MEP – Automne 2012

La MEP a maintenu tardivement son accrochage estival (billet ici) pour le renouveler seulement partiellement dans une exposition durant jusque vers mi-novembre. C’est cette dernière que je suis allé voir le 4 novembre dernier et ce n’était pas terrible. Cédric Delsaux avec 5 tirages exposés tirés de sa série »Dark Lens » mélange Star War à un univers réel. Bof. Je préfère d’autres de ses séries, moins « commerciales », visibles son site web. Choi Chung Chun (dit Choi) montrait 25 travaux géants en noir et blanc de visages déformés lors du tirage. Bof. Claude Nori, le fameux éditeur, exposait ses livres et des œuvres de petit format de ses auteurs (Plossu, Salgado, Petersen, etc) ainsi que des travaux personnels, parfum guimauve et dolce vita. Mouais. Encore heureux que j’ai un abonnement qui me permet de passer en coupe-file et dans une certaine mesure de payer moins cher car vraiment la MEP ça ne s’arrange pas. Le nouvel accrochage totalement renouvelé est en place depuis le 14 novembre.

En bref – Schirman et de Beaucé – Bourgadier – Cosplay

Le 5 février dernier, en sortant de chez La Galerie Particulière, je suis tombé par hasard sur la galerie Schirman et de Beaucé qui montrait le travail d’Hermine Bourgadier, déjà vu dans cette galerie il y a quelques temps (billet ici). Cela reste dans la ligne de ce qui précédait: des portraits minimalistes, une grande économie de moyens, même le format est modeste.

A voir en passant jusqu’au 26 février.

En bref – La galerie particulière – Coulon et Lopparelli

Le 5 février c’était vernissage à la Galerie particulière mais contrairement à La petite poule noire il n’y avait pas trop de monde donc je suis entré. Dedans, il y avait Gilles Coulon avec ses paysages sous la neige et ses rappels textuels de décès de SDF invitant mine de rien à chercher un corps dans le paysage, un travail habile qui donne à l’absence une véritable présence. Je l’avais déjà vu auparavant (billet ici).

Du côté de  Philippe Lopparelli, c’était du noir et blanc et de la chaleur voire de la moiteur avec de petits formats comme pris à la dérobée par on ne sait quel procédé ancien pour ce qui se veut un hommage rimbaldien à Zanzibar.

Le travail de l’un et l’autre sont visibles jusqu’au 26 février dans le cadre des expositions multiples du collectif Tendance Floue à l’occasion de ses 20 ans.

Galerie Baudoin-Lebon – Neige / collection hiémale

La galerie Baudoin-Lebon (38 rue Sainte-Croix de la Bretonnerie et ici) présentait jusqu’à samedi dernier une exposition collective, Neige (ou collection hiémale, je n’ai pas bien suivi); la prochaine prend le relais dès le 5 février 2011 (jour de vernissage).

Je passe sur les oeuvres graphiques pour rester sur la photographie qui m’a laissée un peu dubitatif: ce n’est pas facile les expositions collectives car cela fait souvent peu de place pour chacun et au final le propos de chaque auteur est rarement  n’est pas toujours clair.

Il y  avait Grégoire Eloy avec notamment une photo que je me souviens avoir vue à Lille en 2009  (les traces dans la neige – billet ici), Mat Hennek, Anne-Marie Filaire (avec de très petits formats contrairement à la fois précédente – billet ici), Lise Broyer (déjà vue en détail chez VU’ – billet ici),  Patrick Bailly-Maitre-Grand, Shim Moon-Seup, Walter Niedermayr (avec 9 plans colorés de montagne avec remontées mécaniques), Mathieu Bernard-Reymond (c’est pas mal ça, la neige en solo d’un côté avec un type seul perdu au milieu de rien et puis en contrepoint une foule compacte sur un glacier – sur son site, voir Disparitions). Je finis avec Thomas Humery qui était dans une petite pièce avec des paysage, de vraies assiettes et des portraits et ça se passe en Autriche, à Chamonix et en Finlande et c’est plutôt sympathique, frais et calme. Son site montre quantité de ses travaux et se regarde avec plaisir.

 

MEP – 4ème saison 2010 – 2011 – Autour de l’extrême, Riboud et Bovo

Samedi dernier marquait la fin de la période d’hibernation, malgré un froid piquant et c’est à la MEP que je me rendis pour l’avant-dernier jour de l’exposition de clôture de 2010 qui marquait aussi le début de la saison 2011. C’était aussi l’occasion de renouveler mon abonnement.

Je n’ai pas été déçu. Je passe rapidement sur l’abécédaire de Riboud, plutôt destiné me semble-t-il à un jeune public (des visites pour enfants étaient d’ailleurs organisées). Pour la petite histoire, Riboud était présent pour une courte interview.

Tout au fond se trouvaient 23 photographes de Paris Match réunis à l’occasion d’un prix avec souvent des images saisissantes et particulièrement atroces. Heureusement, deux vaches paissant paisiblement donnaient un peu d’air. Le lauréat est Olivier Laban-Mattei pour un inévitable reportage sur Haiti avec cadavres à gogo et du coup il avait le droit d’exposer plus d’une photographie, le veinard.

Entre deux portes, l’Afd présentait James Iroha Uchechukwu.

Passons au sous-sol pour retrouver l’une des expositions majeures, celle consacrée au travail de Marie Bovo que j’avais découvert en 2009 à ArtBrussels (billet ici). La première salle montre des cours intérieures à Marseille vu par en dessous avec donc le carré du ciel encadré sur quatre face par les immeubles. Ensuite c’est la série Grisaille qui porte cette fois sur de gris plafonds  décrépis et on termine avec Bab el-Louk, des toits cairotes vus aux heures successives du jour. Tout cela n’est pas transcendant tout de même.

La Grosse Exposition se situe sur les deux niveaux supérieurs, c’est « Autour de l’extrême » avec de très nombreux photographes: 25/34 Photographes, Ansel Adams, Claude Alexandre, Manuel Alvarez Bravo, Claudia Andujar, Diane Arbus, Neil Amstrong, Richard Avedon, Roger Ballen, Martine Barrat, Gabriele Basilico, Jean-François Bauret, Valérie Belin, Rosella Bellusci, Philip Blenkinsop, Rodrigo Braga, Bill Brandt, George Robert Caron, Henri Cartier-Bresson, Jean-Philippe Charbonnier, Martial Cherrier, Larry Clark, Raphaël Dallaporta, Bruce Davidson, Jean Depara, Raymond Depardon, Philip-Lorca diCorcia, Doctor T, George Dureau, Gilles Ehrmann, Fouad Elkoury, Touhami Ennadre, Elliott Erwitt, Bernard Faucon, Alberto Ferreira, Giorgia Fiorio, Robert Frank, Mario Giacomelli, Nan Goldin, Gotscho, Emmet Gowin, Seymour Jacobs, Claudia Jaguaribe, Michel Journiac, Jürgen Klauke, Les Krims, Oumar Ly, Robert Mapplethorpe, Don McCullin, Duane Michals, Pierre Molinier, Vik Muniz, Ikko Narahara, David Nebreda, Helmut Newton, Pierre Notte, ORLAN, Martin Parr, Irving Penn, Pierre & Gilles, Tony Ray-Jones, Rogerio Reis, Bettina Rheims, Marc Riboud, Miguel Rio Branco, Sebastiao Salgado, Andres Serrano, Cindy Sherman, Jeanloup Sieff, Christine Spengler, Shomei Tomatsu, Pierre Verger, Alain Volut, Weegee, Edward Weston, Joel-Peter Witkin, Bernard-Pierre Wolff.

Pour ma part, j’ai surtout retenu les grands classiques présentés sur le 1er niveau: les tops nus /habillés de Avedon, Marilyn par Avedon, le nu de Weston, YSL nu par Sieff. En fait, pour quelqu’un qui souhaite s’initier à la photographie comme Art, cette exposition et spécialement le 1er étage constitue un condensé d’histoire de photographie contemporaine. Toujours dans cette 1ère salle, on voit des pièces moins connues comme les punks de Meursault et Muller (25/34 photographers), les amputés de Georges Dureau shootés comme des stars. La 2ème salle de cet étage montre moins de classiques mais on reconnait quand même les jumeaux crétins de Ballen, une série de Parr (The Last resort: photographs of New Brighton) et les lavabos de Erwitt (white only).

Au dernier étage j’ai surtout retenu Nan Goldin, Serrano, le manifestant tué de Alvarez Bravo, Molinier et Journiac bien sûr ainsi que la série de Belin sur les sosies de Jackson.

Enfin, tout cela pour dire que c’était une exposition fort réussie, peut-être la meilleure de l’année 2010. La prochaine démarre dès le 9 février et me semble moins exaltante.

Galerie des bibliothèques – PHOTO-FEMMES-FÉMINISME 1860-2010/Collection de la bibliothèque Marguerite Durand

Hier, dimanche photographique consacré à quelques visites dont celle de la galerie des bibliothèques, celle-la même qui me semble-t-il avait abrité l’exposition Zucca (celle qui fit scandale).  Le titre indique le thème: le féminisme. Du coup, à l’expo, que des visiteuses !  Marguerite Durand (1864-1936) avait les honneurs, notamment au rez-de-chaussée,  puisque les photos sont tirées de la bibliothèque qui porte son nom. Cette dame, dont je n’avais  jamais entendu parler il faut bien le dire et que j’aurais oubliée dans deux semaines, fut une journaliste et femme engagée dans la cause féministe. Plusieurs photographies nous montrent la plantureuse protestataire et on voit aussi des pièces diverses sous vitrine dont un extrait de son journal, La Fronde, qu’elle fonda en 1897.

En dessous se déploie le gros de l’exposition autour de quelques thèmes. On voit ainsi des photographies de célébrités de son époque (et d’autres plus contemporaines) dont beaucoup ne seront connues que des spécialistes. On peut citer, tout de même, Polaire, Mistinguett, la goulue, la belle Otero, Sand, Rosa Bonheur, Sarah Bernardht, Marie Laurencin, Camille Claudel, Yourcenar, Frida Khalo par Gisèle Freund.

En suite, c’est au tour des travaux de  quelques photographes célèbres: Sabine Weiss,  Berenice Abott, Germaine Krull, Laure Albin-Guillot, Margaret Bourke-White et aussi Edith Gerin dont le nom m’était inconnu. L’ensemble est complété de portraits de photographes fameuses comme Yvette Troispoux et Irina Ionesco.

Ensuite c’est moins intéressant avec des femmes au travail, anonymes ou non mais on notera quand même des pièces d’anthologie comme ce courrier autorisant une jeune femme à se présenter à l’agrégation de math pour homme (après avoir été reçue à l’agrégation pour femme) et encore cette photo de femme en tenue de pilote d’automobile.

On finit avec les révolutionnaires depuis les communardes jusqu’au MLF qui parait aujourd’hui complètement ringardisé, pas assez récent pour paraitre actuel et pas assez ancien pour être auréolé d’un charme suranné. On se concentrera donc sur les petits portraits de communardes (dont Louise Michel) annotés de remarques policières.

C’est 6 euros,  jusqu’au 13 mars 2011, c’est original comme exposition et instructif aussi bien que pour les femmes que pour les hommes.

Le Bal – 5 étranges albums de famille

Après le CWB, aujourd’hui c’était aussi le BAL (déjà visité à son lancement – billet ici). Plus de visiteurs cette fois que lors de mon passage précédent mais guère plus de photos: quel dommage qu’un si beau volume n’ait pas été aménagé de manière plus rationnelle, sans parler même de l’espace librairie et café, utiles certainement pour financer le lieu mais empruntant encore des mètres carrés sur l’espace d’exposition. C’est à se demander si finalement le BAL ne risque pas de devenir un café-librairie avec un espace d’exposition (je plaisante à peine).

Quoi qu’il en soit le vaste rez-de-chaussée était consacré à Emett Gowin (à voir chez Pace/MacGill ici) représenté par de nombreux petits formats noir et blanc courant sur trois murs tandis que le quatrième était encombré d’un courte vidéo de Erik Kessels (3 minutes) au son péniblement grinçant.  Gowin réussit à faire peur en montrant des photos de familles des années 60 en noir et blanc. C’est un exploit. Des visages flous ou un chien flou dans un coin, des bras croisés, des mines renfrognées, des lèvres pincées, des contrejours, des yeux baissés, une peau boutonneuse ou une tache de vin sur le visage, tous les portraits et toutes les scènes sont intrigantes, transpirent la gêne, l’ennui, voire la douleur. Les flous « de vitesse » sur certaines images donnent l’impression que  le temps ne s’écoule pas à la même vitesse partout, comme dans un film de SF, ajoutant au trouble. Une belle série.

Au sous-sol, l’espace est partagé entre le travail de Alessandra  Sanguinetti (site ici) accroché sur fond rouge et sa vidéo, le travail de Metyard et les vidéos de Saddie Benning.

Le travail de Sanguinetti est extrêmement connu et en particulier les tirages exposés qui d’ailleurs ne sont pas ceux de la série « les aventures de Guile et Belinda » mais un extrait de cette série complété d’un extrait d’une autre série « The life that came », les deux couvrant ensemble la période 1999-2006. Les deux filles (sœurs) que l’on voit grandir se touchent souvent, s’étreignent, ne se parlent pas et nous sommes témoin de leur existence, simple, dans une ferme, de leurs émotions muettes, le tout baigné d’une couleur extraordinaire. Les grands formats carrés sont néanmoins parlant et puissants. C’est un remarquable travail servi par un accrochage irréprochable. La vidéo, une interview des enfants, est en revanche faible et inutile, c’est un document de travail plus qu’autre chose et sa place n’est pas au beau milieu de la salle, le texte introductif de l’auteur était suffisant à mon sens et le temps long dans lequel s’inscrit de le travail de l’auteur n’est pas compatible avec la vidéo mais bien plutôt avec l’écrit.

Le travail de Meatyard (L’album de Famille de Lucybelle Crater) est aussi fort connu mais d’une autre génération et son caractère répétitif est un peu lassant mais ne manque pas d’un certain charme. Il montre monsieur et madame, leurs enfants et amis,le plus souvent en portrait statique, noir et blanc et de petit format, chaque personnage étant masqué de façon grotesque.

Les trois vidéos (avec casques) de Sadie Benning étaient squattés par le public: je déteste ce genre de dispositif « propriétaire » (un seul profite) dont l »hygiène me semble également douteuse mais c’est une autre histoire.

En résumé, de belles images mais aucun effort de recherche (artistique, pédagogique ou historique) ou de construction d’un propos, pas de pièce ou d’auteur exceptionnel qui renverrait à une qualité muséale mais seulement une « bonne galerie » (payante de surcroit – peu certes mais le principe demeure).  Je conseille à chacun d’y faire un tour dans l’idée de se faire une opinion et de juger de la nécessité ou non d’y retourner la fois prochaine.

Centre Wallonie Bruxelles (CWB) – Les incontrôlés

Le Musée d’art moderne de la ville de Paris montre actuellement des photos consacrées à la jeunesse américaine (ici) mais aussi Basquiat: bilan des courses, une queue de 100 mètres.  J’aurais du le savoir puisque pour l’exposition Larry Clark (billet ici)  j’avais fait le même constat un samedi après-midi et m’étais donc résolu à passer en matinée. Au Jeu de paume, même situation: les visiteurs étaient priés de poireauter dehors avant d’avoir d’avoir le droit de patienter à l’intérieur puis d’être admis en salle.

Autant que dans un cas comme dans l’autre j’ai levé l’ancre et  c’est donc, non pas par dépit, mais par défaut, que je me suis tourné aujourd’hui vers le CWB que je n’avais pas revu depuis bien longtemps (un peu plus d’un an en fait – billet ici).

Le CWB présente jusqu’au 20 février 2011 un extrait de ce qui a été montré lors de la BIP qui s’est tenue en 2010 à Liège et à laquelle je m’étais rendue: un bon moyen de se rafraîchir la mémoire et, de fait, toutes les pièces m’étaient connues. et seuls les portraits de maitres-chiens par Nicolas Clément ne me disaient rien: peut-être ne les avais-je pas vu lors de ma visite car je n’avais pas pu tout voir.

Je me souvenais en revanche fort bien des femmes culturistes  de Martin Schoeller en format XXL, des autoportraits tristes et grassouillets de Melissa Desmet (son blog avec son travail ici), des cellules dépouillées, presques abstraites de Joyce Vlaming (ici), les boules à neige en format minuscule revisitées par Nathalie Noël (ça ne s’invente pas). J’ai revu aussi le travail d’Edouard Levé, sur le Rugby, avec ses représentations de scènes de rugby réalisées par des hommes en tenue de ville (à voir chez Loevenbruck, ici). Disparu tragiquement il y a 3 ans environ, l’auteur avait marqué les esprits avec le même principe appliqué à des scènes pornographiques laissant le regardeur projeter les scènes habillées dans un tout autre contexte.

Autre travail presque amusant, celui de de Catherine Vernet baptisé silence, une série de portraits couleurs où figurent des personnes bouches fermées un mobile collé à l’oreille: peut-être un classique un jour, celui de « l’homme au mobile » comme celui de « la femme à la perle » (Corot) ou « la jeune fille à la perle » (Vermeer): on porte les objets de son époque, non ? Son site est ici.

On conclura avec le travail très bizarre de Tilman Peschel (site ici) où un personnage seul se livre à des activités aussi risquées qu’étranges entre blocs de mousse et accessoires divers, un bon moyen d’être intrigués et un écho peut-être à Erwin Wurm.

Au final, bien qu’un peu brève, l’exposition montre des photographes et artistes de talent, à des stades fort variés dans l’avancement de leur carrière, mais toujours pourvu d’un regard personnel. Une visite s’impose (c’est gratuit et face à Beaubourg) et si vous avez raté le BIP 2010 à Liège, vous aurez droit à une (petite) séance de rattrapage.

Rencontres de la photographie d’Arles 2010 – Fernweh Klub – Off

Dans l’éventualite improbable d’un accident, tel est est le titre de la proposition du Fernweh Klub (qui réunit de jeunes anciens de l’ENSP) qui était montrée au Siège du PCF local. Pour mémoire, l’an passé, je m’étais farci de monter au dernier étage pour y découvrir un espace vide seulement orné de ces pastilles rouges qui marquent habituellement la vente d’une pièce dans les galeries d’art. Cette année j’ai été mieux récompensé  puisqu’il y avait des choses à voir aux étages (d’un autre côté c’était moins potache et moins marrant). Par contre, l’accueil est en baisse (c’est ça les jeunes) car  ils ont ouvert en retard tandis que l’an passé les deux dames camarades qui assuraient la permanence étaient à l’heure – et m’avaient offert des gâteaux ;-)

Pour commencer j’ai raté les travaux de Anne-Claire Broch (c’est un peu vexant car j’avais bien aimé son travail l’an passé au Supermarkt) et Florence Vernier, peut-être s’agissait-il des vidéos (rappel: je fais une allergie) au rez-de-chaussée et puis de toute façon je n’aime qu’on me regarde regarder, surtout si ce sont les auteurs, et comme il y avait du monde…

Après il y avait les travaux de Sunghee Lee, Alexandre Maubert et Gilles Pourtier (vu l’an passé déjà ici). Rien compris.

Il en reste trois où je n’ai rien compris non plus mais où j’ai été frappé (en traître en plus parce que, comme ça, les photos vues de loin n’étaient pas très frappantes). Alors, le 1er c’est Blaise Perrin qui nous montrait ses photos de vacances à Soria en Espagne (c’est un curieux endroit mais bon, pourquoi pas): ses ruines et surtout son brontosaure en plastique m’ont déprimé (son site ici).

 

Geraldine Jeanjean avait aussi choisi un sujet exaltant: Aumont (c’est une ville un village dans le Jura ou alors dans la Somme). En fait, non, ça c’est le titre de la série je crois bien, en fin de compte le sujet c’est comme un souvenir triste, une nostalgie, un secret familial caché peut-être ? On voit une route, un pavillon, un portrait, un rayonnage de jouets et on s’invente une malheureuse histoire. C’est frappant aussi ce truc là mais Géraldine triche (si, si): elle avait mis un texte pour conditionner le regardeur ;-) Les gens très motivés pourront s’aventurer sur son site web (ici) dont l’IHM est un drame à lui tout seul.

Matilde Brugni après une présentation impressionniste l’an passé particulièrement déprimante (réalisée en Finlande, tout s’explique ici), cette année Matilde est restée en France.  Cette fois ce n’est pas déprimant c’est inquiétant. Il y a en effet un suspense: cette fillette s’apprêtant a traverser, cette mémé prête a monter sur le trottoir, cette autre meme prête a entrer chez elle… On anticipe éventuellement le pire.

Allez, une petite suggestion pour l ‘an prochain: vous pourriez pas nous faire des séries avec des fleurs, des petits oiseaux et des petits chatons mignons voire de gros lapins parce que les séries dépressives, à la longue, c’est un poil fatiguant (y compris pour le photographe, non ?). Je plaisante à peine :p

Rencontres de la photographie d’Arles 2010 – Hôtel du cloître

Déception une fois de plus pour un nouveau lieu du programme officiel, l’Hôtel du cloître situé 18 re du cloitre. Déception car pour ma part je n’attends pas des Rencontres qu’elles nous montrent des créations vidéos mais de la photographie ou bien alors, et certains festivals en sont arrivés là, il faut les renommer en « festival de l’image » ou quelque chose d’approchant.

En effet, en ce lieu, il nous est donné à voir surtout de la vidéo (Peter Hutton et Luke Fowler), la photographie se limitant à une mince (très mince) série de Luke Fowler.

Cette exposition, au vu du volume considérable de choses à voir par ailleurs s’imposait-elle ? Non. Il n’est pas utile que les Rencontres noient le visiteur et cherchent à battre des records de fréquentation en déversant un peu tout et n’importe quoi. On en reparlera quant on abordera les Ateliers, site qui déborde de toute part.