Transphotographiques – Lambersart – Maison Folie

Avant de finir en beauté avec le Palais Rameau qui constitue le point d’orgue, avec la Maison de la photo et le Tri Postal, de ces Transphotographiques, il ne faut pas rater la Maison Folie de Lambersart.

Pour aller à Lambersart, il suffit de prendre le métro puis, à l’arrivée, de se diriger vers la rivière et de franchir le pont, ensuite, prendre la direction « le colysée et ses jardins ». A pied, il faut peut-être 10 minutes. Une « maison Folie » c’est un peu la MJC ou la Maison de quartier version nordiste, si j’ai bien compris : un lieu de culture accessible à tous et ancré dans son quartier.

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Quoi qu’il en soi, cette « maison » est un beau bâtiment à l’architecture contemporaine, au bord de l’eau (derrière), avec un magnifique jardin (devant) ; par beau temps, c’est très agréable et on voit même passer des péniches.

L’exposition se déroule dans les étages. D’abord, on voit Jean-Marc Caracci avec sa série Homo Urbanus Europeanus (il a un site web entier consacré à cette série, ici). Il s’agit de tirages brillants en noir et blanc qui gondolent et à proximité des fenêtres le résultat est catastrophique. Sinon, cela dépeint des paysages urbains très bétonnés dans diverses villes d’Europe (mais ce pourrait être n’importe où, les vues sont banalisées) avec le plus souvent une personne qui a l’air perdue dans ce béton, fréquemment de dos, et toute petite au regard de ce qui l’entoure.

C’est surtout ce que montre Oiko Petersen (sa série downtownici) qui a retenu mon attention, dans un environnement d’exposition plus favorable, avec de grands tirages mats en couleur. Il y montre de jeunes adultes frappés du syndrome de Down (ou trisomie 21) qui leur donne un aspect un peu étrange mais photographiés comme des mannequins. La ficelle est grosse (appliquer les codes de la mode à un sujet qui ne s’y prête guère a priori) mais cela fonctionne toujours. De surcroit, cela permet de donner à la maladie une autre image que celle de l’assistanat et du misérabilisme, comme Pascal Duquesne en avait donné l’occasion déjà en 1996 dans le film le Huitième Jour.

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Anniversaire – Richard Avedon (15 mai 1923 – 1er octobre 2004)

Richard Avedon est né le 15 mai 1923 à New York et aurait donc 86 ans aujourd’hui.

Richard Avedon qui évoluait enfant dans un milieu bercé par la mode et la photographie amateur, commença véritablement son art lors de son service militaire dans le service photographique, en 1942. En 1945, il montre son portfolio au directeur de Harper’s et colabore durant vingt ans avec cette revue de prestige. Dès 1950 il travaille en indépendant avec notamment Life. Il est débauché par Vogue en 1966 avec qui il travaille jusqu’à sa mort. Son travail se singularise par le mouvement et la vie de ses modèles, mis en scène dans son studio sur des fonds blancs et une lumière plate. Il est considéré comme l’un des photographes de mode les plus marquants des années 50 et 60. Une rétrospective de son oeuvre a été présentée au Jeu de Paume à Paris en 2008.

Maison européenne de la photographie – François Rousseau

Depuis quelques semaines, la MEP (Maison européenne de la photographie, à Paris) a renouvelé son accrochage. Des cartes postales à la peinture sur photographie en passant par la vidéo, on voit un peu tous les supports et de Fiorio et Minot-Gormezano à Rousseau, on fait le grand écart dans les styles.

ici, il ne s’agit pas de jean-Jacques mais de François Rousseau, photographe de mode et de publicité qui avait réalisé en 2004 le livre et le calendrier Les Dieux du stade, vous sous souvenez ? C’étaient des rugbymen nus.

Cette fois, le travail de François Rousseau s’appuie sur le roman de Patrick Grainville (Goncourt 1976), l’Atelier du peintre (publié en 1988), dont il donne ici une version photographique des épisodes clés. L’histoire, nous dit le prospectus, se déroule à Los Angeles où se croisent dans l’Atelier du peintre, une population diverse de modèles, anciens délinquants ; au sein de l’Atelier vit une communauté où hommes et femmes vivent chacun de leur côté ; quant au Maitre, il cherche à reproduire le tableau de Van Eyck, les Epoux Arnolfini ,en faisant poser ses élève, en vain.

Beau prétexte que voilà pour montrer des corps magnifiques, féminins et masculins, noirs et blancs, jeunes et moins jeunes et il faut bien avouer que ces immenses panneaux photographiques réalisés à la chambre 20×25, post-traités et montés sous diasec font de l’effet et que les modèles sont, bien entendus, des perfections de corps humains, musclés et charpentés pour les hommes, fins et déliés pour les femmes. On en oublie presque la mise en scène.

L’exposition montre ainsi deux grandes fresques, tout en largeur, une masculine et une féminine, autour d’une scène centrale représentant un couple se tenant par la la main composé d’une femme blanche nue enceinte et d’un homme noir en costume avec en fond un miroir. Cette scène, c’est bien évidemment une libre interprétation des Époux Arnolfini de Van Eyck (1434), tableau visible à la National Gallery à Londres. A ce propos, je vous conseille le Musée Groeninge, à Bruges, où vous pourrez voir des primitifs flamands de toute beauté (il réouvre dans un mois, le 26 mars 2009 – fin de la parenthèse).

Vous voyez ci-dessous les deux œuvres.

Les deux fresques présentes avec ce panneau central forment une sorte de retable contemporain. Vous voyez ci-dessous, d’une part, une photo de l’ouvrage de François Rousseau (merci à lui de me l’avoir envoyée :) et, d’autre part, en dessous, une photo prise sur place lors de l’exposition.

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Au-delà ce bref extrait, d’autres photos vous attendent, toutes très impressionnantes.

Ce travail photographique est complété par une musique, une vidéo et un texte de Patrick Grainville : l’ensemble de ces éléments fait, bien entendu, l’objet d’un coffret (180 ou 800 euros selon le cas). Il est possible de s’adresser à l’auteur directement depuis son site web pour disposer d’extraits de son ouvrage (c’est par ici).

Je vous livre juste, pour finir, une vue partielle d’une autre de ses photographies (merci encore à François Rousseau de me l’avoir envoyée :) et vous invite à visiter la MEP mais aussi la galerie Pierre-Alain Challier (ici et 8, rue Debelleyme à Paris dans la vraie vie) qui l’expose jusqu’au 7 mars 2009.

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Il ne vous reste plus qu’à casser votre tirelire (moi, j’ai eu mon bonus :)

Rencontres de la photographie d’Arles – Espace Van Gogh

L‘Espace Van Gogh, toujours au voisinage de la place de la République, est dédié à la mode, ou plutôt à la photographie vestimentaire, ce qui est la moindre des choses puisque Christian Lacroix est le grand manitou de ces 39ème Rencontres.

Autant le dire tout de suite, à part le jardin richement fleuri, sa jolie fontaine et l’atmosphère de calme et de fraicheur qui s’en dégage, cet espace ne donne pas beaucoup de satisfactions. Le seul point positif est l’effort pédagogique dans la rédaction des cartels ce qui mérite d’être souligné car cela manque souvent cruellement sur les autres sites. Autre point positif, c’est un peu la moindre des choses mais, là-encore, cette condition n’est pas toujours remplie : l’éclairage est bon !

L’exposition commence par des photos de dépôt de modèle : on apprend à cette occasion que la création de modèles (de vêtements et d’accessoires)  a fait l’objet, dès les années 30, d’une protection juridique dont le support est le dépôt de photos des modèles. Les choses sont bien expliquées mais face à une telle avalanche de photos, il est difficile de savoir où et quoi regarder (à moins d’être expert), à part succomber au charme suranné des « garçonnes » qui constituent l’essentiel du stock.

Ensuite nous sont montrées des photos des vitrine du Printemps dans les années 50 par Sabine Weiss. Bof. Plus loin, dans l’obscurité, sont projetées des photos de podium de défilé de Marineau. Bof. Plus loin encore sont éparpillés sur une table des « look books » et catalogues de collection. Ennuyeux et poussiéreux.

Dans les deux dernières salles ont a droit une collection de catalogues (encore) et dans la dernière à un méli-mélo de blogs et de magazines. A oublier.

On est content de retrouver la lumière, les fleurs du jardin et la fontaine.