Jeu de Paume – Lee Miller – Allez-y à demi-tarif

Le Jeu de Paume (place de la Condorde) rend hommage à Lee Miller jusqu’au 4 janvier dans une exposition titrée « L’art de Lee Miller ».

Les avis sont mitigés depuis un scepticisme mesuré (Lunettes Rouges, par exemple, ici) jusqu’au « bof » contenu (Louis Mesplé, dans Rue 89, ici). Rares sont les enthousiastes, m’a-t-il semblé, comme Catherine (l’article consacré à Lee Miller contient une impressionnante bibliographie, ici).

Je suis allé voir cette exposition aujourd’hui en début d’après-midi, pour me faire mon idée.

Disons le tout net, la vie de Lee Miller et sa plastique irréprochable valent mieux, à quelques exceptions près, que ses photographies. Je ne reviendrais pas sur son existence, digne d’un roman, ni sur LA photo qu’il faut avoir vue (celle du désert vu à travers une toile et que le sites mentionnés ci-dessus reproduisent).

Alors, quelles photographies valent la peine ? Celles où elle est modèle, indubitablement, en particulier quand Steichen est derrière l’objectif mais naturellement l’exposition étant consacrée à son art (à sa production quoi) il est logique de la voir peu (hormis les autoportraits évidemment).

Ci-dessous, Lee Miller à 20 ans photographiée par Arnold Genthe, extrait de Beaux Art Magazine d’octobre 2007, et visible à l’exposition.

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Pour en savoir plus sa vie, inutile d’aller voir une exposition : lisez une biographie.

Et quoi d’autres ? Les portraits solarisés sont intéressants bien qu’un peu répétitifs, quelques photographies que l’on pourrait qualifier de « plasticiennes » ou « abstraites » retiennent aussi l’attention : un goudron, des vues de ponts.

Et puis voilà pour l’Art.

Le volet de photojournaliste est représenté en survol mais je ne partage nulement l’avis de ceux et celles qui voudraient dénaturer un travail en procédant à des agrandissements de « confort visuel ». A quand la colorisation de ses photos pour faire joli aussi ? Le Jeu de Paume, ce n’est pas le cirque Pinder ou Star Ac.

Et comme je resiste pas à Lee Miller photojournaliste dans la baignoire d’Hitler, voici la photographie (même source que la prcédente), réalisée par David E. Scherman.

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Sans doute une exposition concentrée sur un seul volet de son travail aurait été plus dense et finalement moins injuste car, pour ce qui me concerne, je me suis dit que le travail d’une « dilettante » (même engagée, indépendante, courageuse, talentueuse, etc) ne peut égaler le travail d’un photographe qui, sa vie durant, défend une vision. Si j’osais, je dirais que Lee Miller est à la photographie ce que Carla Bruni est à la chanson.

Passer après Avedon (ici) et Steichen (ici) est cruel.

Au final, abonné à la MEP j’ai droit au demi-tarif au Jeu de Paume et je dois dire que pour 3 euros je n’ai pas été déçu.