Galerie Christophe Gaillard – Mario Giacomelli

La Galerie Christophe Gaillard (12 rue de Thorigny et ici aussi) présente le travail de Mario Giacomelli jusqu’au 24 janvier.

La galerie est de taille raisonnable et le nombre de pièces présentées est significatif ; il faut dire aussi que les formats sont des plus classiques. Les travaux de Mario Giacomelli sont presque abstraits à l’exception de deux ou trois œuvres (dont une présentant des curés jouant au cerceau) dont on se demande au final ce qu’elles font là.

La distance au sujet, ou trop proche ou trop lointain, rend difficile son identification et parfois ne subsiste que des formes ou, mieux, des textures si bien que l’on croit voir du papier « gaufré ». C’est là un travail qui m’a semblé d’autant plus insolite qu’il se présente sous un jour classique : format, choix du noir et blanc, et même le cadre retenu contribuent à cette impression de classicisme.

Après avoir visité le site web de l’artiste (ici), il semble qu’il ait arrêté ce thème il y a plus de 25 ans ce qui confirme la tonalité une fois encore « classique » de ce travail alors que le sujet est contemporain. Il s’agit là aussi d’un choix délibéré du galériste de ce concentrer sur cet aspect de son travail, Mario Giacomelli ayant exploré bien d’autres voies au cours d’une longue carrière. Une illustration de l’esprit de l’exposition avec une photo tirée de son site web (années 1953-1963, à ses débuts).

Le marchand vendait aussi des sérigraphies de Soulagès, de 1974 (compter 2 500 euros). Marier Soulagès et Giacomelli, bonne idée.

Mois de la photographie à Paris – 24 – Galerie Jérôme de Noirmont – Valérie Belin

Dans le cadre du Mois de la photographie qui, décidément, dure un très gros mois, la Galerie Jérôme de Noirmont (ici) montre jusqu’au 31 janvier 2009 les œuvres de Valérie Belin.

La galerie occupe un emplacement de prestige située avenue Matignon et compte de grands noms, outre Valérie Belin. Le  dernier accrochage consacré à un artiste photographe était celui de Bettina Rheims dont on fêtait l’anniversaire le 17 décembre (mon billet ici) et qui valait le déplacement. La galerie compte aussi Pierre et Gilles et Shirin Neshat pour ne citer que des photographes. Et si vous avez quelques millions de dollars, la galerie représente Jeff Koons, pas moins. Quel dommage de ne pas être fortuné, parfois, pour pouvoir admirer à sa guise de telles pièces dans un triplex rue Montaigne…

Fort heureusement, et là j’ouvre une parenthèse comme on dit, les galeries sont ouvertes au public et, bien que visant une clientèle disons, choisie, cette galerie là est tout en transparence si bien que les passants en profitent et la porte est toujours ouverte si bien que les curieux ne sont pas découragés. Remarquez, je pense que tout le monde peut laisser sa porte ouverte avenue Matignon, ce ne sont pas les forces de Police qui manquent. Ceci dit, l’esprit d’ouverture est quand même à souligner alors qu’un tel galériste pourrait confortablement se cacher dans un hôtel particulier et recevoir sur rendez-vous. Bien des galeries ô combien plus modestes seraient bien inspirées d’en prendre de la graine. Fin de la parenthèse.

Valérie Belin nous montre des bouquets, une danseuse et un magicien (ou un joueur de cartes). Les photos, en noir et blanc, sont peu abondantes car elles sont très grandes (162 x 130 cm) mais occupent parfaitement l’espace. L’éclairage est remarquable. Ici, on ne fait pas dans l’approximatif. Les photographies sont en noir et blanc, enfin, surtout en noirs en fin de compte car, si les éclairages du sujet sont particulièrement recherchés, il n’en reste pas moins qu’on est surtout dans la nuance des noirs qui apparaissent diversement selon la texture des différents vêtements, des cheveux et même de la peau.

Ce sont surtout les portraits qui m’ont impressionné tellement tout cela est travaillé.

Avec Valérie Belin, c’est le mariage réussi de Studio Harcourt et de Pierre Soulagès. Du noir et de la lumière.


C’est évidemment une exposition à ne rater sous aucun prétexte : vous avez jusqu’au 31 janvier 2009, c’est à Paris, métro Miromesnil (à 50 mètres de la station) et c’est gratuit.