En bref – Galerie Frédéric Moisan – Xavier Damon

La Galerie Frédéric Moisan (ici et 72 rue Mazarine) montre Xavier Damon, déjà vu dans la même galerie (billet ici) en mars 2009. Je ne reviens donc pas sur les agrandissements de polaroids presque abstraits pour évoquer rapidement une autre voie qu’emprunte l’auteur.

En effet, si le fond de la galerie est orné de compositions colorées, l’entrée est consacrée à une photographie plus figurative, fortement structurée aussi, autour de fenêtres notamment et, plus loin, on tombe sur une série d’objets modestes de la cuisine. Hum. Je crois bien que je préfère les polaroids aux égouttoirs et louches (série lignes),  finalement.

Les prix vont de 450 à 2 400 € (grands formats abstraits). Certains tirage de taille intermédiaire sont à 800.

L’exposition s’est achevée hier, il reste le site de l’auteur (ici) mais seuls les polas y sont visibles.

Galerie Frédérc Moisan – Laurent Monlaü, Linda Tuloup, Olivier Roller

La Galerie Frédéric Moisan (ici et 72 rue Mazarine) présentait trois artistes jusqu’au 30 avril que je suis allé découvrir le 24 avril dernier. Enfin découvrir n’est pas le mot car j’avais déjà vu le travail d’Olivier Roller à Arles, un des rares à avoir été oublié dans la longue série d’articles de l’été 2009. Un accrochage plus accessible que le précédent (ici).

Olivier Roller (profil Facebook) montrait à peu près la même chose qu’à Arles: des portraits de statues romaines de grands hommes sur fond noir. Il y a des tirages petits avec cadre noir et verre sans reflets et des grands blancs avec reflets et là, c’est le drame car des aplats de noir avec des reflets, c’est un vrai miroir.  Les prix en euros vont de 1 000 à 2 500 et de 2 700à 4 200 euros. C’est tout simplement beau, parfois même troublant tant ces visages, cassés ou numérotés parfois, paraissent réels. Son site web (ici) est un modèle du genre, complet, pratique et didactique qui montre que son travail sur les statues romaines doit être vu comme une réflexion sur le pouvoir et sa temporalité. C’est vraiment à voir !

Linda Tuloup (profil Facebook) exposait sa série  la chambre rose, des caisson lumineux carré et toujours la même mise en scène au travers d’un filtre rose: une jeune femme étendue sur un lit, un rai de lumière frappe le corps abandonné et les draps: une inscription y révèle une « pensée ». C’est à  1 500 euro et en grand tirage c’est à 1 800. Son site est ici. Un peu léger me semble-t-il mais l’auteur est jeune et son travail a donc tout le temps de gagner en densité.

Avec Laurent Monlaü (profil Facebook) on revient sur du lourd. Ses photographies de forêt en format géant sont absorbantes: on se laisse emporter dans ses sous-bois tropicaux trompé par des perspectives multiples. C’est bluffant et ce n’est qu’en lisant la notice que l’on comprend la raison du phénomène: l’image produite est un assemblage de multiples photos individuelles ce qui explique que l’image soit presque partout nette et qu’il s’en dégage une impression d’étrangeté. C’est magnifique et hélas un écran de PC ne rend pas compte de l’effet produit. Comptez 3 400 ou 7 500 euros selon le format. Son site est ici (l’illustration ci-dessous en est tirée).

En bref – Galerie Frédéric Moisan – Hung Tung, Hou Chun-Ming, Mei Dean-E

Cela faisait un bon moment que je n’avais pointé mon nez à La Galerie Frédéric Moisan (ici et 72 rue Mazarine) et l’expo évoquée ici est finie depuis le 10 avril 2010. Le seul artiste a utiliser la photographie est Mei Dean-E et il faut bien avouer que le propos m’a échappé et comme je n’ai pas trouvé de site web évoquant son travail. l’illustration ci-dessous est dans la veine de ce qui est présenté, un retravail d’image d’archives.

Ce n’est pas grave, j’irais voir la nouvelle expo à la galerie qui s’annonce plus « accessible ».

BNF – Bourse du talent

La BNF (site web rénové depuis peu ici) exposait jusqu’à aujourd’hui les travaux des jeunes photographes distingués dans le cadre de la Bourse du talent. J’y suis allé dimanche dernier pour ma part. Contrairement à l’an passé où je découvrais la plupart des photographes et leurs travaux, cette fois-ci, bon nombre des travaux et des auteurs m’étaient connus.

Clémence de Limburg (lauréate dans la catégorie reportage, série escape, site ici) illustrait l’existence de Gitty et de sa fille,  une jeune femme juive partagée entre une existence de new-yorkaise ordinaire qu’elle a choisi et le mode de vie orthodoxe de son ex-mari. Un reportage qui se lit autant qu’il se regarde. Philippe Conti (coup de cœur dans la catégorie reportage, site ici) montrait des images de civils mutilés lors de la guerre en Irak.

Lucie et Simon (lauréats en catégorie portrait, série scènes de vie) illustrent la vie quotidienne de jeunes gens « vu de dessus »: c’est bien composé, propre, frais et design. On avait déjà vu leur travail chez Frédéric Moisan (billet ici).  Aglaé Bory (coup de cœur portrait, série corrélations, son site ici) saisit de touchants autoportrait d’une jeune mère et de sa petite fille empreintes d’un je ne sais quoi d’absence ou de tristesse, sans effet.

Claire Cocano (lauréate mode, série sweet sixteen, site ici) nous montre des jeunes filles épurées, aux couleurs fluo souvent seules dans des cadres vides. Le problème avec la photo de mode c’est que l’objet photographié doit être au 1er plan et que du coup j’ai un peu de mal à voir le rapport avec la photographie « désintéressée » où le propos se veut artistique: c’est d’autant plus délicat quand on a pas le recul de l’histoire (qui vaut à des photographes de mode ou de publicité d’être considérés à l’égal d’artistes). C’était je crois la 1ère année où ce genre est introduit. Il n’en reste pas moins que ces photographies sont fort sympathiques.  Franck Glenisson (coup de cœur mode, site à la navigation chaotique ici) incarne un style totalement masculin avec un éphèbe sortant des eaux muni d’une prothèse de jambe que l’on dirait sortie d’une BD de Bilal. Mouais. Françoise Spiekermeier (coup de cœur mode, site ici) qui n’est plus vraiment une jeune photographe (on dirait poliment « mid-career » pour reprendre le terme consacré) exposait de magnifiques portraits de jeunes africains en tenue locale. C’est beau, simplement.

Le dernier volet est consacré au domaine « espace » (c’est un peu bizarre comme intitulé) et Arno Brignon série 31sans, site ici) est lauréat.  Si c’est photos viennent de Toulouse, elles n’ont rien à voir avec l’espace aérien mais plutôt avec la banlieue (style vu’). Qu’on se rassure, Arno sait photographier dans d’autres styles. Julien Lombardi (série artefact, mention spéciale espace, son site ici) montre des objets de nuit, un sujet réussi comme un exercice de style mais un peu éculé. Stéphanie de rougé (coup de cœur espace, série overground, site ici) traite un sujet pour le coup très original, sympa et avec pas mal de fraicheur: il s’agit des toits des immeubles à New York qui sont utilisés comme terrasse ou jardin.

Galerie Celal – Play loud. Please

La galerie Celal (45 rue saint Honoré et ici) montrait jusqu’au 3 mars une exposition collective réunissant notamment trois photographes, Janine Gordon, Thomas Parnet et Julien Taylor.

La galerie est bizarrement configurée avec deux niveaux en sous-sol qui ressemblent à des grottes mais au final l’espace est vaste et se prête bien à une scénographie.

Janine Gordon montrait « rebellion from Tyranny » et deux autres travaux comparables (son site ici),  trois panneaux de 9 photos (12 000 euros par panneau ou 1 500 euro par photo). Des sortes de monochromes colorés sur fond d’émeutes. Pas très convainquant. mais sn site web présente de nombreux autres travaux dont certains me semblent plus réussis (Boxers and Wrestlers ou Haiti par exemple, des noirs et blancs bruts et sans artifice).

Thomas Parnet montrait quelques tirages noir et blanc sans thème bien précis à 850 euros. On apprend en lisant son CV (ici) qu’il est  vaguement cadreur et un peu musicien, qu’il est venu à la photo en période de désouvrement et qu’il a rapporté les photos exposées de New York après les avoir faites en novembre dernier. Tout est dit.

Julien Taylor nous présente là un travail bien différent de ce qu’il montrait à la galerie Frédéric Moisan (mon billet ici). Il nous livre un travail en grand format sur boite lumineuse, dans le genre photo de mode à 6 000 et 7 000 euros. Il s’agit de photographies réagençant dans le temps et l’espace (comme Iosif Kiraly) des installations d’artistes.

J’avoue que j’ai toujours du mal à comprendre l’inflation dont souffrent certains jeunes photographes sachant que des artistes comme Becher ou Mapplerthorpe, qui ont déjà laissé leur trace dans l’histoire de l’art sont à peine plus cher que ce jeune homme qui n’a encore rien (ou peu) démontré. Ceci dit, la remarque vaut plus généralement pour « le contemporain » où l’échelle de la valeur est passablement malmenée tant il est vrai que n’importe quel ignorant fortuné pourra claquer 10 000 ou 15 000 euros pour une oeuvre colorée contemporaine d’un photographe passé de mode le lendemain. D’un autre côté c’est décoratif alors pourquoi se priver : il y a bien des amateurs de Rolex or et des amateurs de Patek vintage.

Galerie Frédéric Moisan – Latences

La galerie Frédéric Moisan située au fond d’une ruelle pavée, à deux pas de l’Odéon (au 75 rue Mazarine et ici aussi) présentait « Latences » jusqu’au 21 février 2009 avec Fet’Art. C’est un titre un peu fumeux et passe-partout mais Fet’Art c’est bien : j’en avais parlé lors des Rencontres d’Arles à propos du Coffee Socks (ici).

Guillaume Amat montre « Nébuleuse ». Il s’agit de blockhaus dans la brume, en bord de mer : de l’art de rendre poétique ce qui est moche et tragiquement connoté. Son site hélas en Flash est ici. Didier Chevalot semble également pris de passion pour ce qui est moche et, de surcroit sale, puant, mal famé et mal éclairé : les parkings souterrains. Vu avec son œil, ce triste sujet revêt un certain attrait plastique. Il devrait candidater chez Vinci Park. Il n’a pas de site web, le malheureux, mais il est visible sur le site de Fetart (ici) dont j’ai extrait l’image ci-dessous.

Julien Taylor poursuit dans la même veine : il nous gratifie de graffiti avec des vues de squats colorés presque surréalistes issues de sa série « Freech ». Il a un site web (ici) et est visible aussi sur Fetart (ici). On reparlera de lui dans un prochain billet.

Ces trois auteurs photographes parviennent à mettre poésie ou beauté là où l’on s’y attend le moins.

Changement de registre avec Lucie & Simon qui donnent à voir des paysages, plus ou mois urbains, de nuit, parfois hantés d’une vague présence humaine : on ne sait pas trop quoi en penser car la lumière est bien dosée et l’image bien proprette mais la série est un poil décousue et on ne voit pas bien la cohérence du projet. L’illustration ci-dessous montre une photo qui était visible lors de l’expo, puisée sur le site de Fetart (ici).

Nouveau grand écart avec Xavier Damon qui fait des tâches de couleurs floues avec des agrandissements de polaroïds, parfois en grands formats. Là on voit bien la cohérence mais pas très bien l’intérêt, ceci dit c’est très décoratif. L’illustration ci-dessous vient toujours du site de Fêtart (ici). L’artiste dispose aussi d’un site web (ici). Selon l’artiste il s’agit de restituer un moment de flottement où le regard n’est pas encore fixé.