Galerie Magda Danysz – Erwin Olaf – Dusk et autres séries

La Galerie Magda Danysz (78 rue Amelot et ici) présente une nouvelle fois, en partenariat avec FlatLand Gallery (site ici), le travail de Erwin Olaf. Vous pouvez faire un saut sur le site en tout point remarquable du photographe qui y présente en grand format sa production (ici).

Bien que la communication de la galerie (par mail) porte surtout sur Dusk, la dernière série d’Erwin Olaf, il y a très peu de pièces de cette série (deux, me semble-t-il). Le style est très original puisque ces photos sont entre le gris et le noir et portent de manière allusive sur l’esclavage (aux États-Unis) avec des mises en scènes renvoyant à cette période par les costumes, les intérieurs, les poses et la contenance des personnages.

 

L’accrochage ne montre pas de reflets parasites ce qui est remarquable (vu qu’il s’agit de teintes sombres) et les cartels sont enrichis de commentaires bienvenus, en anglais et en français. Dommage en revanche que ces derniers soient ornés de fautes d’orthographe.

L’autre série à découvrir c’est Laboral escena et c’est celle-ci qui est mise en avant sur le site de la galerie. Il s’agit de reprises de tableau classiques espagnols comme l’Apolonia de Zurbaran (même le site d’Olaf comporte une erreur en indiquant ZUBARAN). Cette série échappe au diasec et au format géant chers à Olaf.

 

C’est très esthétique et propre mais je ne vois pas bien l’intérêt d’une copie servile. Dans un genre voisin, et on ne quittera pas les Flandres, je préfère les travaux où une ré-interprétation des classiques est effectuée par le photographe comme le travail de Carla Van de Puttelaar (site ici) dont la dernière série évoque Cranach (billet ici) ou le travail de Hendrik Kerstens (illustration ci-dessous tirée de son site, ici).

D’autres séries sont aussi présentées ce qui en fin de compte constitue un survol du travail d’Olaf, dommage ne pas avoir consacré tout l’espace à Dusk par exemple. On peut ainsi voir ou revoir, Mature, Paradise the club et aussi Separation. Mature met en scènes des femmes âgées dans des tenues de pin-up voire de prostituées, Paradise the club montre des scènes de débauches festives avec des clowns déjantés et Separation montre un enfant et sa mère (du moins peut-on le supposer) tout les deux en tenue SM (latex et tout).

C’est jusqu’au 10 octobre 2009 et cela vaut la peine d’être vu.

Galerie Esther Woederhoff – van de Puttelaar, Ogoro et Jacot

La Galerie Esther Woederhoff (ici) présente jusqu’au 7 juillet (il est temps de se presser) les travaux de Carla van de Puttelaar, Kumi Ogoro et Monique Jacot.

Carla van de Puttelaar (son site ici) commence à être connue (vous pouvez voir son travail dans Photos Nouvelles n°55 de janvier-février 2009) et, pour ma part je suis fan. Elle présentait trois travaux déjà vus en format carré ( 3 200 euros encadrés) mais surtout le clou de l’exposition, à savoir 9  petits formats verticaux (79*39) de sa série Cranach (2 250 euros non encadrés). Ces tirages existent aussi grandeur nature en 205 * 78. Regardez le type de modèle (sa conformation, sa carnation, etc), la tenue portée (ou son absence), le fond toujours noir, la position des pieds et des mains et regardez aussi le reste de la série. A côté, deux Vénus de Cranach.

Kumi Ogoro (son site ici) montrait de grands formats (100*100) sous Diasec (2 300 euros en éditions de  5). J’avais déjà vu son travail dans l’autre revue francophone de référence (en fait trilingue car belge), View Photography Magazine (leur site ici).

 

Ces deux photographes ont été publiés chez Le caillou Bleu, encore une référence belge à retenir (site ici). Chez eux j’ai acheté le bouquin de Frank Rothe, Running Through The Wind.Tant que j’y suis je mentionne aussi Husson comme éditeur belge de livres de photos (leur site ici). Chez eux, j’ai acheté  Rhizome oriental de Philippe Herbet. Je vous conseille naturellement ces deux bouquins.

Dans ce contexte, le travail de Monique Jacot (de petits noirs et blancs argentique en 30*40 à 900 euros) paraissait un peu décalé et, pour tout dire, la génération 1934 (Monique) semblait un peu dépassée ou, au moins, pas à sa place, aux côtés des générations 1967 (Carla) et 1972 (Kumi). Son parcours brièvement résumé se trouve ici.

Allez voir cette expo, c’est jusqu’au 7 juillet 2009.