Polka – Liberté. Égalité. Féminité.

Polka (12, rue Saint-Gilles) expose jusqu’au 21 mai (ah, cette fois, l’exposition n’est pas encore terminée) sur le thème Liberté. Égalité. Féminité (ça tombe bien, la journée de la femme c’était le 8 mars).

La 1ère salle montre d’honnêtes images faites par la femme de Wim Wenders (Donata), honnêtes mais un peu éparpillées: on ne voit pas bien le fil directeur ni en matière de sujet ni en matière de style. Après on traverse la cour pour rejoindre la 2ème salle (ré-aménagée) et la 3ème au sous-sol.

On voit ainsi d’abord les étonnantes images de Martha Camarillo qui nous montres des noirs américains sur des chevaux en pleine ville (à Philadelphia), une forme d’insertion surprenante qui vaut le coup d’être vue.

Au sous-sol, on voit le travail de Marc Montméat repéré dans le concours SFR (billet ici) qui poursuit dans sa ligne de solitudes avec des hommes tout petits comme perdus dans un grand décor, parfois même c’est leur ombre qui devient le personnage central. A côté, la figure de proue de la galerie, une fois encore, Riboud, avec cette fois des grands formats de femmes, ravissants certes mais j’ai préféré les petits diptyques, plus datés, plus intrigants aussi.

C’est une exposition à voir, comme d’habitude.

MEP – 4ème saison 2010 – 2011 – Autour de l’extrême, Riboud et Bovo

Samedi dernier marquait la fin de la période d’hibernation, malgré un froid piquant et c’est à la MEP que je me rendis pour l’avant-dernier jour de l’exposition de clôture de 2010 qui marquait aussi le début de la saison 2011. C’était aussi l’occasion de renouveler mon abonnement.

Je n’ai pas été déçu. Je passe rapidement sur l’abécédaire de Riboud, plutôt destiné me semble-t-il à un jeune public (des visites pour enfants étaient d’ailleurs organisées). Pour la petite histoire, Riboud était présent pour une courte interview.

Tout au fond se trouvaient 23 photographes de Paris Match réunis à l’occasion d’un prix avec souvent des images saisissantes et particulièrement atroces. Heureusement, deux vaches paissant paisiblement donnaient un peu d’air. Le lauréat est Olivier Laban-Mattei pour un inévitable reportage sur Haiti avec cadavres à gogo et du coup il avait le droit d’exposer plus d’une photographie, le veinard.

Entre deux portes, l’Afd présentait James Iroha Uchechukwu.

Passons au sous-sol pour retrouver l’une des expositions majeures, celle consacrée au travail de Marie Bovo que j’avais découvert en 2009 à ArtBrussels (billet ici). La première salle montre des cours intérieures à Marseille vu par en dessous avec donc le carré du ciel encadré sur quatre face par les immeubles. Ensuite c’est la série Grisaille qui porte cette fois sur de gris plafonds  décrépis et on termine avec Bab el-Louk, des toits cairotes vus aux heures successives du jour. Tout cela n’est pas transcendant tout de même.

La Grosse Exposition se situe sur les deux niveaux supérieurs, c’est « Autour de l’extrême » avec de très nombreux photographes: 25/34 Photographes, Ansel Adams, Claude Alexandre, Manuel Alvarez Bravo, Claudia Andujar, Diane Arbus, Neil Amstrong, Richard Avedon, Roger Ballen, Martine Barrat, Gabriele Basilico, Jean-François Bauret, Valérie Belin, Rosella Bellusci, Philip Blenkinsop, Rodrigo Braga, Bill Brandt, George Robert Caron, Henri Cartier-Bresson, Jean-Philippe Charbonnier, Martial Cherrier, Larry Clark, Raphaël Dallaporta, Bruce Davidson, Jean Depara, Raymond Depardon, Philip-Lorca diCorcia, Doctor T, George Dureau, Gilles Ehrmann, Fouad Elkoury, Touhami Ennadre, Elliott Erwitt, Bernard Faucon, Alberto Ferreira, Giorgia Fiorio, Robert Frank, Mario Giacomelli, Nan Goldin, Gotscho, Emmet Gowin, Seymour Jacobs, Claudia Jaguaribe, Michel Journiac, Jürgen Klauke, Les Krims, Oumar Ly, Robert Mapplethorpe, Don McCullin, Duane Michals, Pierre Molinier, Vik Muniz, Ikko Narahara, David Nebreda, Helmut Newton, Pierre Notte, ORLAN, Martin Parr, Irving Penn, Pierre & Gilles, Tony Ray-Jones, Rogerio Reis, Bettina Rheims, Marc Riboud, Miguel Rio Branco, Sebastiao Salgado, Andres Serrano, Cindy Sherman, Jeanloup Sieff, Christine Spengler, Shomei Tomatsu, Pierre Verger, Alain Volut, Weegee, Edward Weston, Joel-Peter Witkin, Bernard-Pierre Wolff.

Pour ma part, j’ai surtout retenu les grands classiques présentés sur le 1er niveau: les tops nus /habillés de Avedon, Marilyn par Avedon, le nu de Weston, YSL nu par Sieff. En fait, pour quelqu’un qui souhaite s’initier à la photographie comme Art, cette exposition et spécialement le 1er étage constitue un condensé d’histoire de photographie contemporaine. Toujours dans cette 1ère salle, on voit des pièces moins connues comme les punks de Meursault et Muller (25/34 photographers), les amputés de Georges Dureau shootés comme des stars. La 2ème salle de cet étage montre moins de classiques mais on reconnait quand même les jumeaux crétins de Ballen, une série de Parr (The Last resort: photographs of New Brighton) et les lavabos de Erwitt (white only).

Au dernier étage j’ai surtout retenu Nan Goldin, Serrano, le manifestant tué de Alvarez Bravo, Molinier et Journiac bien sûr ainsi que la série de Belin sur les sosies de Jackson.

Enfin, tout cela pour dire que c’était une exposition fort réussie, peut-être la meilleure de l’année 2010. La prochaine démarre dès le 9 février et me semble moins exaltante.

Polka galerie – United colors

Petite visite avant-hier dans un lieu « sûr » et bien connu, Polka galerie (ici et Cour de Venise, 12 rue Saint Gilles), dans une après-midi un peu décevante.

Avec Polka, on accède à une galerie de qualité (refait à neuf, propre et net), d’un accueil de qualité (pas d’interphone ou de lourde porte, personnel toujours poli et souriant) et d’auteurs de qualité. La pricelist est bien visible et des exemplaires photocopiés sont à disposition; une vitrine propose des livres et bien sûr la revue éponyme. Bref, c’est pro.

Il y a toutefois quelque chose qui me pose difficulté c’est le manque de cohérence de l’ensemble qui se double d’un saupoudrage d’œuvres pas toujours clairement identifiables. En cela, Polka gère, comme un éditeur, un fonds d’auteurs à qui il assure en permanence ou presque un minimum de visibilité contrairement aux galeries pur sucre qui n’expose qu’un artiste à la fois (à part de rares expositions collectives). Cela n’interdit pas en tout cas d’avoir des cartels précis et ce d’autant qu’à ses débuts Polka racontait de vraies histoires (un peu longue il est vrai) à côté des photos: on est tombé du coup d’un excès à l’autre.

La 1ère salle montrait le travail de Françoise Huguier sous un jour étonnant pour qui connait son travail montré à Arles sur les komunalka (billet énervé ici) puisqu’il s’agit de photos plus « mode » (komunalka est néanmoins montré). En passant, la sélection de photos, sensiblement moins voyeuriste et complaisante qu’à Arles, et l’absence de mise en scène, m’ont fait réviser mon point de vue sur komunalka.

La 2ème salle regroupait les travaux les plus divers. Au rez de chaussée, Marc Riboud occupait l’essentiel de l’espace avec des tirages des années 50 à 70 consacrées au proche et moyen orient. Toujours au même niveau, on pouvait voir trois photos de Roxane B., des peintures sur photos, très épurées, consacrées aux femmes afghanes. Roxane B. avait été remarquée pour des diptyques juxtaposant des jeunes femmes en tenue traditionnelle et tenue occidentale. Kosuke Okahara disposait d’un plus d’espace mais lui ne figurait pas sur la liste des exposants sur le site web: ceci dit ce n’est pas grave car ce  jeune homme bénéficie de pas mal de visibilité déjà avec l’Agence VU’ (on l’avait déjà vu à Groningen – billet ici). la série présentée, des sous-bois hantés d’un timide silhouette humaine méritaient une explication du contexte, hélas absente. C’est chez VU’ qu’on nous explique qu’il s’agit de villages de lépreux abandonnés en Chine.

C’est au sous-sol de cet espace que se serraient le plus de photographes, dont le fonds, dont n’allons pas reparler (Levitas, etc). Parmi les petits nouveaux on a Julio Bittencourt qui nous attendait juste en bas de l’escalier et dont le site web vaut mille discours (ici). Lui ce n’est pas à Groningen que je l’ai vu mais en me renseignant sur Photoquai (que je n’ai pas visité – billet ici) où il exposait (illustration tirée d’un papier du Figaro).

On reste au Brésil avec Carlos Cazalis (ici) dépeignait Sao Paulo tandis qu’en contrepoint la vie sauvage était illustrée avec Bruno Calendini (ici) et ses portraits d’animaux d’Afrique et Xavier Desmier avec ses pingouins en petit format.

Il ne me semble pas avoir vu le travail d’Alexandra Boulat, photo-journaliste au talent internationalement reconnu morte précocement en 2007 et annoncée surle site web (elle ne figure pas davantage sur la pricelist). Même absence pour Diane Grimonet (ici et que nous avions déjà vue – billet ici). Quant à Tomasz Gudzowaty (ici), également annoncé sur le web, je n’ai pas non plus souvenir d’avoir vu son travail hier chez Polka mais par contre je l’avais déjà vu à Arles (billet ici). Même chose pour Lizzie Sadin (son site ici) et Zohreh Soleimani (son site ici). Je sais bien que j’ai eu une panne de smartphone mais bon, si ces cinq là étaient réellement exposés, il faudra que je m’interroge sur ma mémoire.

Quelques idées de prix (minimum) en euros et à titre indicatif en ne perdant pas de vue qu’on mélange de la sorte des tirages uniques, des éditions plus ou moins longues (ça monte à 29 ce qui est excessif à mon goût) et des formats très divers: 1 600 pour Françoise Huguier, 1 550 pour Marc Riboud, 1 500 pour Roxane B. , Julio Bittencourt et Tomasz Gudzowaty, 1 350 pour Bruno Calendini, 1 200 pour Kosuke Okahara, 1 100 pour Lizzie Sadin, 800 pour Carlos Cazalis, 175 pour Xavier Desmier.

Polka – Naundorff, Pellegrin, Poveda, Abbas, etc

La galerie Polka (associée à la revue du même nom), dont j’ai déjà parlé ici à plusieurs reprises, fait partie des destinations à ne pas rater à Paris quand on s’intéresse à la photographie. Les illustrations proviennent du site Lesphotographes.com qui a fait un reportage remarquable sur Polka (ici).

La galerie a récemment emménagé dans de nouveaux locaux (Cour de Venise, 12 rue Saint Gilles) fraichement rénovés et un peu plus accessibles et visibles. L’accueil y est toujours décontracté, ce qui est bien agréable.

On trouvait mis à l’honneur, pour cette exposition baptisée Droit dans les yeux, actualité tragique oblige, le travail de Christian Poveda sur les clans, au Salvador, largement commenté, sur lequel je ne m’attarderais pas. A voir aussi, le travail de Pellegrin et de Abbas (sur l’Iran, forcément, et actualité oblige – tant politique qu’artistique puisque l’Iran est l’invité de ParisPhoto). Mickaël Bougouin explorait également la veine iranienne par un reportage sur les plages iraniennes où hommes et femmes se côtoient « plus ou moins ». Prashant Panjiar montrait de petits noir et blancs de la vie indienne. On se demandait bien ce que venait faire là-dedans les photographies de chevaux en couleur de Hans Silvester.

A côté de ce programme essentiellement documentaire, classique et noir et blanc, centré sur l’actualité et le monde non-occidental, on voyait le travail plus coloré et plus joyeux de Cathleen Naundorf (site ici) dans le domaine de la photographie de mode (des agrandissements de Polaroïds) et Steven Siewert qui montre un reportage sur la 50′ fair qui regroupe des fans des années 50 à Sidney.

Quelques auteurs du fond Polka étaient également visibles en nombre plus réduit comme Shahidul Alam, William Klein, Elliott Erwitt (le fameux train), Marc Riboud et Ethan Levitas.

Et alors combien coûtent ces travaux me direz-vous ? Hélas, la galerie ne fait pas figurer les prix sur son site web mais on les trouve sur place. Les prix commencent à 200-250 euros pour de petits noirs et blancs de Alam ou Bougouin (tirages resp. 20 et 25) jusqu’à près de 10 000 euros pour un grand format de Pellegrin (ed° 3). Siewert est à 800 ou 2 000 selon le format et le tirage (resp. 40×60 ed°10 ou 80×120 ed° 5) et Naundorf commence à 1 500 mais s’envole jusqu’à 4 500 euros au fur et à mesure de l’épuisement de la série (ed° 10).

C’est jusqu’au 7 novembre 2009 et vous pouvez y aller sans risquer de perdre votre temps.

Galerie Polka – Jusqu’au 16 mai 2009

La galerie Polka (ici et 104 rue Oberkampf) que je visite régulièrement (billet ici par exemple) met en oeuvres jusqu’au 16 mai 2009 son accrochage de printemps.

On est accueilli dans le haut de l’escalier par les prix SFR jeunes talents. Sur le coup, je me suis demandé ce que ça faisait là. Une photo noir et blanc de petit format de chacun, parfois sous pseudo. En cherchant un peu, on découvre les vrais noms des auteurs : Vincent Réauté, Jean-Stéphane Cantero, Ludovic Coudray, Nicolas Anglade. Dans le jury figuraient Marc Riboud et les fondateurs de la galerie : tout s’explique maintenant. C’est dommage de ne pas préciser tout cela sur des cartels et de ne pas mieux mettre en valeur les clichés (un article complet là-dessus, ici).

Polka ressort aussi pour l’occasion quelques tirages de ses célébrités que sont Erwitt, Salgado ou Mac Cullin. Une place spéciale est dévolue à Riboud, fort opportunément puisqu’il est expose en ce moment au musée de la vie romantique (ici): au programme, Tour Eiffel et sites industriels.

Jean-Gabriel Barthélemy montre en grand format couleur « la cité des 4000 », soit des immeubles soit des intérieurs. Diane Grimonet (ici) montre les habitants d' »hôtels sans étoile » (titre de sa série), toujours en noir et blanc. Il y a une proximité des thématiques dans ces deux travaux (le mal-logement) même si le traitement est bien différent.

Sarah Caron (site ici) montre des femmes dans la guerre (de 600 à 1 100 euros) au proche-orient et Marie Laure De Decker (ici) rend hommage aux parures des femmes woodabé (au Niger), presque des compositions abstraites. Deux visions bien différentes de la femme.

Bruno Barbey (son site ici) nous montre l’Italie des années 60 en noir et blanc ainsi que le Brésil et  la Pologne en couleur. Derek Hudson (son site ici) nous montre de grands hommes chez eux et aussi le backstage de défilés.

L’agence VII (ici) est représentée par Marcus Bleasdale, Lauren Greenfield (son site hypercommercial ici), Antonin Kratochvil, et Christopher Morris. Hélas, l’espace qui leur esr dévolu est bien réduit.Baptisée « 4 photographes au pays d’Obama », cette mini expo dans l’expo porte un titre un peu trop grand pour elle. Seules les photos de Lauren Greenfield attirent l’œil avec ces jeunes femmes préoccupées de leur corps, vraisemblablement extraites de « Girl culture », sa série la plus fameuse dont la photo ci-dessous qui a fait la couverture du livre éponyme.

Quant à Cédric Gerbehaye (sa page chez VU’, ici) et  Diane Grimonet (son site, engagé, ici), j’ai du rater carrément leurs photos.

Quoi qu’il en soit, le travail le plus remarquable au sein de cette exposition, et de loin, est celui de Benjamin Lowy (ici, hélas en flash). Il s’agit de petites images prises derrière la vitre d’un véhicule blindé, sur des territoires de conflit (en Iraq en l’espèce). L’aspect formel de la chose avec le cadre réduit entouré du noir donne un aspect étrange et contraste avec un extérieur ensoleillé et les visages des gens, aux sentiments contrasté.

Je continue de  déplorer que les photos sur le site de Polka soit tagguées (avec un petit chien certes sympa) ce qui leur ôte tout intérêt, même illustratif.