Galerie Catherine et André Hug – MUSES

La Galerie Catherine et André Hug exposait hier encore et pour le dernier jour, trois photographes dont Stéphanie Schneider que j’avais déjà vue dans cette galerie et ailleurs auparavant. C’est en fait pour les deux autres que j’avais fait le chrmin jusqu’ à la rue Jacob et notamment pour les auto-portraits de Kourtney Roy que je connaissais mais sans les avoir vus en vrais. Pas déçu mais un peu grand comme tirage: de l’esprit mode et un peu d’intrigue, juste ce qu’il faut pour titiller le regardeur.

Avec Eric Weeks on reste dans le mêm esprit quant à la forme, très proche de l’univers mode mais aussi du cinéma avec ses jeunes femmes seules figées dans un décor trop grand pour elles. Là-aussi c’est un peu grand. Et puis il manque les prix: pas même de liste à portée de main, dommage.

Une exposition petitte par la taille mais très séduisante qu’il aurait été dommage de rater.

Galerie Hug – Stephanie Schneider

C’était le 26 novembre 2011 à en croire mes très brèves notes que je suis passé à la Galerie Hug, à deux pas de Seine 51. Là-aussi c’est plus une question d’opportunité que de choix délibéré car je connais un peu de le travail de Stephanie Schneider qui exploite toujours la même veine (Californie, bagnole et Polaroid for ever), à croire qu’elle n’a fait qu’une seule série, toujours vue et revue, et que pour ma part j’avais découverte à Arles en 2008 (billet ici).

Musée du Montparnasse – Les dix ans du Prix Arcimboldo – Partie 2

Hier, je vous ai parlé du Musée du Montparnasse et de l’exposition qui s’y déroule, consacrée aux dix ans du prix Arcimboldo. J’avais commencé par le rez-de-chaussée et aujourd’hui nous passons à l’étage.

Là-haut on voit une vidéo de Catherine Ikam, deux visages en 3D s’interpénétrant et quelques images hélas difficilement reproductibles ici. On voit aussi le travail de Florian Schneider, des portraits que l’on dirait peints et que je n’avais vu « en vrai ». A dire vrai, les reproductions sur le Web traduisent là-aussi bien mal l’effet produit par son travail qui semble vraiment matérialiser des « touches » comme celles du peintre. Les deux illustrations sont issues du site de son galériste, Alain Le Gaillard (ici).

La suite demain.

Rencontres de la photographie d’Arles – Grande Halle

Alors que les Rencontres de la photographie d’Arles sont désormais achevées depuis lundi dernier, je vous invite à terminer notre visite du site des Ateliers.

Nous avons vu successivement l’Atelier de maintenance et celui des forges, puis l’Atelier de mécanique et  le Magasin électrique. Nous voici maintenant à la Grande Halle.

Le principe dans cette halle, c’est de donner carte blanche à des curators qui ont invités des photographes.

Ainsi, Caroline Issa & Masoud Golsorkhi montrent Jamie Isaia qui fait des autoportraits (bof), Danilo Giulaniqui fait des photos de mode (bof) et Cameron Smith. Ce dernier ne verse pas dans le nombrilisme intellectualisant de Isaia ni dans la photo de mode plate de Giulani : il m’a semblé qu’il a quelque chose que les autres n’ont pas. La fraîcheur peut-être (il avait 21 ans quand il a fait ses photos pour Tank) ? Son site perso est .

Ci-dessous deux photos de Smith exposées à Arles mais telle que parues dans Tank (avec la légende donc).

Elisabeth Biondi a retenu  Debbie Fleming Caffery (des photos noir et blanc énigmatiques dans un bordel mexicain), Pieter Hugo(ses dresseurs de hyènes) et Ethan Levitas (dans le métro de New York).

Les deux derniers méritent qu’on s’y arrête.

Je connaissais le travail d’Hugo pour l’avoir vu sur le site web de sa galerie (Yossi Milo à New York) mais en vrai c’est incomparable. Maintenant il faudra voir s’il tient la distance car son travail repose sur la qualité du sujet de reportage : sa série sur les cueilleurs de miel parait du coup bien fade (si j’ose dire) alors que d’autres, visibles sur son site, sont d’une puissance exceptionnelle.

Mon préféré reste Levitas : ses voitures de métro photographiées de profil dévoilent toujours des visages et des postures ou des tags dont l’association est créative, original et amusante. La réalisation est parfaite. Filez sur son site : .

Nathalie Ours a sélectionnéJerry Schatzberg (des photos noir et blanc de stars des temps passés), Nigel Shafran (et ses photos du quotidien qui n’auraient pas du quitter Flickr) et Stephanie Schneider. Cette dernière mérite qu’on s’y attarde. J’avais déjà vu son travail sur le web sur le site de sa galerie et il en a été question en mai 2008 sur Arte (Schneider est allemande). Le projet présenté va bien au-delà de la photo : Schneider peint et fait des films également. Toutefois, l’exposition était un peu superficielle malgré un effort de pédagogie et il était difficile d’appréhender son travail comme un tout. On était condamné à regarder ses grands polaroïds (périmés, ce qui explique les couleurs) sans avoir les clés de lecture. Néanmoins, même en lecture rapide, on ne peut rester insensible aux effets produits.

Carla Sozzani fait découvrir Marla Rutherford, Martina Sauter et Angela Strassheim

Marla Rutherford montre une série assez « sex » et « fetish ». Une série colorée, un peu années soixante aussi. Le sujet m’a fait penser à une version glamour du récent travail d’Erwin Olaf (série separation) bien qu’en fin de compte il n’y a aucun rapport entre de jolies images « fetish » et le travail dérangeant d’Olaf, sensiblement plus profond. Ceci dit les jolies images c’est bien aussi. Son site est et l’image dessous en provient (regarder bien la tête du modèle).

Martina Sauter présente un travail étonnant. Chaque œuvre est composée de deux photos qui se chevauchent légèrement chaque fois pour composer,de loin, une image unique. L’effet est saisissant avec des portes, par exemple, et en plus les deux photos ne sont pas de même nature : l’une est nette et l’autre volontairement pixellisée. Tout cela contribue a créer une histoire sous nos yeux, une sorte de suspens entre les deux images. Vraiment étonnant car ce n’est pas seulement l’image qui nous est donnée à voir mais aussi un objet : pour preuve, sur un écran cela ne donne rien et je ne poste donc pas d’illustration de son travail.

Angela Strassheim instille le doute dans certaines de ses photos (serie pause). Tout à l’air normal mais quelque chose se passe. Un regard, et une inquiétude transparait. D’autres images, proprettes, aux tons acidulés, renvoient à son parcours personnel et spirituel (serie left behind). Elle est représentée par la galerie Marvelli dont l’illustration ci-dessous est extraite.

Le dernier curateur invité est Luis Venegas qui montre les travaux de David Urbano, Leila Mendez et Daniel Riera.  Je n’ai pas été convaincu par les paysages du premier, les photos dignes de Flick de la deuxième et le manque de fil conducteur du troisième.

Les artistes que je retiendrai donc dans cette halle sont : Cameron Smith, Ethan Levitas, Stephanie Schneider, Marla Rutherford, Martina Sauter et Angela Strassheim

Galerie Le Bleu du Ciel – la suite

Lors de cette visite de la galerie, 17 artistes étaient représentés, modestement, vu la surface disponible, mais faire modeste et pertinent, éclairer correctement les œuvres et disposer des cartels intelligents vaut bien mieux, à mes yeux, que des étalages sans vie de photos en vrac avec lesquelles il faut se débrouiller.

En vitrine, ce n’est pas une photo de Dorothea Lange (migrant mother) comme je l’ai indiqué dans mon billet précédent, et non, c’est une ruse de Kathy Grove, qui a passé au Botox le visage fatigué de cette mère, exténuée par les épreuves.Au rez de chaussée, on devait voir Noah Kalina mais la télé n’était pas allumée et son travail est plus que connu (du moins une partie) : sa vidéo, montage des photos de son visage prises chaque jour pendant des années a été vue plus de 10 millions de fois sur YouTube.

Étaient en revanche présents : Susan Opton, Thomas Weisskopf et Gary Schneider.

La première,  Suzanne Opton, nous montre plusieurs visages émouvants de jeunes soldats le regard perdu, la tête posée sur le sol. On se demande ce qu’il font là, ce qu’ils pensent. Ils écoutent le sol comme les indiens dans les films pour entendre arriver l’ennemi ? Ils sont plaqués au sol dans l’attente d’un châtiment ? Sont-ils morts ? La série est visible sur son site.

Le second, Thomas Weisskopf, nous montre deux photos de visages de transsexuels, thaïlandais je crois (série « cut »), maquillés mais pas trop. On ne voit que les visages, lisses. Ils sont décents, sans outrance, sans outrage. Ils nous regardent tranquillement, en petit format couleur, à hauteur des yeux. A peine peut-on deviner que ce sont des hommes : pour un peu on pourrait être vraiment attiré. Ces « ladyboys », selon le terme thaï kathoey ou katoey (กะเทย) ou bien encore « shemales », selon l’argot américain, on peut les voir sans peine via Google, en pleine action, sans chercher beaucoup. Ils trouvent ici un peu de sérénité et assurément plus d’humanité. Eux qui sont réduits à des objets sexuels, à personne, à rien, redeviennent ici des personnes regardées comme on regarde tout être humain. Sa série est visible à la galerie Roemerapotheke. L’illustration ci-dessous, tirée de la série « cut », n’est pas exposée à la Galerie Le Bleu du Ciel.

Le troisième, Gary Schneider montre Helen (200). Un immense portrait reproduit ci-dessous, réalisé dans le noir, devant une chambre grand format avec un long temps de pose au cours duquel l’artiste balaie le visage avec son éclairage. Cela donne une impression étrange, quelque chose de plus complexe qu’un bougé, une sorte d’accumulation d’expressions. Schneider n’est pas un inconnu, il a aussi produit un fameux autoportrait génétique . Son exposition forcément plus complète, au musée d’Harvard, en 2004, est décrite ici. Tout cela cadre parfaitement avec le thème de l’exposition (l’identité, le visage).  Pour ma part, je n’avais jamais rien vu de tel auparavant.

A l’étage, des choses surprenantes encore. On retrouve Charles Fréger, décidément incontournable. On l’a beaucoup vu à Arles (j(y reviendrais) mais aussi à Bruxelles, à l’espace ING cet été pour une exposition très réussie sur le paysage et le portrait. Cette fois, il s’agit de deux portraits d’une patineuse victorieuse (winner face – série steps 2001-2002) réalisé à la manière de ces photos de Mussolini, par en dessous, menton relevé, pour montrer toute l’assurance et la domination du modèle. Évidemment, le portrait couleur de cette jeune fille souriante est bien plus gracieux et sans relent de propagande politique, mais c’est la comparaison qui me vient à l’esprit. De toute façon, je suis fan de Fréger mais pour le moment je n’ai que son livre, « Portraits photographiques et uniformes ». Ce sont les photos ci-dessous qui sont présentées à la Galerie et qui sont extraites de son site web, très complet et que je vous recommande (même si la photo, ou à défaut le livre, est infiniment supérieure).

Voilà, très bientôt je vous parle de la fin de cette visite dans cette sympathique galerie.