MEP – Tillim, Porchet, Trulzsch, Kuroda, Blume

La MEP (ici et 5/7 rue de Fourcy) a inauguré son accrochage estival le 23 juin qui durera jusqu’au 29 août.

Guy Tillim n’apparait que dans un recoin avec 3 portraits; on avait vu son travail de manière plus extensive, au Luxembourg notamment (ici).

Cyril Porchet (de l’ECAL, son site ici) occupe le petit espace vitré coté rue avec son travail de bachelor sur les églises baroques, on ne peut manquer en voyant ses grands diasecs d’intérieurs (des autels baroques) dépeuplés de toute présence humaine, à Candida Höffer mais alors que cette dernière prend du recul et montre du vide, Cyril Porchet se colle à son sujet et non montre du plein, voire du trop-plein: on en prend plein les yeux de cet amoncellement ornemental faits d’angelots, stuc et peintures.

Au sous-sol, l’installation vidéo de Holger Trulzsch occupe l’ensemble de l’espace. Il n’y avait pas foule à supporter l’agression visuelle et auditive que constitue ce travail.

Aki Kuroda mobilisait peu de visiteurs, à part, hasard peut-être, quelques visiteurs nippons. Son exploration de New York, sujet maintes fois vu, ne m’ a pas suggéré grand chose, à part ici et là quelques plans originaux. L’exposition montrait aussi de nombreux dessins en vis à vis des photographies et bien qu’ils soient difficilement compréhensibles pour le béotien, ils m’ont semblé plus forts que les dessins et produire plus d’effet sur le regardeur.

Anna et Bernhard Blume montraient des polaroids de petit format (les SX 70) comme ceux que les anciens ont connu dans leur jeunesse. Une vraie avalanche qui du coup laisse mi-figue mi raisin entre surabondance et répétition d’un côté, richesse et créativité de l’autre. Quatre série sont présentées: sx 70 -75 76, naturellement, en regard et enfin principes de cruauté. Cette dernière série montre des visages coincés dans des tuyaux et autres appareillages faussement cruels (on voit que c’est du chiqué) ainsi que des mises en scènes avec faux sang un poil plus inquiétantes. La MEP présente aussi pour de vrai (et pas en photo) l’atelier de l’auteur avec ses appareils de tortures colorés ;-) La série naturellement met en scène des objets en mousse verte dans des situations étranges avec toujours bien sur l’auteur pas très loin: les figures de mousse sont elles-aussi présentées « en vrai » dans des vitrines. Rappelons que le mouvement vert est puissant en Allemagne, patrie des Blume… La série sx 70 75-76 s’appuie quant à elle souvent sur des tryptiqueset nous montre le couple Blume en proie a des phénomènes étranges, le tryptique permettant de voir la scène se dérouler sous nos yeux (ébahis) dans un genre très dynamique. Pleins de trouvailles ici.

C’est la partie la plus valable de l’exposition avec le volet consacré à la photographie contemporaine russe et cela tombe bien, ce sont eux deux qui ont le plus d’espace.

FotoGrafia – Festival international de Rome – Palais des expositions

On a évoqué rapidement le Off de Fotografia, le festival de photo de Rome, qui ne brille pas spécialement, peut-être en raison d’un échantillon trop réduit mais qui demeure en moyenne comparable voire supérieur, toutes proportions gardées, au Off d’Arles car au moins aucun médiocre « parasite » n’est venu se greffer sur l’évènement, ce qui est salutaire.

La déception la plus grande vient de l’exposition présentée comme centrale, au palais des expositions. La partie gratuite étant peut-être la mieux présentée, avec un vrai accrochage et non une projection de diapos.

Celle-ci montrait notamment les travaux de  Geovanny Verdezoto (série roma occulta) de petits formats panoramiques pris a faible hauteur à  Rome ce qui est un angle de vue original et qui peuvent être vus sur son blog (ici). C’est assez séduisant. Dans un autre registre, Guy Tillim, qu’on ne présente plus (il a notamment été exposé à la fondation HCB au printemps dernier), exposait roma, citta di mezzo, de  grands formats couleur sous un ciel couvert d’hiver avec une alternance de scènes vides et peuplées, d’antique et de moderne mais toujours avec un cadre urbain contemporain. Là-encore, un regard original sur Rome qui a fait l’objet d’un livre d’ailleurs.  On quittait Rome pour le Caucase avec David Monteleone pour des photos encore saisissantes bien que plus convenues peut-être  (à force de voir le Caucase…) dans sa série from the body to the soul.a journey in caucasus.

La partie payante, en revanche, décroche le pompon.On abordera ici les deux premières salles.

Nan Goldin, décidément très en vogue (marraine des rencontres d’Arles, rappelons-le) montrait 244 photos en diapos avec essentiellement la musique de Bjork. Comment dire ? Il s’agit du plus pur style Goldin, à savoir des photos de quotidien en l’espèce du quotidien essentiellement sexuel de couples (hétéro et homo). Sensation désagréable d’être un voyeur et un effet de masse et de répétition un peu lassant. Un résultat beaucoup moins réussi que le montage visible à Arles, plus rythmé, plus varié, finalement plus riche en émotions.

Venait ensuite une autre salle plongée dans l’obscurité car l’expo se déroulait sur sept écrans LCD (assez petits). Si un écran LCD était adapté pour regarder des photos, cela se saurait et comme en plus il faut bien avouer que les productions étaient pour certains d’une très faible ampleur, la frustration était de mise.

Fernanda Veron montrait ainsi eo ero vivo, vivo alla luce del sole, des photos couleur comme vieillies avec beaucoup de ciels et des incendies aussi.  Son site web (ici) permet finalement de mieux rendre justice à son travail que l’expo. Filippo Romano exploite un filon graphique assez proche dans sa série waterfront avec des bords de mers et des plages présentant comme des défauts dans le tirage et des couleurs irréelles.

Jacopo Benassi a choisi lui la vidéo ce qui est plus indiqué sur un LCD mais il ruse en montrant son livre de photo, the ecology of image, où il tourne les pages une à une. C’est un peu glauque. Il s’agit surtout de portraits un peu bizarres mais aussi de pieds et de souliers. Chacun son truc. En tout cas, ça ne laisse pas indifférent. Son éditeur montre des extraits éclairants et livre quelques commentaires (en français) ici. Carlo Bevilacqua n’a pas retenu le film mais les diapos avec un montage son et sous-titres anglais pour son reportage sur un illuminé qui a pris le parti de vivre en solitaire sur une ile, privé de tout (Gusbert Lippelt:low cost life).

Je passe sur Ingar Kraus qui présentait Davao, une série déjà vue (en partie) chez Camera Obscura à Paris (billet ici).

Javier Marquerie Thomas (série summertime) montre des polaroids soit cote à cote soit sur un seul côté de l’écran et on voit bien le problème de montrer son travail sur un écran. En plus, c’est très court. Par contre, son blog montre son travail de manière extensive et j’aime bien ses portraits, notamment sa série Flight of Fancy. Son site en espagnol est en partie traduit en anglais et figure ici.

Wanda Perrone Capano (série flatmates) montre côte à côte un portrait et un objet. Sur le coup je n’avais pas été convaincu mais curieusement cela ressemble à la série ci-dessus qui me plait tant. Je n’ai pas trouvé son site mais sa page (ici) sur le site de l’Istituto Italiano di fotographia qui ne montre pas hélas cette série.

On conclut cette première partie avec Andrea Botto (série horizons) qui nous montre des horizons presque en  monochrome bleu et aussi du noir avec juste quelques lumières. Encore un exemple d’un travail qui gagnerait à être tiré sur papier: au départ j’ai cru que le LCD était éteint et plusieurs personnes ont pensé comme moi… Son site (ici) est pas mal mais hélas la série horizon n’est pas visible (le lien est mort).

Visite au Luxembourg – 5ème partie – Casino (suite)

La fin de notre visite de Casino Luxembourg, à l’occasion du mois de la photo, se profile à  l’horizon.

Après Suzanne Opton, et d’autres, à l’étage, il y avait aussi Stanley Greene (sa page chez Noor, son agence, ici). Quant à l’image ci-dessous déjà  vue à la MEP (au printemps dernier) et attribuée cette fois à Laurent Van der Stockt (photographe chez Gamma) il s’agit simplement de la même scène prise par les deux photographiques comme Laurent me l’a indiqué par mail en avril 2011 (lui travaillait en couleur et Stanley en noir et blanc).

Stanley-Green---Luxembourg

Zwelethu Mthethwa (sa page chez son galériste ici) nous montre de fiers mais misérables coupeurs de canne à sucre en grand format couleur. Dans la même veine, Laurence Leblanc (son site ici) , dont le travail chez Polka m’avait laissé dubitatif (billet ici) nous montre des décharges d’ordures en Sierra Leone mais avec des photos très « classe » comme s’il s’agissait de paysages sauvages qu’il s’agit de magnifier. Guy Tillim présentait de grands format couleur de la triste fin de l’avenue Lumumba au Mozambique qui évoque la fin d’un des premiers leaders africains élus (au Congo en l’espèce).

Vahram Aghasyan (son site ici) montrent des bâtiments inachevés que l’on dirait imaginaires, envahies par les eaux. Sur son site on apprend qu’il s’agit d’une vraie ville (Gyumri en Arménie) rebâtie après un tremblement de terre en 1988 mais jamais finie faute de moyens.

Vahram-Aghasyan---luxembour

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