Rencontres d’Arles – Au coeur du Off – Les hôtels

Dans le cadre du Off des Rencontres d’Arles, on a déjà évoqué une expo se déroulant dans un hôtel à l’occasion d’une revue des galeries présentes mais ce n’est pas tout.

Je passe sur l’expo de l’Hôtel de la Muette (15 rue des Suisses) qui ne ressemble à rien: cela s’intitulait, dans le dépliant, le « Chapeau dans le monde, 22ème salon international d’art photographique » et on voit quelques malheureuses photo amateur de types un verre à la main. A oublier. Je passe aussi sur Vincent Guis (série Shooting Barbie) à l’Hôtel Rhodania tant les séries sur Barbie sont nombreuses, c’est presque un exercice de style que pourrait financer le fabricant.

L’Hôtel de amphithéâtre (5 rue diderot, après 14h) montre quatre auteurs et la sélection est de qualité même si on reste un peu sur sa faim avec François Burgun (ici) car il s’agit de trois diaporamas sur de tout petits écrans LCD (séries exempté, face à la mer et une série sur New York). Frank Boulanger (ici) nous livre une typologie de barbus en petits formats et Vincent Mallea (série fueria) montre également une certaine attirance pour les hommes virils avec des scènes vaguement mythologiques mettant en scène des éphèbes musclés : il s’agit de montages photos marouflés et vernis qui donnent ainsi l’illusion d’un tableau et le rendu est stupéfiant (son site, périmé, est ici). On termine avec une esthétique plus classique et un changement de génération avec Yvette Troispoux (morte en 2007 à 93 ans) et ses petits noir et blanc de scènes de Paris et ses portraits de photographes.

L’Hôtel nord pinus ne montre pas une exposition à proprement parler mais plutôt quelques pièces de grands photographes (Dominique Isserman, Peter Beard, Peter Lindbergh pour un extrait de sa série sur Beauduc exposée à Arles l’an passé) et une une série de Harry Gruyaert (rivages) qui est moins connu mais membre de Magnum (l’illustration ci-dessous fait le couverture de son livre, Rivages).

L’Hôtel du forum invitait le Museo Ken Damy de Brescia (leur site ici) qui présentait un elogio della bellezza (éloge de la beauté) avec un pot-pourri de photographies de femmes réalisées par les plus grands noms (Robert Mapplethorpe, Peter Beard, Bill Brandt, Joel Witkin, Desiree Dolron, Flor Garduno, Helmut Newton, Irina Ionesco, Mario Cravo Neto, Saudek, Betttina Rheims). Il s’agit parfois de vintages, parfois de copies numériques. Une salle contenait aussi un grand nombre de livres et la revue éditée par le musée (photonews – 4 euros). Mais en fin de compte, je me suis demandé si le musée vendait ou pas, sachant qu’il y avait quand même deux filles du musée qui assuraient la présence. Quoi qu’il en soit, l’expo était un beau condensé.

Mois de la photographie à Paris – 24 – Galerie Jérôme de Noirmont – Valérie Belin

Dans le cadre du Mois de la photographie qui, décidément, dure un très gros mois, la Galerie Jérôme de Noirmont (ici) montre jusqu’au 31 janvier 2009 les œuvres de Valérie Belin.

La galerie occupe un emplacement de prestige située avenue Matignon et compte de grands noms, outre Valérie Belin. Le  dernier accrochage consacré à un artiste photographe était celui de Bettina Rheims dont on fêtait l’anniversaire le 17 décembre (mon billet ici) et qui valait le déplacement. La galerie compte aussi Pierre et Gilles et Shirin Neshat pour ne citer que des photographes. Et si vous avez quelques millions de dollars, la galerie représente Jeff Koons, pas moins. Quel dommage de ne pas être fortuné, parfois, pour pouvoir admirer à sa guise de telles pièces dans un triplex rue Montaigne…

Fort heureusement, et là j’ouvre une parenthèse comme on dit, les galeries sont ouvertes au public et, bien que visant une clientèle disons, choisie, cette galerie là est tout en transparence si bien que les passants en profitent et la porte est toujours ouverte si bien que les curieux ne sont pas découragés. Remarquez, je pense que tout le monde peut laisser sa porte ouverte avenue Matignon, ce ne sont pas les forces de Police qui manquent. Ceci dit, l’esprit d’ouverture est quand même à souligner alors qu’un tel galériste pourrait confortablement se cacher dans un hôtel particulier et recevoir sur rendez-vous. Bien des galeries ô combien plus modestes seraient bien inspirées d’en prendre de la graine. Fin de la parenthèse.

Valérie Belin nous montre des bouquets, une danseuse et un magicien (ou un joueur de cartes). Les photos, en noir et blanc, sont peu abondantes car elles sont très grandes (162 x 130 cm) mais occupent parfaitement l’espace. L’éclairage est remarquable. Ici, on ne fait pas dans l’approximatif. Les photographies sont en noir et blanc, enfin, surtout en noirs en fin de compte car, si les éclairages du sujet sont particulièrement recherchés, il n’en reste pas moins qu’on est surtout dans la nuance des noirs qui apparaissent diversement selon la texture des différents vêtements, des cheveux et même de la peau.

Ce sont surtout les portraits qui m’ont impressionné tellement tout cela est travaillé.

Avec Valérie Belin, c’est le mariage réussi de Studio Harcourt et de Pierre Soulagès. Du noir et de la lumière.


C’est évidemment une exposition à ne rater sous aucun prétexte : vous avez jusqu’au 31 janvier 2009, c’est à Paris, métro Miromesnil (à 50 mètres de la station) et c’est gratuit.

Anniversaire – Bettina RHEIMS (18 décembre 1952)

Aujourd’hui 18 décembre 2008, Bettina RHEIMS a 56 ans.

Bettina RHEIMS est né le 18 décembre 1952 à Paris. Fille de l’académicien Maurice RHEIMS, a été mannequin puis galériste avant d’être photographe, depuis 1978. Elle travaille pour la mode et la publicité ainsi que pour des magazines comme Marie-Claire ou Vogue. En 1984, elle se voit confiée par Sygma des portraits de personnalités et, dans ce registre, on lui en doit, en 1995 la photographie officielle de Jacques Chirac et, en 2007, un reportage sur Nicolas Sarkozy pour Paris Match. Bettina RHEIMS poursuit un travail axé sur les femmes, souvent  jeunes et belles et un peu provocantes. En 1989, elle publie Female Trouble, qui regroupe ses travaux sur les femmes. Sa dernière série, Just like a woman, montre des jeunes femmes entre orgasme et souffrance, en grand format couleur (ci-dessous).  Elle expose régulièrement depuis 1981 et a publié de nombreux ouvrages. Une exposition rétrospective a été consacrée à son travail dès 1987 à l’Espace photographique de la Ville de Paris.