Art Brussels, Musée Magritte et Bamako – Un retour rapide

La semaine passée a été riche puisqu’après Strasbourg, mardi (billet ici), ce fut Bruxelles, hier, que je m’en suis allé visiter, pour y voir de la photographie bien sûr, entre autres choses. Quant à la Belgique, j’y étais déjà allé il y a peu (Liège, billet ici) et, l’an passé également pour, déjà, Art Brussels (qui avait donné lieu à 11 billets successifs).

Le trajet pour Bruxelles se fait en Thalys en 1H22 (arrive gare du Midi) et la SNCF en fait la publicité à longueur de page web, auteur dire que c’est presque la grande banlieue parisienne.

D’un point de vue pratique, on trouve des sandwiches au rayon frais des supérettes (comme à Groningen et contrairement à Liège…) et le plus simple est de passer chez Carrefour à la gare. On pourra faire provision de chocolat sous toutes ses formes comme par exemple du chocolat à tartiner Galler qu’on ne trouve pas en France (me semble-t-il – miam). A  ce propos, quand on arrive au petit sablon en bus en provenance de la gare et qu’on veut se rendre au Musée Magritte, on remonte la rue de la Régence vers la place royale et là, à droite, sur la place du Petit Sablon on trouve une boutique Côte d’Or (ouverte depuis 2008 pour les 125 ans de la maison :)

Art Brussels n’ouvrait qu’à 12H cette année et j’ai profité de la fin de la matinée pour visiter le musée Magritte (il est bon de réserver en ligne avant ici – les entrées se faisant à heure fixe), il faut compter 1 heure. Préalablement je m’étais cassé le nez chez Dandoy (rue au beurre) et en avait profité pour jeter un œil sur la grand-place (l’une des plus belles du monde dit-on).

Quant au musée, situé dans le quartier des musées (prendre le bus 27 depuis la gare du midi – arrêt Petit Sablon – compter 20 minutes donc 5 à pieds direction Place Royale via la rue de la Régence), sur les hauteurs, on commence la visite au 3ème étage en ascenseur et puis on descend ensuite pour rejoindre le niveau du sol. Le musée est entièrement aveugle (à part l’escalier), toilettes et penderie sont gratuites. Il s’agit vraiment d’un musée Magritte: on ne voit donc pas nécessairement  les pièces les plus spectaculaires où les plus connues mais plutôt le cheminement de l’artiste y compris des périodes méconnues (dite « surréalisme en plein soleil » ou « période Renoir » et encore cette brève période dite « vache » réalisée à Paris) sans oublier ses débuts comme illustrateur, ses collages, sa production littéraire et épistolaire. Il y a même des photos qu’il a prise ou bien des photos de lui et ses proches réalisées par ses amis. Certaines de ces photos lui ont servi pour ses oeuvres.

Ensuite, direction le stade du Heyzel (station de métro à 100 mètres de l’exposition Art Brussels et de l’Atomium). Il faut débourser 1,50 € de penderie et 15 € de droit d’entrée pour visiter ArtBrussels mais cela reste sensiblement moins prétentieux que la FIAC et tout ce qui gravite autour à Paris. En outre, la photographie est toujours bien représentée. J’y reviendrais dans de prochains billets.

Pour finir la journée en beauté, il fallait profiter de Bamako ou plutôt de l’exposition consacrée aux Rencontres de Bamako, la  Biennale africaine de la photographie, dont la dernière édition s’est tenue fin 2009. C’est tout de même bien de s’épargner ainsi un long et coûteux voyage au Mali: l’Afrique à 1H30 de Paris. Cette exposition, bien que payante (5 €) s’est avérée très réussie. Je me suis un peu planté en sortant du métro alors qu’en fin de compte c’est à 50 mètres de la place Sainte Catherine, accessible aussi en 15 minutes depuis la gare du Midi. J’y reviendrais dans quelques billets.

Je le redis, il faut profiter des beaux jours et de la richesse culturelle Outre-Quiévrain (en plus, les gaufres sont excellentes et le chocolat aussi).

PhotoEspaña – Les solos en galerie – Ramette, Polke, Vieitez, Garcin, Malone, Cowen, Ruetz

PhotoEspaña s’appuie largement sur les nombreuses galeries madrilènes pour proposer un programme homogène et de très bon niveau. Ainsi, Au cours de la première journée de visite (le 21 juillet), j’ai pu visiter plusieurs « solo shows », en galerie pour l’essentiel, mais aussi à l’Institut Français de Madrid et au Goethe Institut de Madrid.

Le Goethe Institut de Madrid (Zurbarán, 21) présentait les travaux de Michel Ruetz (1968. Tiempos incomodos), des photos d’actualité noir et blanc consacré au Berlin de 67-68 en rez-de-chaussée, et à l’actualité internationale dans les escaliers. ce n’était pas très captivant pour un non germaniste. LInstitut Français de Madrid (Marqués De La Ensañada, 12) montrait quant à lui un auteur que l’on connait bien en France et ailleurs, Philippe Ramette. Une exposition de taille limitée mais excellent avec notamment sa série sous-marine mais aussi, et là c’est très original, des croquis et quelques objets utilises pour réaliser les photos: c’est la première fois que je voyais cela.

Arnès y Röpke (Conde de Xiquena, 14) montrait des travaux de Sigmar Polke (1964-1990), pour le moins énigmatiques, tellement même en fait que cela m’échappe. A cote de quoi figuraient aussi des photos plus ordinaires d’enfants sages et des abstractions en taches de couleur. Dans un registre plus photographique et moins artistique, Juana de Aizpuru (Barquillo, 44) montrait Virxillio Vieitez (Sueños por encargo), déjà vu à  Lyon (billet ici) et au Musée Niepce (billet ici) mais cette fois ce sont de grands tirages et les sujets ne sont pas seulement les paysans pauvres, il y a aussi des enfants et des groupes. Toutefois, les poses restent toujours très rigides et les personnages, laids. Par moment on dirait du Sander.

Astarté (Monte Esquinza, 8) montrait le travail de Gilbert Garcin (un marseillais qui s’est mis à la photo sur le tard – son site ici) que j’avais déjà entrevu je ne sais où. Ce travail, très comparable à l’univers de Magritte, plein d’humour et de non-sens est une vraie pépite et le site de la galerie est également remarquable. Je suis fan de cet auteur la  (ci-dessous, œuvre numérotée).

Begoña Malone présente tout autre chose et c’est vraiment un des charmes de Madrid que de voir des styles aussi divers co-exister. Ximo Lizana (série Coltan) produit des oeuvres géantes sous diasec à mi-chemin de la photo et du design, comme des hybrides de robots et d’humains et aussi une femme crucifiée (pour mémoire, une pièce coûte 15 000 euros).

Nieves Fernandez (Monte Esquinza, 25) invitait Jeff Cowen (représenté en France par Seine 51 – quelques images s’y trouvent) qui rendait un magnifique hommage au corps féminin avec d’étonnants tirages noir et blanc de très grand format, ressemblant le plus souvent à des aquarelles avec en plus des traces, des manques et des déchirures. Son site (ici) ne montre pa d’image mais pointe vers Lensculture qui montre une bonne partie de son travail et dont l’illustration ci-dessous provient.