Enchères – Piasa – Paris – 3 février 2012
Je crois que bien que c’est la 1ère vente 2012 significative consacrée à la photographie et ce sera à Paris chez Piasa le 3 février prochain. Le catalogue est ici. Ce n’est pas une grande vente (sauf par la taille – 361 lots): pas mal de livres, beaucoup de photographies anciennes, de photos coloniales, de mode, l’univers semble s’être arrêté dans les années 50. Peu voire pas de grands noms.
Michael Hoppen Gallery – Boris Savelev
Samedi dernier à Londres, visite chez Michael Hoppen Gallery au 3 Jubilee Place(métro South Kensington) pour découvrir le travail de Boris Savelev intitulé colour construction et qui dure jusqu’au 21 janvier il est temps de se presser). Cette galerie est remarquable et se trouve dans l’un des quartiers les plus huppés de Londres (en moins de 10 minutes, en y allant à pieds depuis la station de métro, j’ai croisé une Ferrari et une Rolls-Royce sans compter les Porsche et Bentley qui sont presque ordinaires dans le décor). Cette galerie que j’avais visitée en octobre dernier (billet ici) présentait le travail de Savelev sur les niveau de la galerie ouverts au public (1er et 2ème étage).
Le titre est explicite et ce qui frappe chez Savelev c’est l’exceptionnel talent de coloriste, la maitrise parfaite des teintes, le dosage de l’ombre et de la clarté, une sorte de texture presque physique portée par la photographie, souvent dépouillée de tout humain, urbaine et difficilement localisable (prises à Moscou, Madrid ou ailleurs, tout d’une certaine façon s’y ressemble). J’ai rarement vue des photographies qui produisent un tel effet et j’en ai pourtant vu des milliers dans des centaines de lieux: c’est peut être le travail de Ernst Haas qui s’approche le plus d’une telle maitrise de la couleur mais le russe le bat par la profondeur des teintes, ce travail de l’ombre et ses formats exceptionnels. L’accrochage en triptyque est également un puissant moteur d’attention en juxtaposant des oeuvres de manière rapprochée. Le site de la galerie donne des pistes sur la technique utilisée qui restent assez obscures pour le non-spécialiste, tout au plus comprend-on que les tirages sont réalisés par impression sur des feuilles d’aluminium préalablement enduites de gesso puis sont cirés lors de la finition mais la technique d’impression n’est pas détaillée. Enfin bref, quelle que soit le technique, je n’avais jamais rien vu de tel et les images issues du web ne sont d’aucun secours pour avoir une idée du rendu.
En bref – Annonce officielle – Les Rencontres d’Arles 2012
Mail reçu ce jour confirmant les dates 2012 des Rencontres d’Arles. J’avais déjà réservé :)
Les Rencontres d’Arles 2012 se dérouleront du 2 juillet au 16 septembre 2012, avec une semaine d’ouverture du lundi 2 au dimanche 8 juillet 2012. Le programme sera annoncé à l’occasion d’une conférence de presse au printemps 2012.
Hotshoe Gallery – Suzan van de Roemer – The Power of Resilience
Samedi dernier à Londres, outre la National Portrait Gallery (billet ici), il y avait Hotshoe Gallery au programme. Hotshoe c’est, en français, la “griffe” en photographie, là où se fixe un flash sur le dessus d’un appareil photo. Hotshoe c’est une galerie et un magazine aussi. Et comme il fallait que j’y passe, j’en ai profité pour regarder l’exposition en cours, très impressionnante. Suzan van de Roemer montre des portraits “en pied”, de grand format et en diasec comme pour des photos de mode, de victimes d’un terrible incendie aux Pays-Bas. Le drame a causé 14 morts et 180 blessés dont certains grièvement, la nuit du Nouvel An en 2001 à Volendam. Certains y ont perdu quelques doigts, d’autres un visage, d’autre encore la vie. Les survivants gravement brûlés nous sont montrés sous un jour favorable, plutôt souriants et en tout cas sortis d’un contexte hospitalier ou de souffrance mais leurs membres ou leurs visages disent la douleur qui a du être la leur et la difficulté du regard des autres. Un long texte près de chaque photographie donne la parole à chaque victime qui raconte les événements de l’époque et son expérience de survivant.
C’est jusqu’au 4 février 2012, chez Hotshoe au 29 – 31 Saffron Hill (métro Farringdon - la station est fermée le week-end en ce moment mais c’est très rapide à pied depuis Barbican). Attention tout de même, les images s’imprègnent durablement dans la rétine, je ne conseille pas l’exposition aux âmes sensibles ou au jeune public. En passant, je me suis demandé ce que fichait une colline du safran (“saffron hill”) à Londres et j’ai appris que l’Angleterre a été un producteur significatif de safran entre le 14ème et le 17ème siècle ;-) Autre info, la galerie vend aussi Portrait Salon mais j’ai oublié de l’acheter …

En Bref – STILL SEARCHING | AN ONLINE DISCOURSE ON PHOTOGRAPHY
Après le récent relevé de blogs consacrés à la photographie qui se sont éteints en 2011 (billet ici), voici une naissance et quelle naissance puisqu’il s’agit du blog du Fotomuseum Winterthur :-)
National Portrait Gallery – Taylor Wessing Photographic Portrait Prize
Hier à Londres, petite visite à la National Portrait Gallery, par un temps frais mais très ensoleillé, pour voir l’inratable Taylor Wessing Photographic Portrait Prize. J’avais acheté le livre de l’exposition déjà (et je tente de me procurer les catalogues passés à grand peine) et je voulais donc voir en vrai ce que cela donne. Comme la dernière fois, cela rend très bien, chaque photographie ou presque est frappante, intrigante ou simplement belle. Les commentaires permettent de restituer chaque image dans son contexte, c’est souvent important, et précise le CV de son auteur. Je conseille à tous ceux qui apprécie la photographie de se rendre urgemment à Londres ou à défaut d’acheter le catalogue, c’est vraiment remarquable. Cette année l’entrée est payante (mais pas beaucoup: 2 livres) mais fort inintelligemment le prix sera déduit du catalogue si vous l’achetez (13 livres au lieu de 15). Il y a avait pas mal de monde mais c’était un samedi après-midi et le public anglais est civilisé (on ne braille pas, on ne commente pas, on ne bouscule pas, on ne passe pas devant un spectateur).
Cela dure jusqu’au 15 février 2012 alors il ne faut pas tarder !
Il y a d’autres photographies à voir mais ce n’est pas terrible, en revanche si vous êtes fan de la série les Tudor actuellement diffusée en France, ne manquez pas non plus les salles qui leur sont réservées ;-)
Enchères – Leclere – 28 janvier 2012 – Marseille
La maison de vente Leclere à Marseille proposera de nombreuses pièces de design et d’art dont quelques photographies. Le catalogue est ici. Parmi les auteurs, on retiendra principalement Ronis et un ou deux tirages de Capa , Demarchelier, Erwitt ou Bailey.
Maison européenne de la photographie (MEP) – Programme d’hiver 2011
Comme j’en ai pris l’habitude désormais je visite la MEP par petits morceaux et c’est parfois une surprise car l’accrochage est partiellement renouvelé de temps à autre alors que les expositions principales, quant à elles, perdurent. C’est ainsi que j’ai découvert que Vincenzo Castella et Jose Medeiros avaient déjà cédé leur place. Le 1er montrait, en bas, les toits de Turin en diasec, quelques immenses panoramas (de Turin) et aussi des petites autos ce qui est somme toute normal quand on se rend compte que la plupart des photographies tournent autour du nouveau musée de l’automobile à Turin. Dans l’espace vitrine se trouvait le second, titré Candomblé, avec d’impressionnantes photos noir et blanc réalisées en 1951 au Brésil avec les détails d’une cérémonie d’initiation de jeunes femmes un brin sanguinolents avec sacrifices d’animaux et scarifications. Lors de la deuxième visite ces travaux étaient malheureusement remplacés par des vidéos de Kitsou Dubois, des acrobates de Quentin Bertoux et des photos aquatiques de Zir dans le cadre de “@rt outsiders” si j’ai bien compris.
Dans les étages se tenaient les expositions majeures avec d’abord Klein et Rome qui montrait un peu de tout depuis de la street photography jusqu’à de la photo de mode. L’exposition consacrée à la photographie albanaise est une étrangeté (qui se soucie de l’Albanie et de sa photographie ?) mais finalement, le caractère suranné des photographies (qui couvrent la période 1860-1945 environ) et leur intérêt ethnographique l’emporte. L’exposition de portraits de célébrités artistiques par Martine Franck ne m’a pas emballé, ayant peu d’appétence pour les stars, quel que soit le domaine où leur talent s’illustre.
Une autre salle est consacrée à Fotorio et surtout à trois photographes qui participaient à ce festival. Fernanda Magalhães s’intéresse aux grosses femmes nues, Rogério Reis exposes des photos de baigneurs avec ronds ou barres sur les visages à la Baldesari. Le plus intéressant à mes yeux est le travail de Edu Simões qui produit une typologie de la gamelle d’ouvrier, vue de dessus très sobre, et dont le contenu trahit le “rang” de son propriétaire: il y a quelque chose d’émouvant dans cet objet modeste et ces repas simples préparés on l’imagine avec peu de moyens et beaucoup de tendresse et il ya aussi un effet presque “graphique” dans cette répétition d’éléments dépouillés aux formes élémentaires.
Ces expositions principales sont achevées depuis le 8 janvier et dans l’intervalle ont été aussi exposés dans les espaces périphériques, et peu de temps (du 21 décembre au 8 janvier), Andréas Mahl (vu au centre Iris – billet ici) et Marc Fumaroli que je ne suis pas allé voir étant un peu las de ces accrochages à la va vite. Le nouveau programme s’affiche à compter du 18 janvier 2012 et poursuivra notamment la piste brésilienne ouverte avec Fotorio en puisant cette fois dans la Collection Itaú; il se poursuivra jusqu’au 25 mars 2012.
En bref – Exclusive: How are UK’s largest museums investing in photography? – British Journal of Photography
Olivier Laurent s’intéresse aux sommes investies par les grands musées britanniques en matière d’achats d’œuvres photographiques.On apprend ainsi que la Tate a dépensé pas de loin de 1,5 million de livres de 2007 à 2010 pour acheter 252 photographies (soit environ 6 000 livres par achat). On découvre aussi que le V&A ne semble pas savoir combien il détient de photographies (entre 300 et 500 000 !) et n’a jamais estimé leur valeur unitaire (sauf à l’achat et en cas de prêt /location).
Un excellent article d’investigation journalistique sur un sujet rarement couvert. A quand son équivalent pour les musées français ?
Three of the UK’s largest cultural institutions – the Tate, V&A and National Media Museum – have invested more than £2.1m on expanding their photography collections over the past three years, finds Olivier Laurent, after making a series of Freedom of Information requests.
via Exclusive: How are UK’s largest museums investing in photography? – British Journal of Photography.
En bref – B: In Memoriam: Photoblogs 2011
Excellent article recensant les blogs consacrés à la photographie morts en 2011
;-)
In Memoriam: Photoblogs 20112011 was a rough year for photoblogs with many falling by the wayside. A few were killed instantly in one post through the heart. Most passed away quietly in their sleep. Some were abandoned in a state of suspended animation, and now haunt the blogosphere as the living dead. And a few rose like Lazarus from the beyond.


