Rencontres de la photographie d’Arles 2010 – Espace van Gogh

L’Espace van Gogh ferme la marche des sites officiels situés à proximité immédiate de l’Hôtel de ville que j’ai vus dès le 1er jour.

Cet espace est habituellement le parent pauvre sans compter que l’an dernier on s’y gelait. Cette année il y faisait une température normale. Pour le reste, l’amélioration est réelle mais limitée.
Lea Golda Holterman dresse le portrait de jeunes juifs orthodoxes, indiscutablement de beaux jeunes gens, mais si le panneau invite à se remémorer Caravage, il est dommage de ne pas apporter aux non juisf quelques clés de lecture juive. Comme je n’ai toujours pas publié sur ma visite en octobre dans le East End londonien, je ne peux citer le billet mais j’y avais vu chez TheprintSpace le travail de Frederic Aranda (Kosher Face) qui m’avait bien plus scotché et qui bénéficiait d’explications poussées notamment sur la tenue vestimentaire des juifs orthodoxes.

Toujours au re-de-chaussée une exposition consacrée à l’autoportrait qui s’avère un peu fourre-tout car on trouve des autoportaits parfois involontaires (miroir) ou limités à des ombre (Ronis, Kertesz) ou deliberes (Man Ray) mais parfois aussi ce ne sont pas des autoportraits (Dora Maar) voire pas des portraits  (atelier Atget). De nombreuses photos sont l’œuvre d’illustres inconnus: on se demande ce qui a légitimé de les retenir (peut-être des explications sur ce choix auraient été bienvenues). Les vitrines montrant un bric à brac indiscernable. Précisons que cette exposition a été montée par la Mission photographie, excroissance étatique fraichement apparue (25 mars) avec la bénédiction ministérielle, de là à dire qu’il fallait être présent même sans avoir rien à dire, c’est là un pas que je ne franchirais évidemment pas.

Enfin, comme il n’est pas de bonne exposition sans un chinois (il fut un temps encore récent ou avoir un palestinien était bienvenu,  comme quoi les temps changent), c’est au tour de Zhang Dali. Bien entendu, il est un peu contestataire. Ce brave monsieur s’est livré moins à un travail de photographe qu’à un travail d’archiviste en cherchant les photos originales ayant servi à réaliser des truquages (supprimer des gens mais aussi des pots de fleurs ou des banderoles ou carrément faire un photomontage) au service du Parti et de Mao en particulier. Ce sont là des faits de notoriété publique appris à l’école qui concernent aussi l’URSS. Autant dire qu’à l’image 13 on fatigue, arrivé à la 26 on baille et à la 37 on presse le pas et quand, enfin, on arrive devant la 57, on ressent comme le soulagement du devoir (de visiteur) accompli. Une bonne exposition mais trois fois trop longue.

A l’étage, c’est une infime fraction des polaroids que la filiale européenne a laissé en dépôt au musée de l’Elysée qui sont montrés. Ils sont menacés car la firme a fait faillite et le volet américain de la collection passe aux enchères judiciaires bientôt: le volet européen pourrait suivre. Magnifique opportunité et utile aussi que nous avions là que de montrer ce travail au public et de faire action de sensibilisation, pour ne pas dire de solidarité: eh bien c’est raté.

Les œuvres proviennent rarement de grands noms et on croule sous les clichés sans intérêt (même issus de grands noms d’ailleurs): c’est plus du remplissage qu’autre chose et il est vrai qu’avec des polaroids, il en faut pour remplir… (qu’on se rassure il y a aussi des grands formats). . . Cerise sur la gâteau, on n’a rien trouvé de mieux à faire que de numéroter les œuvres et de renvoyer à une feuille: c’est lamentable, il n’y a pas d’autre mot. Si cet exercice grotesque est encore tenable en galerie avec un public expert qui fait face à dix ou quinze œuvres, c’est se moquer du monde quand on est face à 50 ou 100 œuvres.

Alors voilà, il suffit de se limiter à la 1ère salle de Dali et de passer une tête chez Léa et ce sera bien, inutile de monter à l’étage.

Rencontres d’Arles – Espace Van Gogh – Delpire

Comme l’an dernier (billet ici), l‘Espace Van Gogh est toujours aussi mal organisé et on se pas vraiment par où entrer, par où sortir et comment circuler. Par ailleurs, lors de ma visite, il faisait une température glaciale à l’intérieur (29° dehors). Quant au contenu, comme l’an dernier, il s’agit essentiellement d’édition et, une fois de plus, cela ressemble plus à du remplissage qu’à autre chose : si les Rencontres n’arrivent pas à trouver de la matière pour emplir utilement un aussi vaste espace, je suggère d’y renoncer où de se limiter à une salle ou deux, comme au cloitre Saint-Trophime.

Le seul intérêt de l’exposition c’était la boutique qui permettait de découvrir des magazines pas forcément très connus en France comme Foam, Ojodepez ou Photoworks (quoi que certains titres soient trouvables à la MEP comme Foam). Au passage, j’ai ramené Ojodepez (10 euros) de mon séjour à Madrid et je conseille la lecture de cette excellent revue.

Pour en revenir à l’exposition consacrée aux éditions Delpire, on trouvait un mur recouvert de facsimilés de la couverture de ses bouquins, des livres de voyages, les grands classiques de Delpire (Les américains de Frank ou, plus récent, 12345 de Sarah Moon, etc). Rien n’est sauvable du naufrage à part peut-être la mini-exposition consacrée à des photographes importants dans l’histoire de ce medium, dont le travail est illustré par une œuvre et une biographie (Man Ray, Rodtchenko, Strand, Steichen, Man Ray, Nadar, Bertillon, etc).

Dans la cour, quelques marchands de livres de photographies se tenaient prêts à plumer le pigeon à proposer leurs ouvrages. Pour ma part j’ai vu un livre intéressant quoi qu’un peu insolé en couverture mais en regardant le prix sur Internet j’ai constaté que le prix demandé à Arles n’était pas loin du double de celui proposé sur Internet. Bref.

Une exposition à réserver aux collectionneurs et passionnés de livres de photographies; les autres passeront leur chemin avec profit.

Rencontres de la photographie d’Arles – Espace Van Gogh

L‘Espace Van Gogh, toujours au voisinage de la place de la République, est dédié à la mode, ou plutôt à la photographie vestimentaire, ce qui est la moindre des choses puisque Christian Lacroix est le grand manitou de ces 39ème Rencontres.

Autant le dire tout de suite, à part le jardin richement fleuri, sa jolie fontaine et l’atmosphère de calme et de fraicheur qui s’en dégage, cet espace ne donne pas beaucoup de satisfactions. Le seul point positif est l’effort pédagogique dans la rédaction des cartels ce qui mérite d’être souligné car cela manque souvent cruellement sur les autres sites. Autre point positif, c’est un peu la moindre des choses mais, là-encore, cette condition n’est pas toujours remplie : l’éclairage est bon !

L’exposition commence par des photos de dépôt de modèle : on apprend à cette occasion que la création de modèles (de vêtements et d’accessoires)  a fait l’objet, dès les années 30, d’une protection juridique dont le support est le dépôt de photos des modèles. Les choses sont bien expliquées mais face à une telle avalanche de photos, il est difficile de savoir où et quoi regarder (à moins d’être expert), à part succomber au charme suranné des « garçonnes » qui constituent l’essentiel du stock.

Ensuite nous sont montrées des photos des vitrine du Printemps dans les années 50 par Sabine Weiss. Bof. Plus loin, dans l’obscurité, sont projetées des photos de podium de défilé de Marineau. Bof. Plus loin encore sont éparpillés sur une table des « look books » et catalogues de collection. Ennuyeux et poussiéreux.

Dans les deux dernières salles ont a droit une collection de catalogues (encore) et dans la dernière à un méli-mélo de blogs et de magazines. A oublier.

On est content de retrouver la lumière, les fleurs du jardin et la fontaine.

Rencontres de la photographie d’Arles – Entrer voir

Convaincu et sur place, vous voulez maintenant aller voir les expositions

Il se trouve que les deux tiers d’entre elles sont payantes, de 5 à 11 euros, 7 euros souvent (par exposition, c’est cher !).

Vu que vous venez de Paris, vous ne vous êtes pas déplacé pour des prunes donc vous voulez en voir le maximum donc la solution c’est le pass qui coûte soit 35 euros soit 40 euros. La différence c’est que dans un cas vous avez droit à une seule entrée dans chaque site alors que dans l’autre, c’est illimité. J’ai donc pris le pass à 35 euros.

Le plus simple pour quérir votre pass c’est, en sortant de la gare, d’aller vers la gauche, vers le centre-ville (de toute façon, à droite c’est un terrain vague et en face c’est le Rhône). En 5 minutes vous serez à l’arène et, à droite dans la petite montée, il y a une maison où sont vendus ces pass. L’accueil y est sympathique et vous aurez en cadeau un joli plan pliable qui vous permet de vous repérer à Arles les doigts dans le nez.

Comme je suis un blaireau, je n’ai pas pris ma carte FNAC qui donne droit à une réduction sur ce forfait (26 euros). Il n’y a pas de réduction sur le pass à 40 euros et il est en vente sur moins de sites donc bof.

Pass Arles 2008

Pass Arles 2008

Le code-barre est lu lors de votre entrée sauf quand ça ne marche pas auquel cas on pose une croix sur le n° du site à droite.

Vous noterez en bas qu' »il est interdit de photographier les œuvres » (mais apparemment tout le monde ou presque s’en moque).

Il y a les horaires aussi : sauf exception rare c’est 10H-19H (un site ferme entre 12H et 14H et un autre ferme à 18H mais c’est tout).

Avec ce pass vous avez droit à deux visites guidées d’exposition.

Pour ma part, la visite des Ateliers (un des principaux sites) ça a été deux heures de perdues, les commentaires étant proches du zéro : autant le guide connaissait pas mal le contexte du travail d’Huguier qu’il avait rencontrée, autant ça a été très léger sur Walker et Fosso et inexistant sur Gonnord et Korganow. Sans doute cela dépend-il aussi du guide.

Il faut préciser aussi que le pass donne droit à des réductions : l’accès au musée de l’Arles antique est gratuit, le Musée Réattu à demi-tarif et la Fondation Van Gogh aussi.

Demain on finira les apects pratico-pratique avec boire, bouffer et dormir à Arles.

Rencontres de la photographie d’Arles – Ce que c’est

Chaque année, depuis 39 ans, se tiennent les « Rencontres de la photographie« , à Arles (dans les Bouches du Rhône). C’est, comme dit l’autre, « l’événement photo incontournable de l’année », parrainé en 2008 par Christian Lacroix, créateur de mode et arlésien.

Amateur encore récent de photographie, et casanier de surcroît, je ne me suis jeté à l’eau que cette année. A peine remis de mes efforts, je vais vous livrer mes impressions au cours des prochains jours mais, pour commencer, deux mots sur ce qu’est cette manifestation.

Ces Rencontres, ce sont de multiples expositions de photographies qui se déroulent du 8 juillet au 14 septembre 2008. L’ensemble des sites d’expositions, au nombre de 19, et complété de deux sites « partenaires » (FNAC et SFR) est situé à Arles et est visitable à pied, hormis, peut-être, l’Abbaye de Montmajour, le seul que je n’ai pas visité (avec la piscine).

Il est à noter qu’un de ces sites devait être fermé dès le 17 août et que 7 d’entre eux sont clos le 31 août : mieux valait donc se rendre sur place avant cette date au risque de ne pouvoir visiter la moitié des sites (8 sur 19).

Au-delà de ses sites, d’autres ont un caractère plus temporaire et moins ambitieux : ils ne figurent pas explicitement sur le plan fourni par les « rencontres » et sont « démontés » au fil de l’eau.

Ces Rencontres, ce sont aussi des occasions de côtoyer des photographes (sinon, ce ne serait plus des rencontres…). Cette période d’échanges a eu lieu lors de la semaine d’ouverture, du 8 au 13 juillet 2008. Au programme : des colloques et conférences, des stages de photographie avec des professionnels, etc.

J’ai voulu éviter la foule donc je suis allé plus tard en visite mais je ne sais pas si c’est un bon choix. En tout état de cause, je n’ai pas été bousculé par les visiteurs et c’est justement ce que je recherchais. Le principal regret c’est d’avoir raté le « off« .

Ces Rencontres ce sont enfin des manifestations « autour » du festival comme cette année au Musée Réattu, revisité par Lacroix qui a sélectionné les œuvres du fonds Réattu, invité des artistes de son choix et intégré son propre travail (robes hautes coutures, croquis préparatoires, tapis). Accessoirement, les « pass » des Rencontres donnent des réductions sur des manifestations diverses (le Musée Réattu mais aussi l’exposition Combas à la Fondation Van Gogh, etc).