous pouvez y aller sans risquer de perdre votre temps.

Galerie Polka – Expo prolongée au 15 février 2009

La galerie Polka (ici) dont j’ai dit tout le bien que j’en pensais (ici) récidive à l’occasion de la sortie de son dernier numéro (Polka est aussi un magazine – site ici).

L’expo est prolongée jusqu’au 15 février 2009.

Cette sympathique galerie où il y a du monde, des murs pas blancs, et où il faut monter pour voir les œuvres présente cette fois un large assortiment d’auteurs. On y voit en effet Steven Achiam, Elliott Erwitt, Joakim Eskildsen, Stanley Greene, Laurence Leblanc, Ethan Levitas, Reza et  Masayuki Yoshinaga.

Elliott Erwitt, on ne le présente plus, et à la galerie vous verrez notamment ses clichés, pleins d’humour, de chiens. Son site, d’un usage assez pénible est ici, sinon vous pouvez allez voir chez Magnum (ici). L’image ci-dessous vient du site de Polka et est donc taggée avec un petit chien ce qui colle bien avec le sujet sinon, je ne présente pas d’images ainsi défigurées.

Autre célébrité, Reza, un photographe iranien qui a quitté son pays en 1981, un photographe engagé comme on dit, dont certains clichés sont fameux. Ci-dessous, une de ses photos, visible à la galerie, illustre une affiche destinée à une vente aux enchères de soutien d’une juste cause.

Un autre photographe bien connu est Ethan Levitas. Mais, si rappelez-vous Arles : j’avais trouvé son travail sur le métro de New-York très intéressant (ici). A la galerie, on peut donc revoir ce travail plus une série sur le Japon, en noir et blanc. Autre travail consacré au Japon, et plus spécialement aux jeunes Sumotoris, celui de Steven Achiam, dans une veine plus documentaire et en noir et blanc quoi que ces photos sont très graphiques. Sa série est visible ici (d’où est tirée l’illustration ci-dessous).

Enfin, pour refermer la parenthèse japonaise, on peut voir également le travail documentaire, en multicolore, de Masayuki Yoshinaga qui s’est consacré à un phénomène très connu des ados français (à travers le manga, les jeux vidéos et le fameux salon Japan Expo) mais peut-être moins des générations plus âgées. Il s’agit de ces jeunes qui se singularisent par des vêtements, des chaussures, un maquillage, une coiffure et des accessoires pour le moins farfelus. Amis du Cosplay, bonjour. Vous trouverez une galerie présentant de nombreuses photos de Masayuki Yoshinaga ici (dont sont extraites les photos ci-dessous visibles à la galerie).

Joakim Eskilden présente un reportage sur les roms. J’ignore combien de photographes se sont consacrés à se sujet mais rien que dans ce blog on doit en dénombrer une bonne dizaine(au hasard, dans les plus récents, Mikko Savolainen, Denis Chouquet, Rip Hopkins). Le genre ne se renouvelle guère et j’en suis un peu las.

Stanley Greene montre les dégâts du cyclone Katrina à la Nouvelle Orléans dans le plus style du photojournaliste classique, sobre et empreint d’émotion dans un noir et blanc impeccable. Son travail est visible sur son site (ici) où j’ai bien retrouvé la série mais pas spécifiquement les photos présentées à la galerie. ATTENTION : le site de Stanley Greene présente aussi des séries montrant des scènes susceptibles de heurter les plus jeunes.

Enfin, Laurence Leblanc nous livre un reportage évanescent sur le Niger dont je ne garde guère de souvenirs à mon grand regret car Laurence Leblanc est photographe chez VU et s’est déjà vue récompensée. Quoi qu’il en soit, son site (ici) ne présente pas cette série mais d’autres, à mon sens plus réussies (Les nonnes et Rithy,Chéa, Kim Sour et les autres).

Vous avez jusqu’au 15 février pour vous précipiter.

Rencontres de la photographie d’Arles – Grande Halle

Alors que les Rencontres de la photographie d’Arles sont désormais achevées depuis lundi dernier, je vous invite à terminer notre visite du site des Ateliers.

Nous avons vu successivement l’Atelier de maintenance et celui des forges, puis l’Atelier de mécanique et  le Magasin électrique. Nous voici maintenant à la Grande Halle.

Le principe dans cette halle, c’est de donner carte blanche à des curators qui ont invités des photographes.

Ainsi, Caroline Issa & Masoud Golsorkhi montrent Jamie Isaia qui fait des autoportraits (bof), Danilo Giulaniqui fait des photos de mode (bof) et Cameron Smith. Ce dernier ne verse pas dans le nombrilisme intellectualisant de Isaia ni dans la photo de mode plate de Giulani : il m’a semblé qu’il a quelque chose que les autres n’ont pas. La fraîcheur peut-être (il avait 21 ans quand il a fait ses photos pour Tank) ? Son site perso est .

Ci-dessous deux photos de Smith exposées à Arles mais telle que parues dans Tank (avec la légende donc).

Elisabeth Biondi a retenu  Debbie Fleming Caffery (des photos noir et blanc énigmatiques dans un bordel mexicain), Pieter Hugo(ses dresseurs de hyènes) et Ethan Levitas (dans le métro de New York).

Les deux derniers méritent qu’on s’y arrête.

Je connaissais le travail d’Hugo pour l’avoir vu sur le site web de sa galerie (Yossi Milo à New York) mais en vrai c’est incomparable. Maintenant il faudra voir s’il tient la distance car son travail repose sur la qualité du sujet de reportage : sa série sur les cueilleurs de miel parait du coup bien fade (si j’ose dire) alors que d’autres, visibles sur son site, sont d’une puissance exceptionnelle.

Mon préféré reste Levitas : ses voitures de métro photographiées de profil dévoilent toujours des visages et des postures ou des tags dont l’association est créative, original et amusante. La réalisation est parfaite. Filez sur son site : .

Nathalie Ours a sélectionnéJerry Schatzberg (des photos noir et blanc de stars des temps passés), Nigel Shafran (et ses photos du quotidien qui n’auraient pas du quitter Flickr) et Stephanie Schneider. Cette dernière mérite qu’on s’y attarde. J’avais déjà vu son travail sur le web sur le site de sa galerie et il en a été question en mai 2008 sur Arte (Schneider est allemande). Le projet présenté va bien au-delà de la photo : Schneider peint et fait des films également. Toutefois, l’exposition était un peu superficielle malgré un effort de pédagogie et il était difficile d’appréhender son travail comme un tout. On était condamné à regarder ses grands polaroïds (périmés, ce qui explique les couleurs) sans avoir les clés de lecture. Néanmoins, même en lecture rapide, on ne peut rester insensible aux effets produits.

Carla Sozzani fait découvrir Marla Rutherford, Martina Sauter et Angela Strassheim

Marla Rutherford montre une série assez « sex » et « fetish ». Une série colorée, un peu années soixante aussi. Le sujet m’a fait penser à une version glamour du récent travail d’Erwin Olaf (série separation) bien qu’en fin de compte il n’y a aucun rapport entre de jolies images « fetish » et le travail dérangeant d’Olaf, sensiblement plus profond. Ceci dit les jolies images c’est bien aussi. Son site est et l’image dessous en provient (regarder bien la tête du modèle).

Martina Sauter présente un travail étonnant. Chaque œuvre est composée de deux photos qui se chevauchent légèrement chaque fois pour composer,de loin, une image unique. L’effet est saisissant avec des portes, par exemple, et en plus les deux photos ne sont pas de même nature : l’une est nette et l’autre volontairement pixellisée. Tout cela contribue a créer une histoire sous nos yeux, une sorte de suspens entre les deux images. Vraiment étonnant car ce n’est pas seulement l’image qui nous est donnée à voir mais aussi un objet : pour preuve, sur un écran cela ne donne rien et je ne poste donc pas d’illustration de son travail.

Angela Strassheim instille le doute dans certaines de ses photos (serie pause). Tout à l’air normal mais quelque chose se passe. Un regard, et une inquiétude transparait. D’autres images, proprettes, aux tons acidulés, renvoient à son parcours personnel et spirituel (serie left behind). Elle est représentée par la galerie Marvelli dont l’illustration ci-dessous est extraite.

Le dernier curateur invité est Luis Venegas qui montre les travaux de David Urbano, Leila Mendez et Daniel Riera.  Je n’ai pas été convaincu par les paysages du premier, les photos dignes de Flick de la deuxième et le manque de fil conducteur du troisième.

Les artistes que je retiendrai donc dans cette halle sont : Cameron Smith, Ethan Levitas, Stephanie Schneider, Marla Rutherford, Martina Sauter et Angela Strassheim