Galerie Vu’ – Basilico, Davies et Pernot

Le 27 mars dernier, journée de nombreuses visites, c’était le dernier jour pour profiter de l’exposition  à la Galerie VU’ (ici et ) consacrée à Gabriele Basilico, John Davies et Mathieu Pernot, autrement dit, du lourd.

Davies (son site ici) je ne l’avais qu’entrevu en 2008 chez les filles du Calvaire (billet ici). Profitant de l’immense espace de la galerie (la plus vaste de Paris à ma connaissance en matière de photo) et bien que le partageant avec BasilicoDavies expose deux séries de manière extensive: l’Anse de Paulilles (1999-2009) et FujiCity (2008).

La 1ère série, fort longue, explore en moyen format noir et blanc les alentours de l’usine de production de nitroglycérine Nobel: plans rapprochés et lointains se succèdent, sans aucune présence humaine. La seconde, fort différente, m’a rappelé le travail de Bublex avec le Mont Fuji (billet ici) mais ici pas de trucage, uniquement la présence naturelle de la montagne, en arrière-plan de paysages industriels ingrats: une mise en perspective intéressante. L’illustration ci-dessous provient du site web, fort bien fait, de l’auteur.

En poursuivant la visite, côté droit toujours, on tombait sur Mathieu Pernot (son site ici) que j’avais évoqué très brièvement en 2008 à l’occasion des Rencontres d’Arles (ici). Ce qu’il montrait chez VU’ était assez étonnant puisqu’il s’agissait de vues depuis des fenêtres voire des trous percés dans les planchers d’un immeuble encours de démolition mais c’est peut être l’accrochage qui était le plus original puisqu’il recréait in situ la disposition des prises de vues: par exemple, un arbre photographié depuis trois fenêtres à des étages successifs se présentait sous la forme de trois photos de trois tronçons superposés. Le mieux était certainement le point de vue « des tuyaux » qui conduisait le visiteur à observer des cadres jusqu’au plafond.

Je conclus avec Basilico. J’ai en parlé il y a peu (ici) mais ce n’était pas le meilleur de sa production: ses formats géants de ville et notamment de Beyrouth dévasté sont en revanche connus et reconnus. Cette dois, s’il reste fidèle au thème urbain, c’est pour un format plus modeste et des images paisibles, celles de Rome autour du Tibre, sous un étonnant ciel plombé. Et si vous connaissez un peu Rome vous reconnaitrez notamment le Castel Sant’Angelo (ci-dessous, illustration en provenance de Artnet), la Isola Tiberina et le Ponte Emilio (ou Ponte Rotto).

Tout ça pour dire que c’était là une exposition de qualité muséale, et gratuite en plus :)

Galerie Vu’ – Exposition très collective – derniers week-ends pour voir

La Galerie Vu’ (2 rue Jules Cousin et ici) je l’ai visitée bien souvent et j’en déjà parlé lors du Mois de la photo à Paris, en décembre dernier (ici). Il s’agit là de vous encourager à aller voir l’exposition (très) collective qui s’y déroule jusqu’au 18 avril, ce qui vous laisse encore seulement deux week-ends.

Je ne vais pas raconter ce qu’il y a à y voir vu que ce sont près de 30 auteurs photographes qui y sont présentés. J’ai relevé Engstrom, Botman, Ackerman, Castore, Terré, Broyer, Comment, Forsslund, Schuh, Dumas, Sriwanichpoom, Bizos, Stromholm, Tunbjork, Darzacq, Castro-prieto, Leblanc, Crespi, Bas, Blenkinsop, Silverthorne, Munoz, Zuili, Faucon, Wurstemberger, Pernot et Picard. Il semble que j’en ai oublié au vu de la liste sur le site de VU’ (ici).

Ce n’est pas tous les jours que vous aurez l’occasion de voir un tel nombre de photographes et de photographies dans des styles aussi variés et pour un coût de zéro euro.

Il y a dans le lot un certain nombre de photographes dont j’ai déjà parlé comme Tunbjork ainsi que Comment et Broyer (dans le billet déjà cité),  Darzacq (ici, les chutes, chez Les Filles du Calvaire),  Crespi et Silverthorne (ici – à Arles en 2008).

Courez-y vite.

Lyon – Septembre de la photographie – Partie 22 – Bibliothèque du 4ème – Denis Chouquet

Le septembre de la photographie à Lyon a investi une cinquantaine de sites dont la Bibliothèque du 4ème arrondissement de Lyon, qui est juste à côté de la galerie Le Bleu du ciel (dont j’ai déjà parlé dans plusieurs articles ici). L’exposition est terminée depuis le 18 octobre.

Je l’ai visitée lors de mon passage à Lyon du 9 au 11 octobre 2008.

Le photographe Denis Chouquet a photographiés des roms à Lyon après les avoir côtoyés chez eux en Roumanie. Les roms c’est un bon sujet si on juge par le nombre de photographes qui abordent ce sujet. On voit des baraques, des gens, le tout de façon intimiste avec des bougés et tout ça. On voit l’homme chez le coiffeur, on voit le gamin qui traine une grosse valise, on voit deux enfants sous des parapluies. Bon.

Je n’ai pas été spécialement sensible à tout ça.

Par contre, il y avait d’exposé le bouquin sur les roms de Mathieu Pernot dont j’ai parlé dans un billet sur les Rencontres d’Arles (ici).

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Rencontres de la photographie d’Arles – Palais de l’Archevêché

L’exposition au Palais de l’Archevêché est centrée sur Arles. Parrainée par le quotidien local, La Provence, il faut bien avouer que, pour ma part, je n’ai rien vu là de bien fascinant. Peut-être faut-il être arlésien pour mieux apprécier.

Entre reportage sur les 30 glorieuses ou le patrimoine industriel d’Arles (de petites photos noir et blanc pour l’essentiel, semble-t-il issues de la PQR) ou bien encore les nombreuses photographies d’artistes locaux traitant de sujets régionaux (architecture arlésienne, tauromachie, etc) dans les année 1900-1950, je n’ai rien vu de saisissant.

Même les photos de mariages d’arlésiens « au cours des âges », une idée de Lacroix, m’ont semblé plus relever de l’animation culturelle locale que d’une démarche créative ou artistique inspirée mais cette histoire de mariage, on y reviendra, sert de fil rouge au cours de ces Rencontres.

Cerise sur le gâteau, les légendes sont absentes ou, au mieux, figurent dans des cahiers ce qui ne permet pas de se repérer. Je passe également sur l’éclairage, très médiocre, et générateur de reflets.

Cette question des reflets d’ailleurs, on y reviendra, est particulièrement gênante même si certains on su en tirer profit avec humour et talent.

Alors, que peut-on sauver de cette exposition ?

Peut-être peut-on évoquer le travail d’Alain-Charles Beau sur la corrida et la mode (à travers les défilés Lacroix notamment), en grands formats couleur ? Ou bien encore celui de Lucien Clergue, figure de proue de la photographie arlésienne qui a obtenu une reconnaissance internationale ?

Somme toute, les travaux de ces artistes renommés ne m’ont pas paru le meilleur de leur production.

Sans doute peut-on sauver surtout les impressionnantes et anonymes photos en noir et blanc, en grand format, des bombardements d’Arles au cours de Seconde Guerre Mondiale, vus d’avion. Inscrites dans un contexte historique, ces vues peuvent être rapprochées, avec un peu d’audace, tant les finalités, le public, les thèmes et les moyens différents, des travaux d’Artus-Bertrand ou de MacLean, de par leur technique et l’angle de vue si particulier. La caractère fascinant des vues aériennes n’aura d’ailleurs pas échappé à Google avec ses cartes et son Google Earth.

Sans doute aussi peut-on mentionner les éléments (photographies et autres documents) relatifs au camp de Salier et au fichage des nomades, un rappel historique pas inutile de ces temps troublés du à Mattieu Pernot (dommage de ne pas avoir présenté aussi son travail sur les tsiganes et son ouvrage éponyme qui s’articule autour de codes esthétiques soigneusement choisis comme ceux de la photographie anthropométrique, par exemple).