Rencontres de la photographie d’Arles 2010 – Méjan

Enfin une exposition du parcours officiel dans le centre-ville qui tient debout et qu’il faut aller visiter à toutes jambes: celle consacrée, à la chapelle Saint-Martin du Méjan, à  Mario Giacomelli (les illustrations sont tirées de son site). Je passe sous silence, par charité, les photos de Peter Klassen à l’étage, encore heureux que ses peintures soient montrées aussi, cela ne sauve pas les meubles mais évite le complet naufrage. L’exposition Giacomelli réhabilite un lieu injustement squatté l’an dernier (billet ici). Pour être honnête, j’ai découvert Mario Giacomelli il y a peu, en janvier 2009 (billet ici) mais  c’était prometteur. Cette fois, la rétrospective donne une vision extensive du travail du photographe. Le travail est découpé de manière plus ou moins chronologique et je ne vais pas tout décrire mais l’exposition commence par La mort viendra et elle aura tes deux yeux 54-68 des photos de vieux dans toute la crudité de la déchéance finale.

Dans un registre plus joyeux mais moins développé, on ne ratera pas La bonne terre 64-66 avec des scènes rurales sympathiques. Je saute ensuite directement à Je n’ai pas de mains qui me caressent le visage, séquence qui montre les fameux prêtres qui jouent entre eux, des images presque comme des dessins avec des aplats de noir sur fond blanc sans relief ni texture. Des textures en revanche on en a en revanche dans les matériaux recueillis Pour la poésie (vers 1990). On ne peut conclure sans évoquer les superbes paysages photographiés par Giacomelli, souvent géométriques, presque palpables parfois, à la limite de l’abstrait à d’autres moments.

Rencontres d’Arles – Eglise des Trinitaires et Chapelle du Méjan – Delpire

Trois sites étaient consacrés à Delpire, l’éditeur, et c’est beaucoup trop. J’ai déjà évoqué l’espace Van Gogh, très vaste et entièrement dédié à son travail d’éditeur, voici le tour de l‘Eglise des Trinitaires et de la Chapelle Saint-Martin du Méjan, pour des expositions qui, l’une et l’autre, ne valent pas plus qu’un entrefilet.

Dans l’Eglise des Trinitaires sont exposées des travaux d’édition, comme on s’en doute, et surtout d’illustration. On n’échappe pas non plus à Citröen, sponsor officiel des Rencontres (sont-elles à ce point fauchées qu’il faille confondre les genres ?). Cacharel était aussi mis en valeur, on aurait cru de la publicité gratuite. Je passe sur la chaleur insupportable qui règne en ce lieu, comme dans la plupart des églises en plein été à Arles. Au final, une exposition à rater sans aucune hésitation.

Arles-2009---Trinitaires

Quant à la Chapelle Saint-Martin du Méjan, elle est heureusement partagée entre Delpire, André Martin et André François. Enfin, heureusement c’est vite dit, car si cela nous épargne de voir encore et toujours de l’édition, cela ne nous dispense pas de voir les oeuvres d’André François dont on se demande ce qu’elles font aux rencontres d’Arles: il me semblait  en effet qu’il s’agissait de Rencontres dédiées à la photo, non aux livres, à la peinture et à la sculpture. C’est à se demander si le paysage photographique est si pauvre qu’il faille ainsi recourir à de tels pis-allers. Quant à André Martin il montrait des photos d’herbiers, de plantes et d’insectes. Quoi qu’il en soit, on voyait dans cette exposition des photos parues dans le Nouvel Obs depuis 20 ans et des photos tirées du n°8 de Spécial photo qui est édité par Delpire.  Je n’ai rien à dire sur cette exposition: ouvrez une revue au pif (l’Express ou Géo, peu importe) et faites des tirages grand format de quelques pages. Voilà. Vous avez une exposition toute prête (et pas chère en plus).

Arles-2009-Méjean

Ce sont là deux expositions qui se moquent du visiteur jusqu’au 13 septembre 2009: à moins d’être lecteur fidèle du Nouvel Obs ou de vouer une dévotion à Delpire (il s’agit de deux sites à vocation religieuse, alors sait-on jamais), passez votre chemin sans hésiter.