Anniversaire – Edward Steichen (27 mars 1879 – 25 mars 1973)

Edward Steichen est né le 27 mars 1879 : il aurait donc 130 ans aujourd’hui.

Edward Steichen nait au Luxmbourg mais émigre aux Etats-Unis dès 1881. Son travil pictorialiste est remarqué lors d une exposition à Londres dès 1900 et da première exposition personnelle se tient à Paris en 1902. Il collabore alors avec A. Stieglitz  à la création de la revue Camera work et de la Galerie 291. Il cesse sa collaboration avec Stieglitz en 1914 et rejoint l’armée, comme photographe, en 1917. Il abandonne dès 1919 sa pratique pictorialiste et se tourne vers la photographie, presque abstraite, d’objets, puis travaille pour Vogue et Vanity Fair où il se spécialise dans le portrait et la photographie de mode. Célèbre, un ouvrage lui est consacré dès 1929. Il arrête ses travaux en 1947 pour diriger le département de photographie du MOMA où il monte en 1955 une exposition fameuse qui fera date : The family of Man. Il se retire en 1962 et publie sa biographie en 1963.

L’illustration ci-dessous en provenance du Musée de l’Elysée est l’une des plus célèbres photographie prise par Edward Steichen. Il s’agit de l’actrice Greta Garbo.

Anniversaire – Bettina RHEIMS (18 décembre 1952)

Aujourd’hui 18 décembre 2008, Bettina RHEIMS a 56 ans.

Bettina RHEIMS est né le 18 décembre 1952 à Paris. Fille de l’académicien Maurice RHEIMS, a été mannequin puis galériste avant d’être photographe, depuis 1978. Elle travaille pour la mode et la publicité ainsi que pour des magazines comme Marie-Claire ou Vogue. En 1984, elle se voit confiée par Sygma des portraits de personnalités et, dans ce registre, on lui en doit, en 1995 la photographie officielle de Jacques Chirac et, en 2007, un reportage sur Nicolas Sarkozy pour Paris Match. Bettina RHEIMS poursuit un travail axé sur les femmes, souvent  jeunes et belles et un peu provocantes. En 1989, elle publie Female Trouble, qui regroupe ses travaux sur les femmes. Sa dernière série, Just like a woman, montre des jeunes femmes entre orgasme et souffrance, en grand format couleur (ci-dessous).  Elle expose régulièrement depuis 1981 et a publié de nombreux ouvrages. Une exposition rétrospective a été consacrée à son travail dès 1987 à l’Espace photographique de la Ville de Paris.

Rencontres de la photographie d’Arles – Atelier de maintenance

Dernière ligne droite pour cette série d’articles sur les rencontres d’Arles. Il faut se dépêcher car tout, ou presque, s’arrête aujourd’hui, 14 septembre.

Nous allons quitter le centre d’Arles, provisoirement, pour rejoindre une friche industrielle  : les anciens ateliers de la SNCF ( » le parc des ateliers« ). On peut facilement y aller à pied depuis le centre d’Arles, en plus c’est bien indiqué. Le site est vaste et occupé par plusieurs hangars (certains disant « halles » pour faire classieux), posés au milieu d’herbes (forcément folles) sur un gravier ornés de vestiges divers de l’activité ancienne du site.

Le premier hangar à visiter est l’Atelier de maintenance. Ce qu’on y voit est de qualité et il y a de la masse, c’est du lourd.

Tim Walker est un photographe de mode et les œuvres présentées sont en nombre considérable. Les qualités plastiques des photographies égalent celles des modèles. Adepte de photographies sans trucages numériques, vous pourrez repérer dans son travail des fils qui traînent, remarquer que le grand poisson dans une photo est lui même une photo ou vous extasiez devant les voitures habillées de tricot (a priori, on aurait dit les fameux pull d’Aran).

Vous pourrez voir « Iekeliene » pour Vogue Italie (il s’agit de Iekeliene Stange, chez Marilyn Agency),  « Lily Cole and giant pearls », Lily Cole « wadhwan gujar – India », Karen Elson « english sunbathing », Coco Rocha « surreal story », Kirsty Hume and Trish Goff « someraults ». A priori ce sont des travaux de commande, souvent pour Vogue, mais ce n’est pas toujours indiqué. Les tirages couleur sont souvent de grand format sans être monumentaux, d’un style toujours si « anglais », un peu « Alice au pays des merveilles », aux couleurs pastels.

Son agent présente une part significative de son travail. Je reproduis la photo la plus parue dans la presse à l’occasion des Rencontres, « LiLy Cole and giant pearls ».

Dans la salle suivante, on trouve Charles Fréger. Ce n’est pas le même genre, c’est sensiblement moins glamour.

Fréger poursuit avec méthode un travail d’importantes séries sur les « groupes » (majorettes, soldats, sportifs, travailleurs, etc) repérables par leur habillement. Son site web est remarquable par la couverture de son travail : on a l’impression que rien ne manque dans cet ordonnancement méthodique.

Les séries présentées sont des soldats, hélas les légendes sont absentes, ce qui est lamentable à l’heure des audio-guides, mp3 et autres (un pauvre cahier est néanmoins disponible à l’entrée).

Les formats sont géants contrairement à ce que j’avais vu en Belgique à l’espace ING et, plus récemment, à la Galerie Le bleu du Ciel à Lyon.

L’accrochage est intelligent et combine divers de séries : même tenue avec le soldat qui change, même corps et même fonds avec le grade qui change , série équestre, visages casqués de profil, etc.

Je vais juste vous faire saliver avec la couverture d’un de ses ouvrages (« Portraits photographiques et uniformes »), pour le reste, aller voir. Si vous ratez l’exposition, vous pouvez le voir en galerie.

Avec Vanessa Winship, on reste dans l’uniforme mais porté cette fois par des écolières. La dignité de ces enfants pauvres et leurs regards sont éloquents. J’avais déjà vu ce travail sur le site web de la galerie qui la représente et je n’avais pas réagi. Peut-être aussi n’avais-je pas vu la série présentée (Sweet Nothings: Rural Schoolgirls from the Borderlands of Eastern Anatolia) que l’on trouve sur son site. Il faut bien avouer que, « en vrai » le résultat produit est spectaculaire et ce d’autant que les tirages sont présentés sans la protection d’un verre et ne sont donc pas défigurés par les reflets.

Françoise Huguier présente Komunalka. Selon le guide, qui avait rencontré Huguier, 10% de la population de Saint-Pétersbourg vivrait à l’étroit dans ces appartements communautaires, puisqu’il s’agit de cela dans son reportage (elle travaille pour Rapho). Il s’agit surtout de femmes seules avec enfants et depuis peu les logements peuvent être achetés (ils avaient été collectivisés en 1918). Disons le tout de suite, ce travail m’a déplu. Le misérabilisme m’agace et montrer des filles russes pauvres et à poil me semble plus que facile : le guide prétend que c’était le souhait de Natacha, principale protagoniste que de se dénuder. Combien a-t-elle gagnée dans l’affaire ? D’après notre guide, toujours, Huguier a des visées « plastiques » au-delà du photoreportage. Bien. C’est peut-être pour cela qu’il y a des filles à poil, peut-être que ça fait vendre en galerie. Ce travail aurait gagné à rester dans un magazine accompagné de commentaires et d’un texte abondant car présenté ainsi, sur les murs, on ne voit pas vraiment le propos. C’est un bon photoreportage qui aurait en rester là.

On pourra toutefois souligner que la scénographie a été soignée puisque l’expo se déroule dans des « pièces » qui reconstituent un appartement, un bel effort que je n’ai pas vu ailleurs, me semble-t-il, aux Rencontres.

Jean-Christian Bourcart nous montre des photos de mariages. La présentation ne dit pas s’il en est l’auteur. Quoi qu’il en soit, voilà une exposition qui n’aura pas coûté cher : le recyclage de photos de mariés ridicules ne m’a pas du tout séduit comme vous l’aurez compris. Décidément le mariage est bien mal traité à Arles (on se souvient des photos de mariage d’arlésiens exposées au Palais de l’Archevêché). Je ne nie pas avoir esquissé un sourire en lisant « c’est toute des putes » (sic) gravé sur un banc où se trouvent deux mariés, mais bon, c’est un peu les blagues à toto cette exposition.

En contrepoint, c’est le moindre qu’on puisse dire, on passe de la farce à la tragédie avec Achinto Badhra. Elle nous montre à voir la projection de photos de jeunes filles (pour ne pas dire d’enfants) qui se sont déguisées pour « exorciser leurs peurs » (c’est un peu éculé, désolé). Ces gamines ont été victimes de la drogue, de viols, d’abandon, etc. le sujet est terrible et j’ai toujours un mouvement de recul sur des thèmes pareils. D’une manière générale, la photo de reportage ne m’intéresse guère, surtout quand on cherche à faire sensation, et même pour une bonne cause. Comme pour Huguier, la représentation du travail aurait du rester dans la presse mais, au-delà de Huguier, le travail de Badhra repose sur une véritable action menée avec la Fondation Terre des Hommes, c’est ce qui fait toute la différence entre un engagement et un simple témoignage.

Au final, ce que je retiens, c’est Fréger, Winship et Walker.

Rencontres de la photographie d’Arles – Église des Trinitaires

L’Église des Trinitaires est dans le centre d’Arles, près de la place de la République. Elle fait face au Museon arlaten qui, quant à lui, présente cinq immenses photos des salins par Patrick Box (accessoirement, on y trouve des toilettes propres et peu fréquentées). Je n’insisterai pas davantage sur l’exposition présentée dans ce musée des arts et traditions populaires arlésiennes.

Dans l’église, en revanche, vous verrez une exposition, modeste encore une fois, mais ce n’est pas plus mal, consacrée à Vogue, et plus spécifiquement aux natures mortes chez Vogue. La poussière tombe du plafond et certaines photos sont gondolées, c’est dommage mais, dans l’ensemble, on voit des choses intéressantes et il n’y a pas de reflets.

On peut voir des tirages de célébrités comme Bourdin et Horst mais aussi des noms moins connus comme Erwan Frotin qui présente d’étranges compositions de fruits et d’instruments de chirurgie, Rutledge qui montre des chaussures comme des sculptures ou des éléments d’architecture et Lagrange qui nous donne à voir des fruits. Comme ils ne sont pas (encore) célèbres, ils n’ont pas site web : vous serez obligé de venir voir l’exposition.

La fin du mois d’août approche et donc les 1ers décrochages mais cette exposition est visible jusqu’au 14 septembre.

Rencontres de la photographie d’Arles – Marcus Tomlinson

A deux pas des Arènes se trouve l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie et là, dans un petit espace, baptisé Galerie Arena, caché derrière un rideau noir, se trouve le travail de Marcus Tomlinson.

Il ne me semble pas que beaucoup de blogs aient évoqué l’instant magique que l’on vit, plongé dans l’obscurité, face à une vidéo intrigante à la musique hypnotique (par Kunja Bihari).

C’est d’ailleurs une chance d’avoir vu cela car, à dire vrai, je fais une allergie à la vidéo.

Bref.

Allez-voir vous-même car ce n’est pas racontable et franchement, les sites web qui présentent son travail, que ce soit le sien ou celui de sa galériste, ne lui rendent pas justice.

En plus de la vidéo, sont exposées quatre photographies dont l’éclairage lumineux de couleur changeante donne une perception étonnante.

Précisons également que cette exposition modeste (par sa taille) ne doit pas faire perdre de vue que Marcus Tomlinson n’est pas n’importe qui : photographe de mode britannique, il a travaillé avec des revues prestigieuses comme Vogue, des créateurs de premier plan comme Lacroix et son travail a été exposé au Tate Modern et au Barbican Center (rien de moins).

J’irai sûrement revoir les photographies (kinetic 1 et kinetic 4) à Paris.

Anniversaire – Man Ray (27 aout 1890 – 18 novembre 1976)

Aujourd’hui 27 aout, c’est l’anniversaire de la naissance de Man Ray qui aurait eu 118 ans.

Comme je n’ai pas trouvé de notice biographique décente sur le web (il y a bien des biographies nulles mais je ne donnerais pas les liens), je vais vous tracer son parcours rapidement.

Man Ray en deux lignes

Man Ray est un artiste américain qui a été photographe et a vécu longtemps en France au contact de l’avant-garde artistique. Si vous voulez briller en société, sachez que son vrai nom est Emmanuel Rudnitsky.

Man Ray en dix lignes

Man Ray, vers 1915, découvre la photographie qu’il utilise pour reproduire ses tableaux : progressivement il détruit ces derniers et se consacre à la photographie. Duchamp, qu’il connaît déjà, l’invite à Paris en 1921 et le présente aux dadas. Il devient portraitiste de l’intelligentsia, rencontre le succès et fréquente les artistes de Montparnasse. En parallèle, il travaille pour la mode et notamment Vogue, dès 1925. Ces activités lui permettent de gagner sa vie et de se consacrer à des recherches personnelles. Il découvre le « photogramme » en 1920 et lui donne son nom (« rayogramme ») ainsi que la « solarisation » en 1930 (nu solarisé, 1933). Il se livre aussi à des expériences multiples de flou, de surimpression (Demain, 1924), à l’usage de la métaphore dans les titres de ses œuvres (la Prière, 1926), et bien sûr à l’humour (le violon d’Ingres, 1924). Man Ray sera aussi cinéaste et publiera un ouvrage en 1963 (self portrait). Il est l’objet d’une rétrospective dès 1966 au Los Angeles County Museum.

Ces éléments de biographie sont adaptés du Dictionnaire mondial de la photographie (chez Larousse).

Man Ray a fait l’objet d’une exposition récente à la Pinacothèque qui m’a laissée sur ma faim. La Pinacothèque c’est souvent racoleur, c’est toujours cher et parfois c’est décevant : je ne sais pas s’ils feront autant d’entrées en 2009 qu’en 2008. Pour ma part je serai plus sélectif dans mes prochaines visites.