Arles 2013 – 2ème jour – ParisBerlin>fotogroup

Le lieu n’est pas très facile à trouver (sauf pour les habitués), un peu à l’écart (22 rue Porte de Laure). Pourtant, cette exposition valait (elle ne dure hélàs que le temps de la semaine d’ouverture) vraiment la peine. On pouvait y voir de très nombreuses oeuvres, à la fois du collectif caravane décidément très visible (Anne-Sophie Costenoble, Laure Geerts, Marie Ozanne, Stéphanie Pety de Thozée, Anne Ransquin) mais aussi de Neunplus (Fred Hüning, Klaus Muenzner, Christian Reister, Mirjam Siefert, Iris Wolf). Tous les deux invités par ParisBerlin>fotogroup (Holger Biermann, Manuela Böhme, Andreas B. Krueger, Amélie Losier, Prisca Martaguet, Albin Millot, Sebastian Rosenberg, Sandra Schmalz).

L’exposition est de très grande qualité mais gênée par le peu d’espace réparti sur plusieurs niveaux reliés par un frêle escalier. Elle souffre d’un manque complet de contextualisation que le web pallie mais en temps différé.

Du coup, après cet apéritif, le plus simple est de visiter les sites web de chacun. (quand ils ont en un, sinon le site du collectif est une bonne solution).

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Rencontres de la photographie d’Arles 2010 – Galerie Voies Off

Lors de mon arrivée hier, en route depuis la gare et en direction de l’Archevêché, je me suis arrêté à la Galerie Voies off.

L’an passé, elle exposait Joël Tettamanti, visible cette année derrière la mairie, au Showroom du Labo Voies Off.  Il expose cette année une production dans la même ligne qu’en 200ç (mais je n’arrive pas à retrouver l’article) donc je ne vais pas m’attarder mais son travail faut la peine d’être vu, avec cette fois, outre ses grands tirages paysagers de Scandinavie mêlant petites maisons colorées aux grands espaces blancs, de beaux portraits et des tirages de formats variés dans un accrochage malin.

Pourr en revenir à la galerie, c’est Masato Seto qui s’expose cette fois-ci avec sa série Binran, vous savez ces jeunes femmes sexy qui vendent une boisson (sic) nommée binran à Taïwa selon le site des voix off. En fait, il me semblait que c’était des noix de bétel (Binlang ou Bing-long) qu’elles vendent (ça se mâche) mais passons. C’est très agréable à regarder en tout cas ;-) et c’est bien fait mais j’avais déjà vu ça, pas en vrai ou en photo de qualité mais sur internet (ici ou surtout car Tobie Openshaw a déjà fait et exposé des photos sur ce sujet qu’il a documenté pendant de nombreuses années – sans oublier Flickr ici).

Rencontres d’Arles – En marge du Off – Les individuels

Le programme du Off des Rencontres d’Arles est très divers: on a déjà évoqué ici les galeries « amateurs » ou « pros » dont une partie se trouve un peu en marge et ne figure dans aucun programme. On y trouve aussi des individuels qui font en général un peu mieux que des amateurs (même si certains le sont) mais qui pourraient rester sur Flickr. A ce titre, je n’ai pas jugé utile de mettre des illustrations et le seul photographe qui sort du lot a un site web en flash :(

Les deux premiers sont vraiment Off (inscrits nulle part). William Ropp (au 5 rue du séminaire) montre des portraits de femmes africaines, comme du fusain, de belles photos comme on en voit beaucoup aussi il faut bien le dire, avec bien sûr un livre à vendre. Il y a avait un autre lieu mystère, c’est celui occupé rue des Lices (rien que ça) par Jean et Victor Picon (29 et 19 ans) où le jeune Victor présentait des photos choisies par on ne sait qui comme représentatives de leur vision de « demain ». Mouais, bof. Je ne sais pas combien leur a coûté la location de l’espace mais ils auraient pu viser plus modeste comme lieu. Il y avait aussi le travail de Arnaud Lajeunie (24 ans), une « compilation »,  donc un peu en vrac (ça se laisse voir ici). Le lendemain ils avaient ajouté un panneau mentionnant Guillaume Chauvin et Remi Hubert (le reportage bidonné à des fins « artistiques » que Paris Match a pris pour un vrai). A oublier et gageons que ce sera vite fait.

C’est une tout autre impression qui se dégage du travail plus mature de Gilles Gal (4 rue de la roquette) qui nous offre des paysages en format panorama de Beauduc, poétiques et vaporeux.

Au PCF (eh oui, il ne faut pas être sectaire) au 1 rue Portagnel on trouve six photos de l’élue communiste de Bordeaux, Natalie Victor-Retali (série désapparences – son site ici). Si vous êtes gentil comme moi et même pas membre, on vous offrira quand même des gâteaux et de l’eau, ils sont sympa les camarades :) Le plus intéressant c’est peut-être de gravir l’escalier (du 16ème siècle m’a-t-on dit) pour trouver l’expo d’étudiants farceurs autour … d’une gommette rouge: c’est une super idée car la salle est vide sauf la gommette rouge au mur et un petit texte affiché. Le texte affiché peut faire penser à un tract et le rouge de la gommette peut évoquer la lutte ce qui est marrant sur le site du PCF et c’est vrai aussi que la gommette (rouge) indique une vente réussie d’une œuvre dans une galerie, autre clin d’œil au monde marchand et capitaliste, tout indiqué pour le PCF. Et puis les plus intellos verront là comme une suite à l’expo sur les « vides » à Beaubourg ;) Le site est des farceurs est ici.

Circa (2 rue de la roquette) vend plutôt des objets anciens et de créateurs mais présentait le travail de Jordi Cuxart. Une des personnes présentes semblait se gausser d’avoir mouché un visiteur qui s’interrogeait sur la notoriété de l’auteur en lui indiquant que Jordi Cuxart avait été exposé au MoMa (où je ne sais quelle institution muséale prestigieuse américaine). C’est possible quoi qu’étonnant mais ce qui est sûr en tout cas c’est que Jordi Cuxart est inconnu de ArtNet et de ArtPrice: tout est donc dit quant à sa notoriété. Son travail représente un danseur noir sur fond noir (série homenaje al negro), un travail assez convenu.

Et vogue la galère (13 rue Molière) montrait des photos colorées de nuit de Richard b. Dupuy (série milky way) avec les lumières qui filent en raison d’une pose longue. C’est vu et revu cent fois même si l’effet coloré produit est agréable à voir.

La Galerie de poche (27 rue des porcelets) qui est vraiment minuscule et se compose de deux, euh, placards, montrait le travail de Dana et Stéphane Maitec (séries Mémoires d’un dandy et Les pinceaux de Ben-Ami Koller) dont le site web est vraiment pro et se trouve ici. C’est dans cet article le seul travail qui se détache. Visitez leur site web et passez les voir car c’est jusqu’au 15 septembre a priori. Les deux séries n’ont rien en commun et permettent de voir à la fois une caricature de dandy dans un style bling-bling éclatant avec force paillettes et « beautiful people » dans un univers très mode flashy et vaguement décadent (5 tirages géants un peu à l’étroit) et 4 photos hypersobres de pinceaux sur fond noir qui invitent à la méditation et à la réflexion. Les deux photographes sont installés à Paris. Dans les « individuels », c’est l’expo à ne pas rater.

Rencontres d’Arles – En marge du Off – Les galeries « amateurs »

En marge du Off, c’est à dire ne figurant même pas dans le « Off » décrit dans le dépliant officiel, on trouve quelques galeries qui se font connaître par un affichage plus ou moins sauvage et plus ou moins visible dans la ville, mais c’est le jeu. Je ne découvre d’ailleurs que de retour à Paris, que le site web du Off présente une liste plus complète des participants (ici) que la version imprimée (il faut dire que la liste des participants ne se nomme pas ainsi mais « Autour du festival »: pourquoi faire simple ?).

Les galeries sont heureusement peu nombreuses, heureusement car ce n’est pas vraiment le lieu, Arles n’est pas une ArtFair et Paris Photo (par exemple) est plus indiqué pour ce genre de démarche commerciale. Néanmoins, il ne faut pas être borné et certaines galeries montrent des travaux intéressants, plutôt orientés vers les jeunes et les auteurs émergents ce qui est « dans l’esprit » du lieu.

Seule une galerie « amateur » me semble montrer des travaux dignes d’intérêt, pour le reste, dans le meilleur des cas il faudrait un aperçu plus large des images pour se faire une meilleure idée et, dans le pire des cas, il vaut mieux oublier.

Des galeries, j’en ai évoqué quelques une déjà à travers les lieux exposant de la digigraphie: il s’agit de lieux a priori éphémères et je ne suis pas sûr qu’il s’agisse réellement de galeries (parfois, elle semblent se confondre avec l’auteur présent ou être la vitrine d’une association). Elles sont également régionales voire locales. Ainsi, j’ai cité Arts galerie 13 (49 rue voltaire) qui montre Laura Jonneskindt mais aussi Mickael Upstone (un travail fumeux entre vues du Maroc et abstraction qui relève à mon sens de la pratique amateur – comptez 250 euros par tirage).

On peut mentionner aussi l’association Thalassinos (3 rue du grand clar) qui montre cinq photographes de la banlieue d’Athènes, plus précisément du centre culturel d’arts plastiques de Chalkida (!),  le professeur et quatre étudiants. C’est juste à coté du Capitole (celui d’Arles) mais ce n’est pas très visible et l’association essaie aussi de vendre des produits locaux. Georges Zafeiriou (le prof) évoque le souvenir d’une amie dans une maison qui va disparaitre, Helene Dinaki présente trois photos de corps dans des tons jaunes, Catherine Liatzoura montre une danseuse (?) et un masque; il y a  aussi Marie Xanthou et Despina Pilati. L’espace offert à chacun est limité et on ne voit pas bien au final pourquoi, parmi la production grecque, ces cinq auteurs sont mis en avant.

Toujours dans la veine associative, Afrique en vie (au 30  rue de Chartrouse) montrait des photos d’Afrique en noir et blanc de Quentin Top (80 euros le tirage).

« America – america », série montrée par la galerie « Le corazon » (1 bis rue Reattu) qui fait aussi restaurant, est l’occasion de découvrir un membre du Collectif zabriskiepoint (leur site est en construction ici), Arnaud Berlendis. Il nous montre de petites photos de New York (150 euros), un moyen de se rembourser du voyage peut-être ? Ce ne sont pas de mauvaises photos en soi mais Flickr est peut-être un meilleur endroit pour les montrer, il y a de très bonnes photos sur Flickr.

Je ne sais pas trop si La boucherie est une association, une galerie ou juste un lieu. Quoi qu’il en soit, c’est au 22 rue des porcelets et le lieu était effectivement une véritable boucherie il y a peu. Il y avait deux photographes, l’un travaille sur le thème de la « distance » (dit-il) en jouant sur la mise au point et l’autre montre des nus féminins presque noirs avec des textes. Je crois que l’exposition s’appelle Stein et co (?). C’est vraiment très Off: cette expo ne figure nulle part.

Je termine avec l‘Atelier Archipel (8 rue des douaniers) qui n’ouvrait qu’après 17 heures et montre de la photo et bien d’autres choses. C’est peut-être parmi les galeries « amateurs » celle qui présente le travail de photographie le plus abouti, celui de Philippe Lesage dont un homonyme fait de la photo de nu féminin. Ce Philippe Lesage montre plusieurs séries en noir et blanc d’une grande maturité, dans de petits formats très nets: chantier naval et port de calais font partie de ses travaux, un témoignage honnête d’une grande finesse qui ne manque pas de qualité plastique. Dommage qu’une galerie (parisienne) ne s’intéresse pas encore à son travail. Il ne dispose pas a priori de site web.

Rencontres d’Arles – En marge du Off – Digigraphie

Les Rencontres d’Arles c’est un programme officiel réparti sur deux sites (le centre-ville et le parc des ateliers) mais aussi un Off (toutefois décrit dans le dépliant édité par les Rencontres) mais c’est aussi ne multitude d’initiatives en marge du Off qui va de la présence de photographes à titre individuel ou collectif, de galeries ou d’associations les plus diverses.

Mais, en marge du Off, on trouve aussi Epson (le fabricant de matériel d’impression) qui promeut sa digigraphie, une technique d’impression qui lui est propre. A ce titre, on trouve 8 expositions dont 6 se terminent le 12 juillet à l’issue de la semaine d’ouverture (les deux autres ferment fin août).

Ce qui est montré s’apparente davantage à une pratique, au mieux semi-professionnelle, au pire d’un amateurisme peu éclairé. Seuls deux auteurs se démarquent favorablement. La pratique amateur (de la photographie en l’espèce) n’est en rien critiquable, et encore moins méprisable, mais on peut s’interroger sur la légitimité de sa présence à Arles. Pour ma part, il me semble que ces pratiques sont parfaitement à leur place dans une action sociale ou éducative (spécialement à destination d’un jeune public) ou encore dans le but de progresser (c’est le principe même des workshops et de lectures de portfolio) mais de là à s’afficher il y a un pas.

Le collectif Reg-Art (55 rue du 4 septembre) compte Pierrette Roc, Michel Plante, Karen Van Gerven et Marie F. Lidell: seule cette dernière (qui n’a pas de site web) parvient à s’échapper de la fascination des jolies couleurs pour produire des images relativement inspirées dans un noir et blanc charbonneux qui n’est pas dénué de charme. Bien que recourant au tirage traditionnel, on trouve aussi Frédéric Karikese dont les travaux ne sont pas inintéressants (son site, hélas hideux est ici).

Fred Erall montre du nu masculin sans grande originalité à l’Hôtel le belvédère. Bob Giorgi (10 place Louis Blanc, un lieu introuvable sans GoogleMaps et GPS, j’exagère à peine) montre sa série « des corps naturels » (ah ah, elle est très bonne) très inégale (il s’agit de nus féminins): on y trouve quelques nus inspirés mais aussi des nus plutôt expirés et surtout des nus repoussants:  de grands formats « en pied » tirés grandeur nature avec des jeunes femmes « dans le style porno ».

Arlatino (8 rue de la liberté)s’est incrusté dans le programme d’Epson via Bertrand Fèvre qui montre des images d’Afrique, d’enfants à Cuba, le tout dans un classicisme de bon aloi qui évoque la gaîté et la joie de vivre, ce qui fait plaisir dans des Rencontres plutôt déprimantes. Pour le reste, Arlatino montre des tirages de grands auteurs via Agence Argentic et c’est un peu le name dropping (Ronis, Riboud, Jonvelle, etc) tous les 10 centimètres de mur:  le seul hic, mais il est de taille, c’est qu’on mélange un peu tout sur les murs, entre vintage et moderne, tirage signé ou timbre  à sec, édition ouverte ou limitée voire même simple sérigraphie et tirage argentique. Tout est réuni pour induire en erreur l’acheteur, les étiquettes décrivant bien la nature du produit mais se gardant bien d’attirer l’attention sur ces points déterminants. Méfiance donc, posez les bonnes questions et si vous n’y connaissez rien, restez à l’écart.

Je termine ce triste paysage avec deux auteurs dont le travail ne sauve pas l’initiative d’Epson mais qui à mon sens produisent des images relativement intéressantes. Il y a d’abord Laura Jonneskindt et ensuite Jordi Jorda.

Laura Jonneskindt (au 49 rue Voltaire chez Arts galerie 13) livre sa vision personnelle de Fos (vous savez, les raffinerie) dans sa série états des lieux avec des diptyques et triptyques (1 000 environ environ les grands formats), là-aussi inégaux mais certains sont plutôt bien vus, je pense à un associant des bidons et un plan large de nombreux cargos en pleine mer. C’est plutôt sensible, bien composé et sans chichi inutile. Son site web est d’un grand professionnalisme (ici) mais ne montre pas cette série.

Dans un autre genre, Jordi Jorda montre, au 20 rue Porte de Laure, des compositions abstraites et géométriques, presque « à la Vasarelly » à partir de façades de lieu, sur de grands fonds unis (1 000 euros pour une édition de 15); il présente aussi des compositions à partir de grues de chantiers aux côté de Bob Giorgi. Ce travail très cohérent sur le domaine de l’architecture est séduisant pour l’œil et plutôt intriguant. Il n’a pas hélas de site web personnel ce qui est très frustrant et son espace sur le site web d’Espon (ici) montre des travaux en noir et blanc.

Rencontres d’Arles – Bref bilan

Mon souhait c’était de ne rien rater et notamment du Off et ma crainte c’était d’être submergé par la foule. En pratique, il n’y avait pas foule, à vrai dire, pas plus que l’an dernier en dehors de la semaine d’ouverture, ce qui m’a surpris (et même un peu inquiété: si en période d’ouverture les sites sont aussi déserts qu’en fin de période, cela commence mal).

Concernant le Off, le bilan est mitigé. Le dépliant officiel annonce pleins de choses mais il manque les horaires et ceux-ci ne sont pas toujours respecté (en gros, avant 11 h, point de salut). Il annonce même une exposition « rue de Roure » (?) que Googlemaps sur mon mobile n’a pas trouvé (!). Par ailleurs, tout un tas d’expositions Off ne figurent pas sur le dépliant. Enfin, le niveau du Off est disparate et en moyenne globalement médiocre du fait d’expositions frisant la nullité, même si certaines pépites existent (mais il faudra du flair pour les trouver, y compris en dehors du programme Off figurant sur le dépliant officiel). D’ailleurs, j’ai constaté une prolifération d’expositions qui relèvent de l’opportunisme commercial, pour ne pas dire du parasitisme de la marque « Rencontres d’Arles » c’est à dire montrer de la merde en profitant des gogos attiré par la marque. Cela fait immanquablement penser aux « artistes » de Montmartre et de Saint Germains des Prés, pièges parisiens à touristes bien connus. De ce fait, je pense être plus sélectif et raccourcir ma durée de visite l’an prochain.

Concernant le programme officiel, la bonne nouvelle c’est le côté pratique. En effet, toutes les expositions sont ouvertes tous les jours de 10 à 19 heures ce qui est clair et net. L’autre bonne nouvelle c’est que certains lieux de 2008 n’ont pas été reconduits comme l’Eglise Saint Blaise (en travaux), le stade ou encore la Bourse du Travail utilisé par l’Ensp en 2008 ou le Museon Arlaten. Du coup, les expositions officielles sont plus concentrées (ceci dit cette année le Méjan a été ajouté à la liste). La moins bonne nouvelle c’est peut-être qu’il y avait peut-être moins de choses à montrer :  Saint-Trophime était bien moins rempli que l’an dernier (peu de salles exploitées) et l’Espace Van Gogh, comme l’an dernier du reste, était très « aéré » (et de peu d’intérêt).

Plus sur le fond maintenant, le programme officiel présente deux caractéristiques: il est dépressif et branché cul (désolé) sans doute l’influence de Nan Goldin, sa marraine qui tranche singulièrement après Christian Lacroix.

Cette dernière m’a-t-on dit, a séché une conférence figurant au programme officiel, ne se sentant pas bien, et s’accotait un peu partout lors de la visite en sa présence, manifestement pas au meilleur de sa forme. Ce qui est présenté est globalement laid et déprimant et est en rupture avec l’an passé (ceci dit c’est le thème de l’année: 40 ans de ruptures): ce ne sont que tristesse, mornes lieux, drogués, etc. Les respirations de bonheur et de fraîcheur sont, hélas, peu nombreuses et certains visiteurs s’en plaignaient ouvertement. Ce n’est peut-être pas une réflexion d’intellectuel mais le Festival n’est-il pas ouvert à tous ?

Quant au cul, il est partout: entre les enculages de d’Agata et les branlettes de Nan Goldin, la palette est vaste et, à la longue, c’est non seulement pénible, c’est pitoyable comme vision de la photographie. On peut par ailleurs s’étonner que la seule mise en garde (timide d’ailleurs) au public porte sur une salle montrant une césarienne alors que de très nombreuses oeuvres devraient être clairement déconseillées aux moins de 12 ans. Aux Transphotographique de Lille, des pièces bien moins perturbantes avaient été regroupées et isolées derrière un rideau avec une mise en garde très claire:  c’est une bonne pratique me semble-t-il pour une exposition « bon enfant » et « grand public » (on n’est pas dans une soirée privée entre « VIP de l’Art », rompus à toutes les visions et tous les excès).

On reviendra sur tout cela dans une longue suite d’articles.

Rencontres de la photographie d’Arles – Le Coffee Socks

Aux Rencontres d’Arles, il y a le programme et les lieux officiels qui font, hélas, la part belle aux artistes et photographes confirmés même s’il y a parfois dans le programme des échappées vers plus de fraîcheur et de jeunesse. Paradoxalement, ce sont les espaces privés financés par des entreprises qui semblent faire le plus d’efforts en direction des jeunes: SFR dont j’ai parlé ici et la FNAC dont j’ai parlé . En marge de l’officiel et alors même que j’ai raté le « off » (qui se tient, je crois, la 1ère semaine), il restait néanmoins un lieu à voir : le Coffee Socks, un lieu de vie salon de thé laverie associatif comme dit leur site (hop!) Romain Boutillier nous montre les aventures de Rosine, son robot en plastique qu’il photographie dans les situations les plus variées. Le truc est un peu éculé et ça m’a fait penser aux types qui avaient enlevé un nain de jardin avant de le restituer photographié dans de nombreuses villes du monde entier. C’est rigolo et les couleurs pètent, mais bon. Ces photos sont aussi .

Magali Joannon (dont le site est ) nous présente un extrait de sa série « Haute saison » avec des caravanes. Il y a un je ne sais quoi de nostalgique dans ce travail et je n’avais pas encore vu de caravanes au centre d’un travail photographique. j’avais plutôt en mémoire en voyant cela un travail sur les cités balnéaires en basse saison dont l’auteur m’échappe (si ça parle à quelqu’un ?). La photo ci-dessous vient du site ici.

Pomme Célarié (ça ne s’invente pas, j’ignore si elle parente avec Clémentine) nous montre un peu de la vie collective de jeunes enfants en Mongolie. La série était un peu courte (il n’y avait que 4 photos) pour se faire une idée du travail, c’est dommage. Évidemment, la vie collective peut faire penser au Komunalka de Huguier dont j’ai parlé ici, travail où l’on voit aussi des brosses à dents (ce truc qu’on ne partage pas justement…) mais Pomme ne montre pas de nus contrairement à Huguier. Le photo ci-dessous vient de . Pomme appartient au collectif La Générale (non, ce n’est pas une banque) et a son site ici où vous pouvez découvrir d’autre photos et puis aussi La Générale, si par hasard vous ne connaissez pas.

Audrey Laurent se livre à un travail personnel sur les photos de sa famille (qui lui ont été données) qu’elle rephotographie. Un travail surprenant et intéressant dans sa démarche qui ne montre pas encore (?) son plein potentiel. Là-aussi, des tirages plus grands, un encadrement adapté et plus d’œuvres en un même lieu donnerait plus de « poids » au travail réalisé. Cela viendra peut-être aussi, au-delà des conditions matérielles d’exposition et de tirage, de l’œuvre accomplie elle-même : Audrey poursuit en effet son travail vers d’autres supports (écrits, sonores, etc). Certaines photos sont visibles ici (mais cela ne donne pas grand chose à l’écran).

Magda Hueckel nous livre des « autoportraits ». Hélas placés dans l’obscurité et, là-aussi, dans un format réduit, son travail était difficile à déceler. C’est donc une redécouverte que le voir sur le web (paradoxal, non?) ici (en anglais). Magda est une jeune femme a priori en bonne santé et ces auto-portraits nous la montre vieillie d’où le titre de la série (« obsessive self-portraits ») : cela donne à réfléchir sur elle et ses préoccupation bien sûr mais aussi sur nous-même. Habituellement on nous donne à voir de jolies filles, des vieillards en patriarches et, à l’autre extrémité, et plus rarement, des malades et des déments. On voit rarement des gens seulement âgés.

En écho, elle a fait aussi des « calmed self-portraits » (non vus chez Coffee Socks). Je vous livre un extrait de chaque série ci-dessous. Pour en voir plus, allez sur son site perso ici (en anglais et en polonais).


Margherita Crocco nous montre de troublantes photos de Chandiragh, en Inde. Il s’en dégage, avec peu de moyens, une impression étrange. Plus d’œuvres ici.

Vous aurez remarqué que ces travaux m’ont plu en dépit des moyens limités mis en œuvre pour l’exposition. La plupart des liens pointent chez fetart.org, une galerie en ligne destinée à la promotion de jeunes artistes.

L’exposition est finie depuis fin août et lors de ma visite, seuls les artistes ci-dessus étaient visibles.