Les douches – Thierry Girard – De l’itinérance

Grand moment de solitude hier sous un ciel plombé et les averses, devant la porte close et l’absence de lumière chez Les douches – la galerie (5 rue Legouvé  et ici) chez qui je me rendais pour la 1ère fois.

L’impression a été si défavorable que je n’ai même pas tenté l’interphone. J’avoue avoir un peu de mal à comprendre pourquoi, quand on dispose d’une façade si laide et vieillotte, on fait si peu d’effort pour, au moins, avoir l’air ouvert. Je ne comprend pas non plus pourquoi leur site web se limite en gros à une fenêtre qui occupe un quart seulement de l’écran et dans lequel il faut faire défiler le texte assez péniblement. Bref.

Comme c’était le dernier jour, je ne verrais donc pas le travail de Thierry Girard et c’est bien dommage car je ne le connaissais pas et ses portraits chinois m’avaient semblé intéressants. Le travail de cet auteur est visible sur son site web (ici) et notamment la série Voyage au pays du réel réalisée en Chine (ici) dont est tirée l’illustration ci-dessous;  il est sur Facebook aussi (ici). Je vous invite à découvrir ses photographies ainsi, à défaut de les voir « en vrai ». Thierry Girard vient de me signaler que son travail sera visible chez Agathe Gaillard à compter du 25 février prochain: une bonne occasion de se rattraper si vous avez raté Les Douches :)

Galerie Kamel Mennour – Roger Ballen – Boarding house

La semaine dernière j’étais allé rapidement faire un tour à la Galerie Kamel Mennour (ici) mais il faisait nuit, il était tard et il ne me semblait pas voir de photos depuis la rue; je faisais donc demi-tour. Je suis revenu sur les lieux hier mais, décidément, je n’ai pas de veine car ce n’était pas la bonne adresse: ne confondez donc pas pas le 47, rue Saint-André des arts (où j’aurais dû aller) et le 60, rue Mazarine (où je me suis rendu à tort) car Kamel Mennour possède deux lieux. Ceci explique pourquoi je ne n’avais pas repéré de photos la première fois…

Et comme c’était le dernier jour d’exposition hier, c’est râpé. Pour se consoler, voici le site de l’artiste, par ici, et un lien vers la série présentée à Paris, Boarding house, ici (dont est tirée l’illustration ci-dessous).

59 rivoli – Stephane c. et Adam Cohen

Pour la dernière visite de la journée d’hier, j’ai choisi le 59 Rivoli que, tout comme Magnum et Paris-Beijing, je n’avais pas encore visité.

Après avoir été un squat, le lieu est devenu un immeuble bourgeois restauré à grands frais par la Mairie de Paris pour héberger gracieusement des créateurs qui se trouvent ainsi, de fait, subventionnés. Pour ma part, je ne dédaignerais pas de disposer gratuitement d’un loft ou d’un bureau rue de Rivoli, on a déjà vu plus mal comme emplacement. En contrepartie de la gratuité du loyer, tout le monde peut venir voir, également gratuitement, ce qui se trame dans ces murs. Il semble (au vu de la page web ici) que, déjà, les occupants tendent la main afin de faire payer les charges par le méchant capitaliste. Le 59 suivra-t-il le 104 comme « exemple de bonne gestion », l’avenir le dira mais ce n’est pas le sujet de cet article.

Stéphane c. (site ici, plein de Flash) exposait au rez-de-chaussée ses tirages noir et blanc dans le style VU’ (granuleux vaguement bougé, sujets borderline) un peu dans tous les formats et sans véritable ligne directrice (800 euros les 30×40 et jusqu’à 1 600 euros).  Quelques clichés émergent dans cet ensemble inégal: c’est un peu au visiteur de faire le tri. Si vous voulez voir du « style VU' », allez chez VU’.

Adam Cohen, au 1er étage, a de son côté opté majoritairement pour la couleur, ne refusant pas parfois le recours au noir et blanc. Les photos sont tirées de films, lit-on, et, de fait, une télévision est installée dans un coin (squattée par quelques visiteurs). L’ensemble des photos présentées est hétérogène et dépourvu de commentaires;  on croit discerner deux séries distinctes. Les tirages de qualité très médiocre et fortement pixellisés sont cernés d’une épaisse bordure noire et punaisés au mur, un choix qui se défend mais ce qui se défend moins c’est que les tirages seront refaits et encadrés pour un achat. On se demande bien alors quel est le propos artistique de l’accrochage et ce que veux montrer l’auteur: des tirages proprets encadrés ou des tirages crados affichés à la sauvage ? Une fois encore, tout se défend, mais il s’agit de faire un choix.

Bref, tout cela n’est ni révolutionnaire ni même inventif et ressemble à ce que l’on peut voir dans certaines galeries, on pourrait y voir un compliment mais je ne sais pas si c’est là la vocation du 59 Rivoli.

Galerie Paris – Beijing – Maleonn –

Pour la 3ème visite du jour, ce fut encore une innovation, comme chez Magnum, car je n’avais pas encore mis les pieds à la Galerie Paris – Beijing (ici et 54 rue du Vertbois).

Et pour un coup d’essai ce fut un coup de maître car cette galerie, située à proximité de La B.A.N.K. s’est avérée être à la fois vaste en dépit d’une façade réduite, plutôt chaleureuse aussi et chanceuse dans son choix de Maleonn (de son vrai nom Ma Liang, son site ici). Habituellement allergique aux artistes chinois, emportés dans une spirale inflationniste ridicule, je me suis décidé à aller voir car j’avais découvert partiellement son travail à Bruxelles chez Espace Art 22 (ici et 22 rue Van Aa).

Le seul reproche à adresser à cette galerie concerne son site web qui ne comprend pas de version en français de la fiche sur l’artiste. Les illustrations (ci-dessous, tirées du site de la galerie) sont en revanche de qualité et sans Flash, cette plaie du web.

L’exposition s’est terminée hier, jour de ma visite et l’on pouvait y découvrir 5 ou 6 séries de Maleonn à travers de nombreux tirages, la galerie ayant de la place. Tout au fond était accroché un tirage diasec qui couvrait un pan de mur, hélas, le recul manquait mais c’est la seule pièce qui souffrait des lieux, pour le reste rien à dire.

Le facteur accueillait le visiteur dans une série amusante et un brin décalée, marque de fabrique de l’auteur, dans une palette qui pouvait rappeler celle de Paolo Ventura (billet ici).

Days on the cotton candy montrait une jeune femme en proie à de petits nuages envahissant, une série que l’on dirait tirée d’un magazine de mode, cette fois, colorée, et toujours avec un clin d’œil, tout comme My circus.

Portrait of mephisto permet de mieux appréhender le travail de l’artiste qui ne limite à une photographie appétissante qye l’on pourrait qualifier finalement de commerciale (ce n’est pas une insulte, c’est seulement le constat du remploi des codes de la photo de mode). Avec cette série, maleon s’éloigne du grand format décoratif entretenant la complicité avec la regardeur pour un travail un plus sombre, plus modeste par la taille aussi et coloré à la main (comme Saudek, une technique que je croyais désormais inutilisée).  Dans Book of taboo, Maleonn revient à une certaine facilité tout en teintant son travail d’humour noir.

Leaves of grass enfin, unique série en noir et blanc achève la démonstration avec de grands tirages plus énigmatiques.

Au final, il y a comme une progression dans ce travail et dans le cheminement offert au visiteur, du plus accessible et séduisant à quelque chose de plus subtil et moins aisé.

De manière peu surprenante, les travaux les plus décoratifs sont constellés de pastilles rouges (à ce point là, jamais rarement vu ça !) tandis que les oeuvres plus difficiles n’ont pas vraiment trouvé preneurs. Pour finir, on indiquera les prix indicatifs qui commencent à environ 2 500 – 3 000 pour des formats en 90 x 60 cm.

Une galerie à garder dans le viseur pour la suite et que j’ai d’ailleurs ajoutée aux galeries suivies pour mon agenda.

Agence Magnum – Sarfati, Zachmann, Hartmann, Parke, Soth

Pour la 2ème visite du jour (finissant), j’ai retenu l’Agence Magnum dont la galerie est installée  au 13 rue de l’Abbaye (et ici sur le web), un lieu ouvert il y a peu de temps (billet ici).

La galerie est de plain-pied sur un seul niveau, composée d’une grande pièce pourvue d’une vitrine et d’une petite entrée. L’exposition collective s’est achevée hier et Elliott Erwitt lui succèdera à compter du 4 février.

Bien évidemment, il n’y avait pas vraiment de découvertes à faire, les photographes de Magnum étant connus (voire célèbres) et donc fréquemment exposés. Le site web de Magnum (ici) offre en outre une vitrine de 1er plan à leurs travaux, sans parler des publications. Néanmoins, je n’avais pas eu l’occasion encore de voire pour de vrai certains travaux, comme ceux de Lise Sarfati, ni de connaître les prix pratiqués.

Lors de cette exposition on voyait donc une très grande pièce de Alec Soth (11 500 euros – son site ici) et trois noir et blanc de belle taille de Trent Parke (3 200 euros). A côté de cela, voisinaient de minuscules tirages modernes noir et blancs de Patrick Zachmann (sur une autoroute, 500 euros) et de Erich Hartmann (maison et intérieurs, 600 euros).

Bien entendu, c’est surtout le travail de Lise Sarfati (son site ici dont est tirée l’illustration ci-dessous) qui attirait l’œil avec sa série Austin, Texas hélas facturée, malgré un format assez modeste, à 4 800 euros. L’absence de pastille rouge me laisse penser que cette exposition n’a pas conduit à beaucoup de ventes.

Les photos de Lise montre le plus souvent des jeunes femmes pensives, comme figée, en léger décalage avec leur environnent, le plus souvent typiquement américain. Elles sont là, vêtues de manière un peu provocante et et tatouée ou plus sages mais toutes ont l’air d’attendre quelque chose dans une sorte de nonchalance et d’ennui. On peut penser parfois, dans un style plus naturel, moins scénarisé, au travail d’Erwin Olaf (Hope).

Lise, Alec et Trent disposent de pages de fan sur Facebook et pouvez être ami sur Facebook avec Erwin (que je soupçonne d’être un faux-nez français, on verra à l’usage).

Galerie Camera Obscura – Paolo Ventura – Winter Stories

Je me suis enfin décidé hier, après quelques semaines d’absence des galeries parisiennes à mettre le nez  dehors profitant d’un temps relativement clément et de l’absence de grèves, et malgré la nuit qui tombe si vite (la pyramide du Louvre à 19h hier :(

J’ai commencé ce petit tour avec la Galerie Camera Obscura (ici et 268 boulevard Raspail), un classique de qualité.

La galerie présentait jusqu’au 30 janvier 2010, c’était donc le dernier jour hier, les  images poétiques et vaguement nostalgiques de Paolo Ventura, dans une évocation presque picturale du cirque. L’atmosphère est à la fois douce, colorée et un peu brumeuse, à la fois réaliste et un brin décalée vers la fantasmagorie.

Le site web de la galerie est muet sur cet artiste mais son blog (ici) est donne des pistes de décryptage et je vous invite à le visiter, c’est très instructif et fort bien fait. Quant au prix, assez curieusement, il diffère entre celui indiqué à la galerie ( 3 400 et 5 500 euros selon la taille) et celui figurant sur le site (4 000 et  6 500 euros).

Paolo dispose également d’un site web remarquable, sobre et lisible (ici) dont est tirée l’illustration ci-dessous et vous pouvez devenir également fan sur Facebook (pour voir sa page ici), comme moi.

Autant dire que j’ai eu été enthousiasmé par cette visite et que, pour une fois, j’ai trouvé des sites web à la hauteur d’un auteur et de sa galerie, c’est assez rare pour être signalé.

Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Noorderlicht Fotogalerie

Nous revoilà à Groningen pour Noorderlicht 2009 et tout près encore de l’église de Aa, à la Noorderlicht Fotogalerie. Cette exposition fait partie du programme officiel et se déroule en un lieu semblable à une galerie des plus classique. Elle s’intitule Multivocal Histories et a pour curateur Bas Vroege, directeur de Paradox.

On peut y acheter aussi des ouvrages de photographie ainsi que le catalogue de Noorderlicht 2009.

Taco Hidde Bakker (son site web ici) montrait un projet (Grozny Memories) concernant la ville de Grozny, détruite par la guerre. Il s’agit d’affiches résultant d’agrandissements pixelisés de photos couleurs des années 50 doublées d’un texte. Andrea Stultiens (son site ici d’où est tirée l’illustration ci-dessous) montrait un travail également assez conceptuel (uganda, the kaddu Wasswa archive) avec des photos du personnage, de ses photos et aussi des facs similés de ses écrits. Pour ma part, la portée de ce travail qui m’a semblé documentaire et de peu d’intérêt, m’a échappée.

Julian Germain avait choisi de montrer le déclin de la ville sidérurgique britannique de Consett (série steelworks visible ici sur son site web). Comme Taco Hidde Bakker et Andrea Stultiens, l’artiste utilise ses photos mais aussi des photos banales tirées de la presse (locale) ou de ses archives familiales. Certains cadres sont en acier en hommage au passé siderurgique de la ville et c’est presque ce que j’ai trouvé de plus intéressant dans ce travail.

Avec Anastasia Khoroshilova (série out of context) on reste dans une approche conceptuelle de la photographie mais il me semble plus facile d’adhérer au projet. On pourra lire l’excellent article d’Olivier Vargin ici qui ne porte pas sur la série exposée (bien que réalisée en 2005, 3 ans avant l’article en question) dont les commentaires restent d’actualité. Le site d’Anastasia est également très bien fait (ici) avec quelques illustrations de la série vue à Groningen. L’exposition était plutôt saisissante puisque se tenant dans un… couloir de la galerie: sur un mur, des enfants survivants  de Beslan en soin en Allemagne en tenue de détente sur fonds de Bavière, sur l’autre mur, lui faisant face, une galerie de portraits issus du mémorial de Beslan. Assez dérangeant. Pour ceux qui auraient oubliés la tragédie, un rappel ici.

Deux autres artistes avaient retenu quant à eux d’autres supports que l’imprimé. Florian Schwarz a ainsi retenu la projection en triptyque de photos de la Russie actuelle en noir et blanc dans le genre granuleux, à la « recherche » de son grand-père dont il a découvert qu’il fut prisonnier en Russie pendant la 2de guerre mondiale. (série WOHINUNDZURÜCK visible ici sur le site de l’artiste). Tim Hetherington (série sleeping soldiers) montrait un travail que j’avais déjà vu je ne sais où mais cette fois en triptyque avec une vidéo montrant un peloton de soldats morts de trouille. C’est pas mal du tout à regarder (et c’est visible en ligne sur son site ici) !

Voilà pour le rez de chaussée.

Au sous-sol, plongé dans la pénombre on pouvait voir les travaux de Vojta Dukat et Ales Vasicek. Le 1er a filmé le départ des russes de  tchequie (91) et l’autre à dénicher des documents et réalisé des photos postérieures à l’événement. L’exposition montre donc des photos et des films mais aussi des objets (fanion des jeunes communistes, etc). Les auteurs étant mécontents du catalogue, il était possible d’apposer des tampons sur les pages litigieuses pour « recadrer leur propos ». Du coup, je me demande bien comment sont traités les ventes de catalogue par correspondance: le festival tamponne les pages ?

Quoi qu’il en soit, cette exposition était fort bien faite et du même niveau (relevé) que celle de l’église de Aa.

Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Bibliotheek

Après l’Eglise de Aa, et toujours à Groningen pour Noorderlicht, on peut aller à la bibliothèque. La bibliothèque ne fait pas partie des expositions officielles même si elle figure dans le programme et il s’avère que la plupart des exposants sont des amateurs: on y parle d’ailleurs du « Daguerre Photo Club »  (le site du club, qui existe depuis 1891,  est ici et c’est en néerlandais).

Dans ce lieu, où l’on entre sans aucune formalité, il y a le café et la bibliothèque à proprement parler, avec ses rayonnages et ses espaces de lecture.

Eli Dijkers est, seulement, un professionnel local (son site ici) même si les trois images présentes étaient saisissantes.

Avec Henk Veenstra on évolue dans le même registre  du « professionnel du coin » avec de grands tirages couleurs diasec de musiciens et de leur instrument (ce sont des musiciens hollandais pas connu en France) aux ciels trop photoshopés. Son site est ici. Avec Kitty boon enfin, on a affaire également à une professionnelle qui a de plus déjà exposé: elle affiche des prix de 250 a 1000 (format carré 1 mètre). On y voit une piscine abandonnée,  un baigneur déformé par l’eau qui bouge, des objets qui flottent pris au ras de l’eau: le point de vue le plus original sans doute. On peut voir son travail ici et .

Pour le reste, on a affaire à des amateurs plus ou moins talentueux sans site web (ou bien une page Facebook ou encore un site très, euh, amateur) ce qui complique un peu les choses.

Alfred de Groot possède aussi un site web dédié à la photographie (ici) et montrait 3 pierres tombales arrachées dans un carton de cadre noir. Assez bizarrement, ce travail très amateur contrastait avec un accrochage impressionnant de qualité attribué au même auteur, en bas, au niveau « jeunesse »:  trois photos de lapins en peluche gisant sur des attractions pour enfants, la tête pendante, de nuit. De nombreuses autres photos en couleurs montre des petits avec leur peluche, c’était assez effrayant au final.

Marco Tenback est inconnu sur le web et pourtant ses photos de statue féminine dans une cimetière en pose très libre fait s’interroger le passant sur son statut, pierre ou chair ? Absence de site web aussi pour Lianne Koster, Jan Knot (3 petites photos couleur de travaux agricoles colles sur un fond de photo noir et blanc du sol d’un champ), Riet Michel (une manif aux pays-bas),  Jen VanWijngaarden (photos « graphiques » sol craquelé, etc.il y a des compositions inspirées dans la répartition des cœurs par exemple) et Jos Grimbergen (trace de tracteurs, bof) ou Johann Felinga (quelques feuilles, beaucoup de feuilles, quelques fleurs et une plage: vues de dessus, une série amusante) ou encore Jan Dodema (petit triptyque noir et blanc d’un paysage rural sous trois angles) ou Gerd Lewis ou Frans Kolbeek ( paysages naturels sous un ciel plombé, dépôts de terre dans des milieux urbains, intriguant) ou Wim Schuitema (traces dans le sable ou la terre).

Certains ont un site inopérant comme Ina Walvis qui montrait  deux pieds sur l’herbe verte dans de petits formats se succédant comme dans un film.

Jan hendrik van der veen montrait des gens couverts de boue (vêtement, visage), seuls ou en famille ce qui laisse penser que son site est ici alors qu’on en trouve un autre également mais plus clean mais dans tous les cas, il s’agit vraisemblablement d’un amateur également. . Hilbrand Groenhof (nb de la terre labourée dont il reste que la géométrie) dispose d’un site d’un kitch inénarrable avec musique d’ascenseur en fond sonore, on ne sait s’il faut en rire ou en pleurer.

Marielou van der Hoef montrait 4 portraits tranquilles devant une fenêtre et ne possède pas de site web à part sa page Facebook (ici). Il en est de même de Hetty Oostergetel (3 photos du dépotage d’une plante, bof) avec sa page Facebook ici.

Bref, de tout cela il faut retenir que c’est une visite qui était aisément évitable.

Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Eglise de Aa (der Aa-Kerk) – Lost

Ce billet est le dernier consacré à l’exposition qui s’est déroulée dans l’église de Aa à Groningen (Pays-Bas) dans le cadre de Noorderlicht. Mais qu’on se rassure, il n’y avait pas que l’église pour voir des photographies à Groningen et il y aura donc d’autres articles dans les prochains jours sur cet événement.

Cette parie de l’exposition avait pour curateur Marc Prüst qui s’est associé pour l’occasion à VU’.

Pieter Ten Hoopen montrait des photos très sombres prises à Stockholm, des gens seuls, des vues panoramiques et des lieux urbains déserts aussi avec quelques points lumineux qui tranchent sur la nuit. Un style ultra-contemporain, froid, abstrait, presque « design ». Son site est ici.

Massimo Berruti nous entraine quant à lui, tout au contraire, au plus près de la vraie vie avec des immigrés à Rome. Le style est encore celui de VU’ (sa page dans cette agence ici) avec de petits noirs et blancs un peu flous dégageant un sentiment d’urgence. On y voit des lieux et des visages, sans misérabilisme malgré la misère de cette population et de son habitat.

Lorenzo Castore (seratonin, Pologne,  2009) nous montre une série impressionante qu’on pourrait illustrer d’un mot: décrépitude. Ewa et son frère sont âgés et vivent dans la misère dans une vieille maison délabrée qui connut son heure de gloire, on les voit, seuls ou tous les  deux, leur photo et les photos de leurs photos. Un naufrage. la page de Lorenzo chez VU’ est ici.

Arya Hyytiainen nous gratifie lui-aussi du style VU’ avec de sombres noir et blanc à gros grain de Marseille avec ses rues et ses « gueules », des portraits que l’on dirait tout droit tirés d’un film noir. Son site est par ici.

Michael Grieve délivre quant à lui un projet plus provocant (no love lost, Grande-Bretagne, 2008) et en couleurs: bordels, prostituées et clients, portraits, petits objets et traces. L’ensemble est parfois un peu flou, les gros plans nous sont épargnés mais on reste sur le fil du rasoir avec une impression plus animale que véritablement humaine: une sorte de bétail. La présentation de telles pièces dans une église ne manque pas de sel. L’accrochage était réalisé par bandes verticales de 4 photographies. Et comme le site (à voir ici) de Michael nous épargne le flash, une illustration est en tirée visible ci-dessous. Michael a aussi réalisé une série, dans la même veine, sur le Killing Kittens, un « club privé » situé dans les beaux-quartiers londoniens. Il est signaler que son site vend ses photos en ligne (de 650 à 1 000 GBP selon la taille et l’édition) ce qui est assez rare pour être mentionné. Bien entendu, entre acheter directement à un photographe et acheter des posters photos tirées à 100 exemplaires dans une boutique prétendument branchouille ou « arty », « il n’y a pas photo » comme dit l’autre.

Kosuke Okahara (Japon, 2007) montre des images encore plus dérangeantes bien que seule une scène soit explicite et que le noir et blanc nous épargne une vision sanguinolente.  Il s’agit d’une jeune japonaise, le plus souvent photographiée à proximité de son pc dont les bras sont tailladés. C’est pour le moins bizarre. L’auteur dispose d’un site (ici) mais cette série n’y est pas visible.

Noorderlicht 2009 – Groningen Photo Festival – Eglise de Aa (der Aa-Kerk) – Point of no return

A l »église de Aa à Groningen (Pays-Bas), il y avait aussi, à l’occasion de Noorderlicht, une exposition qui sentait le souffre, Point of no return. Qui l’eut cru, dans une paisible église de province dans le plat pays ?

Assez bizarrement aussi, le scandale a suscité de nombreuses réactions dans le monde anglo-saxon mais je n’en ai rien vu chez les latins et autres francophones.De quoi s’agit-il ?

Point of no return se présente sous la forme d’un mur tapissé d’images horribles (on croit être blasé mais en voyant cela on se rend compte que non) relatant un épisode du conflit israélo-palestinien, et réalisées par 11 photographes palestiniens. C’est absolument atroce à voir. Ceci dit j’ai été témoin, lors la visite, des réactions d’un groupe de collégiens: réceptivité et sensibilité nulles. Bref.

Jusque là on est tenté de dire que tout va bien: des images terribles, ce n’est pas cela qui manque, l’actualité en est riche. Admettons.

Le scandale est né de la demande de AP (Associated Press) de retirer le texte du curateur, Stuart Franklin, un ancien de Magnum. La demande a été entendue et le texte retiré à la suite de menaces de poursuites (ce que AP dément). Toujours selon le British Journal of photography, AP a été choqué de voir le texte imputer la responsabilité principale  du bain de sang à Israël (comme l’assurent semble-t-il les Nations Unies et Amnesty International).

Quoi qu’il en soit, d’aucuns ont crié à la censure tandis que AP assurait que son rôle n’était pas de relayer des opinions politiques mais de communiquer des informations. Ambiance.