Galerie Esther Woerdehoff – Stéphanie Lacombe

A l’occasion de la rentrée, la première visite fut pour la galerie qui me semble la plus appréciable en matière de photographie, Esther Woerdehoff (ici) qui avait fait sa rentrée dès le 25 août 2009.

Située un peu l’écart des « quartiers à galeries’ (36 rue Falguière, quartier Montparnasse), elle évite le côté bobo et prétentieux qui me terasse chaque fois que je dois aller dans le Marais et plus encore vers Saint-Germain des prés. L’accueil y est sympathique, même si vous vous pointez en jean’s, et on ne vous regardera pas de travers en émettant de vagues grognements en signe de bienvenue.

L’exposition du moment est consacrée à Stéphanie Lacombe, prix Nièpce 2009, dont nous avions évoqué le travail lors d’une exposition collective à la BNF (ici).

Stéphanie y montre la même série (La table de l’ordinaire) mais, me semble-t-il, de manière plus exhaustive par le recours à des formats plus petits accompagnant des tirages de formats moyens. Le thème est donc celui des français à table, une série qui (dé)montre que l’on peut encore photographier autre chose que ses orteils, une tasse, un sac en plastique ou New-York, échapper au noir et blanc plus ou moins granuleux et à la vogue de l’ultraclair. Cette série est inspirée et saisit un moment précis avec acuité de la vie de français à table, seuls ou en famille ou avec des amis. On y trouve une illustration à la fois de la diversité française, d’un point de vue ethnique, de l’évolution de la société (avec plusieurs clichés de colocataires) et quelques cas proches du trouble mental.

La jeune femme de la galerie vous proposera de jeter un œil à un cahier qui comprend la présentation du contexte de chaque photo, ce qui n’est pas indispensable mais c’est intéressant. Vous y trouverez aussi les prix: comptez 1 350 euros et 800 euros selon le format, des prix tout à fait réalistes.

L’autre série (papillon rouge) est d’un tout autre tonneau puisqu’elle renvoie vers le monde SM, c’est d’un intérêt limité sur le fond et la forme car vu cent fois, avec  le recours massif  du flou, au rouge et au sombre.

Le photos de Stéphanie sont visibles par ici.

C’est jusqu’au 21 septembre 2009 et je vous invite à y aller rapidement (dernier week-end la semaine prochaine).

Musée du Montparnasse – Les dix ans du Prix Arcimboldo – Partie 4

Aujourd’hui c’est le dernier article sur l’exposition consacrée aux 10 ans du prix Arcimboldo qui se  déroule au Musée du Montparnasse jusqu’au 15 mars 2009.

Jean-Baptiste Barret ne dispose pas de site web, ce qui est fort dommage, lui qui a été lauréat en 2002. Son travail porte sur la mise en situation de personnages imaginaires ou de fantaisies (un indien, un mage, etc) dans des univers particulièrement concrets (une raffinerie ou une ville, par exemple). La photo ci-dessous a été réalisé dans le musée. Pour avoir une vue plus complète de son travail, vous pouvez visiter le site de sa galerie, Chez Valentin, ici.

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Tom Drahos est dans un style bien différent (son site web est ici).  Pas de contes, pas de rêveries ici mais plutôt des expérimentations visuelles associant images réelles et images de synthèse plaquées. Pas très convaincu pour ma part.

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Nicolas Moulin est, parmi les trois photographes abordés ici, celui dont le travail m’est le plus familier mais que je n’avais pas encore vu en vrai. Son style tranche encore avec celui de ses collègues. Il nous donne à voir de curieux paysages, souvent naturels mais pas toujours, occlus par le béton.

C’est assez surprenant et intriguant. Les photos ci-dessous ont été prises lors de l’exposition. Je n’ai pas trouvé de site le web du photographe mais vous pouvez visiter le site de son galériste, Chez Valentin, ici.

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Musée du Montparnasse – Les dix ans du Prix Arcimboldo – Partie 3

Depuis deux jours (ici et ),  je vous parle du Musée du Montparnasse et de l’exposition qui s’y déroule, consacrée aux dix ans du prix Arcimboldo.

Pour cette suite, je vous propose de rester à l’étage pour découvrir le travail de Nicole Tran Ba Vang que vous avez sûrement du voir il y a quelques années. Vous vous souvenez de ces jeunes femmes portant leur peau comme un vêtement avec fermeture éclair ? C’était elle. Il y a seulement trois photos exposées (il me semble) mais c’est intéressant de voir « pour de vrai ». Pour illustrer, deux photos visibles au musée et extraites du site web de Nicole qui est bien fait (ici).

Il y a un paquet de mois, elle n’avait plus de galerie en France, après avoir été exposée, après son prix, chez Perrotin à Paris, ce qui semble se confirmer lors de l’exposition puisque les œuvres sont prêtées par la galerie Erna Hecey (ici et à Bruxelles aussi). Je ne sais pas vous, mais moi ça me plait bien :) Sur la photo de droite on ne voit pas bien : il s’agit de broderies et c’est esthétique sur la photo « en vrai ».


Dans un tout autre genre, il a aussi le travail de Patrick Fournial dont les photos sont floues sauf un motif qu’il a sélectionné. C’est aussi un travail agréable à l’oeil qui, pour les plus intellectuels, renverra au fondement du travail du photographe qui consiste à prélever, par son cadre, un morceau de réalité : ici, le prélèvement se fait aussi par la mise au net. Une sorte de travail de silhouesttiste. La photo, ci-dessous, visible au Musée, est extraite du site du photographe (ici).

Sa technique peut faire penser au fameux « tilt shift » mais ce n’est pas tout à fait cela (imho). Pour voir des exemples saisissants de tilt shift, il y a Smashing Magazine qui a fait un article sur le sujet qui est ZE référence visuelle, ici.


Musée du Montparnasse – Les dix ans du Prix Arcimboldo – Partie 2

Hier, je vous ai parlé du Musée du Montparnasse et de l’exposition qui s’y déroule, consacrée aux dix ans du prix Arcimboldo. J’avais commencé par le rez-de-chaussée et aujourd’hui nous passons à l’étage.

Là-haut on voit une vidéo de Catherine Ikam, deux visages en 3D s’interpénétrant et quelques images hélas difficilement reproductibles ici. On voit aussi le travail de Florian Schneider, des portraits que l’on dirait peints et que je n’avais vu « en vrai ». A dire vrai, les reproductions sur le Web traduisent là-aussi bien mal l’effet produit par son travail qui semble vraiment matérialiser des « touches » comme celles du peintre. Les deux illustrations sont issues du site de son galériste, Alain Le Gaillard (ici).

La suite demain.

Musée du Montparnasse – Les dix ans du Prix Arcimboldo – Partie 1

Le musée du Montparnasse (21 rue du Maine et ici aussi) est un musée modeste situé à deux pas de la gare du même nom. Le musée est modeste par son aspect et sa taille : ici, rien de monumental ou de luxueux. On y accède par une petite voie pavée.

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Et le droit d’entrée n’est que de 5 euros et le dépliant est à 0,50 euro. Autant dire que c’est une promenade économique idéale pour un dimanche pour un amateur de photos car l’exposition est consacrée aux dix ans du Prix Arcimboldo.

Pour tout savoir sur ce prix, vous pouvez aller sur le site de « Gens d’image » (qui organise la manifestation) qui est très bien fait (ici).

Dans l’entrée, on est accueilli par le dernier lauréat, Jean François Rauzier (déjà chroniqué ici) puis c’est au tour d’Orlan, qu’on ne présente plus et qui était exposée à Lyon dans le cadre du Septembre de la photo et Alain Delorme. Ce dernier montre une partie de sa série Littlle Dolls où l’on voit des « mélanges » entre enfants et modèles attablés devant un gateau.
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Orlan montrait également ses travaux de croisement entre elle-même, sujet d’expérimentation depuis des années (y compris dans sa chair) et des personnages multiples (série self-hybridations).

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Les illustrations ci-dessous ont été réalisées sur place avec des moyens limités : elles ne sauraient se substituer à une visite de ce musée, que j’encourage.

La fois prochaine nous verrons ce qu’il y a à l’étage.

Anniversaire – Man Ray (27 aout 1890 – 18 novembre 1976)

Aujourd’hui 27 aout, c’est l’anniversaire de la naissance de Man Ray qui aurait eu 118 ans.

Comme je n’ai pas trouvé de notice biographique décente sur le web (il y a bien des biographies nulles mais je ne donnerais pas les liens), je vais vous tracer son parcours rapidement.

Man Ray en deux lignes

Man Ray est un artiste américain qui a été photographe et a vécu longtemps en France au contact de l’avant-garde artistique. Si vous voulez briller en société, sachez que son vrai nom est Emmanuel Rudnitsky.

Man Ray en dix lignes

Man Ray, vers 1915, découvre la photographie qu’il utilise pour reproduire ses tableaux : progressivement il détruit ces derniers et se consacre à la photographie. Duchamp, qu’il connaît déjà, l’invite à Paris en 1921 et le présente aux dadas. Il devient portraitiste de l’intelligentsia, rencontre le succès et fréquente les artistes de Montparnasse. En parallèle, il travaille pour la mode et notamment Vogue, dès 1925. Ces activités lui permettent de gagner sa vie et de se consacrer à des recherches personnelles. Il découvre le « photogramme » en 1920 et lui donne son nom (« rayogramme ») ainsi que la « solarisation » en 1930 (nu solarisé, 1933). Il se livre aussi à des expériences multiples de flou, de surimpression (Demain, 1924), à l’usage de la métaphore dans les titres de ses œuvres (la Prière, 1926), et bien sûr à l’humour (le violon d’Ingres, 1924). Man Ray sera aussi cinéaste et publiera un ouvrage en 1963 (self portrait). Il est l’objet d’une rétrospective dès 1966 au Los Angeles County Museum.

Ces éléments de biographie sont adaptés du Dictionnaire mondial de la photographie (chez Larousse).

Man Ray a fait l’objet d’une exposition récente à la Pinacothèque qui m’a laissée sur ma faim. La Pinacothèque c’est souvent racoleur, c’est toujours cher et parfois c’est décevant : je ne sais pas s’ils feront autant d’entrées en 2009 qu’en 2008. Pour ma part je serai plus sélectif dans mes prochaines visites.