Lyon – Septembre de la photographie – Partie 2 – Université – Hall des humanités

Le septembre de la photographie à Lyon investit une cinquantaine de sites dont l’Université Lyon 1. Après avoir erré un moment sur le campus j’aborde une étudiante qui dans un français venu d’outre-atlantique m’explique le chemin et me donne un plan en prime. Coup de chance !

Me voilà donc en chemin pour le Hall des Humanités, modeste salle de fac qui illustre malheureusement la misère de notre enseignement supérieur. En passant, la fac est à Villeurbanne et la salle n’est pas une salle de fac mais semble-t-il une salle de l’INSA. Bref.  Dans cette salle on peut voir le travail de Jana Hojstricova et Pavel Maria Smejkal qui sont tous deux slovaques on qu’on appellera par leur prénom pour faire simple… Pavel nous montre des photographies comme des photos de presse, en noir et blanc et pixellisée, présentée sans soin, sans cadre, sans protection. Vues de loin, ces photos témoignent des camps de prisonniers et du sort de déportés, rien hélas que de très banal. Vues de près, on reconnaît les personnages présents la plupart d’entre eux sont des célébrités contemporaines (d’où le nom de la série, « stars » qui renvoiient aussi à l’étoile jaune), des acteurs notamment, dont des français que l’on reconnait facilement. Son site web est qui nous montre des travaux souvent axés sur l’identité et recourant au traitement numérique en noir et blanc.

Jana présente des diptyques où l’on voit côte à côte des parties du corps disgracieuses ou grosses ou malades en regard d’un élément urbain. Son site (ici) ne présente pas cette série mais traduit bien cette recherche intime sur le corps humain et son imperfection dans une société qui privilégie jeunesse et perfection artificielle. Il faut absolument voir ses séries « Entre 7h et 8h du matin » et « De 22h à minuit ».

Lyon – Septembre de la photographie – Partie 1

Je me suis rendu à Lyon du 9 au 11 octobre pour voir ce que c’est que le « Lyon septembre de la photographie » comme suite à ma visite à la galerie « Le Bleu du ciel » (voir mes billets ici et et par ici aussi).

Cette manifestation s’achève le 31 octobre 2008. C’était la 4ème édition selon ce qu’on m’a dit sur place. Le nombre de sites à visiter est considérable : il est proche de la cinquantaine, pas moins si l’on compte à la fois les sites partenaires et ceux qui sont seulement « associés ».

Le site de l’association qui a monté cette manifestation est .

Autant le dire tout de suite, tout cela m’a paru très bien et je regrette la faible couverture médiatique et bloguesque de l’évènement.

La ville de Lyon et ses habitants, à part le samedi, est calme et la ville est propre. Le spectacle d’un métro presque vide et sans tag laisse bouche bée le pauvre parisien.

Les expositions privilégient le « on man » ou « one woman » show et, quand ce n’est pas le cas, la logique retenue est lisible par le premier venu et le nombre d’artistes présenté n’est jamais excessif. Cela fait toute la différence avec Arles, particulièrement aux Ateliers, où la masse de photos et de photographes devenait perturbante.

L’autre point fort, à mes yeux, est que ce qu’il nous est montré sort des sentiers battus. Ici, bien sûr, on trouve Depardon, mais c’est bien l’un des rares « grands noms » présents. Je trouve particulièrement agréable que cette manifestation prenne le risque de montrer autre chose que des photographes stars visibles en galerie.

Enfin, dernier atout, la qualité de l’accueil : là-bas, à Lyon, peu de stagiaires à faire de la figuration et peu de galéristes en Armani à vous snober, pauvre miséreux en jeans. Non. A Lyon, on voyait des galéristes passionné(s) par la photographie et des jeunes gens (étudiants, peut-être) venir vers vous et prêts à vous expliquer le travail des artistes. Un rude coup pour l’arrogance ou la négligence parisienne, trop souvent hélas de mise dans les galeries de la capitale.

Les seules choses qui semblent perfectibles sont une meilleure coordination des jours et horaires d’ouverture et une moindre dispersion des sites, mais bon, à ce qu’on m’a dit sur place, d’autres que moi ont émis le même souhait et on s’orienterait vers un peu plus de centralisation la fois prochaine.

Sinon, je ne reviens pas sur la commodité d’accès à Lyon depuis Paris, seulement deux heures en TGV et, dans mon cas, deux billets à 19 euros seulement. Pour couronner le tout, le temps était printanier.

Je vous invite à aller dare-dare voir sur place.