Seine 51 – Jeff Cowen

En novembre dernier, visite par hasard de Seine 51 qui montrait Jeff Cowen et puis en regardant je me suis dit que j’avais déjà vu cela et en effet, oui, c’était à Madrid et dans la même galerie aussi il y a deux ans (billet ici). Voilà ce que c’est d’entrer par hasard…

Seine 51 – ISABEL MUÑOZ « LEALTAD »

La galerie Seine 51 (ici et 51 rue de Seine) livre habituellement des oeuvres de qualité et cette fois encore, la semaine dernière, le programme était  de qualité avec Isabel Muñoz et un accrochage baptisé lealtad.

Manifestement, le public ne s’y est pas trompé, de nombreuses photographies étant ornées de pastilles rouges en dépit de prix confortables (de l’ordre de  7 000 – 9 000 euros, me semble-t-il). C’est à voir jusqu’au 24 avril 2010.

Ce que donne à voir Isabel Muñoz ce sont des corps et surtout des mains et des des visages issus de plusieurs séries (Lucha turca, danza khmer,tango, maras salvador) en noir et blanc de grand format (100 x 150 cm environ), habilement mêlées. Bien que les sources de ces photographies soient diverses, une grande unité se dégage, signe d’un regard spécifique et de l’élaboration d’une œuvre cohérente.

Cette exposition est digne d’un musée et ce d’autant que l’éclairage et les lieux se prêtent magnifiquement à ces grands formats, une habitude de la galerie. On ne peut que recommander la visite qui débutera par le saisissant visage ci-dessus (illustration tirée du site de la galerie).

Galerie Seine 51 – Jeff Cowen

La Galerie Seine 51 (51 rue de seine et ici) a décidément du flair. Après  Nicolas Ruel (billet ici), la voilà qui accroche Jeff Cowen sur ses cimaises et le nombre de gomettes rouges témoigne d’un franc succès. Nous avions découvert ce photographe à Madrid l’été dernier (billet ici) et ce sont d’autres tirages, mais toujours dans la même veine, qui sont montrés maintenant à Paris. Des tirages « faits main », comme des peintures, d’un style singulier et qui fonctionnent particulièrement bien avec les nus et les visages (c’est d’ailleurs ce qui s’est le mieux vendu).

L’exposition s’est terminée hier mais il vous reste le site de la galerie, bien illustré.

PhotoEspaña – Les solos en galerie – Ramette, Polke, Vieitez, Garcin, Malone, Cowen, Ruetz

PhotoEspaña s’appuie largement sur les nombreuses galeries madrilènes pour proposer un programme homogène et de très bon niveau. Ainsi, Au cours de la première journée de visite (le 21 juillet), j’ai pu visiter plusieurs « solo shows », en galerie pour l’essentiel, mais aussi à l’Institut Français de Madrid et au Goethe Institut de Madrid.

Le Goethe Institut de Madrid (Zurbarán, 21) présentait les travaux de Michel Ruetz (1968. Tiempos incomodos), des photos d’actualité noir et blanc consacré au Berlin de 67-68 en rez-de-chaussée, et à l’actualité internationale dans les escaliers. ce n’était pas très captivant pour un non germaniste. LInstitut Français de Madrid (Marqués De La Ensañada, 12) montrait quant à lui un auteur que l’on connait bien en France et ailleurs, Philippe Ramette. Une exposition de taille limitée mais excellent avec notamment sa série sous-marine mais aussi, et là c’est très original, des croquis et quelques objets utilises pour réaliser les photos: c’est la première fois que je voyais cela.

Arnès y Röpke (Conde de Xiquena, 14) montrait des travaux de Sigmar Polke (1964-1990), pour le moins énigmatiques, tellement même en fait que cela m’échappe. A cote de quoi figuraient aussi des photos plus ordinaires d’enfants sages et des abstractions en taches de couleur. Dans un registre plus photographique et moins artistique, Juana de Aizpuru (Barquillo, 44) montrait Virxillio Vieitez (Sueños por encargo), déjà vu à  Lyon (billet ici) et au Musée Niepce (billet ici) mais cette fois ce sont de grands tirages et les sujets ne sont pas seulement les paysans pauvres, il y a aussi des enfants et des groupes. Toutefois, les poses restent toujours très rigides et les personnages, laids. Par moment on dirait du Sander.

Astarté (Monte Esquinza, 8) montrait le travail de Gilbert Garcin (un marseillais qui s’est mis à la photo sur le tard – son site ici) que j’avais déjà entrevu je ne sais où. Ce travail, très comparable à l’univers de Magritte, plein d’humour et de non-sens est une vraie pépite et le site de la galerie est également remarquable. Je suis fan de cet auteur la  (ci-dessous, œuvre numérotée).

Begoña Malone présente tout autre chose et c’est vraiment un des charmes de Madrid que de voir des styles aussi divers co-exister. Ximo Lizana (série Coltan) produit des oeuvres géantes sous diasec à mi-chemin de la photo et du design, comme des hybrides de robots et d’humains et aussi une femme crucifiée (pour mémoire, une pièce coûte 15 000 euros).

Nieves Fernandez (Monte Esquinza, 25) invitait Jeff Cowen (représenté en France par Seine 51 – quelques images s’y trouvent) qui rendait un magnifique hommage au corps féminin avec d’étonnants tirages noir et blanc de très grand format, ressemblant le plus souvent à des aquarelles avec en plus des traces, des manques et des déchirures. Son site (ici) ne montre pa d’image mais pointe vers Lensculture qui montre une bonne partie de son travail et dont l’illustration ci-dessous provient.

Galerie Seine 51 – 8 secondes – Nicolas Ruel

La Galerie Seine 51 (billet précédent ici) présente jusqu’à demain 2 mai 2009 le travail de Nicolas Ruel (son site en flash ici) baptisé 8 secondes en référence au temps de pose.

C’est très décoratif ces tirages sur inox de grand format et c’est bien vu quand il s’agit de refléter un univers technique comme des usines ou des trains. Dans d’autres cas l’effet tombe un peu à plat, surtout s’il n’y a pas de mouvement (et dans ce cas, le temps de pose ne donne pas grand chose comme bénéfice). A priori cela se vend pas mal : il y longtemps que je n’avais pas vu autant de pastilles rouges dans une galerie. Il faut avouer que dans un loft aux murs blancs ça doit en jeter : certaines images sont vraiment spectaculaires.

Galerie seine 51 – Mr NOBODY – Chantal Thomine Desmazures

La galerie Seine 51 (car située au 51 rue de Seine et ici aussi) montrait le travail de Chantal Thomine Desmazures jusqu’au 28 février dernier.

La galerie est immense et permettait ainsi un accrochage ambitieux avec une multitude de photographies colorées où l’on sent une même approche esthétique mais aussi une forte hétérogénéité, pour ne pas dire « pas de ligne directrice » dans les sujets montrés. Certes les images sont décoratives et un certain charme un peu suranné se dégage de l’ensemble, un peu comme pour de vieux films en Technicolor mais on reste un peu sur sa faim.

On s’interroge aussi quand même sur la portée de l’exercice. En effet, la photographe à travaillé sur le tournage du film de Jaco van Dormael, Mr. Nobody, dont la sortie est prévue le 27 mai 2009.  Est-ce donc alors une simple recopie, une « pure » création, une cocréation ou une recréation ? Difficile à dire.

Le Monde montre un très joli diaporama ici.