Polka Galerie – Gronski et Cauchetier

Polka Galerie, voila un bon moment que je n’y étais pas allé et c’est l’exposition Gronski et Cauchetier qui sert de prétexte pour y retourner. Comme d’habitude, quelques reliquats d’autres exposition figurent ici et là (Erwitt, Donata Wenders, Klein) mais c’est bien le binôme (pour l’occasion) précité qui occupe l’essentiel de l’espace à commencer par Gronski dans la salle qui marque l’entrée de la galerie. Alexandre Gronski c’est bien et c’est beau: une photographie de grande taille en couleurs claires pour des paysages chinois étranges marqués par une modernité écrasante, toute de béton et presque surréelle, ornés de quelques humains minuscules et traditionnels. Une série mountains and waters à ne pas rater, assurément.

Avec Raymond cauchetier on revient à une époque que je n’ai pas connue, celle du cinéma noir et blanc des années 60, époque lointaine mais constamment réactualisée et en pleine actualité en ce moment. La coupe garçonne de Jean Seberg dans les photos de Cauchetier ne manque pas d’évoquer celle, à la même époque de Twiggy que j’avais vu exposée il y a deux ans à la National Portrait Gallery, coupe également reprises par les jeunes stars féminines du moment (Emma Watson, Keira Knightley et Nathalie Portman en tête). Comme si cela ne suffisait pas, même Arte s’y est met aussi avec un retour sur la Nouvelle Vague. Bref, comme d’habitude Polka joue intelligemment avec l’actu et livre là une exposition fraiche et délurée. Pour autant, si Cauchetier a été photographe de plateau et propose même  des tirages « hors plateau », il ne faut par le cantonner à un seul genre et on découvre aussi ses images indochinoises, aussi bien paisibles, presque immémoriales, que sous le feu des combats.

C’est jusqu’au 3 mars 2012.

Polka – Liberté. Égalité. Féminité.

Polka (12, rue Saint-Gilles) expose jusqu’au 21 mai (ah, cette fois, l’exposition n’est pas encore terminée) sur le thème Liberté. Égalité. Féminité (ça tombe bien, la journée de la femme c’était le 8 mars).

La 1ère salle montre d’honnêtes images faites par la femme de Wim Wenders (Donata), honnêtes mais un peu éparpillées: on ne voit pas bien le fil directeur ni en matière de sujet ni en matière de style. Après on traverse la cour pour rejoindre la 2ème salle (ré-aménagée) et la 3ème au sous-sol.

On voit ainsi d’abord les étonnantes images de Martha Camarillo qui nous montres des noirs américains sur des chevaux en pleine ville (à Philadelphia), une forme d’insertion surprenante qui vaut le coup d’être vue.

Au sous-sol, on voit le travail de Marc Montméat repéré dans le concours SFR (billet ici) qui poursuit dans sa ligne de solitudes avec des hommes tout petits comme perdus dans un grand décor, parfois même c’est leur ombre qui devient le personnage central. A côté, la figure de proue de la galerie, une fois encore, Riboud, avec cette fois des grands formats de femmes, ravissants certes mais j’ai préféré les petits diptyques, plus datés, plus intrigants aussi.

C’est une exposition à voir, comme d’habitude.

Samedi 22 mai 2010 – Que de ratés :(

il y a des jours comme ça… Hier samedi, profitant du beau temps et muni de mon bel agenda des expositions photos réalisé par Le Photoculteur je me suis cassé le nez chez Magda Danysz car j’avais noté que l’expo durait jusqu’au 22 alors que ce n’était jusqu’au 15. Arrivé chez Polka j’ai oublié de visiter le sous-sol. Chez Anne Barrault je m’étais aussi trompé d’expo, de même que chez Christophe Gaillard (eh oui, Naar c’est pas chez lui, c’est chez Olivier Robert).

Il est temps de prendre des vacances.

Pour couronner le tout, la galerie VivoEquidem était fermée mais là c’est leur faute car nulle part ne figurent les jours et horaires d’ouverture, ni sur le site web ni sur la porte de la galerie. C’est pas très sérieux.

bref.

Polka Galerie – Action!

Petite visite avant-hier dans un lieu “sûr” et bien connu, Polka galerie (ici et Cour de Venise, 12 rue Saint Gilles), dans une après-midi un peu décevante (ah tiens, j’ai recopié le début d’un autre billet ;)

Dans mon empressement, j’en ai oublié de visiter le sous-sol mais l’exposition est prolongée jusqu’au 5 juin ce qui laisse l’occasion d’y retourner (éventuellement).

Dans le 1er espace d’exposition on voit accrochés ensemble Jodi Bieber (son site ici) et Jürgen Schadeberg. Le 1er avec notamment un grand tirage couleur d’une jeune danseuse et le second avec de moyens formats noir et blanc des années 70 à 90 (pas mal de portraits); tous les deux situent l’action en Afrique du Sud et se consacrent à la réalité noire. Pour ma part je connaissais surtout, de Bieber, sa série real beauties, plusieurs fois récompensée je crois.

Dans l’autre espace, on change de monde avec André S. Solidor et une série de grand formats couleur humoristiques. Elliott Erwitt (qu’on voit beaucoup, trop ?), en choisissant de se déguiser derrière ce patronyme, tombe dans la facilité un peu lourde: on quitte le clin d’œil complice qui caractérise son travail pour tomber dans le beauf photographique. Peut-être, est-ce du second degré, peut-être pas. Quoi qu’il en soit, les acheteurs éventuels apprécieront la farce (ou pas).

Deux autres séries noir et blanc étaient accrochées mais carrément dans l’espace bureau de Polka ce qui n’est guère commode, du coup je n’ai pas allongé le cou.

J’y retournerais peut-être la semaine prochaine pour voir la suite au sous-sol puisque, a priori, pas moins de 9 autres auteurs y exposent.

Affaire à suivre.

Maison européenne de la photographie (MEP) – Eliott Erwitt

La MEP (ici et 5 rue de Fourcy) dont j’ai déjà parlé à maintes reprises, et pas qu’en bien (le dernier billet, ici), remonte un peu dans mon estime avec son accrochage de début d’année qui met en bonne place Eliott Erwitt, un photographe dont j’ai déjà dit deux mots aussi car régulièrement exposé chez Polka (le 1er billet ici). Une interview

Je me suis donc rendu dimanche dernier à la MEP pour terminer une visite commencée la veille, un peu tard, et, en fin de compte voir le travail d’Eliott Erwitt. J’y suis allé le matin car lors de l’après-midi qui précédait il y avait une file d’attente monumentale. Et bien même un dimanche matin il y avait la queue. Je dois avouer par contre que c’est toujours jouissif que de doubler tout le monde avec le laissez-passer…

Quoi qu’il soit, on revoit dans cette exposition quelques grands classiques d‘Eliott Erwitt (la femme et le bandit manchot, la course entre le train à vapeur et la voiture, etc)  mais, pour mon plus grand bonheur, la MEP ne nous gratifie pas de trop de photos de chiens, ce qui aurait été un peu facile, et beaucoup de photos étaient pour moi des découvertes. Tout un étage est ainsi réservé à Erwitt et toutes les photos sont en noir et blanc à l’exception d’une seule, consacrée au public tentant de photographier Obama.

Erwitt est connu pour ses images amusantes mais j’ai bien plus apprécié ses photos clins d’œil et davantage encore celles qui témoignent d’une réelle sensibilité ou d’un art consommé de la composition voir qui témoignent, simplement, d’une époque révolue. Erwitt dispose d’un site web (ici) un brin austère mais où défilent ses travaux, dont une bonne partie visible à la MEP (l’expo est gigantesque) et chez Magnum (ici) vous accédez à 3 000 photos d’Erwitt.

Si vous ne connaissez pas Erwitt, c’est le moment de découvrir et si vous connaissez, passez une tête quand même (c’est mieux en vrai que sur le web et la collection est de taille) mais, attention, choisissez un moment un peu creux car il y a foule. Et puis surtout, ne faites pas comme les veaux qui foncent tête baissée au 3ème étage et négligent tout le reste: soyez un peu malin, sortez des sentiers battus dictés par la presse et visitez les autres salles !

Polka galerie – United colors

Petite visite avant-hier dans un lieu « sûr » et bien connu, Polka galerie (ici et Cour de Venise, 12 rue Saint Gilles), dans une après-midi un peu décevante.

Avec Polka, on accède à une galerie de qualité (refait à neuf, propre et net), d’un accueil de qualité (pas d’interphone ou de lourde porte, personnel toujours poli et souriant) et d’auteurs de qualité. La pricelist est bien visible et des exemplaires photocopiés sont à disposition; une vitrine propose des livres et bien sûr la revue éponyme. Bref, c’est pro.

Il y a toutefois quelque chose qui me pose difficulté c’est le manque de cohérence de l’ensemble qui se double d’un saupoudrage d’œuvres pas toujours clairement identifiables. En cela, Polka gère, comme un éditeur, un fonds d’auteurs à qui il assure en permanence ou presque un minimum de visibilité contrairement aux galeries pur sucre qui n’expose qu’un artiste à la fois (à part de rares expositions collectives). Cela n’interdit pas en tout cas d’avoir des cartels précis et ce d’autant qu’à ses débuts Polka racontait de vraies histoires (un peu longue il est vrai) à côté des photos: on est tombé du coup d’un excès à l’autre.

La 1ère salle montrait le travail de Françoise Huguier sous un jour étonnant pour qui connait son travail montré à Arles sur les komunalka (billet énervé ici) puisqu’il s’agit de photos plus « mode » (komunalka est néanmoins montré). En passant, la sélection de photos, sensiblement moins voyeuriste et complaisante qu’à Arles, et l’absence de mise en scène, m’ont fait réviser mon point de vue sur komunalka.

La 2ème salle regroupait les travaux les plus divers. Au rez de chaussée, Marc Riboud occupait l’essentiel de l’espace avec des tirages des années 50 à 70 consacrées au proche et moyen orient. Toujours au même niveau, on pouvait voir trois photos de Roxane B., des peintures sur photos, très épurées, consacrées aux femmes afghanes. Roxane B. avait été remarquée pour des diptyques juxtaposant des jeunes femmes en tenue traditionnelle et tenue occidentale. Kosuke Okahara disposait d’un plus d’espace mais lui ne figurait pas sur la liste des exposants sur le site web: ceci dit ce n’est pas grave car ce  jeune homme bénéficie de pas mal de visibilité déjà avec l’Agence VU’ (on l’avait déjà vu à Groningen – billet ici). la série présentée, des sous-bois hantés d’un timide silhouette humaine méritaient une explication du contexte, hélas absente. C’est chez VU’ qu’on nous explique qu’il s’agit de villages de lépreux abandonnés en Chine.

C’est au sous-sol de cet espace que se serraient le plus de photographes, dont le fonds, dont n’allons pas reparler (Levitas, etc). Parmi les petits nouveaux on a Julio Bittencourt qui nous attendait juste en bas de l’escalier et dont le site web vaut mille discours (ici). Lui ce n’est pas à Groningen que je l’ai vu mais en me renseignant sur Photoquai (que je n’ai pas visité – billet ici) où il exposait (illustration tirée d’un papier du Figaro).

On reste au Brésil avec Carlos Cazalis (ici) dépeignait Sao Paulo tandis qu’en contrepoint la vie sauvage était illustrée avec Bruno Calendini (ici) et ses portraits d’animaux d’Afrique et Xavier Desmier avec ses pingouins en petit format.

Il ne me semble pas avoir vu le travail d’Alexandra Boulat, photo-journaliste au talent internationalement reconnu morte précocement en 2007 et annoncée surle site web (elle ne figure pas davantage sur la pricelist). Même absence pour Diane Grimonet (ici et que nous avions déjà vue – billet ici). Quant à Tomasz Gudzowaty (ici), également annoncé sur le web, je n’ai pas non plus souvenir d’avoir vu son travail hier chez Polka mais par contre je l’avais déjà vu à Arles (billet ici). Même chose pour Lizzie Sadin (son site ici) et Zohreh Soleimani (son site ici). Je sais bien que j’ai eu une panne de smartphone mais bon, si ces cinq là étaient réellement exposés, il faudra que je m’interroge sur ma mémoire.

Quelques idées de prix (minimum) en euros et à titre indicatif en ne perdant pas de vue qu’on mélange de la sorte des tirages uniques, des éditions plus ou moins longues (ça monte à 29 ce qui est excessif à mon goût) et des formats très divers: 1 600 pour Françoise Huguier, 1 550 pour Marc Riboud, 1 500 pour Roxane B. , Julio Bittencourt et Tomasz Gudzowaty, 1 350 pour Bruno Calendini, 1 200 pour Kosuke Okahara, 1 100 pour Lizzie Sadin, 800 pour Carlos Cazalis, 175 pour Xavier Desmier.

Polka – Naundorff, Pellegrin, Poveda, Abbas, etc

La galerie Polka (associée à la revue du même nom), dont j’ai déjà parlé ici à plusieurs reprises, fait partie des destinations à ne pas rater à Paris quand on s’intéresse à la photographie. Les illustrations proviennent du site Lesphotographes.com qui a fait un reportage remarquable sur Polka (ici).

La galerie a récemment emménagé dans de nouveaux locaux (Cour de Venise, 12 rue Saint Gilles) fraichement rénovés et un peu plus accessibles et visibles. L’accueil y est toujours décontracté, ce qui est bien agréable.

On trouvait mis à l’honneur, pour cette exposition baptisée Droit dans les yeux, actualité tragique oblige, le travail de Christian Poveda sur les clans, au Salvador, largement commenté, sur lequel je ne m’attarderais pas. A voir aussi, le travail de Pellegrin et de Abbas (sur l’Iran, forcément, et actualité oblige – tant politique qu’artistique puisque l’Iran est l’invité de ParisPhoto). Mickaël Bougouin explorait également la veine iranienne par un reportage sur les plages iraniennes où hommes et femmes se côtoient « plus ou moins ». Prashant Panjiar montrait de petits noir et blancs de la vie indienne. On se demandait bien ce que venait faire là-dedans les photographies de chevaux en couleur de Hans Silvester.

A côté de ce programme essentiellement documentaire, classique et noir et blanc, centré sur l’actualité et le monde non-occidental, on voyait le travail plus coloré et plus joyeux de Cathleen Naundorf (site ici) dans le domaine de la photographie de mode (des agrandissements de Polaroïds) et Steven Siewert qui montre un reportage sur la 50′ fair qui regroupe des fans des années 50 à Sidney.

Quelques auteurs du fond Polka étaient également visibles en nombre plus réduit comme Shahidul Alam, William Klein, Elliott Erwitt (le fameux train), Marc Riboud et Ethan Levitas.

Et alors combien coûtent ces travaux me direz-vous ? Hélas, la galerie ne fait pas figurer les prix sur son site web mais on les trouve sur place. Les prix commencent à 200-250 euros pour de petits noirs et blancs de Alam ou Bougouin (tirages resp. 20 et 25) jusqu’à près de 10 000 euros pour un grand format de Pellegrin (ed° 3). Siewert est à 800 ou 2 000 selon le format et le tirage (resp. 40×60 ed°10 ou 80×120 ed° 5) et Naundorf commence à 1 500 mais s’envole jusqu’à 4 500 euros au fur et à mesure de l’épuisement de la série (ed° 10).

C’est jusqu’au 7 novembre 2009 et vous pouvez y aller sans risquer de perdre votre temps.