Transphotographiques 2010 – 2ème journée

Après 7 articles consacrée à la 1ère journée passée à Lille pour les Transphotographiques 2010, le moment est venu d’évoquer la 2ème journée (le 12 juin). Il faut le dire tout de suite, le problème des Transphotographiques c’est que une journée c’est un peu court et deux, c’est un peu long, du coup la deuxième journée doit impérativement être complétée par d’autres visites.

Pour cette 2ème journée, donc, j’ai commencé par aller me casser le nez à Roubaix puisque je n’avais pas vu que Loft dcm était fermé depuis le 30 mai, tant pis pour moi, il faut apprendre à lire.  Je me suis ensuite pointé chez Spiral à La Madeleine, c’est un magasin de meubles design en fait. Là il y avait un type à poil qui saute sur fond de paysage exotique, Thomas Millet (son site ici). Je préfère sa série portraits cachés visible sur son site.

Je suis aussi passé à la Médiathèque de Lomme pour voir le travail de Vincent Catala (son site en travaux ici), c’est pas mal ces portraits de dos mais il n’y a pas beaucoup de photos. Sur place, il était possible aussi de voir une commande réalisée par Nancy Wilson-Pajic.

Lasécu (site ici) était la bonne surprise du moment bien qu’un peu difficile à trouver. Je passe sur Sébastien Godéré pour évoquer le travail de  Satoru Toma: ses espaces littoraux, ses lieux reconquis par la nature dont une série sur parc de jeu abandonné sont dans un entre-deux, une suspension parfois vaguement ironique. Il montre aussi des lieux bientôt construits en plant 4 piquets et rubans en pleine nature. Un travail malin qu’une interview en vidéo vient appuyer.

La visite au forum des sciences à Villeneuve d’Ascq permettrait de découvrir des animaux en ville, un travail de Laurent Geslin.

Pour finir avec les Transphotographiques 2010 je me suis rendu au Tri Postal et là, c’était sombre et désert, une morne plaine vraiment, que le spectacle peu animé de fleurs fractales (par Miguel Chevalier) ne parvenait pas à tirer d’un ennui pesant et d’une vide oppressant. Quel dommage de ne pas avoir donné leur chance à des photographes d’exposer en ce vaste lieu.

On l’aura compris, le programme de ce 2ème jour n’était pas vraiment à la hauteur du 1er et en fin de compte, après de nombreux déplacements en métro dans l’agglomération lilloise, il semble clair que la 1ère journée aurait suffi.

Avant de repartir pour paris, comme j’avais un peu de temps, je suis passé au Palais des Beaux-Arts dont le prix de l’entrée était presque exorbitant (7 €) pour cause d’exposition Finoglio. Outre Finoglio, je me suis concentré sur les oeuvres du XIIème au XVIème, une période que j’apprécie particulièrement, ainsi que sur la visite de la salle des plans-relief. C’est une visite que conseille !

La question se posera encore l’an prochain de savoir si je ne vais qu’un jour à Lille, je me l’étais déjà posée cette année mais il est difficile d’apprécier la portée des expos longtemps à l’avance au vu des descriptifs. Quoi qu’il en soit, le Palais de beaux-Arts constitue un magnifique point de chute, au cas où.

Transphotographiques 2010 – Palais Rameau – Partie 2

Le récit de la visite du Palais Rameau, entamée il y a quelques jours (ici) à l’occasion des Transphotographiques à Lille se poursuit et à part Jürgen Nefzger (billet ici et son site ici) ce sont pour moi des découvertes (ou presque).

Il me semble que l’an passé la salle au fond du palais, en arc-de cercle avec de hautes fenêtres, n’était pas utilisée. Cette année en tout cas elle est mise à disposition des oeuvres tirées sur bâches de  Myoung Ho Lee, un travail remarquable.  L’artiste a photographie des arbres en pleine nature en mettant en arrière plan une bâche (je rappelle qu’un outre le tirage est fait sur bâche). Cette double scénarisation de la nature (prise de vue puis tirage) ne manque pas de titiller les neurones et les yeux, sans parler du statut ambigu de ce qui est représenté, entre portrait d’arbre et paysage. Un travail également séduisant d’un point de vue plastique. Un travail comme on aime.

A proximité, un accrochage collectif montre le travail d’Edith Roux (petits personnages en prise avec des plantes immenses, vus à la galerie dix9, billet ici), Niels Udo (dont j’avais croisé le travail à ArtBrussels en 2009 qui montre là ses interventions étranges dans la nature), et enfin Valérie Graftieaux. Son travail mérite qu’on s’y attarde un peu car ses ramures d’arbres givrés sont étonnantes sans parler de la multitude de tirages noir et blancs minuscules d’éléments de plantes qui sont épinglés un peu comme des bestioles et que l’on peine à identifier. La technique de tirage est également surprenante qui évoque moins la photo que le fusain. La photo ci-dessous tirée d’une interview (ici) illustre le propos.

On termine par ce qui me semble être le cœur de l’exposition avec huit artistes en individuel.

Yoshihiko Ueda montrait de fabuleuses photos de sous-bois de la forêt tropicale de Quinault près de Seattle, saturées de couleurs bleues sombres (ci-dessous, illustration en provenance de sa galerie – ici). Evidemment, en vérité, la forêt n’a pas cette couleur et le choix de l’artiste est délibéré.

Wout Berger (like birds), comme le titre de la série l’indique, se place du point de vue de l’oiseau pour observer une nature plutôt désertique en s’attachant aux fleurs. Le point de vue n’est pas nécessairement aérien, au contraire, c’est la variété des plans et surtout celle à se mettre au raz des fleurs, tout près; qui fait ‘intérêt de cette série.  Helene Schmitz (site ici) est accrochée en face et se livre quant à elle à des portraits de fleur en gros plan et sous diasec: c’est encore une fois splendide et la série présentée est très complète. Je suis pour ma part ravi de voir ainsi des thèmes on ne peut plus classiques resurgir sur la scène photographique envahie de représentations intellectualisantes: après tout, pourquoi contemporain devrait-il rimer toujours avec ennuyeux et moche ?

Avec Aki Lumi on quitte le domaine de la photographie proprement dite pour passer du côté des artistes qui utilisent la photographie parmi d’autres techniques. Ses  photomontages (qui ne ressemblent en rien aux photomontages classiques où l’on reconnait les pièces) sont presque des compositions abstraites tellement les signes sont mêlés et superposés, tellement épurés qu’ils ne sont plus guère que des silhouettes ou des vestiges. On croit distinguer néanmoins des jardins encombrés, entre gothique et indien, dans une seule tonalité. Je suis assez imperméable à cette création. Mark Ruwedel, qui n’est pas n’importe qui (collection du MOCP ici), est plus facile à regarder mais ses séries peuvent également laisser dubitatifs, entre arbres à chaussures, vestiges en noir et blanc de voies ferrées et série consacrée aux cratères de bombe dans des sites d’essais militaire. Un travail sur l’empreinte peut-être ?

Je conclus avec des travaux plus faciles encore dans leur forme me semble-t-il mais qui pour autant ne laissent pas indifférents. Ferit Kuyas (site ici) aborde le territoire chinois avec city of ambition, une série de paysages urbains souvent brumeux où les humains, rarement présents, sont réduits à rien ou absents. Impressionnant.  Pétur Thomsen (site ici) ferme le bal avec des paysages industriels en cours d’élaboration défigurant une nature sauvage, celel de l’ISlande, l’histoire d’un attentat contre la nature au profit de la construction d’une centrale hydroélectrique. C’est saisissant (illustration ci-dessous en provenance du site de l’auteur).

Au final, ce site est le plus riche des Transphotographiques 2010 et la sélection éclectique mais relevée dûe notamment à Françoise Paviot, curateur de l’exposition, mérite le déplacement.

Transphotographiques 2010 – Palais Rihour

Au Palais Rihour, après avoir gravi l’escalier on arrive dans une salle montrant deux photographes, Szymon Roginski et Adam Panczuk.

Ce dernier montre deux séries, karczeby et in the rythm of the land, toutes deux consacrées à des paysans de sa région natale, en Pologne. Adam expose en ce moment également à Paris (jusqu’au 20 juin) chez La galerie particulière. C’est surtout sa série de portraits (karczeby) en format noir et blanc carré teintées d’humour décalé qui ma plu (illustration ci-dessous tirée du site de l’auteur, ici).


Szymon Roginski (ufo project) s’est quant à lui promené de nuit pour réaliser des photos à la lumière mystérieuse évoquant, en effet, les codes cinématographiques utilisés pour suggérer la présence d’extra-terrestres. Une série en grand format graphiquement réussie dont la portée reste tout de même limitée et pénalisée par des reflets en raison des aplats de noirs (on voit même des gondolements des photos, mal fixées).

Transphotographiques 2010 – Maison de la photographie

A la Maison de la photographie (18 rue Frémy), le rez-ce-chaussée était consacré à Jean-Pierre Gilson (site ici) qui montrait de magnifique tirages noir et blanc consacrés aux portions pavées de Paris-Roubaix. Vides de toute présence humaine, ces images aux ciels lourds et aux points de vue originaux sont magnifiquement composées et on ne peut rater ces paysages où les pavés tournent subitement en coude ou, a contrario, cette rectiligne trouée d’Aremberg qui fait frémir les cyclistes chaque année.

A l’étage, en revanche, c’est un peu morne plaine, non que les travaux soient sans intérêt mais le saupoudrage d’œuvres (1 à 4 par auteur) ne les sert pas et la surface d’exposition a été réduite de moitié. Le thème, comme au rez-de-chaussée, est régional avec une sélection de travaux tirés de la collection du centre régional de la photographie sis à Douchy-les-Mines (près de Valencienne, je n’ai pas trouvé de site web).

Une bonne partie des travaux relève de missions (comme la mission transmanche) commanditées par le Centre. Il s’agit de tirages noir et blancs, souvent de format modeste, qui portent systématiquement sur les paysages du Nord, tant littoraux (blockhaus)que miniers (des terrils) même si parfois l’approche est moins frontale. On retrouve Jean-Pierre Gilson mais aussi Thierry Girard, Jean Marquis, John Davies (billet ici) et Michel Kempf, les deux derniers ayant réalisé Autoroute A 26 – Calais/Reims dans le cadre de la mission transmanche.

Je retiendrai pour ma part une photo de Josef Koudelka (chez Magnum, ici) montrant des dunes enherbées dues aux bombardements, les photos de nuit  de Michel Semeniako (ici) figurant des voies ferres de mines et des berlines ainsi que les photos de Marylin Bridges (ici) montrant, outre des blockhaus, la pointe de la Crèche, un cimetière militaire et des watergangs.

Transphotographiques 2010 – Rapide retour

Hier samedi, petite promenade à Lille pour les Transphotographiques, 3ème édition à laquelle je rends visite. Départ 7H58, retour 19H00, une heure de TGV et 38 euros A/R. Déjeuner comme l’an passé à la brasserie la paix (25 place Rihour) pour 18 euros (salade foies de volaille, joues de porcs, crème brulée), service sympa et rapide pour un menu brasserie classique et constamment renouvelé (miam).

Accessoirement, c’était la gay pride à Lille hier (avec un défilé et des stands face au palais des Arts) ce qui explique peut-être une présence policière très visible l’après-midi.

Les Transphotographiques, c’est une manifestation gratuite, l’accueil est sympathique (pas de garde-chiourme à vos basques) et l’on évite à la fois les intellos et vieux-beaux ainsi que les parasites cherchant à fourguer leur production ou à se montrer. D’un point de vue très pratique, on trouve des toilettes ainsi que des banquettes pour se reposer de ses pérégrinations dans pas mal de sites, un détail parfois oublié par certains festivals.

Quant à la sélection, elle nous évite les vieux barbons célèbres pour privilégier de jeunes talents, parfois à peine émergés et montrer aussi des artistes issus de pays un peu « exotiques » (vus de France).

Un bémol cette année toutefois, la volume un peu réduit des expos, leur dispersion en dehors de Lille (même si l’essentiel de trouve dans un rayon d’une demi-heure à pied autour de la gare) et la fermeture de certains sites un peu imprévue (Le Tri Postal hier et ce matin, la Maison de la photographie samedi prochain, par exemple).

Quant à Lille, on regrettera (dès 9 heures du matin) la succession de famille de mendiants avec de jeunes enfants dans la rue qui relie la gare au Vieux-Lille et on appréciera Meert et ses gaufres (13,5 euros les 6, 25 euros les 12).

Transphotographiques – Lille – Palais Rameau (suite et fin)

Ce billet clôt la visite au palais Rameau et achève également le cycle de billets consacrés aux Transphotographiques qui s’achèvent le 12 juillet prochain à Lille.

Bara Prasilova nous montre des photos rêveuses, d’une grande douceur où les modèles semblent un peu perdus ( 1 000 euros) et qui auraient eu parfaitement leur place à l’édition 2008 de la manifestation, alors consacrée à la mode, domaine dans lequel elle a été récompensée. Le site de Bara Prasilova est ici.

Florence Lebert, dans sa série mer(s) noire(s) montre une multitude de petits formats couleur en bord de mer. Une série très sympathique, fraiche et estivale avec de vrais morceaux de nostalgie dedans, mais pas à vendre. Son site est ici.

Oiko Petersen (son site ici) est vraiment très fort. Lui aussi aurait pu postuler l’an passé en catégorie photo de mode avec cette série hilarante Guys. From Poland with love. La série est plus légère que Downtown (billet ici) mais fait vraiment un gros effet et il n’y a pas de raison de s’en priver. Ces hommes aux tenues les plus improbables sont irrésistibles (en tout bien tout honneur).

Et le mot de la fin sera pour Dita Pepe et Petr Hrubes (en binôme) et Dita Pepe (toute seule – son site ici). Toute seule je l’avais déjà vue au centre tchèque à Paris et aussi au Septembre de la photo à Lyon en 2008 (billet ici) donc je vous reposte pas des photos. Ceci dit cela reste à mes yeux intéressant comme exercice. Pour mémoire, Dita se déguise pour devenir comme son modèle et pose ensuite à ses côtés faisant ainsi de curieux autoportraits.

Quant au couple Dita+Petr (au travail et à la ville), il œuvre davantage, dans bodysofa, dans le mélange entre photo de mode et photo créative et le mélange entre mannequins et gens ordinaire, vêtements ordinaires et robes de créateurs.

Transphotographiques – Lille – Palais Rameau

C’est pour moi le clou du spectacle des Transphotographiques que le Palais Rameau

D’abord, on ne peut manquer le lieu, qui n’a pas grand chose d’un palais mais dégage une forte présence. L’an dernier je n’avais pas vu ce lieu, j’ignore si je l’avais raté où s’il est nouvellement investi cette année.

transphoto---palais-rameau

Ensuite, les photographies présentées couvrent aussi bien le domaine de la photo de mode que celui de la photo dite « plasticienne » que celui du photoreportage et proviennent aussi bien des grands noms que des plus modestes (voire d’amateur comme Dominique Sécher).

Enfin, le volume exposé est bluffant et c’est gratuit !

D’entrée de jeu on est placé face à une accumulation impressionnante (je n’ai pas compté mais il s’agit  de plusieurs dizaines) de clichés de Stanley Greene de l’agence Noor qu’on ne présente plus et déjà vu chez Polka (billet ici) et au casino Luxembourg (billet ici). C’est un reportage de guerre, violent, en noir et blanc rugueux, de petit format classique, dans le Haut Karabagh. Le résultat est frappant, la masse de photos fait toutefois un peu barrage à la longue : c’est un peu trop, et particulièrement déprimant.

Pour se remettre de ses émotions, on peut aller voir Patrick Demarchelier (c’est vraiment le grand écart) avec ses photos de mode, d’une part une série en couleur où un mannequin est en présence d’une … vache (meuh oui) et d’autre part une série noir et blanc de Natasha Poly qui ferait b***** un mort (et qui a fait le couverture de la revue Photo de mai 2009, partenaire de la manifestation). Là-dessus, il y a peu à dire.

Dans un registre un peu plus sérieux, c’est quand même un canon, non ?, le collectif Sputnik montrait des histoires illustrées sur le thème du travail clandestin à travers des panneaux mêlant textes (en anglais) et (petites) photos. Je ne reviens pas sur Andrej Balco qui présentait la même série qu’au septembre de la photo à Lyon en 2008 (billet ici). Quant aux autres, ils nous montre le coupage d’alcool (Jan Brykczynski, illustration ci-dessous), des militaristes (Filip Singer), un camerounais footballeur (Manca Juvan), le sort de georgiens en Pologne (Agnieszka Rayss), et d’autres choses encore par Rafal Milach, Domen Pal et Justina Mielnikiewicz. Je passe un peu vite car ce n’était pas très passionnant même si les problématiques rencontrées dans ces pays se retrouvent aussi en Europe de l’ouest. Le site des transphotographiques indique (ici) le site de Sputnik et celui de chaque auteur lorsqu’il en ont un.

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Je passe aussi vite fait sur Dominique Sécher (son site ici) qui nous parle, vous savez quoi ? de Roms ! Ah oui, ce n’est que le troisième photographe à en parler aux Transphotographiques. Mais cette fois, ils sont encore plus joyeux et paraissent même riches, ainsi photographiés dans de grands formats couleur. Il faut dire que ceux-là ne sont pas des parias en Europe de l’Est ou « en transit » à Lille (ce qui est moins mal) mais tiennent un cirque, le cirque Romanès (ce qui est encore mieux). Ils ont d’ailleurs un site web (ici) avec le planning des tournées.

Avant de faire un autre billet sur ce qui m’a vraiment plu au Palais Rameau, je vous touche deux mots du « projet frontières » . Je n’ai vu que trois auteurs, Kai Ziegner, Thomas Pospech et Thomas Rykaczewski alors que le site web des Transphotographiques en annonce 5. Bizarre. j’ai peut-être raté quelque chose.

Kai Ziegner nous montre, avec difficulté en raison de reflets sur les vitres, des photos de l’est assez banales tandis que Tomas Pospech (son site à l’interface inhabituelle est ici) nous montre des photos d’une usine LG à Hranice dans un grand panneau de 14 *7 photos mais il « triche » car il plusieurs fois les mêmes photos sur le panneau. Au lieu des frontières de l’est, Tomasz Rykaczewski (son site ici) choisit de montrer les frontières intérieures avec de saisissants portraits noir et blanc ou coleur, sobres et ambigus où le sexe des personnages reste indéterminable.

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