Photomeetings 2009 – Université du Luxembourg

Je viens d’évoquer (ici) les expositions de Photomeetings 2009 qui se sont déroulées à la Galerie Clairefontaine. Deux autres sites étaient concernés dont l’Université, sur le Campus Limpertsberg, comme l’an dernier en 2008.

En 2009 hélas, l’exposition ne comprenait pas de cartel et du coup, bizarrement, c’était très frustrant à regarder. C’est un jeu de piste pénible avec le catalogue pour retrouver qui fait quoi car le catalogue ne présente pas les travaux par site mais distingue les travaux des étudiants de celui des intervenants car, autre nouveauté en 2009, des étudiants sont invités à montrer leur travail. En l’espèce, ils viennent  de Strasbourg, Vienne, Budapest, Brême et Luxembourg, entre autres.

Certaines séries resteront anonymes car je ne les ai pas retrouvées dans le catalogue, c’est le cas notamment de ce qui était montré à l’étage et de certaines images du rez de chaussée.

Parmi les auteurs que j’ai pu identifier péniblement et mettre en face de mes notes, il y a Matthias Muchenberger avec son cacamus communiter (Vienne), deux étudiants assis au chiottes se faisant face. Mouais. Sebastian Glombik faisait dans le moins potache avec d’émouvants portraits de personnes âgées en soins intensif (série intensiv). Paula Market (Hamburg) montrait trois portraits assez désolant d’une femme entre deux âges semblant abandonnée chez elle. Daniel Halasz (Budapest) montrait un spectacle aussi désolant: ce sont des lieux cette fois qui semblent voués à l’abandon, un peu à la marge, entre l’urbain et la campagne. Cet étudiant dispose d’un site très pro dont certains photographes qui ont quitté les bancs de l’école depuis longtemps feraient bien de prendre de la graine, c’est par ici (par contre on n’y voit pas la courte série montrée au Luxembourg).

Dans le couloir, deux séries étaient présentées dans de grands tirages plus luxueux. (il s’agit toujours d’étudiants). Une série de gros messieurs tout nus assis par terre ou sur un meuble bas, un peu comme de gros mais dignes bébés: cette série est vraiment remarquable car on ne sait si on doit en rire où si l’on doit admirer ces hommes ventripotents, sérieux et plein d’assurance. C’est un travail de Sebastian Keitel dont le site (ici) est également très pro (bien qu’encore mince) et qui montre sa série (fat) dont est tirée l’illustration ci-dessous.

Ces portraits intrigants voisinaient avec d’autres, plus inquiétants sans doute. Il s’agit de portrait de personnes âgées avec dessous un petit format de leur lieu de vie (8 x 2 photos). Cela fait penser au sort de ses proches (et au sien) et puis également à ce que j’avais je ne sais où, à savoir que plus on vieillit plus le cercle (de ses amis, de ses voyages, de son lieu de vie, etc) se resserre: ces petites chambres à la décoration proprette avec leurs quelques bibelots défraichis et les appareils médicaux discrètement dissimulés, tout cela la fin, une triste fin. Marco Warmuth a réussi là une série sensible. Son site (ici) montre la diversité de son travail (il fait aussi de la photo de mode ce qui est un peu ironique finalement car coexistent des mannequins de vingts ans et de vieilles personnes) et sa série n’est pas visible comme au Luxembourg puisqu’on ne voit pas les chambres (ce qui justement fait la force du projet…) et en plus c’est du flash donc pas d’images.

En bref – Photomeetings édition 2009, annonce des dates et du programme

Je vous ai parlé l’an passé de Photomeetings, une exposition, des conférences et des workshops se déroulant au Luxembourg sur l’impulsion de Marita Ruiter (Galerie Clairefontaine).

Du coup, je ne redirai pas tout le bien que j’en pense, pas plus que les informations pratiques (voir ce billet) mais en revanche, sachez que les dates et le contenu ont été annoncés hier: ce sera du 9 au 12 septembre 2009.

Marla Rutherford (parmi d’autres – je l’ai retenue car j’avais bien aimé son travail montré à Arles en 2008 – billet ici) animera un atelier et Christian Caujolle fera une conférence (parmi d’autres, mais lui parlera en français) sur le thème retenu, Tabou.

Je vous invite à découvrir le programme et à faire un petit saut au Luxembourg.

Lyon – Septembre de la photographie – Partie 15 – Galerie Caroline Vachet

Le septembre de la photographie à Lyon a investi une cinquantaine de sites dont la Galerie Caroline Vachet (site web ici, hélas en flash), elle aussi situé rue BurdeauL’exposition est achevée depuis le 1er novembre.

Je l’ai visitée lors de mon passage à Lyon du 9 au 11 octobre 2008.

Changement de style, après l’ennui mortel de la Galerie Mathieu, avec Caroline Vachet . C’est plus dynamique dans l’accrochage et c’est sympathique dans le discours, très enthousiaste, de cette galériste de 25 ans qui a ouvert boutique le 29 avril 2008 seulement et compterait une quinzaines d’artistes dans ses rangs. Se lancer à la veille de la crise financière et d’une crise économique sérieuse, ce n’est pas de chance alors on lui souhaite de conserver toute son énergie, elle n’en manque pas, pour trouver des talents et séduire les collectionneurs.

La galerie n’est pas dédiée à la photographie, contrairement à la galerie Le Reverbère, mais à l’art contemporain, ce qui ne l’empêche pas de présenter deux photographes à l’occasion du Septembre de la photographie.

Le premier est Pascal Blondeau qui nous montre des vues colorées de mannequins avec qui il a a vécu (des mannequins en plastique, je précise, il ne s’agit pas de tops models en chair et surtout en os) et qu’il finissait pas croire vivants. Hum. Le projet artistique ne m’a pas paru bien clair et il faut dire que des mannequins en photos cela fait des décennies que l’on en voit, c’est presque un exercice de style (regardez-donc, même chez les amateurs, sur Flickr). Les qualités esthétiques de ce travail sont réelles mais cela me paraît davantage décoratif qu’artistique mais ce n’est pas grave.

Toute autre approche avec Paula Muhr qui fait davantage dans le conceptuel. On y voyait la même série que celle que j’avais vue au Luxembourg (billet ici) dans le cadre de Photomeetings. Mais on y voyait une série sur le père de l’artiste, une sorte de contrepoint au travail sur sa mère. On ya voit donc le père (série Tata, père en serbe – Paula est née en Serbie avant de rejoindre l’Allemagne), en grand format couleur, habillé dans les tenues les plus diverses et vaguement décalées et tout cela dans le plus grand sérieux. Selon la galériste, le père de Paula a toujours accordé beaucoup d’importance à ses vêtements et lors de son divorce c’était semble-t-il encore un sujet de discussion. Peut-être l’artiste fait-elle là sa thérapie ?

La photo ci-dessous, non présentée à la galerie, est extraite de son site, ici.

100ème anniversaire de Gisèle Freud sur Métropolis sur Arte et Photomeetings

Juste pour vous dire que j’ai vu un reportage dans Métropolis hier, le magazine de la culture sur Arte, où on parlait de Gisèle Freund, qui aurait eu 100 ans cette année.

On en parle donc ici.

Cette photographe était au centre des Photometings au Luxembourg dont je vous ai parlé déjà dans trois articles ici et je vois que son organisatrice, Marita Ruitter qui dirige la galerie Clairefontaine est à l’honneur puisque c’est  grâce à sa collection qu’a été montée une exposition en Allemagne (ici). La photo ci-dessous est issue du site de la Maison WIlly Brandt (ici).

Photomeetings au Luxembourg, des photos, des workshops et des conférences (fin)

Pour ce dernier billet (les autres ici et ) consacré à Photomeetings à Luxembourg, une initiative de la Galerie Clairefontaine, je vais finir avec James Nachtwey et Joachim Ladefoged.

Le travail de Nachtwey, quand j’ai visité l’expo à Luxembourg, je ne connaissais pas mais, dans l’intervalle, je l’ai revu à la galerie Polka (voir mon billet ici). Il faut bien dire que, là encore, les conditions d’exposition font toute la différence car si j’avais été impressionné chez Polka Galerie, je ne l’avait pas été du tout auparavant, à Luxembourg. Le sujet traité, en format plus réduit (sans doute cela joue-t-il aussi), était le 11 septembre, un sujet qui pourtant se prêtait bien à l’approche dramatique de Nachtwey. Dernier point peut-être, le travail présenté ne comptait que bien peu de figures humaines; ce qui désincarnait le drame. Bref. Pas extraordinaire. Ladefoged montrait quand à lui un travail extraordinaire (compter 4 à 6 000 €)  tiré de sa série « mirror ». A l’Université, les tirages géants étaient accrochés par des œillets. On y voit des culturistes noircis, muscles tendus, très impressionnants, comme statufiés.Le numéro qu’ils portent m’a fait penser à une étiquette dans un rayon (de jouets ?) : des sortes de GI Jo ou de Ken.

Cela fait penser, toutes proportions gardées à ce que j’avais vu à Arles à l’espace SFR (mon billet ici) avec le travail de Benjamin Roi. Dans les deux cas, le culte du corps conduit à un résultat assez effrayant à mon goût : une sorte de réification du corps sans compter son vieillissement prématuré dans un cas par le recours à des exercices contre-nature et dans l’autre par une exposition anormale au soleil.

Photomeetings au Luxembourg, des photos, des workshops et des conférences (suite)

J’avais promis ici (c’est un billet « pratico-pratique ») de revenir sur Photomeetings, manifestation tenue à Luxembourg à laquelle je me suis rendue et qui s’est achevée le 13 septembre dernier. L’occasion d’en reparler m’en est donnée en revoyant avant-hier, à Lyon, lors du Septembre de la photographie (leur site : ), le travail de Paula Muhr, chez Caroline Vachet (son site: ici). De l’un et de l’autre je vous reparlerai bientôt.  Le travail de Gisèle Freund m’a laissé de marbre, étant peu versé dans la célébration de nos chers disparus et étant allergique à la photographie de célébrités (voir mon billet arlésien traitant entre autre de Paul Fracchetti). Était néanmoins visible, pour ceux qui apprécient, son travail de portraitiste appliqué à Sartre et Cocteau, parmi ceux que j’ai pu reconnaitre. J’ai eu la même impression pour le travail de René Burri et d’ailleurs, les cartels étant presque inexistant à l’Université, il était bien possible de les confondre. Herlinde Koelbl présentait de nombreux diptyques « chaussure de femme » / « élément de décor » dont la valeur décorative et la fraicheur l’emportent, à mon sens, sur des prétentions artistiques éventuelles.

C’est un travail un peu surprenant venant d’une artiste à la carrière déjà accomplie (elle est née en 1939) et « sérieuse » : elle a remporté le Prix Erich Salomon en 2001 pour l’ensemble de son travail et voit son ouvrage « Portraits juifs » porté au théâtre en 2007. Autant dire que la dame ne fait généralement  pas dans le léger. Plus intéressant, à mon sens, est son travail sur la chevelure (pourquoi pas ?), publié dans un livre intitulé « Hair » (que vous pouvez acheter ). Un travail très graphique et fluide, pour les femmes, où les cheveux paraissent comme des vêtements ou des personnages, selon les cas.

Un travail plus tranché, pour les hommes, puisqu’on y voit une chevelure hirsute mais aussi une chevelure dans diverses étapes menant à sa disparation pour cause de rasage. Jessica Backhaus montrait sa série « what still remains ». Je n’ai pas vu d’unité dans ce travail, hormis le caractère volontairement banal des « petites choses » photographiées en petit format couleur. On peine à rentrer dans le sujet en dépit de l’abondance des photos et pour ma part je n’ai pas vraiment ressenti grand chose en voyant cela. Alors, si l’ensemble ne produit guère d’effet, que dire de chaque photo prise isolément… Peut-être un livre aurait-il mieux servi ce travail. Il fait dire que l’exposition, dans un long couloir de la fac, n’était pas très favorable avec beaucoup de reflets…. et un éclairage soumis à une minuterie. Paula Muhr faisait preuve d’une démarche moins photographique et plus artistique en confrontant les photos de sa mère dans sa jeunesse et celle-ci rejouant la même scène de nos jours, le tout commenté par celle-ci. Un travail assez troublant sur l’identité et le temps qui passe. Une mise à nu aussi dans ce travail extrêmement personnel, intimiste auquel le petit format rend justice.

Les photos ci-dessus ont été prises par mes soins et les reflets sont dus aux conditions d’exposition. Les photos floues sont en revanche floues à l’origine. Je vous raconterai la suite dans un prochain billet.

Photomeetings au Luxembourg, des photos, des workshops et des conférences

La semaine prochaine, je finirais de vous raconter mon expérience à Arles, aux rencontres internationales de la photographie, et je vous dirai deux mots aussi de ma visite à photomeetings au Luxembourg, un événement qui se tenait sur trois jours et s’est terminé samedi dernier, 13 septembre.

Photomeetings est monté par la Galerie Clairefontaine, sise place Clairefontaine et aussi à 50 mètres de là, rue Saint Esprit, dans la vieille ville de Luxembourg. La cheville ouvrière est Marita Ruiter, la directrice polyglotte de la galerie, docteur en histoire de l’Art, et son équipe, sympathique et disponible.

Et comme Marita a fait sa thèse sur Gisèle Freund et que c’est le centenaire de sa naissance, du coup, c’était « spécial Gisèle Freund ». Pour ma part je ne suis pas très fan et je ne suis donc pas allé aux conférences (souvent en allemand en prime). Ce n’est pas très grave car quand on ne connaît pas une ville on y perd pas mal de temps et du coup je n’aurais pas pu y aller.

Il y a un bon article sur Photomeetings ici.

Pour aller au Luxembourg, le TGV s’impose, sauf quand on est radin comme moi, auquel cas on fait Paris-Metz en TGV et le reste en TER, qui en région Lorraine, sont flambants neufs, tout beaux et tout propres comme on ne saurait même en rêver en région parisienne. Pour le coup, avec le changement à Metz c’est assez long (2H40). A Metz, vous pourrez admirer la gare, qui est singulière (bâtie au début du XXème siècle, sous occupation allemande, dans le style néo-roman rhénan) et aller juste en face dans la boulangerie sympathique qui vend de délicieux croissants et pains au chocolat ainsi que des spécialités locales (je n’en ai pas acheté cette fois-ci).

Arrivé au Luxembourg, vous pourrez vous rendre à pied à la Galerie Clairefontaine : remonter l’avenue de la gare, franchir le viaduc puis poursuivre 50 mètres sur l’avenue Roosevelt et prendre une ruelle à droite, la rue de la Congrégation. Pour trouver l’avenue de la gare, en sortant de la gare c’est à droite et là, deux avenues divergent : celle de la gare à droite et celle de la liberté à gauche.

L’autre site est l’Université et plus spécialement le bâtiment des sciences. Pour s’y rendre, prendre le bus (ligne n°3) sur l’avenue de la liberté à environ 200 mètres (l’arrêt est à droite peu après la place de Paris). Il y a un bus toutes les 10 minutes environ. Ceci dit le réseau se transforme dès le 15 septembre donc en 2009 je ne sais pas si ce sera pareil. Une fois arrivé au terminus, l’université est à 50 mètres. Le bus fait demi-tour et est prêt à repartir dans le centre-ville : il suffit de prendre tout de suite à droite la petite rue et c’est ensuite dans le tournant à droite que se trouve l’entrée. La bâtiment des sciences est fléché. J’ai fait, sous la pluie, la photo de droite du bâtiment et, à gauche, il faut chercher le pendule de Foucault dans l’image (je vous assure qu’il y est, c’est le jeu-concours du jour).

Pour manger, pas de souci : il y a quantité de petits endroits pour déjeuner et un restaurant gastronomique, le Clairefontaine, (17 dans le Gault et Millau) est juste à côté de la galerie (51 EUR minimum, 78 EUR conseillé). Pour ma part je suis allé dans une pizzéria et ce n’est pas donné pour ce que c’est : 9,30 EUR la calzone sans œuf ni tomates ! Bref. En gros, je casserai ma tirelire la fois prochaine.

On m’a dit sur place qu’il pleuvait 250 jours par an : samedi ne faisait pas exception donc munissez-vous d’un BON parapluie et d’un coupe-vent car en plus il ne fait vraiment pas chaud (13° au mieux samedi).

Sur place, tout le monde comprend le français (c’est la langue de la loi) et toutes les indications sont au moins dans cette langue même si beaucoup de luxembourgeois parlent entre eux la langue du cru (à savoir, le luxembourgeois), qui n’est pas l’allemand standard.