Galerie Sitdown – Catherine NOURY

La Galerie Sitdown présentait jusqu’à ce jour 27 septembre les travaux de Catherine Noury « L’éternelle fiancée » Le site web de la galerie fait du bruit de la musique (et en plus c’est en flash, j’ai horreur de ça) donc si allez voir, vous êtes prévenus. C’est Ces travaux consistent en des petites « poupées » sous verre et des photos. Les photos montrent le making off ou une vue rapprochée des poupées. L’association photo et textile n’est pas rare : on l’a vu récemment à Arles dans l’œuvre (incompréhensible) de George Tony Stoll (mon billet est ici).  Pour ma part, bien que d’un abord formel plus facile, le travail de Catherine NOURY m’a laissé a peu près dans le même état que celui de Stoll : dubitatif.  Faut-il considérer ces « poupées » comme un artisanat populaire (comme les statues en coquillage et le macramé) ou une activité ludique (dévolue habituellement aux enfants et aux grands-mères) ou à de l’Art (après tout, Annette Messager soi-même fait des trucs en tissu) ? Mystère, aux spécialistes de le dire.  Quant aux photos, alors là, on ne voit pas bien l’articulation avec les « poupées ». Manifestement, c’est vendu à part donc ce n’est pas une « installation » : chaque photo devrait faire sens. J’ai un peu cherché mais je ne suis pas sûr qu’il faille trop chercher en fait car il n’y a peut-être rien à trouver… Emmanuelle Chérel a, semble-t-il trouvé bien des choses à dire, je vous laisse en juger : c’est par (en bas).

Bref, vous avez compris que ce samedi en galerie commençait comme un samedi en galère mais heureusement j’ai plein vu des choses plus satisfaisantes ailleurs. J’en parlerais demain (si j’ai le temps).

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Rencontres de la photographie d’Arles – Atelier des Forges

Après la Maintenance, les Forges, toujours aux rencontres d’Arles, dans le parc des ateliers, pour voir des photographies.

Je n’ai pas compris le travail de George Tony Stoll qui présente des photos, euh, incompréhensibles. Zéro réaction. Cela me reste définitivement fermé tant au cœur qu’au cerveau. Si quelqu’un trouve des qualités à ce travail, qu’il le dise, cela m’instruira. A priori je ne suis pas seul mais faire partie de la masse n’est pas une consolation… Peut-être est-ce un visionnaire ? Passons.

J’ai par ailleurs zappé le travail de Patrick Swirc présenté sous formes de montage diapo de ses photos : je n’aime guère les montages diapos et le thème ne me disait rien (celui de la reconquête ratée d’une femme).

Le travail de Samuel Fosso ne m’a pas non plus fasciné mais reste intéressant. Sa série « african spirits » (et d’autres) est visible chez son galériste. L’express a souligné l’intérêt de son travail. L’artiste se met en scène en jouant des personnages multiples, tant des célébrités africaines (ou afro-américaines) que des archétypes (homme d’affaires, chef de village corrompu, etc) ou encore un ami disparu ou son père. Le résultat, souvent en grand format couleur, est esthétiquement réussi et techniquement irréprochable mais, là-aussi, je ne vois pas vraiment quel est le propos. Ce thème de la mise en scène de soi-même dans divers personnages est un classique de la photographie et je ne vois pas bien en quoi le genre est renouvelé. Peut-être faut-il rechercher dans le travestissement en femme un exercice particulièrement difficile (et réussi) et sans doute peut-on aussi saluer la diversité des genres et des styles depuis la photo d’identité (ou presque, en consacrée aux « grands hommes ») au nu en passant par de grands portraits. Si je ne craignais de passer « occidentalo-centré », je ne manquerais pas de souligner aussi qu’il nous est rarement donné à voir de la « photographie africaine » (le terme est impropre mais bon, il y a une entrée dans l’Universalis: disons de la photographie dont l’auteur est de culture africaine) et que c’est là une occasion sinon unique, du moins inespérée. La plupart d’entre nous en est sûrement resté à Seydou Keïta (mais non, pas le footeux, l’autre) ou Malick Sidibé, ignorant les artistes plus jeunes. Sinon, il faut aller à Bamako : la biennale s’y tiendra à nouveau, semble-t-il, à l’automne 2009.

Je finis par Pierre Gonnord dont, accessoirement, le site web est remarquable de sobriété. Je passe sur le massacre des grands formats très sombre par une lumière de charlatan (mais qui est responsables des éclairages ?) conduisant à des reflets lamentables. J’avais vu le travail de Gonnord dans de meilleures conditions en Belgique (j’en ai déjà parlé). Les grands formats et les harmonies de noirs confèrent une majesté indéniable à ces portraits consacrés pour l’essentiel à des clochards (en général, on lit « marginaux » ou « sans domicile fixe », consécration d’un cocktail de novlang et de xyloglossie). Cela m’a fait penser au travail d’Avedon quand il a photographié des américains banaux avec les mêmes égards que lorsqu’il photographiait des célébrités internationales. En noir pour l’un, en blanc pour l’autre. Et comme Gonnord vit en Espagne, on ne peut manquer de rapprocher son travail du portrait de Philippe IV par Velasquez.

Dans cet atelier, Gonnord sort du lot.